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lie Sailli- Louis, commandait la lûscaycmie de la /'ousso'r et riait le elief de celle petite expédition. ( ’.ommc son zèle m' avait paru quelquefois mi peu ardent. je crus devoir lui iloimer de* instructions par écrit. Les détails dans lesquels j’étais entré sur la prudence que j’exigeais lui |>arumit si minutieux, qu’il me demanda si je le prenais pour un enfant , ajoutant qu’il avait déjà commandé des bâtiments. Je lui expliquai amicalement le motif de mes ordres ; je lui dis que M. de Langle et moi avions sondé la passe de la baie deux jours aiqiaraxaut, et que j’avais trouvé que Tonifier commandant le deuxième canot , qui était avec nous, avait passé trop près de la pointe sur laquelle même il avait louché : j'ajoutai que de jeunes officiers croient qu'il est du lvon tou. pendant les sièges , de monter sur le para|>el des tranchées , et que ce même esprit leur fait braver, dans les canots, les roches et les brisants: mais que celte audace peu réfléchie pourrait avoir les suites les plus funestes dans une campagne comme la nôtre, où ccs sortes de périls se renouvelaient à chaque minute. Après celte conversation, je lui remis des insl ruclions qui ne devaient me laisser aucune crainte. Elles étaient données à un homme de trente-trois an» , «pii avait commandé des bâtiments de guerre : combien de motifs de sécurité !
» Nos canots partirent, comme je l’avais ordonné, à six heures du malin. C'était autant une partie de plaisir que d’instruction et d'utilité : on devait chasser et déjeuner sous les arbres. Je joignis M . d’Escures , M . de Pierrevert et M . de Mon larnnl , le seul parent «pie j'eusse dans la marine, et auquel j'étais aussi tendrement attaché que s'il eut été mon fils. Jamais jeune officier ne m’avait donné plus d'espérance, et M . de Pierrevert avait déjà acquis ce que j'attendais très- incessamment de l'autre.
« Les sept meilleurs soldats du détachement composaient l'ornement de cette biscayemie , dans laquelle le maître pilote de ma frégate s’était aussi embarque pour sonder. M. Boulin avait pour second, dans son petit canot, M. Mouton , lieutenant de frégate : je savais que le canot de l’Axtrolabr était commandé par M. de Laborde, mais j’ignorais s’il s’y trouvait d’autres ofliciers.
« A dix heures du malin, je vis revenir notre petit cauot. Lu peu surpris, parce que je ne l'attendais pas sitôt, je demandai à M. Boutin, avant qu'il fut monté à bord, s'il y avait quelque chose de nouveau. Je craignis dans ce premier inslant quelque attaque de sauvages. L'air de M. Boutin n’était pas propre à me rassurer : la plus vive douleur était peinte sur son visage. 11 m'apprit bientôt le naufrage alTreux dont il venait d’étre témoin , et auquel il n'avait échappé que parce que la fermeté de son caractère lui avait permis de voir toutes les ressources qui restaient dans un si extrême péril. Entraîné, en suivant son commandant, au milieu des brisants qui portaient dans la passe . pendant que la marée sortait avec une vitesse de trois ou quatre lieues par heure, il imagina de présenter à la lame l'arrière de son canot, qui, de celte manière, |H»us>é par celle lame, et lui cédant , pouvait