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I.urltiter

Porte d’entrée de la salle de 4 7(12.

n vieil invalide qui , pour la quatrième fois, avait pris sur ses épargnes la dépense pour se rendre à Versailles, expliquait à deux de ses petitsenfants les portraits contenus dans cette salle. - Autant à peu près que vous en voyez ici, leur disait-il, ont commencé comme moi, et, si je n'avais été arrêté dans ma carrière, peut-être aurais-je fini comme eux, peut-être me verriezvous aussi dans un cadre doré. Commençons par le plus remarquable de tous , notre grand empereur; eh bien, mes enfants, je l’ai vu dans cet uniforme, lorsqu’il revenait du siège de Toulon. Il venait voir à Marseille sa mère, qu’il trouva entourée de ses frères et sœurs exilés comme elle, et ayant à peine de quoi vivre ! ; il resta, dit-on, un moment stupéfait , et prenant le bras de sa mère : « Courage , ma mère , cela ne sera pas toujours ainsi.» Autour de lui sont les portraits

* Elle était à une table, mangeant des œufs sans pain et avec des fourchettes et cuillers dëtain- Cest d’elle que l’auteur de cel ouvrage lient cette anecdote.

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des généraux les plus distingués de son (enips. Voilà Berthier qui , nommé son chef d’état-major à l’armée d’Italie, se plaignit au Directoire qu’on lui eût envoyé un enfant pour le commander, et qui, huit jours après, écrivait pour retirer sa lettre,

en disant « Ce n'est pas un enfant, mais un grand homme près duquel je suis, et que j'espère ne plus quitter. «Près de lui est Murat, simple chasseur, et dix ans

AN Cl UN UT MÜDURNU.

seulement plus tard roi de Naples , et mort avec autant de courage qu il avait vécu. De l’autre côté , Bernadotte , encore simple soldat au 60" régiment d infanterie en 1780, et le seul qui , dans toutes ces grandes vicissitudes des temps, ait su se conserver sur le trône et fonder une nouvelle dynastie. Près de lui est le vainqueur de Zurich , Masséna, et le sauveur de la France.

Mais suivons dans l’ordre de ces portraits. En face est le prince auquel est due l’idée et l’exécution de tout ce grand monument national ; il est là , ainsi que son frère le duc de Montpensier , dans le costume qu’ils portaient lorsque , partis tous les deux pour défendre le sol de la patrie, ils fondèrent là ces sentiments d’estime et de reconnaissance que le pays a si solennellement manifestés lorsqu’il éleva l’un d'eux sur le trône où la gloire et la liberté sauront le maintenir.

Ne pouvant même énumérer tous ces portraits . au nombre de quatre-vingt-sept , nous indiquerons particulièrement ceux qui, dans le livre et sur le titre au-dessous de leur tableau, sont nommés avec le grade qu’ils avaient à cette époque.

A notre avis , il eût fallu faire connaître également de quel point ils étaient tous partis, car c’est là un titre de plus à leur gloire , et , pour celui qui a commencé comme eux, un titre de plus à leur affection ; ainsi , le guerrier qui combattait si bien à Austerlitz et à Toulouse , le maréchal Soult, avait été représenté en habit d’officier; il réclama et demanda qu’on lui rendit l’habit de sergent qu’il portait alors. Il aurait donc fallu écrire : Masséna , soldat au Ier bataillon d’infanterie en 1775; Jourdan, soldat au dépôt de l’ile / de Ré en 1778; Augereau , soldat dans le régi- ^ ment de Clarke irlandais au service de France en 1774; Lefèvre, soldat aux gardes-françaises am-mûi*,» doué*», a«« a. M.«t|M*der

i, . lieutenant-colonel,

en Victor Bellune, soldat dans le 4e re- mort dans rexu en i«07.

giinenl d’infanterie en 1781; Lobau, soldat au !)e bataillon de la Meurthe; Duperré, simple matelot; Joubert , Marceau et Ilocbe; et enfin le maréchal Gérard, le digne commandant de toute la garde nationale de Paris , de la population (pii , sous ses ordres, défendrait les nouveaux remparts de la capitale; le maréchal Gérard,

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Joachim Mural . sous - lieutenant .

maréchal «U- France en 1801,

roi de Naples en 1808, mort en 1 0 1 T, .

que nous avons représenté ainsi qu’il a voulu l’être, portant le fusil du simple volontaire de la Meuse.

Attenant à la salle de 1792 est une suite de petites pièces , autrefois l'appartement du cardinal de Fleury , et aujourd’hui consacrées à une collection de gouaches au nombre de plus de trois cents , et comprenant toutes les campagnes de 179.7 à 1809 : elles sonl la véritable représentation stratégique de ces célèbres combats.

Pallier de l’escalier des Princes.

Eli sortant (le la salle que nous venons de décrire , on traverse un large espace formant le pallier de l'escalier des Princes , et communiquant à la salle des Batailles. Nous y avons représenté le roi Louis-Philippe lorsque toutes les semaines, et quelquefois deux fois la semaine, il visitait les travaux de cette admirable salle, (pie nous serons bientôt appelé à décrire, monument dans un monument, qu'il fallut trois ans et deux millions pour bâtir , mais aussi qui transmettra à perpétuité le souvenir de notre histoire et les sentiments généreux de celui qui leur a élevé ce trophée. L'escalier des Princes fut ainsi nommé parce qu'il conduisait à l'aile des bâlimenls du midi de Versailles, consacré au logement des Enfants de France, comme le lieu le plus aéré, le plus sain. La cour qui sépare cette aile du corps central du logis s’appelait aussi cour des Princes. Cet escalier est orné de plusieurs statues : 1° celle de Gaston d'Orléans, oncle de Louis XIV et père de mademoiselle de Monlpensier, qui est représenté souvent tenant le portrait de son père. Ce prince , ami des lettres et protecteur éclairé des arts , avait réuni une immense collection de tableaux, de médailles, de pierres précieuses dont il fit présent à Louis XI V, et qui composent en grande partie le Musée actuel. 2° La statue de Philippe d’Or léans, neveu de Louis XIV, et, depuis, connu sous le nom du Régent, prince orné de brillantes qualités , avec des défauts sans doute, mais que l’esprit de critique , à cette époque , a beaucoup exagérés : c’est lui qui réunit les belles collections de tableaux de la galerie d’Orléans. 5° Le duc de Bourgogne. On aime à rechercher les traits de ce prince, de l’élève brillant de Fénelon, et qui eût peut-être continué

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avec éclat le règne de Louis XIV, s’il eût vécu. 4° Enlin la statue du duc d’Anjou, roi d’Espagne sous le nom de Philippe V. Cet escalier, construit en pierre, n’approche pas de la richesse et de la beauté de l’autre, mais il ne laisse pas que d'être imposant. La statue du roi Louis-Philippe partage en deux le premier pallier.

Escalier des Princes,

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