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lieucesdeux journées terribles deWagram, où deux cent mille hommes declia(|tie côté, avec une artillerie de gros calibre, renversèrent chacun de dix-huit à vingt mille hommes des rangs ennemis, où enlin l’Autriche ne doit plus son existence qu'à la modération du vainqueur; mais cette modération devait bientôt avoir une conséquence heureuse pour les deux pays, et le dernier tableau de celte dernière salle est le mariage de Napoléon avec Marie-Louise : ce fut l'apogée de sa fortune el de sa grandeur.
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Cette salle porte le nom delà principale bataille de celle campagne, si rapide, si inattendue , si glorieuse. C’est le 1 janvier qu’un arrêté des consuls ordonne la création d’une armée de réserve qui doit se former à Dijon ; les cabinets de Londres et de Vienne y font peu d’attention , et cependant , le 12 mai, le premier consul passe cette armée en revue à Lausanne; elle est de trente-six mille hommes avec quarante pièces de canon. Le lendemain elle marche sur Saint-Pierre et gravit le mont Saint-Bernard ; elle arrive au sommet à travers des précipices, par des chemins jusqu'alors connus seulement des chevriers ; les canons ont été démontés et portés à bras d’homme: c’est là ce (pie représente le tableau exact et intéressant de Thevenin.
Ainsi portée pour ainsi dire sur des nuages, cette armée tombe, comme un torrent , comme une avalanche, dans les plaines d’Aoste, où elle rencontre dans le fort de Bard un obstacle imprévu ; Lannes attaque la ville et le château , s'en empare, et l’ennemi est forcé de se retirer derrière la Chiusella, pour couvrir Turin. Poursuivant sa marche victorieuse, le premier consul entre à Milan le 2 juin , et fait passer à ses troupes le Pô à Plaisance; c’est dans ce moment qu’il
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apprend la prise de Gènes, el la nécessité de marcher en avant pour empêcher la jonction du corps du général Ott avec le corps d’armée. Ott occupe la position de Casteggio , bourg situé au pied du contrefort de l’Apennin ; il y est attaqué, et , après une vive résistance qui dure plusieurs jours , tant à Casteggio qu’à Montébello , de crainte d’être enveloppé, il se retire après avoir éprouvé une perte considérable en tués, blessés et prisonniers. Le 13 juin , l’armée française est à Castel-Nuovo , et son avant-garde à Marengo , dont elle occupe la plaine.
Le général Mêlas, ayant résolu de livrer la bataille, porte ses premiers efforts sur Marengo. Le H, à six heures du matin, l'armée autrichienne déborda en trois colonnes par les ponts de la Bormida ; le gros de sa cavalerie sur sa gauche aux ordres du général Ellnitz ; l’infanterie sous les ordres de Haddich et Kaim , et le corps de grenadiers du général Ott. L’armée française est en avant du village de Marengo, en échelons par divisions, la gauche en avant ; la division Gardanne formait l’échelon de gauche à la cassine Pedrabona, la division Ghabran le second
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échelon à Marengo , et la il i vision du général Lamies formait le troisième, tenant la droite de la ligne et en arrière de la droite de la division Chaînai! ; les divisions Carra Sahit-Cyr et Desaix en réserve, la dernière en marche venant de Kivalta, d’où elle avait été rappelée aussitôt que le projet de l'ennemi avait etc connu.
Tous ces corps réunis en échelons formèrent un effectif de dix-huit à dix-neuf mille hommes d infanterie et de deux mille cinq cents chevaux, auxquels devaient se joindre, dans la journée du lendemain, les divisions Mounier et Bon, qui se trouvaient à dix lieues en arrière, occupant les villages d’Acqui et de Caslel-Nuovo. Mêlas avait trente-six mille hommes d infanterie , sept mille hommes de cavalerie et quatre-vingts pièces de canon. Au premier pas que firent deux des colonnes
autrichiennes, elles rencontrèrent le corps du général Gardanne. A midi, I ennemi, maître de Marengo, débordait la ligne française, en I accablant dans son centre: il n’y eut plus autre chose à faire qu’une retraite par échiquier et lentement, et toujours sous le feu de la mitraille. A trois heures après midi , des dix-neuf nulle hommes qui avaient commencé le combat , il restait à peine huit mille hommes d’infanterie, mille chevaux et six pièces de canon en état de tirer; on ne pouvait plus relever les blessés, et la retraite allait peut-être se changer en déroute, lorsqu’un aide de camp, envoyé au-devant de la division Desaix, apporta la nouvelle
ANCIEN ET MODERNE
que la tête de ses colonnes paraissait à la hauteur de Saint-Julien. La France est sauvée, car il s’agissait dans ce moment de ses chères destinées. Bonaparte frémit de joie, et, voyant la poussière de l’avant-garde, il crie halle ! A ce mot énergique , répandu sur tout le front de bataille, tous s’arrêtent. Au même instant il donne l’ordre de marcher en avant; l’artillerie est démasquée; elle fait pendant dix minutes un feu terrible l’ennemi étonné s’arrête ; la charge est battue en même temps sur toute la ligne.
La division Desaix marche la première à l’ennemi... La mêlée devient terrible ; plusieurs braves succombent , et Desaix n’est plus !
Les Autrichiens surpris s’arrêtent ébranlés. La division Desaix , passée aux ordres du général Boudet , charge avec impétuosité l’ennemi. A peine a-t-elle poussé et mis en retraite les Autrichiens , que le général Bonaparte ordonne à la cavalerie qu’il avait conservée en réserve de passer au galop par les intervalles, et de charger avec impétuosité cette formidable colonne de grenadiers.
Cette manœuvre hardie s’exécute à l’instant avec autant de résolution (pie d'habileté. Le général Kellermann part au galop hors des lignes , se déploie sur le flanc gauche de la colonne de grenadiers autrichiens, et, par un quart de conversion à gauche , lance sur elle la moitié de sa brigade , gardant l’autre pour tenir en échec la cavalerie ennemie. La colonne autrichienne est. enfoncée et commence sa retraite en désordre. L’armée autrichienne profita de la nuit pour repasser les ponts.
Le résultat de cette journée fut la capitulation de toutes les places importantes du Piémont et de la Lombardie, et enfin la paix si longtemps désirée.
Napoléon sur le mont Saint-Bernard.