‹ VersaillesChapitre 69 sur 115 · A N CI UN UT MU DU H N U · texte numérisé non relu

A N CI UN UT MU DU H N U

breuse. Des mesures sont prises pour la garantir à l’extérieur contre toute entreprise de la part des Arabes '. »

Les autres tableaux de celle salle ont rapport au reste de l’expédition; on y voit Centrée de la division Desaix à Thèbes , et l’effet magique que produisit sur les soldats la vue de ces monuments gigantesques; l’armée s’arrêta et battit des mains ; de ce moment les soldats devinrent artistes comme les artistes étaient devenus soldats ; tous parcoururent avec curiosité ces ruines. L’ouvrage de la commission d’Égypte est lui-même un éternel monument de celte grande et savante expédition.

Quatrième salle.

Pendant que l’Orient renaît par les lumières et la civilisation , la France semble

s’éteindre par la faiblesse et l’incapacité. Le crédit public a disparu , l’Italie a été

reconquise ; et, sans la victoire de Zurich , les provinces du Midi étaient envahies.

Tous les regards , tous les vœux se portent vers celui qui, seul, peut rétablir l’ordre

au dedans , la victoire au dehors , lorsque la vigie de Fréjus signale l’arrivée de

deux frégates; de l’une d’elles descend Honaparle, aux acclamations de tout le

rivage. Il n’est pas question pour lui de quarantaine ,et à peine apprend-on à Paris son débarquement , qu’on le sait arrivé dans la ville. Tout ce que la capitale renferme d’hommes éminents , courageux ou habiles , se groupent autour de lui , et le 18 brumaire commence une nouvelle ère pour la France : la confiance renaît, les passions se calment ou sont comprimées, l'ordre social se replace sur ses bases, la religion est rétablie, et un conseil d’état, composé de toutes les opinions, mais en même temps de tous les talents, fonde les institutions qui sont encore aujourd’hui en vigueur ; on commence la discussion de ces Codes civil et criminel qui nous régissent encore; les arts, les lettres, les sciences reprennent leur élan . et pour exciter à la fois et récompenser le mérite , s’élève l’institution de la Légion d’honneur, admirable création qui confond dans une même gloire tous les genres

Relation de i expédition de l'Égypte , par Berl hier, ]>. 45.

Y UK SA I LL K S

de service, qui place le soldai à côté du savant el de l'administrateur, et qui élève ceux-ci à la gloire du plus grand sacrifice , celui du repos de la vie.

Les voies de communication pour rétablir les grands travaux d'utilité publique prennent un nouvel élan, des monuments s’élèvent dans la capitale, el le premier consul entreprend de visiter les provinces el de voir par ses yeux , de connaître lui-même leurs besoins. Il commence par le nord; d’Amiens il se rend à Boulogne, a Lille, a Calais, et surtout à Anvers, dont il fera une place formidable et l’entrepôt d’un grand commerce.

Le principal tableau de celte salle représente son arrivée dans le port de celle \ille avec madame Bonaparte; les autres sont la nomination à la présidence de la république cisalpine.

Cinquième salle.

dette salle est le passage de la république à la monarchie, du consulat à l'empire , le principal tableau est le moment où Napoléon reçoit, à Saint-Cloud, le sénatusconsulte qui le proclame empereur des Français. La réception a lieu dans la grande galerie de Saint-Cloud ; le premier consul est accompagné de madame Bonaparte, des généraux de la garde et île ses aides de camp. Les autres tableaux sont la distribution des croix de la Légion d’honneur dans l’église.

Une loi , en date du l!) mai 1802 , avait institué l’ordre de la Légion d'honneur. Les membres nommés n’étaient pas encore reçus.

« A midi , l'empereur est parti des Tuileries , précédé par les maréchaux de l’empire, par le prince connétable, et suivi des colonels généraux de sa garde et des grands officiers de la couronne, de ses aides de camp et de l’état-major du palais.

« Sa Majesté s’est placée sur le trône, ayant derrière elle les colonels généraux de la garde, le gouverneur des Invalides et les grands officiers de la couronne.

« Le cardinal-légal célébra la messe. Après l'évangile , les grands officiers de la l égion d’honneur, appelés successivement par le grand chancelier, se sont approchés du trône et ont prêté leur serment.

ANCIEN ET MOI» Eli NE. 555

« L’appel des grands officiers fini , l’empereur s'est couvert , et, s’adressant aux commandants, aux officiers el aux légionnaires, a prononcé d’une voix forte el animée ces mots :

« Commandants, officiers, légionnaires, citoyens et soldats, vous jurez sur votre honneur de vous dévouer au service de l’empire et à la conservation de son territoire , dans son intégrité ; à la défense de l’empereur, des lois de la république el des propriétés qu'elles ont consacrées ; de combattre par tous les moyens que la justice, la raison et les lois autorisent, toute entreprise qui tendrait à rétablir le régime féodal enfin vous jurez de concourir de tout votre pouvoir au maintien de la liberté et de l’égalité, bases premières de nos constitutions. Vous le jurez?»

« 'Tous les membres de la Légion, debout. , la main levée, ont répété à la fois : Je le jure. Les cris de rire l'empereur ! se sont répétés de toutes parts.

Sixième salle

Pendant que l'empereur s’occupait ainsi d’améliorations de tous genres pour le bien-être et la richesse de la France, une troisième coalition se formait de l’Autriche pour reconquérir l'Italie, de l’Angleterre pour se débarrasser de la crainte d’une invasion , et enfin de la Russie , dont la politique venait à changer par la mort de Paul Ier. Du moment où Napoléon en fut informé, il comprit que c’était sur le continent qu’il fallait atteindre l’Angleterre, et parvenu à la paix par un nouvel équilibre européen , il se rend au sénat , obtient une nouvelle conscription de quatre-vingt mille hommes, et ordonne la levée du camp de Boulogne. Cetie armée, partie des rives de l’Océan le 51) août, arrive en Bavière le C octobre. Les Autrichiens , fiers de leur nombre et ne croyant pas à la possibilité du mouvement des Français, s’avancent dans l’Allemagne pour y exciter les sympathies des peuples ; mais en étendant ainsi leurs lignes , ils prêtent le flanc de tous côtés aux corps français qui arrivent de droite et de gauche à leur rencontre. Déjà la division du général Murat rencontre un corps autrichien à Wertingen, le combat et le pour-

V K USAI L I, LS A N L I I- N b T M U I) b li N b.

suit jusqu’à Günlzburg; là se trouve un corps considérable d'Autrichiens avec l’archiduc Ferdinand lui-même, qui oppose une vigoureuse résistance; mais le maréchal Lannes arrive, s’empare du pont et s’avance pour couper la route tl’Ulm à Augsbourg. Les Autrichiens perdent dans cette affaire deux mille cinq cents hommes , douze ceuts prisonniers et six pièces de canon. C’est alors que l’empereur partit de Strasbourg le 1er octobre, après s’êlre arrêté seulement quelques instants à Ettlingen chez le prince de Baden. Arrivé à l'armée, il se rendit d’ Augsbourg à Burgau et rencontra sur le pont'du Lech le corps d’armée du maréchal Marmonl .

Le temps était affreux, la neige tombait à gros flocons, le froid était vif, et les soldats surchargés, parce (pi- ils portaient leurs vivres pour plusieurs jours et marchaient péniblement sur une route dégradée. L’empereur ordonna de faire balte, fit serrer la colonne en masse et former le cercle, autant qu’il fut possible, à la portée de la voix. Il félicita, remercia ses soldats de leur constance dans les marches pénibles qu’ils venaient de faire; il leur dit quel en était le résultat; expliqua, comme il l’eût fait à ses généraux , la situation de l’ennemi ; démontra l’imminence d’une grande bataille, et leur promit une victoire aussi certaine que la confiance qu’il avait en leur dévouement. » Cette courte harangue électrisa tous ceux qui l’entendirent, el de ce moment commence, sous les ordres directs de Napoléon, la campagne mémorable à laquelle on a donné depuis le nom de campagne d’Austerlitz.

\ cstihulc (le l’aile du sud.

uspendons un moment l'histoire du grand homme aiu|iiel toutes ces salles sont consacrées , et arrêtons-nous ici, près de sa statue, au milieu des bustes de sa famille et de quelques-uns de ceux qui approchaient le plus de son trône. La noble simplicité de ce vestibule repose de l'éclat, du cliquetis des tableaux; on peut ici étudier mieux ses traits, les rechercher dans trois bustes et deux statues faits de son vivant. L’une de ces statues , celle de Seurre, a cela de curieux qu’elle a la grandeur même du modèle qui a servi à celle de la place Vendôme , et que l’épée a été moulée sur celle qu'il portait.

Ceux «pii ont vu Napoléon à toutes les époques de sa carrière auront été frappés comme nous du changement extraordinaire qu’ont éprouvé les traits, la forme même de son vi.-age. Sans doute il en est ainsi pour tous les hommes , mais pas à ce point , pas de manière à pouvoir s’v méprendre. Ainsi , lorsqu'il arriva de l'ai -

v i; \{ sa i l l i ; s a l\ g i i; \ k i lm u d l; h n k.

■rnl BonupnrG*

niée d'Italie, el notainnient le jour où le directoire lui donna une fête au Luxembourg, il avait le visage long, les joues creuses et des cheveux poudrés qui, couvrant ses joues des deux côtés, lui donnaient l'aspect d'un jeune homme malade; et quoiqu’il n'eût que vingt-sept ans, il paraissait plutôt en avoir trente-cinq.

Les portraits faits à cette époque le représentent parfaitement ses yeux couverts étaient vifs , et il y avait dans sa bouche une sorte de dédain qui cessait lorsqu'il souriait , ce qui donnait beaucoup de charme à son visage. A son retour d’Egypte, il avait les cheveux coupés, son visage avait pris plus d’embonpoint, de rondeur; sa ligure était moins fortement prononcée, mais plus bienveillante, plus calme ; c’est en effet l'époque de sa vie où il eut moins de souci, moins de tourments. C’est ainsi que le représente Isabey, et même David au passage des Alpes, quoique ce visage soit fantastique.

A l’époque de son couronnement el de l’apogée de sa fortune, ses traits se grossirent, sa ligure prit un caractère plus sérieux , plus grave, le jeu de sa physionomie fut moins marqué; c'est ainsi que l’ont peint Gérard, Gros, 1 lober t-le-Fèvre ; et, en effet . l'habitude du succès dans tout ce qu'il entreprenait lui avait donné une sorte d’impassibilité; sa démarche était moins vive, ses reparties moins promptes. Sans doute, quand il fut réduit à se défendre autour de sa capitale, il reprit et retrouva tout l'élan de sa jeunesse ; mais ce mouvement s'éteignit bientôt dans l’exil , dans le chagrin, dans l'ennui, el dans l'obligation de végéter; et ses organes s’affaiblirent sans qu’il perdit rien de ses facultés.

Napoléon empem

Napoléon proscrit

Si\i< nu* salir.

[j\jotis avons laissé l'empereur, poursuivanl sa marelie su i

le lerriloire de l'ennemi; de lotis côtés l’armée arrivait 1 à marches forcées devant Uni. I.e lô octobre elle était au tour de la place à deux lieues de rayon , et partout en présence des postes avancés de l’ennemi. L’empereur donna ordre ^ d’attaquer sur tous les points. Alors le maréchal Ney, à la tête du ^ 6!le de la division Loyson , attaqua la forte position d’Elchingen, défendue avec opiniâtreté par le général autrichien Laudon. Après trois assauts, il finit par s’en emparer et poursuivit l’ennemi jusqu’aux retranchements de Saint-Michel ou du Mont-Saint-Jean, en avant d'Ulm.

L’archiduc Ferdinand , qui commandait un corps de l’armée autrichienne sous les ordres du général Mack , voyant que l'attaque de la position d’Elchingen aurait pour résultat de renfermer celte armée dans Ulm, se décida à en sortira tout risque pendant le combat , et il parvint à gagner la Franconie avec une portion de sa cavalerie. Mais la division commandée par le général Werneck n'eut pas le même bonheur. Après un combat assez vif, le lieutenant général Werneck fut obligé de capituler avec tout son corps, et le maréchal Mack, n’ayant pu suivre le corps d’armée de l’archiduc Ferdinand, se trouva enfermé dans la place avec

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toute l'infanterie el partie de la cavalerie. On se demande comment trente mille hommes pouvaient jamais se considérer comme enfermés, et s’il n’est pas toujours possible , en perdant une partie de ses canons , de se faire jour à travers un cercle de troupes qui, devant être très-étendu , ne peut , sur tous les points, opposer la même résistance. Quoi qu'il en soit , toute celte armée capitula et défila devant l'empereur le 21 octobre suivant ; alors la marche de l’armée française ne fut plus arrêtée «pie par des combats partiels, tels que près d’Amstetten , où elle rencontra l’armée russe du prince Ragralion , et quelques jours après, vis-à-vis du château de Dunster, où fut enfermé Richard Grur-de-Lion.

('. est après une de ces affaires que l’empereur, rencontrant un convoi de blessés autrichiens, ôta son chapeau en disant : Honneur au courage malheureux! » C'est a celle époque également que le maréchal Ney eut la mission de s’emparer du Tyrol el s’en acquitta avec son intelligence et son intrépidité accoutumées. Le 7, à cinq heures après-midi, il lit son entrée à Inspruck ; il y trouva un arsenal rempli d'artillerie, seize mille fusils et une immense quantité de poudre.

Alais un trophée plus précieux, ajoute l'auteur du l’rccis (les événements mili.

A NCI UN Kl M O I) K 11 N l£.

iaii cs , lui la prise que lit mules régiments (le 7(5'), des drapeaux qu'il avait perdus dans le pays îles Grisons , et qui avaient été déposés à l’arsenal d'Inspruck.

Lorsque le maréchal Ney les leur lit rendre avec pompe, les larmes coulaient des yeux de tous les vieux soldats. Les jeunes conscrits étaient fiers d’avoir servi à reprendre ces enseignes enlevées à leurs aînés par les vicissitudes de la guerre.

Septième salle.

Napoléon était à Saint- Pollen , à peu de distance de la capitale de l'Autriche, lorsqu’il reçut à son quartier général une députation des magistrats de la ville,

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conduite par le prince de Sinzenl'ort. Napoléon leur donna l'assurance que les propriétés seraient respectées, et il tut convenu que la garde bourgeoise , qui loi niait seule la garnison de Vienne, conserverait ses armes et son arsenal particulier, qu’elle ferait le service avec l’armée française.

L’armée prit ensuite possession de la ville, ou l’empereur Napoléon ne s’arrêta que quelques instants. « Il se rendit, presque aussitôt son arrivée . au château impérial de Sehœnbrunn , 01 il établit son quartier gén ral. »

De là il le porta successivement à l’oerlilz et. à Brtinn ,ott il était le 20 novembre. L empereur d’Autriche se relira à Olnhitz, ou il fut rejoint par l'empereur de Il ussie.

Il se rendit le 20 novembre au bivouac , que depuis on appela lu Bulle île ri-'.uiprrcur , » détermina sa ligne de bataille, coupant perpendiculairement la grande route d’OInnitz , la droite au lac de Menitz, la gauche au pied de la masse de montagnes qui séparent le bassin de Scbwartza de celui de la Mardi , ayant devant elle et pour appui le Bosenitz-Berg, montagne détachée et escarpée que Napoléon lit retrancher et armer d'une forte batterie.

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rendant que I empereur rangeait son armée en bataille, il s était aperçu que les

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Russes el les Autrichiens, conlianls dans leur nombre, prolongeaient en avant leur gauche, alin de pouvoir tourner l'armée française.

« Il ne tenait qu'à moi, dit-il , dans ses Mémoires, de déjouer leurs projets en renforçant ma droite; mais cela réduisait l’action à des chances égales, et j’espérais mieux : lorsque l’ennemi fait une faute, il faut se donner de garde de l’interrompre. » Il ne s’occupa qu’à se préparer à frapper par son centre celte armée, qui lui prêtait ainsi son liane comme à Rivoli; et, ce qui est singulier, c’est que l’auteur de ce mouvement stratégique était le même général Weyrolter qui avait dirigé les opérations à Rivoli1. Ce qui est plus curieux encore, c’est que l’empereur (il connaître d’avance à son armée , dans une proclamation , la manœuvre qu'il comptait faire, circonstance qui, peut-être, ne s’est jamais rencontrée. Le plateau de Pratzen, centre des armées alliées, était alors déjà le point important de la position, et c’est sur lui que le maréchal Soult , commandant la droite , devait se diriger en se bornant à contenir l'ennemi du côté de Telnilz , où il allait s’aventurer.

Voici la situation des armées russes et autrichiennes : elles étaient divisées en sept colonnes ; les trois premières, sous les ordres de Buxhœwden , s'avancèrent des hauteurs de Pratzen, sur Telnilz et Kobollnitz, et se rabattirent sur Tunis, c’est-à-dire débordèrent entièrement l'aile droite française; la quatrième, sous les ordres deKolovrat, avec laquelle marchait le quartier général, devait également quitter Pratzen un peu en arrière de la troisième colonne , et s'avancer jusqu’à Kobollnitz ; la cinquième formait toute la cavalerie de Lichtenstein ; près de quatre-vingts escadrons devaient également quitter le centre et seconder la droite, en marchant vers la chaussée de Briinn; la sixième, destinée à attaquer à droite l’aile gauche française, devait être soutenue par la septième, placée en réserve et composée des gardes , sous les ordres du prince Constantin. Ces dispositions contenaient une seconde faute plus grande que la première, c'était d’agir des deux côtés en s'ouvrant sur le centre; il est évident que l’ennemi déborda la droite qu'il supposait étendue jusqu’à Telnilz, sans crainte d’être attaqué au centre , tandis que l'empereur avait massé toutes ses principales forces entre Schlapanitz et la route de Briinn. L’empereur recevait pendant la nuit l’avis que le mouvement de l’ennemi continuait, et il ne se pressait point de donner le signal d’attaque, quoiqu’ayanl auprès de lui tous ses maréchaux. Le temps était brumeux, lorsque tout à coup, entre sept et huit heures, le soleil parut et fit voir la situation et le plateau de

1 1.,'empereur parle avec dédain de cet officier, el cependant c’était un homme d’un très-grand mérite , et la manœuvre même qu'il faisait eût pu . dit Napoléon , obtenir du succès si , dans cette marche de flanc , il eût fait suivre toute l'armée pour l'appuyer; or, il est prouvé que c'était là le plan de Weyrotter, qui fut après changé par des ordres supérieurs

VliUSAILUiS

Pralzen, en ce moment on enlemlit mie forte canonnade sur la droite de l'armée française ; c'est le moment que l’empereur attendait .

C’est alors qu’il donne ses derniers ordres à ses maréchaux , moment que représente ce tableau de Carie Yernet. Ils s'éloignent tous au galop, et quelques instants après commence la plus belle et la plus décisive manœuvre qu'on ait vue; à gauche, Bernadolle, soutenu par Murat , attaque idasowitz; l'armée marche vers la même hauteur, des deux côtés de la chaussée de Bruno ; la réserve suit ce mouvement pour empêcher l'ennemi de porter du secours à son centre; ce centre est attaqué avec fureur par les deux divisions de Saint-Hilaire et de Vandamme , commandées par Soidt, qui gravissait les hauteurs de Pralzen, et se trouve en face de la colonne de Kolovrat . qui, ne pouvant supposer une telle attaque, marchait tranquillement en pelotons de route. L’empereur Alexandre, Kutusoff et tout l’état-major sont avec elle. Miloradowilz, qui tient la tête, peut à peine formelles bataillons qu’il mène au feu isolement; mais alors naît le plus grand désordre: Kolovrat est culbuté, et toute son artillerie s’enfonce dans les marais; l'empereur et le grand-duc essaient une charge avec les chevaliers-gardes pour rétablir la communication des centres avec les ailes, mais ils sont ramenés par Uapp et la cavalerie de Bessières. A midi la victoire était décidée et toute la gauche était coupée. — Du haut d'Austerlitz, ou les deux empereurs s'étaient retirés, ils

ANCIEN ET MO DK K NE

virent le désortlre de leur gauche à laquelle ils ne pouvaient porter secours. Des trente mille hommes qui la composaient, les deux tiers , acculés à des lacs et comprimés par le feu des divisions Vandamme et Saint-Hilaire, mirent bas les armes ou périrent dans les lacs, dont la surface glacée qui les portait s’enfonça sous le poids du nombre; plus de deux mille hommes y furent noyés, et présentèrent l'aspect de la bataille d’Aboukir.

Le résultat de cette bataille fut la prise de quarante drapeaux russes , y compris ceux de la garde, et de près de vingt mille Prussiens; les ennemis y laissèrent aussi quinze mille tués ou blessés; elle fut pour le soutien de l’empire ce qu’avait été Marengo pour le consulat.

« Le lendemain de la bataille d’Austerlitz , l'empereur d’Autriche envoya le prince Jean de Lichtenstein au quartier général français pour demander un armistice et proposer une entrevue, afin d’en régler les conditions. Napoléon accueillit le prince de Lichtenstein et accepta l’entrevue pour le lendemain 4 décembre, avec l’empereur François IL II fut convenu qu’il se rendrait sur la route d’Austerlitz à Goedin , au point où se trouvaient les avant-postes de l’armée française.

« L'empereur Napoléon se trouvait à ses avant-postes, près de Sarutschitz , où il avait fait établir son bivouac auprès d’un moulin, à côté delà grande roule ; il attendit l’empereur d’Autriche, alla au-devant de lui dès qu’il eut mis pied à terre > et l’invitant à s’approcher du feu de son bivouac : « Je vous reçois, lui dit-il, dans le seul palais que j’habite depuis deux mois. — Vous tirez si bon parti de cette habitation, qu’elle doit vous plaire , » répondit en souriant François II 1 . «

• Précis des événements militaires , par le général Matthieu Dumas , t. XIV, p. 21 h.

Napoléon reçoit l’empereur d’Autriche n son bivouac.

1 1 ii i tième salle.

paix de Presbourg ne l ut pas de longue durée. Une quatrième coalition se forma, et, par une singulière inconséquence, les cabinets agissaient dans leurs conseils comme les généraux sur le champ de bataille ; ils se laissaient battre les uns après les autres, et arrivaient wjsiL toujours trop tard pour se secourir : cette fois ce fut la Prusse unie à Angleterre et à la Russie. La Prusse, persuadée qu'elle suffisait p pour soutenir le choc, n’attendit pas les armées russes, et notifia à £|| l’empereur qu’il eût à retirer ses troupes de l’Allemagne, et à re-

WM passer le Rhin. A peine ce singulier défi fut-il parvenu à Napoléon, ïif qu'il se rendit à son armée, qu'il avait d’avance réunie en une masse compacte prête à manœuvrer. La première rencontre fut un premier succès , et la mort d’un des princes de Prusse fut d’un mauvais présage pour son pays; mais bientôt l’armée prussienne se trouva tout ^ entière en présence de l'armée française : Auerstaedt et Iéna effacèrent les souvenirs de Rosbach. En huit jours, l’armée et la monarchie du grand Frédéric furent anéanties, ses différents corps furent dispersés, séparés de la capitale, et rejetés dans les places fortes sans pouvoir se rallier. Alors Erfurt, Lubeck, Glogau , Magdebourg capitulèrent successivement : Magdebourg avait une garnison de vingtdeux mille hommes et huit cents pièces de canon. Le découragement était tel dans celte brave, mais malheureuse armée, que des villes entières fortifiées se rendaient devant quelques régiments de cavalerie : il en fut ainsi de Prenslow et de Steltin ; on pensait que tout était perdu et que la résistance n'amènerait que des sacrifices inutiles. Napoléon lil , le 27 octobre, son entrée solennelle à Berlin par la magnifique porte de Cbarlottenbourg : il fut reçu par le corps de la ville, qui lui en présenta les clefs.

« Le sénat conservateur ayant arrêté , le 14 octobre I SOC, qu'une députation

de trois de ses membres se Ml

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rendrait auprès de Tempe-1''®™ l eur à Berlin, pour lui offrir Tbommage du dévouement du sénat et du peuple français , le 18 novembre, les sénateurs d’Aremberg ,

François de Neufehâleau et Colchen, arrivèrent à Berlin L’empereur ™,-uit ie* député* au sénat,

chargés de cette mission. L’empereur les reçut au retour de la parade. M. François de Neufehâleau porta la parole au nom du sénat. L’empereur remercia ce corps illustre de sa démarche , et chargea la députation de rapporter à Paris les trois cent quarante drapeaux et étendards pris dans celte campagne sur l'armée prussienne, désirant que ces drapeaux demeurassent déposés au sénat, jusqu’à ce que le monument qu’il avait ordonné d’élever tût terminé et en état de les recevoir. L'empereur fit aussi remettre à la députation l'épée , l’écharpe , le hausse-col et le cordon du grand Frédéric, pour qu’ils fussent transportés aux Invalides et confiés au gouverneur de cet hôtel, où ils devaient être gardés. »

Avant de quitter Berlin pour poursuivre ses conquê- , les, Napoléon voulut visiter le tombeau de Frédéric, et là il resta quelque temps en contemplation; c'était aussi auprès de ce tombeau que, peu de temps auparavant, la belle reine de Prusse et l’empereur Alexandre s’étaient promis une alliance indissoluble. Toutefois cette alliance ne fut pas rompue, et les débris de l'armée prussienne se replièrent sur l’armée russe, qui marchait à la hâte, et qui commença bientôt une nouvelle campagne mieux disputée que la première. Napoléon quitta Berlin le 25 novembre; mais, en avant de Varsovie, Murat, Davousl et Lannes avaient déjà rencontré les Russes et remporté sur eux des avantages. Benigslen avait évacué la capitale de la Pologne, et les Polonais s’étaient soulevés en faveur des Français; Tannée 18û<;

Napoléon devant le tombeau du grand Frédéric.

Y Lit SA I LL LS

se termina par les combats île Pulstuck et de Golymen , et l'annce 1807 s’ouvrit par la bataille d’Eylau. Le 7 février, à la pointe du jour, l’avant-garde française se mit en marche, et rencontra l’arrière-garde de l'armée combinée entre le bois et la petite ville d’Eylau. Plusieurs régiments de chasseurs à pied ennemis qui la défendaient furent chargés et pris en partie. On ne tarda pas à arriver à Eylau et à reconnaître que l’ennemi était en position derrière cette ville, à un quart de lieue du bourg de Preussich-Eylau.

A la pointe du jour les armées combinées , russes et prussiennes, commencèrent l'attaque par une vive canonnade sur la ville d’Eylau et sur la division Saint- Hilaire. L'empereur se porta à la position de l'église, que l’ennemi avait tanldéfendue la veille. 11 lil avancer le corps du maréchal Augereau, et lit canonner le monticule par quarante pièces d'artillerie de sa garde. Lue épouvantable canonnade s'engagea départ et d'autre.

Trois cents bouches à feu ont vomi la mort pendant douze heures. La neige, qui plusieurs fois dans la journée obscurcissait le temps, retardait aussi la marche et l’ensemble des colonnes. La v ictoire, longtemps incertaine, fut décidée et gagnée lorsque le maréchal Davousl déboucha sur le plateau et déborda l'ennemi , qui se relira, mais sans être entamé, sans qu'on pût dire qu’il était vaincu; combat terrible, qu'on ne sait comment définir, lutte de carnage dont chacun s'attribua la victoire, et dont l'humanité dut d'autant plus gémir qu'elle n'eut aucun résultat.

G’est ce spectacle affreux que représente le magnifique tableau de Gros: il est

ANCIEN ET MODE UNE

certain que l'aspect de ce champ île bataille affecta vivement l’empereur : il le mandait à Joséphine : « Il y a eu hier une grande bataille ; la victoire m’est restée, mais j'ai perdu bien du monde ; la perte plus forte de l'ennemi ne m'en console pas. » Quinze jours après il lui en parlait de nouveau. Cependant ses années poursuivaient leur marche, et après une dernière et décisive bataille, celle de Friedland, qui fut bien décidément, gagnée , mais qui coûta également de terribles sacrilices, l'empereur de Russie demanda un armistice et une entrevue, qui eut lieu à Tilsit , et qui décida delà paix, qui fut signée le 9 juillet 1807.

Dixième salle des eampajjnes de Napoléon.

Napoléon fut visité à Tilsit par l’empereur Alexandre et par la reine de Prusse ; il alla au-devant de la reine jusque dans la rue , et la reçut au bas de l'escalier. Les souverains passèrent ensemble plusieurs jours, pendant lesquels ils donnèrent des marques de distinction aux généraux les plus braves des différentes armes, et Napoléon remit la croix d’officier de la Légion d’honneur à un soldat russe qui lui fut indiqué comme s’étant le plus signalé. Enfin, le (i juillet, les deux empereurs se séparèrent, après être restés plusieurs heures en conférence ; ils se rendirent à cheval au bord du Niemen, où l’empereur Alexandre s’embarqua. Napoléon demeura sur le rivage jusqu’à ce que son hôte illustre fût arrivé à l'autre bord.

Onzième salle.

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J^jgyendant ce bouleversement des empires, eette tluetualion des eomuimes, un peuple relégué au bout de l'Europe semblait rester oublié, inaperçu , à l’abri de son inertie , de sa faiblesse , et cependant c était la puissante monarchie de Cbarles-Quinl, c’était l'Espagne devenue tellement nulle, que sa soumission valait mieux que sa conquête. Pourquoi Napoléon a-t-il été réveiller ces passions engourdies, galvaniser ce cadavre (pii devint contre lui un géant ? Telle était sa destinée, et le jour oii Ferdinand arriva au cbâteau de IMaral, ainsi qu’il est représenté dans cette salle, lut un jour néfaste pour la France et pour rinunanité, pour Napoléon surtout, dont il commença et lit présager les revers. Instruit delà résistance qu'éprouvait son armée, irrité de la honteuse affaire de liaylen , Napoléon lut contraint de détacher delà Grande Armée, qui était en Prusse et en Pologne, une partie de ses vieilles bandes. Lui-même , avec la garde impériale,

— = - u vint se mettre , au mois de novembre , à la tête des forces qu'il avait

rassemblées sur le Haut-Ebre.

Le douzième bulletin de l’année d'Espagne dit que, « le 12 novembre, Napoléon avait son quartier général à Burgos . et qu’il marchait sur la capitale d'Espagne. »

On lit dans le treizième bulletin :

« Le 29 , le quartier général de l’empereur a été porté au village de Rozeguillas.

« Le 30, à la pointe du jour, le duc de Bell une s'est présenté au pied du Sommo-Sierra. Une division de treize mille hommes de l’armée de réserve espagnole défendait le passage de cette montagne. L’ennemi se croyait inexpugnable dans Cette position. Il avait retranché le col «pie les Espagnols appellent Puerto, et y avait place treize pièces de canon. Le 9’ d’infanterie légère couronna la droite, le 96 marcha sur la chaussée, et le 2b suivit à mi-côte les hauteurs

VEKSAILLES A N Ci EM ET MO DE KM E.

de gauche. Le général Sénarinont , avec six pièces d’artillerie, avança par la

chaussée.

Bataille de Sommo-Siei'ra.

La fusillade et la canonnade s’engagèrent. Une charge que lit le général Monthrun à la tète des chevau-légers polonais décida l’affaire ; charge brillante s’il en fut, où ce régiment s’est couvert de gloire et a montré qu’il était digne de faire partie de la garde impériale. Canons , drapeaux , fusils , soldats , tout fut enlevé , coupé ou pris; huit chevau-légers polonais ont été tués sur les pièces, et seize ont été blessés ; parmi ces derniers on comptait le capitaine Drievanoski , qui ne laissait (pie peu d'espérance de guérison , et le comte de Ségur, maréchal de camp de la maison impériale.

C’est ici que nous devons rendre hommage à cette brave et malheureuse nation polonaise, que nous avons vue sous les armes , en 1790, dans les mêmes costumes, dans les mêmes sentiments, que sous les murs de Paris, vingt-cinq ans après ; se battant pour leur patrie sous les drapeaux qui pouvaient la leur faire espérer , et lidèles dans le malheur comme dans la prospérité.

Les autres tableaux de celte pièce font honneur au talent de Vernet et de Gros : ils représentent le siège et la capitulation de Madrid ; mais celui du fond mérite une attention particulière. 11 rappelle le mariage du prince Jérôme

V B li S A l I, I. liS

Honaparle avec une princesse de Wurtemberg, en présence de toutes les personnes composant, la famille de l’empereur et de l’impératrice, toutes d'une ressemblance frappante

l/einpereur Napoléon en grand costume.

[Vous avons choisi les portraits les plus marquants , celui de l’empereur dans ses babils de cérémonie, et celui de l’une de ses sieurs, la princesse Borghèse.

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