‹ Versailles, ancien et moderneChapitre 30 sur 104 · I.E CÙU1HK DOIT. COI H · texte numérisé non relu

I.E CÙU1HK DOIT. COI H

ANCIEN Kl MOIIKKNK 107

de chambre cl un valet «le garderolic retiraient, l'un à droite, l’autre à gauche, 1rs souliers , les lins et les bauls-de-chatune , que Saint-Michel enveloppa dans la toilette et porta sur uu fauteuil près du lit. Deux pages présentèrent les pantou Iles.

coccitER nr. i.ons xiv

Coinuie le matin, le dauphin eut l'honneur de donner au roi sa chemise de nuit, chauffée par un valet de garderohe. Le roi prit ensuite ses reliques, mit une camisole de nuit, se leva pour (lasser sa robe de chambre, et, debout, lit une révérence pour donner le bonsoir aux courtisans. Bnntemps prit alors des mains du duc de Chartres le bougeoir et le donna à tenir à un seigneur qui l’en avait sollicite. En même temps l'huissier cria : • Allons, messieurs, passer. ■ Le grand coucher était fini. Pendant que la cour se retirait, le roi donna pour mot du guet abondance aux capitaines des gardes-du corps et des cent-suisses, aux colonels des gardes françaises et suisses, et au grand-écuyer .

Birntdt il ne resta plus dans la chambre que les princes et les personnes qui avaient assisté au petit lever.

Le roi s'assit sur un pliant prés de la balustrade, et Quentin le peigna et lui accommoda les cheveux. Un valet de chambre tenait le miroir devant le roi, un antre éclairait avec un flambeau.

Le duc de La Rochefoucauld offrit ensuite au roi son bonnet de nuit et deux mouchoirs unis et sans dentelle, et le duc de Beauvillers offrit au dauphin la serviette qu’il devait présenterai! roi.

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Le roi déclara qu'il sc lèverait le lendemain > huit heures et demie, indiqua au duc de Iji Hochefnncaiild l’habit qu’il prendrait, et l’huissier congédia tous les assistants. Fagon resta seul pour étudier la santé du roi.

Quelques minutes après, Louis, revenant dans sou cabinet, alla quelque temps dans la chambre des chiens ', s’amusa à les caresser et à leur donner à manger pour s’en faire mieux connaître et les rendre plus obéissants quand il allait tirer. C’était le bon quart d’heure de Saint-Antoine, porte-arquebuse, qui pouvait alors solliciter quelques gratilirations ou quelques places pour ses amis.

Rentré dans sa chambre le roi but un verre d’eau et île vin ; son lit était bassiné, il se coucha.

Bontcmps eut soin rie fairr allumer le mortier et la bougie.

lotis les valets étant sortis, Bontemps ferma les rideaux du roi, poussa tous les verrous, éteignit le bougeoir et se coucha sur le lit de veille dressé par lui dans la chambre.

Celle étiquette fut presque constamment observée. On n’y dérogeait que rare ment et pour des circonstances graves; seulement 1rs occupations variaient suivant les jours; les excursions i Marly, à Saint Germain, à Fontainebleau, les parties de chasse, les grandes cérémonies y apportaient de légers changements, mais elle était reprise aussitôt que la cour se retrouvait à Versailles.

Telle fui In vie insipide, monotone, que niennit depuis In mort de In • duchesse de Bourgogne le monnrque le plus avide île fêles, de gloire, d’exercices brillants ; et encore ne parlons-nous point ici des chagrins qui venaient l'assiéger jusque sur In couche royule; l’oreiller en soit plus sur ce point que l'histoire, et cette salle nurnit plus d'un soupir ù joindre à ceux qui sont le purtnge des rois, des rois surtout qui survivent à tout ce qui leur est cher età l'admiration des hommes, lorsqu'elle prend comme |tour celui-ci plus de place dans leur ctetir que les affections. Depuis un an ses principaux soins étaient de se dissimuler et de dissimuler aux autres son ehangcmenl'; il peignait sa figure, re-

‘ Dans la dernière annéf dr sa vio, le roi, dont le* jarolirsétalont gonflée», ot qui no pouvait wlovor qu’a vr** poino, faisait rotiror tous If» assistants d’avauof . Il sut si Mon dksimulfr son mai qu'on n’rii connut loulf rflfndwqiN1 lorsqu’il dut gardrr leHl.

A N C I K N F I MOIIKII.NF.

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haussait su taille, étudiait sa marche, combattait sa fni blesse, lorsqu'enlin, 15* jour même de la Saint-Louis, en 1 7i.‘J, il se sentit fortement indisposé, au milieu des hommagesqu'il recevait. I.e lendemain le chirurgien Maréchal, en \ isitant la plaie, découv rit la gangrène ; son émotion .frappa le monarque. < Soyo* franc, dit-il à Maréchal ,■ combien de jours ai-je encore à vivre? — Sire, répondit Maréchal, nous pouvons espérer jusqu'à mercredi. — Voilà donc mon arrêt pour mercredi, > reprit l.ouis sans témoigner la moindre émotion. Il s'entretint avec le duc d'Orléans, qui allait être ap|H“lé a présider le conseil île régence.

M»rt il* I .«•««» \IV

I.e lendemain il se lit amener le duc d'Anjou, son arrière- pelil-lils, âgé de cinq ans, et lui adressa ces paroles qui caractérisent bien ce monarque:

• Mon enfant, lui dit-il , vous aile/ être un grand roi. Ne m'imitez « pas dans le goût que j'ai eu pour la guerre; tâchez d'avoir la paix avec < vos voisins. Rendez à Dieu ce que vous lui devez : faites-le honorer pur

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> vos sujets. Suite/, toujours les Ihiiis conseils ; tâchez de soulager vos

< peuples, ce que je suis assez malheureux de n’avoir pu faire. N'oii-

• liliez jamais la reconnaissance ipic vous devez à madame de Yenla-

• dour. « Et se tournant vers elle: < Je ne |mis assez vous témoigner la

• mienne. Mon enfant, je vous donne ma bénédiction de tout mon

< cœur. Madame, que je l'eillbrasse. » On approcha de ses bras eet enfant qui fondait eu larmes, et il lui donna sa bénédiction. Il lui échappa dédire : Quand j' étais roi. Il mourut à Versailles le l'.r septembre 1715, âgé de soixante-dix-sept ans; il en avait régné soixante-douze.

Au moment où il rendait le dernier soupir un homme s'avança vers la fenêtre qui donnait sur le grand balcon, la litouvrir: c’était le capitaine des gardes. Il brisa un bâton qu’il tenait à la main, et en prit un autre en criant : Leroi esl mort; Vive le roi! Les assistants répétèrent Vire le roi!

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