‹ Vers le soirChapitre 14 sur 108 · NOUVEAU GITE · texte numérisé non relu

NOUVEAU GITE

A Emile Blémont.

L'humble logis que j'ai quitté Avait cependant abrité Quelques espoirs et quelques rêves.

Des heures y purent sonner Comme l'amour en sait donner, Rares, éclatantes et brèves.

S'il faisait chaud, s'il faisait froid, Je ne sais guère; un cadre étroit Semblait enfermer ma pensée; Mais bien plus loin que la maison, J'élargissais mon horizon Jusqu'à la ville dépassée.

Le toit où je vais est pareil :

Un peu plus d'air et de soleil, L'aube mieux aperçue et rose, D'autres baisers et d'autres vers, Mêmes étés, mêmes hivers, Et la fenêtre ouverte ou close.

Qu'importe une chambre à Paris?

Le ciel a beau demeurer gris, Le froid, après l'heure passée, Y durer plus que de raison, Qu'importe une étroite prison Au vol lointain de la pensée?

Outre qu'on peut faire tenir

A l'aise, près du souvenir,

L'espoir qui tient bien plus de place,

Qu'importe aux rêves élargis

La petitesse d'un logis?

Seul un cœur débile s'y lasse.

Mon cœur est plus vaste et plus haut ; Pour l'espérance qu'il lui faut Penser est la vertu première.

Et je tends, du reste oublieux, Toute la force de mes yeux, Obstinément vers la lumière.

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