‹ VersaillesChapitre 85 sur 115 · DS · texte numérisé non relu

DS

V I : K S A I II. I : S A N Cl L-: IN ET müüeiune

sceaux du royaume. Aux côtés du roi chevauchait Jacques Cœur, sou argentier, qui avait fourni aux dépenses de ses armées. Le comte de Dunois , capitaine de la ville , et le sire Guillaume Cousinot , bailli , étaient venus au devant du roi avec les magistrats et les plus notables bourgeois, vêtus de robes bleues, avec des chaperons rouges ou blancs et rouges.

Les maisons étaient tendues de tapis et de belles draperies. On voyait aux fenêtres les dames et les riches bourgeois revêtus de leurs plus beaux atours. On remarquait, sur un balcon, auprès de la comtesse Dunois, le lord Talbot, témoin de cette gloire du royaume de France, et ce n’était pas un des moindres ornements de la fête. Il était vêtu d’un chapeau violet et d’une robe de velours fourrée de martre, que le roi lui avait donnée lorsqu’il était venu lui présenter ses respects. Le roi se rendit a la cathédrale pour remercier Dieu et baiser les saintes reliques!

Mais déjà les Anglais ont été battus à Formigny, et le connétable de Kichemont . rompant leurs lignes, les avait refoulés dans leurs retranchements, et y pénétrait avec eux; dernière victoire de Charles VII , surnommé le Victorieux, dernier effort des Anglais pour se main tenir sur le sol de la France, dont ils sont pour jamais expulsés.

S.illr X. 3 du plan.

^ 'aspect de cette petite salle est imposant par celte masse de clievaliers armés qui semblent la défendre ; mais les regards se portent

jfà bientôt vers le sujet principal, Louis XII pardonnant les injures ^ qu’on lui avait faites comme duc d’Orléans , et rappelant un trait

VE BS A ILLE S

ilHI

semblable de l’antiquité Celle salle continue l’histoire de France de Charles VII a François Ier.

Le courage de Dunois, de La Trémouille, de Jeanne d’Arc , ont délivré la France des Anglais ; la politique de Louis XI l’affranehitde ses ennemis intérieurs, de ces redoutables ducs de Bourgogne, qui reparaissaient toïijTmrs-dans^a lutte. Cette fois c’est unis a l’Angleterre qu’ils envahissent les provinces ; Charles-leféméraire marche sur la capitale ; il assiège Beauvais , il est près de s’en emparer ; déjà un soldat intrépide va planter son étendard sur la crête de la muraille , une hache lui coupe le poignet, et cette hache est dans la main d’une femme courageuse, Jeanne Hachette, qui laissa à la ville de Beauvais son arme et son glorieux souvenir.

Charles VIII était un petit homme de corps , et peu entendu , dit Connûmes, mais si bon qu'il n était point possible de voir meilleure nature; il acheva de soumettre la Bretagne, toujours jalouse de l’autorité des rois de France. Quoique (iancé depuis longtemps avec la (il le de l’empereur Maximilien , il brisa ce lien pour épouser Anne, héritière du duché de Bretagne , qu’il réunit pour toujours à la couronne.

1 L’empereur Adrien, parvenant à l’empire, dit à un de ses ennemis acharnés : « Eh bien! vous voilà sauvé? »

Défense de Beauvais.

lusieurs succès brillants marquent la (in du règne de Louis XII. Boulogne ouvre ses portes aux Français . et les efforts de Ramon de Cardona et de Pedro Navarro pour la reprendre cèdent a l’intrépidité du jeune Gaston de Foix , ce brave duc de Nemours dont sera mémoire tant que le monde aura durée. Mais le jour

'•02 V K K S AI I.I.F.S Kl MO DK K Mi.

approchai l , glorieux et fatal , oh ce jeune héros allait expirer au /milieu d’un nouveau triomphe. C’est dans la célèbre bataille de Kavennes.

François 1er monta sur le trône le 1" janvier 1515 , et le 10 août il traversait de nouveau les Alpes pour pénétrer dans la plaine de Saluces. Il fallut pour y parvenir cinq jours d’elïorls et de fatigues inouïes. Knlin , le 15 septembre, on entendit mugir dans les rues de Milan le taureau d’Uri et la vache d’Unterwalden. A ce signal, les Suisses se rangèrent a la bâte et marchèrent droit au camp des Français. La journée fut terrible, on se battit des deux côtés avec un acharnement inouï , et la bataille se prolongea jusqu’il près de minuit où la lune faillit. Bataillons et escadrons demeurèrent entremêlés au hasard , confusion d’autant plus grande que tous les deux portaient l’écharpe et la croix blanches. La journée du 14 fut plus sanglante encore, et le vieux maréchal de Trivulce, qui avait assisté a dix-huit batailles, disait que Marignan fut un combat de géants. Bayard , le brave Bayard , se montra la tel qu’il avait accoutumé.

François Ie'' ne négligea rien pour séduire par ses manières et ses discours le roi d’Angleterre Henri VIII, et le luxe qu’il déploya au camp du Drap d’or en fut la preuve; il lit de même pour Charles V pendant son court séjour en France, pour le pape Clément VII a l’entrevue qu’il eut avec lui a Marseille pour le mariage de sa nièce, la fameuse Catherine de Médicis.

KiUrcviie ilu | >.i | *•* C.lrnu'iil Vit t-l «le François I"

Je ne vous ai point assemblés comme faisaient mes prédécesseurs, pour vous faire approuver mes volontés, mais pour recevoir vos conseils el les suivre, pour me mettre en tutelle entre vos mains, envie qui ne prend guère aux rois à barbe grise, aux victorieux; mais le violent amour que j’ai pour mes sujets me fait trouver tout aise el honorable.

Paroles d’HtîNiu sv à rassemblée de Konen.

François Ier n'est plus , mais son siècle est une nouvelle ère pour le monde; la découverte de l’Amérique, celle de l’imprimerie, la réforme religieuse , le développement des arts et des lumières en tous genres , enfin, des guerres qui pour être intestines n’en produisent pas moins des actions éclatantes ; tel est le sommaire des faits dont cette salle présente le souvenir dans les dix (.aideaux qui couvrent ses murailles. François de Guise a Metz, le combat de Itenti,

50 A VERSAILLES ANCIEN El MODERNE.

l’institution de l’ordre du Saint-Espritydl’autres faits attireraient les regards, s’ils ne se lixaieut tous sur la lionne et populairelîgunf d’Henri IV, qu’on aime a rencontrer souvent dans ces galeries, qu’on aurait voulu y voir dans les raagnitiques tableaux de Rubens, si le roi Louis-Philippe n’avait cru honorer plus dignement son aïeul , en lui consacrant un palais tout entier ; suivons-le au moins dans chacun des tableaux qui le représentent. Le voila triomphant a Fontaine- Française , a lvry, à Arques; qui assiège Montmeillant, réputé imprenable; qui prépare dans le Louvre des logements pour les artistes; qui signe la paix de Vervins , et surtout qui paraît au milieu de l’assemblée des notables a Rouen où il prononce les belles paroles que nous avons citées plus haut. Les campagnes d'Henri IV sont les dernières qui eurent ce caractère aventureux, chevaleresque, des temps anciens, où la valeur personnelle du chef ajoute encore tant d’éclat a la science des combinaisons. Jamais on ne vit tant de courage, de goût, de génie. Sur le principal tableau de celle salle on a exprimé la reconnaissance des habitants de Paris, qu’il assiège et qu’il nourrit, qu’il soumet et qu’il console : ce siège de Paris offre continuellement le contraste d’une population fanatique et cruelle avec un ennemi tolérant et généreux; terminons ce qui regarde Henri IV par l’expression du vœu qu’il formait, qu’il eût peut-être accompli, ce vœu si sublime dans sa simplicité, la poule au pot.

Louis XIII, 1 645, et Louis XIV, 1666.

Sali»; N° 9.

es quatre salles contiguës retracent les événements Xs\ importants depuis la mort d’Henri IV jusqu’à l’avènement de Louis XV au trône, et nous aurions l'ait de chacune d’elles un chapitre , si le défaut de classement sous le rapport de l’ordre chronologique 1 et de la grandeur des tableaux ne nous avait forcé a enchevêtrer notre récit; nous indiquerons toutefois la séparation des salles : la première commence a ce règne singulier qui , s’élevant entre deux époques glo-

1 II aurait elé à souhaiter que l’on eût pu placer suivant l’ordre des temps toutes les copies des toiles de Martin, déposées au château de Chantilly, au lieu de les diviser dans trois salles, de sorte que la bataille de Rethei, livrée en 1650, se trouve voisine du congrès de Rastadl, qui a eu lieu en 1741 ; la dernière toile à examiner dans la salle N. 10, est le siège de Fribourg de 1677 ; et presque tous les tableaux de la salle N. 11 représentent des faits antérieurs à cette date.

Ainsi les batailles de Uocroy, de Fribourg, de Nordlingen , de Lens , de Rethel , n’ont pour interprètes que de petites toiles fort peu remarquables, tandis qur des sièges beaucoup moins célèbres sont immortalisés par le pinceau de Martin et de Vaudermeulen, sur des toiles de grande dimension.

rieuses, semble dévoré et écrasé 'pati-«lles. LouhrXlll , lils d’Henri IV, père de Louis XIV, succombe sous la gloire qui le précède et qui le suit, et cependant c’est a son caractère laible, mais persévérant, c’est au choix qu’il sut faire et qu’il sut maintenir d’un homme de génie, que la France dut le rang qu’elle ne cessa plus d’occuper. Louis XIV dut a Louis XIII ce qu’Alexandre dut a Philippe, Titus a Vespasien , Frédéric II au grand-électeur. N’est-ce pas à l’école de Gustave- Adolphe, de Bernard de Saxe-Weimar, que se formèrent les grands guerriers du grand roi ? Turenne commence a Saverne sa renommée; Guebrias, simple officier, sera bientôt maréchal de France ; Landrecies tombe devant de La Meilleraie, el le duc d’Enghien, qui doit devenir le grand Gondé , fera ses premières armes au siège d'Arras.

La régence d’Anne d’Autriche s’ouvrit sous des auspices glorieux ; la victoire de Bocroi permit de prendre l’offensive. D’Enghien , devenu prince de Coudé par la mort de son père , inaugura son nouveau titre par la célèbre victoire de Lens, el la paix si longtemps désirée fut conclue par le traité de Munster. Bien ne manquait a la gloire et au repos de la France, si l’un et l’autre n’avaient souffert des troubles de la Fronde, dernier effort des grands contre l’autorité royale entre les mains de Mazarin , et qui linit par l’emporter.

Cette salle et les suivantes, contenant la copie des campagnes du grand Coude peintes à Chantilly par Martin , renferme nécessairement des répétitions en petil de plusieurs tableaux que nous avons trouvés dans les grands appartements de l ouis XIV ; c’est le développement des expéditions dont nous n’avons présenté que les principaux faits, et ce grand règne méritait bien d’être étudié dans tous ses détails. On y voit les trois guerres principales que Louis XIV eut a soutenir. La première, lorsqu’après la mort de Philippe IV, il fit valoir les droits de sa femme Marie-Thérèse sur la Flandre el la Franche-Comté, et se rendit en personne à l'armée. Charleroi se rendit au vicomte de Turenne; Ath ouvrit scs portes; lournay capitula après cinq jours d’attaque; Lille enfin, Lille, que Louvois et Turenne ne voulaient pas attaquer, Lille fut emportée après neuf jours de tranchée ouverte. Que n’était-on pas en droit d’attendre des soldats , quand Louis lui-même, sous les murs de Douai , s’approchait si près des remparts que plusieurs gendarmes étaient tués a ses côtés; quand , a Lille, le vicomte de Turenne le menaçait de se retirer s’il ne se ménageait pas davantage?

Le principal tableau de cette salle est peut-être le moins important. C’est celui où Louis XIV reçoit chevalier de l’ordre du Saint-Esprit le duc d Anjou son frère; mais il relrace b' pinceau de Philippe de. Champaigne. Il en esl un aulre sur

ancien et moderne.

Page 1