MON CŒUR
Mon cœur valait mieux que cela, Pour être le cœur d'un timide, Ce n'est pas au ciel qu'il vola Ni sur la grande Pyramide;
Redoutant le mal des hauteurs, Par nonchalance volontaire, Il relut les petits auteurs Et demeura près de la terre.
Il sut parfois ce qu'il faisait.
Il ne fut pas toujours à plaindre;
Une fleurette lui plaisait,
Qu'on peut aimer sans se contraindre,
Il la cueillait, il en cueillait
De charmantes, quoique petites,
Un coquelicot, un œillet,
Des pervenches, des clématites;
Il en cueillit tant jusqu'au soir Qu'il en jeta, qu'il en oublie; Mais, comme sur un reposoir, Il les joint ensemble et les lie ;
Et, papillon sur le retour.
Il ne cherche pas autre chose, Pour se griser encor d'amour.
Que la corolle d'une rose.