cardinal de Rolian conduit par un exempt des gardes
Première salle du rez de chaussée. — N° i du plan.
Clovis, 511. — Charlemagne, 814. — Saint Louis, 1270.
— Philippe III , 1285.
Le premier tableau qui se présente aux regards,
dans cette première salle, est le Baptême de Clovis, d’où on peut dater le commencement de l’histoire de France. Sans doute Mérovée avait déjà établi l’empire des Francs dans les Gaules par ses victoires contre Attila ; mais ce n’est vraiment que le jour où Clovis, vainqueur à Tolbiac, entre dans la basilique à Saint-Martin de Tours, lorsqu’il courbe sa tête superbe devant la croyance du pays, qu'il peut s’en croire le souverain, et porter la couronne, aux acclamations de tout le peuple. Il est des temps où le génie et le courage sont les seuls droits à la puissance , et lorsque Martel eut sauvé la France et la chrétienté à Sa bataille de Poitiers, la couronne des rois chevelus flottait dans les airs pour se reposer sur un
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nouveau front plus digne de la porter. Ce fut Pépin qui reçut du pape Étienne II le sceptre en échange de la liare , et qui fonda celte politique religieuse et
Sacre fie i’epin-le-lîref.
monarchique que les exploits de Charlemagne devaient consolider. Charlemagne, nom éminent dans 1'hisloire des hommes, empereur ou roi, conquéranl el
Passage (les Alpes par Charlemagne.
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législateur, dont les peuples se disputent la nationalité. Charlemagne passe les Alpes, et, vainqueur de Didier, il entre en triomphe dans la cathédrale de Milan
La , appuyé sur la terrible Joyeuse et sans fléchir le genou , il reçoit du pape Adrien l'r la couronne de fer, et malheur à qui osera la toucher , pendant son
règne. Bientôt il dicte ses immortelles capitulaires, qui, pendant plusieurs siècles, lurent le seul code de nos pères. A la gloire du législateur, il veut joindre celle de protecteur des lettres, des arts , et c'est dans sou palais même qu’il accueille et qu’il garde près de lui le célèbre Alcuin.
Après la mort de ce grand homme, un voile semble s’étendre sur le monde. Un nouvel essaim d’hommes du nord , de peuples sauvages, fondent sur les pays civilisés; les Normands pénètrent , non
Sacre de Charlemagne.
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plus par lus frontières, où une bataille les eût détruits, mais par les embouchures de toutes les rivières, au milieu du repos et de la sécurité. Quelques hommes énergiques luttent contre eux ; mais il fallait encore deux siècles avant leur entière expulsion. Cette salle nous offre plusieurs hauts faits de ces temps, et surtout le souvenir d’un saint roi , qu’on voit la dans tout l’éclat de la gloire, dans toute la gloire du malheur, de saint Louis qui recul dans les fers l’offre de la couroùne des mains des vainqueurs et l’hommage de ce terrible prince des assassins, du Vieux de la Montagne, dont le nom et la puissance fanatique faisaient alors trembler les peuples et les souverains! de retour en France saint Louis fut aussi célèbre par ses vertus que par son courage ; les rois le prenaient pour médiateur, le peuple pour juge.
Maintes foiz avint, dit son historien , que en esté il aloit au boiz de Vinciennes apres sa messe , et se acostoioit à un chesne et nous fesoit seoir entour li, ettouz ceux qui avoient à faire venoient parler à li, sanz destour hier de huissier ne d'autre. Et c’est, après celte vie consacrée au bien et a la gloire qu’affaibli par les fatigues et les combats, il fut atteint sur le rivage de l’Afrique du mal qui ravageailson armée ; alors il se fit coucher sur un lit de cendres, et les bras croisés sur la poitrine et les yeux levés vers le ciel , il dit : « Seigneur, j’entrerai dans votre maison, et je vous adorerai dans votre saint temple, » et son âme s’envola dans ce saint temple qu’il était digne d’habiter.
Saint bonis rendant la justice dans le bois de Vincennes.
Charles V. — Charles VI. — Charles VII.
ratelen et la balai I le de ce nom frappent d’abord les regards en entrant dans celte salle ; en effet, tout un siècle s’est écoulé depuis Philippe III jusqu’à Charles V, et au milieu des maux de la France, ce que n’avaient pu faire sur le champ de bataille , a la tète de tous ses barons, Philippe 111 et le roi Jean, Charles V le fit par sa sagesse, sans jamais vêtir armure ni autre babil de guerre. Sans sortir de son hôtel Saint-Paul , il dirigeait le bras de ses vaillants capitaines, dont l’intrépide Duguesclin était le chef et le modèle. La mort de ce héros est retracée a droite en entrant dans la salle. Il est couché sur un lit de
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parade ; le brave Sancerre est près de lui ; Sancerre, qui ne se crut pas digne de ceindre l’épée qu’avait portée son frère d’armes, et le gouverneur de Châteauneufde Randon vient déposer aux pieds du guerrier mort les clefs qu’il avait juré de lui remettre s’il n’était pas secouru. Au pied du lit, un jeune écuyer pleure la mort du grand capitaine. Ali ! pleure, enfant, pleure le brave connétable dont la perte laisse la France en proie à d’affreux déchirements. Il suffit de nommer le faible Charles VI , et la si belle mais si odieuse Isabeau de Bavière.
Avant toutefois de quitter Charles V , rendons-lui hommage avec le peintre qui le représente fondant la Bibliothèque royale, et prononçant ces belles paroles : « Tant que sapience sera honorée en ce royaume , il continuera à prospérer, y, Jetez aussi un coup d’œil sur une bataille sanglante, où la bravoure française triomphe du nombre, avant de succomber par de folles imprudences. Rosbec adoucissait la douleur de Crécy , d’Azincourl et de Poitiers.
Cependant la France est entre les mains des Anglais ; Charles Vil, retiré dans le donjon de Chinon ou de Loches, mettant son argenterie en gage pour vivre, est salué par les ennemis du titre de roi de Bourges. Le duc de Bedfort veut encore le lui ravir, et profiter de cet assoupissement, de cette indifférence d’un pays malheureux : il met le siège devant Orléans, où les plus vaillants capitaines de ce temps, le reste des compagnons de Duguesclin, La Mire, Dunois, Xainlrailles, sont enfermés, et Charles VII oublie dans les bras d’Agnès Sorel et sa gloire et sa couronne : mais elle ne les oubliera pas. Cette noble créature saura, au contraire, rappeler a son amant son devoir, et menacer de le quitter s’il ne se montre pas digne d’elle. A celle voix chérie Charles se sent élevé au-dessus du malheur : ses troupes entrent en campagne et défient les soldats de l’Angleterre. Les deux armées se rencontrent a Beaugé : le duc de Clarence , frère d’Henri V , est a la tête des Anglais; le maréchal de La Fayette et le comte de Buchan , brave Écossais , lidèle, comme tous ses compatriotes, a toutes les fortunes de la France , conduisent nos troupes a la victoire. Le génie de la France semble relever la tète ; une femme lui a rendu son roi , une autre femme va lui rendre son peuple , son peuple, ami de l'honneur et de la gloire jusqu’au fanatisme ! Jeanne d’Arc est il Chinon ! Jeanne d’Arc ! quei nom ! quelle histoire miraculeuse ! C’est au mois de février 1 429 qu’elle se présente devant le roi : « Je chasserai les Anglais d’Orléans , dit-elle, je mènerai mon gentil Sire a Reims. » Et le 18 mai , les Anglais fuient épouvantés loin des murs d’une ville qu’ils regardaient comme une conquête assurée; et le 17 juillet, Charles VII est a Reims , entouré d’une cour brillante , au milieu d’une population dévouée a sa cause, toute Gère de ses succès. Un évêque fait sur le Iront du
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roi les onctions saintes; et c’est une jeune lille dont les mains jusqu'ici n'ont manié que des écheveaux de laine , qui opère ce prodige.
Jeanne d’Are devant Charles VII.
La voila devant son souverain, au milieu d’une cour imposante, cette jeune fille timide, mais devenue hardie par le sentiment qui l’inspire, pour le succès qu’elle attend.
Faut-il que la jalousie ait livré l’héroïne d’Orléans a ses ennemis, et que leur rage l’ait condamnée a périr sur un bûcher ! Mais si Jeanne n’est plus à la tête des Français, son souvenir, le désir de venger sa mort houleuse, les animera, et la victoire est restée fidèle à leurs drapeaux. Paris leur ouvre enlin ses portes, et le 15 juillet 1436, sur le pont Notre-Dame, le maréchal de File-Adam reçoit la capitulation qu’un brave bourgeois, Michel bailler, était venu lui apporter.
Treize ans s’écoulèrent, employés par Charles et ses habiles ministres, a rétablir l’ordre dans toutes les parties de l’administration, et lorsque l’imprudence d’un capitaine anglais lit rompre la trêve jusque-la religieusement observée, la conquête de la Normandie vient grossir le nouveau royaume de France.
Le JO novembre J 449 , Charles entrait dans houen , précédé du chancelier Guillaume des Ilrsins, en brillant costume, et faisant porter devant lui les