‹ Vers les temps meilleursChapitre 20 sur 50 · BANQUET OFFERT A STEINLEN · texte numérisé non relu

BANQUET OFFERT A STEINLEN

Vous êtes des artistes, mais vous êtes plus encore, et je veux vous donner un plus beau nom. Je veux vous donner le nom qui mit, chez les Grecs, Prométhée au-dessus des dieux :

Vous êtes des ouvriers !

Je bois à Steinlen.

Je bois à VArt pour Tous !

Lettre lue

à la Conférence internationale de Londres,

en faveur de l'Arménie et de la Macédoine,

le 29 juin 1904.

Messieurs,

C'est à mon profond regret que je ne puis me joindre à vous en ce congrès Pro Ar/nenia. Vous êtes réunis dans une même pensée humaine et pacifique.

Ce ne sera pas pour formuler de vains souhaits, pour jeter d'inutiles plaintes. Ce que vous réclamez est précis, légal, pratique. C'est la pleine exécution du traité de Berlin. Ce traité institue la tutelle de l'Europe sur l'Empire ottoman. Est-il possible que l'Europe dise au Sultan Rouge : a Tue, pourvu que tu nous payes » ? Est-il possible que l'Europe tutrice, et par conséquent responsable, qui se juge suffisamment armée pour faire rentrer à coups de canon des créances en souffrance à Constantinople, s'estime impuissante devant regorgement de trois cent mille sujets du sultan? Dira-t-on que la question financière intéresse seule les Européens ? Messieurs, c'est aussi une Question économique et financière que regorgement de tout un peuple.

Et vous savez combien ces populations que les Kurdes exterminent pourraient être utiles à lacivili-

sation. Par leur intelligence et leur activité, les A rméniens sont capables de créer des rapports étroits entre l'Asie et l'Europe. Leur mission historique est d'échanger les produits de ces deux parties du monde. Qu'il leur soit permis seulement de vivre et ils redeviendront ce qu'ils étaient autrefois, les agents les plus actifs delà civilisation européenne en Orient.

Avec vous. Messieurs, cette grande question de l'Arménie entre dans une phase nouvelle. Soumise d'abord à l'opinion publique, qui s'en est émue, elle est aujourd'hui portée dans votre pays, pays de l'action pratique et des infatigables énergies, devant des parlementaires de haute valeur, devant des hommes de gouvernement capables d'agir sur les pouvoirs publics.

Je m'en réjouis pour l'Arménie et pour l'Humanité.

Anatole France.

Lettre lue

à la manifestation organisée en l'honneur

d'Emile Zola,

le 1er octobre 1904.

Mon cher Président,

Je regrette vivement de ne pouvoir assister à la grande fête organisée par la Ligue des Droits de l'Homme. De toutes mes forces j'aurais acclamé avec vous le nom d'Emile Zola. Ce fut un homme de puissant labeur, l'homme des grandes tâches. Romancier, son œuvre est immense. Je puis, sans paraître suspect de complaisance, exprimer l'admiration qu'il m'inspire comme écrivain, car si j'ai combattu d'abord, avec moins de mesure que de sincérité, quelques rudes manifestations de son génie, j'avais reconnu en plus d'un article la force et la bonté de sa création littéraire, bien avant les jour» de combat où je me rangeai de son parti.

Note. — Cette manifestation, organisée par la Ligue des Droiti» de l'Homme et du Citoyen, eut lieu dans la Salle des Fêtes du Trocadéro.

Page 1