‹ VersaillesChapitre 89 sur 115 · V EUS VILLES A \ : 1 1 : \ ET MODERNE · texte numérisé non relu

V EUS VILLES A \ : 1 1 : \ ET MODERNE

sujets ; la nation française était la j>lus grande des nations européennes, et son empereur, toujours victorieux, était le premier entre tous les souverains. Cette salle montre la situation la plus élevée de sa fortune.

Marie-Louise a quitté Vienne le 10 mars, et avant son départ elle a fait ses adieux et distribué des bijoux a ses frcres et a ses sœurs. Le 28, elle est arrivée ;i Compiègne, un groupe dejeunes ti I les lui a offert des fleurs. Enfin . le 2 avril, «laits la grande galerie du Louvre, toute ornée de fleurs, d’étoffes de soie et d’or, de tapisseries des Gobelins, en présence de quatre rois, de cinq reines et d<‘ la cour la plus nombreuse et la plus brillante, le cardinal Eesch bénit l’union de Napoléon et de Marie-Louise.

Toutefois la guerre ne se ralentit point en Espagne et elle va commencer dans le nord ; cinq cent mille hommes marcheront sur la Russie; le 24 et le 25 juin la grande armée a passé le Niemen ; le 17 août elle est aux mains avec l'armée du général Wiltgenslein sous les murs de Smolensk ; par une double victoire a Sranlensk et a Polotsk , elle se fraye la route de Moskou ; mais elle n’y doit entrer qu’après une bataille sanglante ; le général Kutusof les attend a la tête d’une armée nombreuse. L’attaque commence le 5 septembre a quatre heures du soir; mais c’est surtout le 9 qu elle est terrible et décisive. A six heures du matin , le feu commence, la mousquelerie s’engage. Ney , protégé par soixante pièces de canon . s’avance sur le centre de I armée ennemie ; mille bouches a feu vomissent la mort des deux côtés ; cependant l’armée impériale russe offre une masse compacte que rien ne peut désunir; enlin , une charge heureuse dirigée parMuratetCaulaincourl, se fait jour a travers ces épaisses phalanges; elles sont ébranlées, ouvertes et bientôt mises en déroute; plus de cinquante de leurs officiers-généraux ont péri avec trente mille hommes; mais nous aussi , nous avons des perles a déplorer, nos meilleurs généraux sont tués ou blessés, et le soir trente mille hommes ne répondent pas a l’appel. Enfin , nos soldats sont dans Moskou.

Ici s’arrête la plus grande destinée qui fut jamais dans les temps anciens et modernes. Entré dans toutes les capitales de l’Europe, allié a trente Césars, père d’un enfant qui aura le monde pour héritage , parvenu a ce point de gloire et d«i puissance, qu'il s’arrête, qu il ose reculer devant le possesseur d un pays barbare, qu'il revienne jouir de sa gloire, de son bonheur, et il n y aura pas de destinée semblable a la sienne. Mais non , il s'obstine . Et le monde répète :

Nulli

ITæstal velux forltma lideni.

Salle de la bataille d’Hanau.

Salle ii. g du plan

'Angleterre triomphe ! Une sixième coalition est formée: la Puisse et la Suède ^^se sont réunies a la Russie ; la Bavière va abandonner la cause de la France ; toute l’Allemagne est agitée sourdement, déjà apparaissent tous les symptômes d’une éruption terrible; si l’Autriche reste alliée de la France, si du moins elle

Les derniers efforts Combat près de Claye.

garde la neutralité . tout espoir n’est pas perdu encore, et Napoléon veut Irappei un grand coup pour imposer aux fidélités ébranlées. Il s’approche de Leipsick, l’armée ennemie est près de la , elle domine les hauteurs de Lutzen , elle attaque même nos soldats a ('improviste, et nos soldats sont presque tous conscrits, car il est a peine resté assez de vieux militaires pour former les cadres. Napoléon a été obligé d’enlever a la marine ses soldats aguerris; mais laissez ces conscrits respirer l’odeur de la poudre , qu’ils entendent la voix de l’empereur, et bientôt ils feront des prodiges. A Bautzen, ce ne seront plus des conscrits ; a Wurtzen, ils auront égalé leurs devanciers; Napoléon aura retrouvé ses invincibles soldats: avec eux , il n’y a rien qu’il ne puisse encore tenter. Mais l’Autriche l’abandonne , lui ôte son appui ; l’Allemagne entière se soulève. Les deux journées de Leipsick, celle de Hanau le ramènent sur le sol de la patrie. La, le lion retrouve une nouvelle force , il étonne ses ennemis trois fois plus nombreux. Les noms de Champ- Aubert , de Montmirail , de Montereau , de Claye même, brillent comme le coucher d’un soleil ardent ; ce sont les derniers efforts a la porte de la capitale, a la veille du dernier départ. Voila donc où se termine la plus étonnante destinée; celui qui avait envahi toutes les capitales est envahi dans la sienne, celui qui avait attribué les revers de ses ennemis à leurs fautes est victime des siennes, il a éparpillé ses forces dans l’Europe entière, et pendant qu’il arrête des masses imposantes sur les bords de la Seine avec une poignée de soldats , il a 500,000 hommes l’arme au bras dans l’Europe. Voila où conduit l’aveuglement de la fortune , et l’ivresse du bonheur.

Le Général Fov.

Le Maréchal Saint-Cyr.

Le Maréchal Soult

Salle de Louis XVIII.

a Charte, ce lien, cet anneau clans la chaîne des temps, cette puissance devenue en un instant si magique qu’elle renverse, comme l’arche sainte, l’imprudent qui ose y porter la main , la Charte fut due sinon au génie, du moins à la sagesse de Louis XV 111 ; elle sera le plus bel acte de sa vie. Mais comment la postérité comprendra-t-elle nos singulières révolutions? L’histoire lui dira : « Trois frères ont suc- ^ oessivement régné sur un grand pays : le premier a donné la liberté a un nouveau monde et il est un jour dans l’année

Pavillon de Sainl-Ouen.

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où vingt millions d'hommes rendent hommage h sa mémoire. Le second a donné cette même liberté et les institutions qui la garantissent a son propre pays. Le troisième enfin a réalisé le vœu du monde entier, il a donné la liberté h la contrée la plus digne d’en jouir, à la Grèce. » Mais ce n’est pas assez de rendre des hommes libres, il faut encore détruire leurs oppresseurs; voila ce qu’a fait le même prince en portant la civilisation au-delà des bornes d’Hercule, au milieu des déserts, en détruisant, comme l’avait fait Pompée, les pirates, sans réclamer comme lui les honneurs du triomphe. Eh bien ! de ces trois souverains, le plus vertueux est mort sur l’échafaud, le plus habile a disparu dans l’oubli, dans l’indifférence; le dernier a (mises jours dans l’exil. Et pourquoi, grand Dieu ! pourquoi? Parce que ces trois princes ont méconnu leur temps, leur pays, la nature de leur puissance. C’est qu’ils ont cru au droit, au droit seul, au droit humiliant, altier, qui pouvait suflire jadis , mais qui a besoin aujourd’hui de prestige , d’affection , de sympathie; parce que enfin ils n'ont pas été de bonne foi dans les institutions mêmes qu'ils ont concédées.

C;il>inel de Louis XVIII, aux Tuileries.

Louis XVIII est représenté dans l’appartement où il écrivait cette même Charte. Nous y avons joint le lieu où il en conçut le projet et d’où il data sa première déclaration. Les autres tableaux de celte salle concernent différentes circonstances de sa vie. son arrivée à Calais, la guerre inutile et coûteuse qu'il lit en Espagne, ci

ANCIEN ET MODERNE

surtout le beau tableau de Gros représentant son départ de Paris ; on voit le successeur de tant de rois descendre a la fois de son trône et de son palais pour retomber dans les angoisses de l’exil. — Le venerandus majestate dolor est l'a dans toute sa sublimité ; mais il est dans cette même salle un tableau bien autrement remarquable, bien autrement attachant , quoiqu’il n’offre qu’une pierre nue au milieu d’arbres solitaires, c’est le tombeau de Napoléon à l’île Sainte-Hélène, salué par les ombres des guerriers de son temps, comme dans les poésies d’Ossian. — Tombe sacrée , vous deviez être encore une fois troublée; mais cette fois ce sera par la reconnaissance et l’enthousiasme d’un grand peuple , qui a obtenu enfin de ramener sur le sol de la patrie, le héros qui fit longtemps sa puissance et sa gloire. Rochers de Sainte-Hélène ! vous serez privés de ces cendres vénérées; mais vous montrerez toujours avec orgueil aux générations le lieu où l’illustre prisonnier a terminé sa vie et où son ombre semblera toujours apparaître !

Tombeau de Napoléon à Sainle-Hélènc.

Salle de Charles X.

S;ille 86

Celte salle est principalement occupée par le tableau du sacre de Charles \ par Gérard , tableau où se trouve encore le talent du maître, mais aussi inférieur a celui de David que le sujet qu’il avait a traiter était inférieur a celui qu'on avait conlié au grand artiste. En effet aucune idée, sousCharles X, ne se rattachait a celle inutile et dispendieuse cérémonie. La ressemblance des principaux personnages, chose à laquelle Gérard ne manquait jamais, donne quelque prix a ce grand travail ; mais en général on lui préfère des tableaux de moindre importance qui ornent celte salle. Ceux qui ont rapport a la conquête d’Alger et a la libération de la Grèce, deux grands événements autant par l’effet qu’ils durent produire dans le moment que par les conséquences qu’ils auront dans l’avenir. Quelque chose qu’il arrive , la civilisation aura conquis un monde entier , elle a reparu sur la terre de Béli-

VKKSAILLKS A N Cl KM Kl MOI) K K i\ K.

saire et de saint Augustin. Abandonnée naguère a des tribus errantes, eette terre voit aujourd’hui des villes européennes s’élever sur ses bords. Les habitants de l’Afrique, presque aussi barbares que ses monstres, vont être progressivement refoulés dans les déserts, ou , ce qui est plus a désirer, adopteront les connaissances, les lumières qu’on leur communiquera. La Méditerranée, si dangereuse naguère par l’infâme piraterie, devient un lac tranquille où la découverte de la vapeur rend même sans danger les calmes ou les orages. La Grèce ! à ce nom , qui ne retrouve les souvenirs de son enfance, et pour les hommes éclairés le rêve de toute leur vie? La Grèce est la première pierre posée d’un empire chrétien d’Orient. [\e voit-on pas dans l’avenir toutes les provinces littorales , la Thessalie , la Macédoine, se joindre au culte de la Vierge d’Athènes, et au sceptre de l’heureux possesseur du Parthénon? Les lettres, les sciences, les arts surtout vont reprendre leurs habitudes de tant de siècles sur cette terre qui leur est si favorable, et le nom de Charles X , peu cité dans sa terre natale, sera un jour chanté sur les bords du Céphise dans la langue d’Homère.

Charles X.

Salir: 8 G

Elle ne devait durer que trois mois cette révolution de trois jours , disaient les ennemis de la France et de la lil*erlé . et cependant voila dix ans qu’elle dure et qu’elle se montie aussi sage dans le repos et la prospérité qu’elle fut autrefois magnanime dans le combat. Chaque jour ajoute quelque bienfait , quelque événement heureux a ceux qui ont marqué son apparition , et cette salle est destinée a les retracer. On y voit les dé

U Reine et le? Princesses visilant les Blessés aux journées de juillet

V Eli SA I L L E S ANCIEN ET Al 0 DE 15 NE.

(ails des expéditions d'Anvers, de Constanline, de Mascara, de la Véra-Cruz , quelques événements du règne actuel. Mais il est un de ces tableaux qui, maigre son imperfection , attire les regards: c’est celui qui représente la reine et les prin cesses visitant les blessés après les journées de juillet , pour ainsi dire au milieu de ces journées; car il fallut ouvrir les barricades pour que leur voiture pût parvenir à l'Hôtel-Dieu, et là, toutes les différences d’opinions, de drapeaux, étaient oubliées ; leurs soins touchants , leurs secours, leurs consolations, effaçaient ces tristes souvenirs. Ces douces paroles, que nous avons entendues, n’appartiennent plus aux per sonnes qui les ont prononcées, elles sont désormais du domaine de l’histoire et de la reconnaissance; il faut que leur souvenir prenne rang au milieu de ces grands événements pour placer toujours la bonté à côté du courage, les bienfaits à côté du malheur.

Un tableau qui se rattache particulièrement au règne actuel, et qui en a fait d’avance le programme, est la visite que le roi Louis-Philippe fil au champ de bataille de Valmy, et le bonheur qu’il eut d'y rencontrer un vieux soldat qui y avait été blessé et qui en habitait les environs.

Le moulin de Valmy.

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des Croisades

des Ecussons.

les Tableaux île Marine.

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