‹ VersaillesChapitre 48 sur 115 · VIS |{ SA IL LUS · texte numérisé non relu

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un jour, après une longue séance: «Miracle! un grand roi, jeune cl Français, a pu rester une heure tranquille! «

C’est ce qui nous a engagé à représenter ici Louis XIV donnant une séance au chevalier lîernin. La tradition veut qu’il ait exécuté ce buste sans avoir dégrossi le marbre, sans préparation et à coups de ciseau dans le bloc. Il \ a en effet dans le jet des cheveux une sorte de hardiesse, de confusion, qui d’ailleurs s’accorde assez avec le caractère ardent et impétueux de l’artiste.

Peut-on imaginer un aspect plus imposant et un visage plus propre a orner une cour ? lin effet, Louis XIV posséda, pendant sa jeunesse, tout l’éclat que peut donner la beauté, la grâce, la dignité; son visage réu-

Louis XIV peint par Iligain).

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nissait toutes les conditions que les anciens demandent pour désigner la beauté, c’est-à-dire la tète élevée1, le front ouvert et martial2, les sourcils presque se joignant comme on peint Auguste3, les doigts bien faits, le pied petit 4 et une immense chevelure qui paraissait être la sienne flottant sur ses deux épaules 5, les portraits de Louis XIV ont été très-multipliés ; Mariette les a réunis sur une seule planche à différents âges; celui de Rigaut, le plus beau, le plus imposant de tous, a pourtant l’inconvénient d’avoir été fait lorsqu’il était déjà assez âgé, à peu près en 1700, mais il est d’une grande ressemblance et d’une parfaite conservation.

1 Celsuin caput. Sevec., Itist. 636 ( lîxigunmqiie pedem. Ovide de Art., 623.

- Martia frons. Cl., lili 8. 5 Alternes crines hmnero jactantnr utroque. Ovide, de Art.

3 Sueton. Vit. Aiig •. 79.

Portrait plus en grand d’après le même tableau.

Salon de Mars. — Jean Bart est présenté à Louis XIV.

I rois peintres ont concouru à l'ornement ^ du plafond de cette salle qui servit autrefois de salle de bal.

Audran y a représenté le dieu de la guerre sur un char tiré par des loups; des génies s'arment pour le suivre; l’Histoire va écrire ses exploits sous la dictée de la renommée, tandis que d’autres génies renversent Saturne et lui enlèvent sa faux. Lemoine a plus heureusement, ce nous semble, exprimé la même idée dans le salon d' Hercule, en opposant l’Éternité au Temps.

Le premier tableau qui fixe les regards dans cette grande pièce est

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le sacre de Louis XIV, à Reims, en 1654. Nous sommes depuis trente ans si rebattus des cérémonies des sacres, que nous dirons peu de choses de celui-ci. Le peintre a choisi le moment où le roi, vêtu du manteau royal, après avoir prêté serment de gouverner avec justice, reçoit la couronne des mains de l’évêque de Soissons ; à droite et à gauche sont rangés les pairs ecclésiastiques et laïques suivant l’ordre établi pour représenter les douze pairs de Charlemagne. Le marquis de Villeroi , le comte de Vivonne , le duc de Joyeuse , le maréchal d’ Estrées , ayant les premières charges à la cour, sont derrière. Dans la tribune on voit Anne d’Autriche, la reine d’Angleterre et ses fils , et au milieu des assistants on distingue le cardinal Mazarin.

Le second tableau est le mariage de Louis XIV avec l’intante Marie- Thérèse, célébré à Saint-Jean-de-Luz le 9 juin J 660. L évêque de Bayonne donne la bénédiction nuptiale; le roi est vêtu de noir, sans aucune pierrerie; la jeune reine, belle de ses quinze ou seize ans, pe-

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ti te mais bien faite, avec de grands yeux bleus pleins d’expression, est richement vêtue. Les deux époux sont sous un dais de velours violet, parsemé de fleurs de lis d’or. Monsieur porte l’offrande du roi , mademoiselle de Montpensier celle de la reine; mesdemoiselles d’Alençon et de Valois portent la queue du manteau de la reine. La reine-mère, placée sur une estrade couverte de velours noir et sous un dais de même étoffe, est environnée de ses principaux officiers; la joie la rend si belle que, malgré ses cinquante-neuf ans, elle disputerait presque de beauté avec sa nièce.

Ce tableau, ainsi que quelques autres, présente une singularité qu’il est bon d’expliquer; c’est que les figures sont en sens inverse, et que Louis XIV semble épouser Marie-'l liérèse de la main gauche. Cette disposition avait lieu afin qu’on put copier le tableau en tapisseries des Gobelins, qui passaient alors pour une décoration plus belle, plus noble que des tableaux.

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