‹ VersaillesChapitre 102 sur 115 · I -OCiMilCOU .Dil OHRIX CMITH S · texte numérisé non relu

I -OCiMilCOU .Dil OHRIX CMITH S

Jules Jlardonin Mansanl.

Orangers, arbres que j'adore,

Que vos parfums me semblent doux !

Est-il, dans l'empire de Flore,

Kien d’agréable comme vous.

L\ Font UNE, Paychr.

Nous suivions la même marche pour les deux côtés du jardin qui accompagnent parallèlement la partie centrale que nous venons de décrire. La v première subdivision qui se présente à gauche en sortant du palais, est la ‘superbe orangerie de Ma nsa rd, un des plus beaux ouvrages d’architecture qui existe au monde; on ne conçoit même pas comment, à celte époque, ' i*^ on put revenir aussi complètement aux grands travaux des anciens.

Elle fut commencée en 1(185, et terminée vers la fin de 1686. On y arrive par deux escaliers magnifiques de soixante pieds de large et de cent trois marches , divisés en deux palliers. On croit descendre une montagne. L’orangerie est exposée au midi , et consiste dans une galerie qui a quatre-vingts toises de long sur Irente-lmil pieds de large , elle est éclairée par

VliKSAII.LLS A N Cl UN UT i\l O I) U K N H.

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douze fenêtres cintrées , qui sont dans l'enfoncement des arcades. Dans une niche, au milieu de cette galerie, est la statue de Louis XIV. donnée à ce prince par M. le maréchal duc de La Feuillade , qui l’avait fait faire à Desjardins, pour mettre sur

Façade de l’Orangerie.

la place des Victoires. Cette galerie tient à deux autres en retour, de soixante toises de long chacune. Ces galeries sont décorées au dehors de trois avant-corps ; celui

Vue latérale de l'Orangerie.

de la galerie du fond est de huit colonnes accouplées d’ordre toscan, et les deux autres ont chacun quatre colonnes de quatre pieds de diamètre. Ce gigantesque

V li K S A I LL liS

ouvrage est d'un elïet et en même temps d un goût «|ui étonnent ; il égale ce qu’on admire le plus dans les monuments anciens : on se croirait sous les voûtes du Colysée ou du Partliénon.

en I.»

Ce point de Mie est un des plus beaux des jardins de \ ersailles : les regards planent sur le parterre de l'Orangerie, ou sont rangés un millier d'arbres précieux , dont le parfum se répand jusque dans les appartements du palais. Au delà s'aperçoit la magnifique pièce d'eau des Suisses, ainsi nommée parce qu’on employa un régiment suisse à la creuser. Partout s’offre un cadre de forêt entremêlé de villages, ou la nature est dans toute sa force et dans toute sa magnificence.

Le parterre de l’Orangerie consiste en six compartiments de gazon , au milieu desquels s’élève un jet d'eau de cinquante pieds environ : au pourtour sont disposés plus d’un millier d’orangers , citroniers, grenadiers en six grandes allées. On distingue parmi eux celui qu’on nomme le Grand- Bourbon, parce qu'il fut acquis 0, par la confiscation des biens du connétable de Bourbon, et qu’il ava

il déjà

A N Cl UN UT MO DU K N U

alors plus de cent ans. L’aspect de eel arbre vénérable, déjà vieux sous Henri l\ et jeune encore de nos jours, plonge dans une sorle de méditation. Quelle est longue, <pTelle est singulière la vie d’un arbre! Combien ne pourrait-on pas faire de (pieslions à celui-ci. Ne pourrait-on pas lui demander quelles sont les blanches mains du quatorzième siècle qui ont arrosé ses faibles tiges , qui ont soigné son enfance : est-ce la belle et funeste Isabeau de Bavière, ou la généreuse Agnès Sorel? sur quel front se sont, placées plus tard les Heurs qu’il répandait chaque année? Est - ce -, ; sur la tendre Marie de Gonzague , ou sur l’infortunée Marie

Stuart , toutes deux mariées à Fontainebleau ? Nétait-il pas du nombre de ces orangers dont parle madame de Sévigné, qu’011 enfonçait avec leurs caisses dans la terre, pour leur donner l’apparence d’un bois touffu ? Ne serait-ce pas à travers ses branches, que Louis XI V aurait entendu la voix de Lavallière, qui avouait sa tendresse pour lui. Depuis ce temps, que d’événements, que de scènes se sont passés! et cet arbre éternel, impassible comme le temps, répand chaque année ses parfums el ses Heurs à toutes ies générations; ses Heurs, sur lesquelles on croirait voir inscrits les noms des rois,

lnscripti nomina regain ,

Masciintur llores.

V i no. , Georrj.

La vie d’un arbre.

La Fontaine et Mme fîe La Sahlicre

« J’v allais.

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