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menls de I imagination lui semblaient plus difficiles à supporter <pie les exercices violents du corps.
C’est dans cette situation que nous nous le sommes représenté, et au moment où il finit sa harangue à son jardinier par ces vers :
...Mais je vois sur ce début de prône
Que la bouche déjà s’ouvre longue d’une aune ,
Lt que les yeux fermés tu baisses le menton ;
Ma foi , le plus sûr est de Unir mon sermon.
Aussi bien j’aperçois ces melons qui t’attendent ,
Ll ces fleurs qui là-bas entre elles se demandent S il est fête au village, et pour quel saint nouveau On les laisse aujourd’hui si longtemps manquer d’eau1.
Builcau i l ses amis.
G est là qu’au milieu d’eux l’élégant Despréaux, Législateur du goût , au goût toujours Adèle , Enseignait le bel art dont il offre un modèle2.
Les amis du grand poète étaient Racine , Molière, La Fontaine, Chapelle, La Bruyère, Lulli; tous de caractères et de talents différents ,
Epitre à son jardinier.
• Chénier, Promenade.
ANCIEN ET MODERNE
mais composant ensemble la société la plus spirituelle. Là chacun donnait librement et recevait d'utiles conseils. Boileau critiquait Bérénice et louait Alhalie, consolant ainsi Racine de ses revers sans trop exalter ses succès; Racine, plus sévère, fâchait souvent son ami qui lui disait : « Tu es pire pour moi que Patru1; » et cependant il lui apportait le lendemain le passage corrigé. La critique de Chapelle était plus mordante, mais faite avec cette gaieté qui désarme. Quant à La Fontaine, il portait là sa rêverie et ses distractions et semblait être l’objet de toutes les plaisanteries. Boileau était dans l’intimité un critique sévère ; mais, en public , il se montrait le défenseur de ses amis; il n’en est pas un qu’il n’ait vengé des attaques delà malveillance : aussi sa maison était fréquentée par tout ce qu’il y avait de plus illustre , de plus considérable dans le monde politique et littéraire. C’étaient le vertueux d’Aguesseau , son voisin à Auteuil , Lamoignon, Maurepas, de Termes , de Pont-Chartrain , Cavois , M. le duc et le prince de Conti. 11 leur lisait non-seulement ses vers , mais aussi les plus beaux morceaux de tout ce qui paraissait de nouveau , avec un tel art et un tel talent d’imitation de chacun des personnages qu’il contrefaisait , que Molière lui-même avouait sa supériorité dans ce genre.
Tel il était pour ses amis, et lorsqu’il les perdait, il continuait à leur famille la même affection. Sur la lin de son séjour à Auteuil , madame Racine venait souvent le voir avec tous ses enfants, qu’il menait promener dans le bois de Boulogne; il lui donnait quelquefois l’inquietude de les avoir perdus et les faisait à l’instant reparaître2.
Cette maison devint plus tard la propriété d’un ami de Boileau , le médecin Gendron , que Voltaire voulut consulter. Inspiré par le lieu , il y inscrivit le quatrain suivant :
C’est ici le vrai Parnasse Des vrais enfants d’Apollon.
Sous le nom de Boileau ces lieux virent Horace ,
Esculape y parait sous celui de Gendron.
En quittant la maison de Boileau, on demande où est celle de Molière ,
■ Tu es mihi Palruus Pntruissimus. Ce Patru est le célèbre avocat, ancien régent de collège, homme distingué et critique très-sévère.
1 Tie de Racine par son fils.
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et il sérail difficile d'en retrouver même l’emplacement, car il n’en reste plus que le souvenir; à sa place on rencontre un pavillon fort élégant mais qui ne donne aucune idée de l’habitation modeste d'où sont sortis tant de chefs-d’œuvre.
A peine sait-on où le plus beau génie du plus beau siècle a reçu le jour. Quelques rues obscures, près des balles, se disputent l’honneur de l’avoir vu naître; et l’on ignorerait peut-être aussi où il a passé les plus belles années de sa vie, si un petit édifice élevé à sa mémoire n’indiquait le lieu où fut sa maison1. Enfin, ses cendres auraient été jetées au vent après sa mort, si l’on n’eùt obtenu, avec beaucoup de peine, un coin de terre pour les y placer. II fallut que sa veuve allât solliciter le roi et demander un chétif tombeau pour celui auquel l’antiquité aurait élevé des temples2. Il n’existe plus rien aujourd’hui de cette maison d’Auteuil où Molière composait et jouait lui-même ses admirables comédies. Quelques vieux murs au bout d’un jardin appartiennent seuls à son temps; mais le propriétaire actuel, M. le comte de Cboiseul-Praslin , a voulu conserver au moins le
' Une île Molière, n. I 1 Boii.mu, cpît. vu.
ANCIEN ET MODEKNE.
souvenir de ce beau génie, en construisant un petit temple sur le fronton duquel on lit :