‹ Vers le soirChapitre 15 sur 108 · MON CŒUR · texte numérisé non relu

MON CŒUR

Mon cœur valait mieux que cela, Pour être le cœur d'un timide, Ce n'est pas au ciel qu'il vola Ni sur la grande Pyramide;

Redoutant le mal des hauteurs, Par nonchalance volontaire, Il relut les petits auteurs Et demeura près de la terre.

Il sut parfois ce qu'il faisait.

Il ne fut pas toujours à plaindre;

Une fleurette lui plaisait,

Qu'on peut aimer sans se contraindre,

Il la cueillait, il en cueillait

De charmantes, quoique petites,

Un coquelicot, un œillet,

Des pervenches, des clématites;

Il en cueillit tant jusqu'au soir Qu'il en jeta, qu'il en oublie; Mais, comme sur un reposoir, Il les joint ensemble et les lie ;

Et, papillon sur le retour.

Il ne cherche pas autre chose, Pour se griser encor d'amour.

Que la corolle d'une rose.

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