DROIT SYNDICAL DES INSTITUTEURS
inspira aux travailleurs une organisation défensive contre laquelle se briseront désormais tous les efTorts de la réaction, on vit les fonctionnaires et les employés de l'État, et ceux qui tiennent la plume et ceux qui manient la pioche, se jeter d'un élan unanime dans la voie libératrice et montrer, en s'associant entre eux et en se rapprochant des prolétaires, qu'ils cherchaient dans la fraternité sociale les garanties de leur propre indépendance.
Le fédéralisme administratif, opposé au fédéralisme régional, a inspiré à un excellent esprit, versé dans l'élude et la pratique des lois, une réflexion profonde, digne jde toute votre attention.
La voici telle qu'elle se trouve dans la Revue socialiste de janvier 1906 :
a Si toutes les tentatives faites pour briser le joug médiocre de l'État centralisé ont jusqu'à ce jour lamentablement échoué, c'est que la question a été mal posée. Libéraux et républicains, trop exclusivement préoccupés des apparences politiques, n'ont pas vu qu'ils allaient à rencontre du processus économique moderne en réclamant des libertés locales, là où il n'y avait pas organisation professionnelle.
« La solidarité la plus proche, la plus impérieuse, c'est celle qui lie entre eux ceux qui exercent une même profession. Celle-là, c'est le syndicat qui l'exprime. Ce qui nous intéresse le plus, c'est de défendre nos moyens d'existence, de protéger le travail qui nous assure la vie. Cela c*est le syndicat qui le permet. t>
Ainsi s'exprime Paul Boncour, esquissant en quelques lignes la théorie de la liberté par le syndicalisme et la fédération.
Instituteurs, ce sera votre éternel honneur d'avoir pris la plus grande part à cet harmonieux effort, d'avoir organisé le prolétariat de l'école et d'avoir tendu la main au prolétariat des bureaux, des octrois et des routes.
Vous avez agi avec énergie et méthode. Vos Amicales furent, comme la liberté, en naissant, invincibles. Vous n'aviez pas à les défendre contre les prétentions du pouvoir. Au contraire, c'était aux Amicales que les ministres demandaient secours à l'heure du combat. Il apparaissait bien, dès l'origine, que vos associations tendaient à devenir un syndicat. Et l'État ne songeait nullement à combattre vos desseins, à borner vos espérances. Il ne parlait point de vous interdire le bénéfice de cette loi de 1884 que la ténacité d'un grand juriste, a-t-on dit, enfonça comme un coin dans l'individualisme oppresseur des codes napoléoniens.
Depuis lors, on a changé de ministres. Ceux d'à présent ne vous regardent peut-être pas d'un œil aussi favorable. Du moins ne sont-ils point d'accord entre eux à votre sujet. M. Rouvier vous exclut violemment du droit syndical et M. Dubief vous y admet pour cette raison excellente que vous ne détenez aucune partie de la puissance publique, contrairement, dit-on, aux facteurs qui ont le droit de dresser procès- verbal l