‹ VersaillesChapitre 10 sur 115 · VI- K SAILLI- S · texte numérisé non relu

VI- K SAILLI- S

héros de In liberté. L'action de Guillaume Tell représentée sur eetle vignette a été contestée; on a voulu douter de cette force inouïe de I âme dans le trouble des sens; de ce triomphe du coup d’œil à travers les angoisses du cœur; elle a été contestée comme les mots de Cambronile eide d Assas; mais qu'importent les preuves quand le temps a consacré une action glorieuse? On a prétendu (pie cet événement appartenait à l’histoire du Danemarck ; mais que fait le lieu de la scène? il appartient au monde, il sulïit pour la dignité de l'homme qu'il ait existé : ôtez-Ie à la Suisse; olez-le à Guillaume Tell , il reste à l’humanité!

Dulaillc du Scuipach.

Au moins l’action représentée ici est-elle incontestable. Oui, il a bien existe un homme qui s’écria à Sempach : « Confédérés, prenez soin de ma femme et rie mes enfants! » et qui, réunissant un faisceau de lances ennemies dans son corps, ouvrit ainsi la route, la brèche par où se lit jour la liberté de son pays.

Arnold Strutthan de Winkelried , je te salue! et les générations qui se suivront te salueront également, tant qu’il existera parmi elles les noms de patrie et de liberté.

Mais revenons au coteau de Passy. Après cette suite d'habitations appartenant aux différentes personnes de la famille Delessert, vient le domaine de la bienfaisance , qui leur est commun à toutes; mais celui-là s’aperçoit sans se découvrir, ou plutôt parce qu’il ne veut pas se montrer.

ANCIEN ET MODERNE

La commune dit bien quels sont ceux qui ont fondé le premier asile pour les enfants, qui ont construit et doté les deux écoles publiques; chaque pauvre famille trahit aussi quelque secret de ce genre; mais ce n’est point à nous à les révéler. Nous dirons seulement qu’on a tort de se plaindre qu'il n’y ait plus d’aristocratie en France; la voilà la véritable aristocratie, celle qui n’a pas besoin de privilèges ou de préjugés pour occuper un rang élevé, celle qui se fait pardonner d’être élégante, parce qu’elle est utile ; celle enfin qui consiste dans le travail , la science et les bienfaits : le travail qui l’acquiert, la science qui l’honore, les bienfaits qui la font aimer.

Attenant au parc de M. Delessert est la propriété de M. Fulchiron , distinguée aussi par une collection de plantes rares, et par la vue la plus étendue , la plus variée, depuis les coteaux de Sèvres jusqu’à Vaugirard , ce qui l’a fait surnommer la Visla.

Plus loin, un château* enfoncé au milieu de vastes jardins a été habité par deux personnages célèbres , le duc de Lauzun et madame la princesse de Lamballe. Qui ne sait les aventures de l’un et les malheurs de l’autre?

Ne dirons-nous pas aussi quelques mots de l’ancien hôtel de Valentinois, lieu de volupté , de délices1 2, avant qu’il eût été sanctifié par la présence d’un sage? de la maison3 près de là, habitée par mademoiselle Contât, et par tout ce qui brillait à cette époque dans les lettres, les arts et l’élégance du monde? de l’ancien château seigneurial de Passy4, aujourd’hui détruit pour faire place à un nombre considérable de petites habitations appropriées aux fortunes et aux mœurs du temps? enfin du château de la Muette, point intermédiaire entre Passy, le bois de Boulogne et Auteuil? Ce château n’a pas cessé d’être habité par des princes de la maison de France, depuis Marguerite de Valois jusqu’à Marie-Antoinette5,

1 Autrefois au duc d'Aumont. L'abbé Lebeuf, tome III, p. 2t.

2 Itue Basse, n. 40. Ce fut l'babitation de Franklin pendant son séjour à Passy.

* Rue Basse, n. 19. Collé y charmait par ses chansons, Parny par ses vers, Marmontel et Cailhava par leurs contes, Bièvre par ses calembours , mais surtout la maîtresse de la maison, mademoiselle Contât, par tous les agréments de la figure et de l’esprit.

< Possédé par le fameux Samuel Bernard, par le riche de la Popelinière, enfin par M. Boulainvilliers, dont il a porté le nom.

» Il fut donné . en 1616 , au dauphin , depuis Louis XIII ; la duchesse de Berri y mourut en 1719 , à l'âge de vingt-quatre ans. U fut augmenté et rétabli par Louis XV, et la reine y fut reçue en 1770.

qui y liil reçue à son arrivée en France, el y revint à différentes époques. Les jardins de la Muette font partie du bois de Boulogne, et contournent Passy jusqu’à I avenue qui conduit à Auteuil. Une autre avenue en lace du pont de Grenelle y conduit également, et c'est eellc-là qu’on découvre de la route môme de Versailles1

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