‹ VersaillesChapitre 13 sur 115 · F H T L A MAI S O N I) F M O I. I K H K · texte numérisé non relu

F H T L A MAI S O N I) F M O I. I K H K

Une simple et élégante rotonde , percée de cinq niches , contient les bustes de Molière dans le fond , de Boileau et de Corneille à gauche , de Racine et de La Fontaine à droite. Corneille ligure mal ici; il n’était pas de la société et à peine de l’époque de Molière. C’est Chapelle , le malin , le spirituel Chapelle, le camarade d’étude de Molière et son meilleur ami, qu’on aurait dû placer près de lui. Alors on aurait eu en effet sa société habituelle, cette réunion d’hommes qui lui composaient une famille et le rendaient heureux.

Racine le fils et l’abbé d’Oiivet ont décrit ces soirées si gaies, ces conversations si animées qui lui inspiraient souvent d’excellents sujets de scènes comiques. N’est-ce pas à une saillie de Boileau qu’il dut le plus bel acte du Misanthrope' ; à Chapelle, le Bourgeois gentilhomme® -, à Lully, la Comtesse d'Escar baguas* 1 Les environs de cette habitation rappellent aussi plusieurs circonstances amusantes de cette bande joyeuse. Là est la prairie où Molière réconcilia Chapelle avec son vieux domestique1 2 3 4; ici l’allée où tous ces fous à moitié ivres cheminaient lentement vers la Seine pour s’y noyer5, lorsque heureusement Molière parvint à les ramènera la raison, en leur promettant de se noyer avec eux le lendemain.

C’est cependant au milieu de cette gaieté, de cette vie expansive de quelques hommes , que naquit le goût dans un temps d’ignorance, et la philo-

1 « A moins, disait Boileau, que M. de Colbert ne me fasse arrêter et conduire en prison, je dirai lou- « jours que celui qui a fait la Pucelle mérite d’être pendu. »

2 Chapelle se moquait spirituellement de Gaudoin , fils d’un chapelier, qui avait la rage de dépenser sa fortune avec les grands seigneurs.

3 Lully raconta que le précepteur dufds do madame de Villarceaux ayant demandé à son élève : Quem ha huit successorem Belus ? l’enfant répondit : Nhium. Madame de Villarceaux crut que son fils parlait de la fameuse Ninon à qui M. de Villarceaux faisait sa cour, et se fâcha sérieusement contre le précepteur.

1 Godemer, qui se mettait toujours dans le carrosse de son maître, et que Chapelle eut le caprice de faire un jour monter derrière.

5 Andrieux a fait une jolie comédie de cette anecdote, sous le titre de Souper d’Juleuil. Voltaire a contredit le fait ; mais il est suffisamment établi par le témoignage des contemporains.

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