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GRANDS APPARTEMENTS DE LOUIS \ I V

ous sommes arrivés par la salle précédente à la dernière pièce donnant sur la Cour de Marbre. Nous avons vu le corps de logis de Louis XIII et quelques salles qui lui ont été ajoutées. X présent nous allons entrer dans les grêads a/)parlemenls de Louis XIV, dont nous avons parlé; mais avant de donner la description de cette suite de magnifiques salles ne convient-il pas de rappeler l’éclat qu’elles recevaient du grand escalier, ouvrage de Mansard , qui leur servait d’abord , et nommé escalier des Ambassadeurs. En effet, on n’aurait pas conçu comment une suite d’aussi belles salles n’aurait eu aucune entrée en proportion de leur magnificence. Cet escalier existait, couvert de marbre , de dorures , de peintures par Lebrun et Van derMeulen ; il occupait toute la partie à droite du palais , on y montait par deux rampes. « Je rêvais, dit madame deMaintenon. que madame de Montespan descendait une des rampes du grand escalier et que je montais l’autre avec le roi et toute sa cour. Mais laissons parler un historien du temps : Dans la grande cour du château , dit -il, et vis-à-vis le petit escalier de marbre, il y a trois arcades

par où l’on passe à un vestibule qui est sous la petite galerie. De

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là, en montant trois marches , on se trouve au pied du grand escalier. Dans le milieu est un perron deonzc marches coupées à pans. Une espèce de niche se présente en face dans le mur. Il en sort une source d’eau qui forme comme trois napes de cristal en tombant successivement dans quatre bassins ornés de coquillages, de festons et de masques; ;à gauche du même pallier, il y a deux rampes, pour monter au petit et au grand appartement du roi.

Jusqu'à cette hauteur tout l’escalier est pavé et lambrissé de différents marbres, ingénieusement mis les uns dans les autres. Les bordures sont remplies d'ornements, et le milieu, peint par Van der Meulen, représente dans l’une la prise de Valenciennes, dans deux autres la réduction de Cambrai et de Saint-Omer, et dans la quatrième la Victoire remportée par l’armée du roi proche de Mont- Cassel .

Dans les intervalles des pilastres, plusieurs hommes de différentes nations sont peints, chacun avec les habits et les manières de son pays. Ils paraissent comme hors de l'escalier dans des loges d’où ils regardent par-dessus une balustrade couverte de tapis à fleurs d’or.

Au-dessus de l’entablement s’élève le plafond fait en forme de voûte, percé au milieu et décoré de peintures, représentant les quatre parlies du monde, avec leurs attributs et plusieurs des traits de la vie de Louis XIV.

Ce magnifique escalier et la galerie de Mansart qui s’y trouvait annexée ont été détruits par Louis XV pour y établir des boudoirs et d’autres petites pièces attenant à ses appartements.

l’Ian de l'escalier.

Salle de Vénus.

Knlrée de Louis XIV dans ses grands appartements.

C’était sous Louis XIV la grande salle de l’escalier du U «r'p r°i ’ elle communiquait au grand vestibule des appartements ^ | de la reine, qui est devenu la salle du Sacre. Cette salle a ^ trois croisées qui donnent sur le parterre du Nord, et d’où la vue s’étend sur les vastes plaines de Clatigny. Le plafond est de Houasse; Vénus, soutenue par un cygne et couronnée par les Grâces , est sur un char d’or attelé de deux colombes;

les traits sont des guirlandes ; les dieux et les héros sur lesquels elle eut le plus d’empire honorent son triomphe. Dans les compartiments de la voûte, Alexandre et Roxane, Auguste dans le cirque, Cyrus passant son armée en revue.

Des lambris et des colonnes de marbres pré- 'cieux, des corniches et des seul pl m es dorées contribuent encore à l’ornement de cette belle salle.

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Dans la niche où était jadis la statue de Cincinnatus, remplacée plus lard par le buste de l'infortuné due d’Engliien, sont maintenant les trois Grâces, de Pradier; sujet bien mieux en harmonie avec la peinture du plalbnd.

C’est par ce salon que Louis XIV entrait et paraissait au milieu de toute sa cour. Cette pièce n’a point de tableaux, son ordonnance ne le permettait pas, mais elle a deux perspectives peintes avec talent par lîousseau , artiste qui eut de la célébrité de son temps, et qui peignit le Musée britannique.

Lorsqu’il y avait à la cour ce qu’on appelait appartements, toute cette série de salles par lesquelles nous allons entrer était éclairée de bougies et garnie de tables de jeu.

Voici la description qu’en donne Saint-Simon :

L ’ appariement , dit-il , était le concours de toute la cour, depuis sept heures du soir jusqu’à dix, que le roi se mettait à table, dans le grand appartement, depuis un des salons du bout de la grande galerie jusque vers la tribune delà Chapelle. D’abord, il y avait une musique, puis des tables pour toutes les pièces, toutes prêtes pour toutes sortes de jeux; un lansquenet où Monseigneur et Monsieur jouaient toujours ; un billard , en un mot , liberté entière de faire des parties avec qui on voulait, et de demander des tables si elles se trouvaient toutes remplies; au delà du billard, il y avait une piece destinée aux rafraîchissements, et toutes parfaitement éclairées. Le roi y allait autrefois et y jouait, mais il y avait longtemps qu’il n’y allait plus, en désirant toutefois qu’on \ bit assidu; et chacun s’empressait à lui plaire.

Philippe île Franee , duc d’Orléans.

Louis Dauphin , lils de Louis Xl\

Salle de l'Abonrlanc

e plafond représentant l’Abondance, peint par llonasse, avec tous les attributs qu’il a pu inventer, ont fait appeler cette pièce salle de l’Abondance. Ce qui distingue davantage ce plafond et cette salle, c’est une suite de ligures en costumes de différentes nations, unies à de larges draperies, et des vases de diverses formes dont l’effet et les couleurs semblent être l'œuvre d’un peintre vénitien du meilleur temps.

Cette pièce et une autre qui lui est attenante et qui se joint à la salle des Croisades (voyez le plan), servaient sous Louis XIV à renfermer les antiques , les médailles et les curiosités , et tout le plafond fait allusion à la possession de ce genre de richesse consistant en vases , camées, pierres précieuses. Les médailles étaient rangées dans douze armoires ; cette belle collection avait été formée par Gaston de France, duc d’Orléans , qui la légua , par son testament , l’an 1039 , ainsi que sa bibliothèque, à Louis XIV. Madame de Pompadour choisit ce cabinet pour y jouer la comédie sur un théâtre mobile; elle y représenta I 'Enfant prodigue , de Voltaire, (pii assista un jour a la représentation, cl

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le Méchant, de Gressel; les acteurs étaient le due d’Orléans, le due d’Ayen, le due de Nivernois, le duc de Duras, le comte de Maillebois, le due de Coigny et le marquis d’Rntragues; les actrices, madame de Pompadour, la comtesse d’Kstrades, la comtesse d’Angirvilliers; le directeur le duc de La Vallière.

Cette salle était décorée autrefois de tableaux anciens, et aujourd’hui , faisant partie de la suite des grands appartements, elle a, comme les autres, des tableaux relatifs au règne de LouisXlV, tels que la prise des villes de Fribourg, de Valenciennes, de Courlrai, et l’entrée de Louis XIV à Ypres, tous de Van der Meulen.

Plafond de la $alle de l’Abondance.

Salie de Diane.

Le chevalier Bcrnin fait le buste de Louis XIV.

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ette salle, aussi riche que la précédente de marbres, de sculpture et de dorures, a aussi trois fenêtres ; elle servait de salle de billard .

Blanchard a représenté sur le plafond Diane ou Phœbé sous ses diverses attributions , elle est assise au milieu du disque de la lune sur un char tiré par deux biches; les heures du jour et de la nuit l’accompagnent, caractérisées par une horloge, par le sommeil ou par une lampe.

Au fond de la salle est le buste de Louis XIV, exécuté en marbre blanc par le célèbre chevalier Bernin ; le roi posa avec tant de patience durant des heures es devant ce sculpteur que , fier de cette insigne faveur, il s’écria

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