D ALGER A OR AN
l"année, de tous les gourbis voisins, pour invoquer Allah.
Voici justement une bande de Berbères montés sur des ânes ; ils suivent une piste au milieu des lantisques. A califourchon sur la croupe, les jambes pendantes, ils vont vers le même but. Un vent violent d'ouest fait flotter leurs burnous blancs et soulève autour d'eux un épais tourbillon de poussière. Le soleil est brûlant. Ils vont implorer leur marabout, lui demander de la pluie.
Nous traversons un nuage de sable tenu, presque jaune, qui roule sur la plaine ardente et embrume les montagnes. On se croirait dans la fumée d'un incendie.
Quand la rafale est passée, nous nous trouvons auprès d'un cours d'eau dont les rives sont fraîches et fertiles, et nous revoyons avec plaisir ces étendues de verdure dont l'immensité nous avait lassés ce matin. La plaine n'est pas monotone ici. Dans un recul assez grand, la ligne de l'Atlas lui fait une pittoresque ceinture. Des eucalyptus jalonnent les chemins ; les villages se blottissent dans des massifs de grenadiers et de figuiers. Des champs de vigne
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alternent avec des champs de froment. La culture est intensive. Des fermes européennes de plus en plus nombreuses, des bourgades groupées autour de leurs églises annoncent C|u'une grande ville est proche. Il faut les coupoles blanches des marabouts pour nous rappeler que nous sommes sur la terre de Flslam.