‹ VersaillesChapitre 8 sur 115 · E H S AI L LES · texte numérisé non relu

E H S AI L LES

l;i perfection sociale, n est pas autre que ce petit vieillard représenté sur cette gravure, el qui monte lentement la butte des Bons-Hommes.

Franklin montant la butte «les Bons-Hommes.

C'est le simple, le grand, l’immortel Franklin. 11 se rend à sa £ T ’ maison de Passy, située dans la rue Basse , où il a passé A Û les plus belles années de sa vie et complété ses savantes

âfei) r découvertes. Les gens âgés se rappellent avoir vu dans ses mains la corde du cerf-volant qui venait chercher la foudre au milieu des orages. Un illustre écrivain, prononçant l'oraison funèbre de Washington dans l’église des Invalides, disait, en parlant de Franklin : « Ce sage négociateur ne fut-il pas environné de nos hommages quand il vint montrer à Paris et jusque dans Versailles la noble

ANCIEN ET MODERNE

simplicité des mœurs républicaines. 11 habita sur les rives du tleuve voisin , en face des lieux où nous sommes réunis. Plusieurs d’entre vous ont vu , comme moi , la physionomie vénérable de ce vieillard, qui ressemblait à l’ancien législateur des Scythes voyageant dans Athènes.» Nous l’avons représenté s’appuyant sur ce bâton de pommier sauvage qu’il légua à Washington ;

Washington , comme lui immortel , comme lui héros de la civilisation et de la liberté. N’est-ce pas d’un bon augure pour cet ouvrage, qui doit renfermer tant de portraits, que de commencer par celui-ci, qui offre les traits de sagesse, de bonté , de génie , d’un homme que deux mondes se glorifièrent d’avoir possédé , et dont ils portèrent le deuil '? Au-dessus de sa tête s’élève le drapeau de l’Union, qui couvre aujourd’hui toutes les mers, qui pénètre dans les déserts pour y porter la lumière et la vie, qui s’adjoint tous les jours des provinces, des royaumes, et dominera bientôt tout ce vaste continent. Franklin est vêtu de l’habit modeste avec lequel il parut dans les salons de Versailles ; il vient de recevoir les adieux de Voltaire. 11 va quitter cette habitation de Passy qu’il aimait tant et où il laisse encore des regrets , pour entreprendre , malgré beaucoup d’infirmités , un long voyage ; mais

1 Le célèbre archevêque de Paris , M. de Beaumont , disait de Franklin qu'il ne lui manquait que d’être catholique. « Mais j’aime à croire, ajoutaitil, que Dieu ne repoussera pas cette belle âme, elle honorerait trop l'enfer.»

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