PE PARIS A VERSAILLES
Orior H JatuIo et vmtm ,vi|tnntr «agit ta.
'Vibü.. Æneid., lib. *, 24*.)
l’Iu* rapide que le Javelot et que la (lèche qui «State le vont.
N 'est-ce |M>int un rève, un effet du délire ou du sommeil . que ec mouvement qui entraîne, plus rapide que le vent, que la flèche, que le vol des oiseaux, qui fait fuir derrière soi les villes et les campa «nés, qui fait franchir les précipices, les fleuves, les déserts , comme dans la ballade d'Eléonore? Il n’y a donc plus rien d’impossible h l’homme! Pourquoi, dans ce grand mouvement du genre humain, la France estelle si fort en arrière des pays qui l'avoisinent? Iji Prusse arrive à Coblentz, fi Strasbourg ; la Belgique à Valenciennes, a Lille, à Mnubcuge; l’ Angleterre h Douvres, et nous demandent passage au nom de la science et de la civilisation ; et nous répondrions : Nous voulons arrêter la science et la civilisation! Non. il n’en sera pas ainsi; le gouvernement, le pays tout entier ne consentiront pas à commettre un tel crime, on
an moins il supporter une telle honte ; il n'en sera pas ainsi , et les chemins de fer s'exécuteront dans toutes les directions, soit par des compagnies , soit aux frais de l'élut. En voilà déjà deux de commencés aux portes de la capitule ; deux, et ce n’est pus trop pour combler la distance entre Paris et Versailles , [tour réunir deux villes entre lesquelles se pressent déjà les populations, et qui, dans un temps qu’on peut presque calculer, ne formeront plus qu'une seule cité au centre de l’Euraiie , immense foyer des sciences , des lettres , des arts , capitale du monde civilisé.
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Non loin de la Madeleine de la place Louis XV, à la suite en quelque sorte des boulevards cl de tous les riches quartiers de la capitale, s’élève un édifice élégant où se presse la foule, où tous ceux qui ont deux heures de loisir aiment à se rendre , |x>ur faite dix lieues fatigue, et passer une heure à Versailles, nu milieu de l’histoire de France. Mais écoulons : la cloche sonne , une sorti' de gémissement se fait entendre, l’énorme machine, qu’on a très-bien comparée à un monstre, s’agite, les wagons attachés l’un à l'antre semblent autant d’anneaux de sa longue queue ; enfin elle se met en mouvement, d'ahoivl avec lenteur, puis avec une progression rapide elle s'enfonce dans un souterrain obscur qui la débarrasse des llatiguolles , pour sortir au
ANCIEN ET MODEM NE
milieu des jardins , des cliauips , et prendre alors son vol décisif qui ne se ralentira plus. Les distances s'évanouissent , les villages, les clochers so succèdent comme ces tableaux d’optique qu’ou renouvelle.
Montmartre s'aperçoit un moment et disparail avec sa coiffure de moulins et de télégraphe ; il fait place aux tours de Saint-Denis , à cette (lèche aérienne qui , semblable à une aiguille , marque dans l'atmosphère l’heure de la mort des rois et la On des grandeurs humaines.
A gauche, c'est l’arc-de-triomphe de l'Étoile, monument gigantesque trop grand sans doute pour nue seule victoire , mais proportionné à la conquête du monde entier et à celle innombrable année de tous les peuples de C Europe', qui aurait pu défiler un jour à travers sa vaste ouverture pour saluer le chef heureux d’une si puissante domination.
Au premier raug , on aurait vu b's vain-
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qucurs d'Austerlitz (H <le Marengo, les vieilles lunules des guerres de lu révolution, dont plusieurs uvaient salué les monuments de Tlièbes, affronté les glaces du nord et le soleil des tropiques ; après elles auraient para les Italiens régénérés, les Allemands, les Bavarois, les Saxons, les Wurtembergcois. tous également tiers d’ètre devenus les rivaux , les vainqueurs de ceux qu'ils regardaient connue leurs maîtres; après eux les Portugais, reconnaissables à l’expression de leur ligure , è ta pilleur de leur teint , et qui , éloignés de leur pays, trouvent dans la vie des camps une patrie mobile1. Ab ! que ce nom de patrie retentit plus vivement eueore dans le eomr en apercevant les escadrons des Polonais qui cherchent à l'acquérir partout relie patrie chérie ; qui ne regardent à aucune privation , n aucun danger, pour arriver un jour à ce but de tous leurs efforts ; les yeux du mounrque planent sur ces nombreux bataillons . et , ainsi que dans In description des poètes . tous , en passant, le saluent de leurs armes et de leurs drapeaux *.
iles charmantes qu’elle baigne, et le pont deNcuilly, dont l'élégante structure semble une fabrique au milieu d'un grand pare.
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Bientôt ou découvre lu vaste plaine de Nanterre et de Huel , théâtre des premiers événements de notre histoire et de l'étnhlissement du ehrislianisiiM' dans les Gnules. C'est nu milieu de celle campagne que In voix de saint Germain d'Auxerre se faisait entendre et pénétrait tous les coeurs.
Un jour, c'étuit vers l'an â20 , le saint evéque remarqua dans lu foule une jeune fille de sept ans qui l'écoutait avec un mélange d enthousiasme et de recueillement; il demanda son nom, se In fit conduire par son père, et lorsqu'il se fut assuré de sa vocation , lui passa nu cou un médaillon portant le signe de la croix. Cet enfant était sainte Geneviève, qui suspendit la fureur d'Attila et que nos pères proclamèrent la patronne de Paris.
Il est pour les lieux des destinées auxquelles ils sont forcés de se soumettre, mini fala Incorum. Les siècles ont consacré le Mont-Valérien au culte religieux ; les marri rs, les ermites, les couvents, les missions l'ont
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successivement rendu célèbre, cl les pèlerinages oui marqué la roule i|u’on suit encore pour s'y rendre.
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En 1580, nu ermite y uttirnit de toute part la Foule; il se nommait Jeun de llousset , et vécut quarante ans nu sommet de la montagne, dans une cellule ouverte à tous les vents. Les cultivateurs des environs lui apportaient sa nourriture , qui consistait en pain et en racines. Il récompensait leur zèle en leu r donnant des et mseils sur leurs travaux, et leur prédisait l'avenir de leur récolte :
sa longue habitude de vivre en plein air et d’observer les tenqiératurcs Faisait qu’il se trompait rarement. Un jour, trois gentilshommes, surpris par un orage au retour de la chasse, vinrent lui demander asile; et, ail milieu de la conversation , ils le prièrent de leur dire leur bonne aventure. L'ermite les ayant regardés nttcnlive-
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ment, refusa do s'expliquer ; et comme ils le pressèrent v ivement : u Jeunes seigneurs . leur dit-il , v ous portez le même nom et vous mourrez de In même mort; prenez garde au poignard ! » En effet , |k-u de temps après, Henri de Guise expirait à Blois. Henri III . quelques années plus tard, tombait sous la main de Jacques Clément ; et , en ItilO , le fer de Itavaillne enlevait à la France le plus grand des Henri et le meilleur des rois.
Avant d'arriver ,i l'entrée de ee souterrain , et en longeant la évité dominée par le Monl- Valériou, on aperçoit le palais de Saint-Cloud, et on est ; frappé de la destinée singulière de ce château , qui depuis l'origine de la monarchie semble avoir marqué les époques les plus importantes de son histoire. — Son nom lut celui d'un de ses premiers rois. C'est dans ses murs que linitla branche des Valois pour celle des Kourltons. la république pour l’empire, l'empire
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pour la restauration, et la restauraliou enlin pour l'ordre do choses actuel. Ce magnifique palais fut construit en 1600, par le due d'Orléans, frère de Louis XIV, qui chargea Le Paule et Girard d’en tracer les plans; mais bientôt survinrent Mansard , l.e Nôtre et Mignard qui rivalisèrent de talent pour en faire une résidence digne du frère du grand roi. Mignard y déploya toute la vivacité de son imagination dans une galerie qui existe encore. le Nôtre sut vaincre les difficultés du terrain dans les jardins qui entourent le palais . et dans une profusion de belles eaux qui mérita d’étre chantée par Delille1 . On y donna de très-belles fêtes en 47."j2,à l'occasion de la convalescence du dauphin, père de LouisXYl. En 4782, Louis-Philip|>e. duc d’Orléans, vendit à la reine Marie-Antoinette Saint-Cloud et toutes ses dépendances. On y lit alors de nouveaux travaux. La reine y résidait souvent ; elle y fonda un hospice. Tombé dans l'oubli pendant dix ans, Saint-Cloud se ranima le 10 novembre 170!) (49 brumaire au VIII), par une de ces révolutions qui établissent leur date parmi les époques célèbres. — Un général , couvert des lauriers de la victoire, entre armé au milieu delà représentation nationale; il en disjierse les membres, comme jadis Croravvel dans le long parlement. Mais , différent de ce dernier, il ne soumet ainsi son pays que pour y rétablir l’ordre, la religion , et l’élever au plus haut point de gloire. Devenu empereur, Napoléon eut toujours de la prédilection pour ce lieu , qui avuit été le berceau de sa puissance. L’impératrice l'habitait au moment de la révolte de Mallet, et l’habiterait peut-être encofe si elle s’v était établie , et n'avait pas voulu le quitter en 4844.
Le souterrain par lequel passe le chemin de fer s'étend sous le pare de Saint-Cloud pendant la longueur de plus de cinq cents mètres. C'est un magnifique ouvrage, et qui, des deux côtés, présente l'aspect le plus pitlo-
Tel J'ai vu de Saint-Cloud le bocage enchanteur, l/œil de «on jet hardi mesure la hauteur ,
Aux eaux qui sur les eaux retombent et bondissent . Les bassins . les bosquets, les grottes applaudissent : Le gaion est plus vert . l’air plus pur ; «les oiseaux Le chant s’anime au bruit de la chute des ean\ .
Et les bois inclinant leurs tiges arrosées Semblent s’épanouir à ce» douces rosée*.
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resquc. tu en sortuul , le chemin vu rejoindre lu grande roule el presque lourlier ù l'nulre clieinin de fer que lions niions examiner.
( le chemin plus court que 1 nuire, purlunl de quartiers entièrement différents . apii Versailles tout le pays latin , les écoles , les employés des ministères et les riches habitants du faubourg Saint-Germain. Son point de départ est delà place même de Sainl-Sulpicc, à laquelle il arrive par un plan incline , qui rachète la hauteur des collines environnant Paris. A peine a-t-il dépassé la harrièredu Maine, qu'il entre dans lu plaine célèbre de Grenelle , champ de bataille des Gaulois el les lieutenants de César; depuis le foyer des conspirations; enfin le jeu des exécutions militaires. Autrefois déserte , la plaine de Grenelle orme aujourd’hui avec Vaugirard une ladite ville d’environ six nulle labilonts, composée en grande partie de cabarets où les ouvriers de la •ivc gauche de In Seine vont chercher, tous les dimanches , le plaisir plus ,ue le repos. I.e chemin , en sortant de Grenelle . coupe le village de Vnnvres, qui un de remarquable que le titre que prenait François I" pour •abaisser l'orgueil de quelques princes de son temps: il se faisait nommer
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seigneur de Vanvres et de Gonesse. Du chemin, on distingue derrière Vanvres le château et h* agréables maisons «lu village d'Issy, dont on aime ii se rappeler la chronique.
La première habitation, à l'entrer du village, est connue par le séjour quy lit' le prince de Conli . l'un des hommes les plus aimables île la cour de Louis XIV. Lite appartint plus tard à M"° Clairon , qui y lit construira un théâtre, niiu de ne pas renom vr tout à fait aux succès de la scène.
Plus loin est la maison de retraite ou de loisir des jeunes séminaristes de Snint-Sulpicc ; les bâtiments sont de plusieurs époques ; les plus anciens conservent le souvenir d’une aimable princesse , Marguerite de Valois, qui parlai I mieux que femme de non tempe , de Brantôme , du président Jeunin , l’ami d'Henri IV, du poète Malherbe, du snvunl Pasquier: c’est dans cette maison que, plusieurs années après, fut joué le premier opéra qui charma Louis XIV, quoique bien imparfait, et dont il encouragea les succès, malgré les sarcasmes de La Fontaine2.
• En IMI
.sou» etit plu» beau char le oontre-poid» nS«»tc , Un dira (tend à la cord« et crie au machiniste.
I n rrrte de furet demeure dan» la mer.
Ou la moitié <h*s cira» au milieu dr l'enfer.