‹ Versailles, ancien et moderneChapitre 61 sur 104 · IM · texte numérisé non relu

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«lisposii îoiin ; on y voit la mnliniiatioii clés maréchaux de l’empire. Nous avons remarqué l^efebvre, sergent aux gardes lia lirai ses au moment de la révolution, un des premiers à la tête de ce friand mouvement, et ne l'ayant jamais désavoué ; Périgiion. ipii succéda à Dugomniier dans la première guerre d’Espagne , Serrurier, se serrant près de Napoléon au IH brumaire ; Victor, avant Tait toutes les campagnes depuis Savone jusqu’à Cbampaubert ; Oudinot, duc de Reggio . concurrent de Rapp pour le nombre de blessures, ne comptant pas celles (pli se confondaient avec les anciennes ; Oudinot, dont le nom servit un jour de mot d'ordre à l’armée: Marmont, le plus ancien élève de Napoléon, brave, spirituel, mais toujours malheureux ; Macdonald, longtemps en disgrâce par son attachement pour Moreau , et (pii gagna le bâton de maréchal à YVagram en montant à l’assaut comme pour gagner les épaulettes Siichet, le duc d’AIhufcra, de Valence , récompense de la plus glorieuse campagne et de la plus sage et bienveillante administration ; Gouvion Saint-Cyr. militaire éclairé , propre au conseil comme à l’action : Poniatowski ' A ce nom je

ne sais quelle pensée mélancolique vient saisir l’âme : celte belle figure, (pii aurait si bien et mieux paré le trône de Pologne que la cour d’un autre monarque, et que les Ilots de l’KIster ont englouti avec l’espoir d’une patrie polonaise.

Treixièmr -alk «le* Minée liai! a.

< .'elle dernière salle a (tour nous un attrait (tins vif que toutes les autres; les portraits qu’elle renferme appartenaient déjà à la [toslcrilé, et cependant ceux qu'ils représentent la plupart vivent |tarmi nous, et ils sont encore prêts à conti-

VKKSAll.l.KS an i; i kn kt modkknk.

■mer pour leur pays leur noble carrière. Ils ne peuvent plut rien attendre de lui . mais I ni peut encore avoir à réclamer leur service. Gérard, Clausel , Duperré , sont encore sur la btèciie de la renommée. Gérard , que trois millions de gardes nationaux se rélicitent d'avoir à leur tête: Duperie, qui n'attend qu'un ordre pour aller lutter contre les Hottes anglaises, et Clause!, que le désert appelle, et que les peuples de l'Atias attendent, si le brave maréchal Vallée, le dernier placé ici , venait à leur manquer

Le nanvhsl

Première Salle vie* (> uriner* eêlelire*

|ÿi été composer une nomenclature bien iin|Mirniile des

hommes distingués de notre histoire <|iie <le In liorncr à ceux <1 ni ont été revêtus des dignités d'ainirnux, de eonnétahles et même de mnréchaux. Quelle collection de portraits eût été celle où l'on n'aurait trouvé ni le grand Condé, ni Bayard, ni Grillon, ni même Du mou riez et Moreau? Ce reproche a été prévu, et deux magnifiques salles, autrefois eom|M>sanl le logement de madame de Mon tes pan, ont été consacrées aux guerriers célèbres qui manquaient aux salh's précédentes. Les premiers qui fixent les regards sont les portraits de Dunois, le lia tard d'Orléans, le vainqueur des Anglais, le compagnon de lu Pucellert le fidèle serviteur de Charles VII ; près de lui est La Mire, son ami , son émule , enlin, Jeanne d'Are, l'héroïne de ces temps qu'on croirait fabuleux ; puis les ligures sévères des ducs de Bourgogne, les plus puissants seigneurs , -alliés ou ennemis de la L rance , Philippe le Hardi et Jeansans-Peur, qui gagnèrent leur surnom par leur extrême bra \ ou re; lu noble victime de l'un d'eux, le beau, l'aimable dur d’Orléans, si plaint, si bien vengé par sa veuve Valenline de Milan; puis Tnnnegui

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iln Clialcl , <|iii se chargea île la rcpresaillc Icrrililc du |>mil île Montcrcau ; ItayarM, l'immortel ItayarM, le chevalier smis peur et sans reproche. Mont ta vie entière Int un moMcIc Me murage et Me vertus ; l.a Tremoille, le premier capitaine Me son temps, la "luire Me la monarchie; deux Me ces Guise, ambitieux étrangers, mais ipii légitimèrent leur audace par île grands services; Yilliers Me l lsle-AMam, le défenseur Me IthoMcs; euliu Grillon , ‘qui hrille surloul par la halaille d’Arques . où il ne se trouva pas, mais qui lui valut le eélehre mot Me Henri IV

Seconde balle de» Guerrier* rélelrn*

Celle salle renferme Mes exploits plus modernes, et cepenilanl le premier portrait qu'on a|>crçoit est celui Mu grand Coude, précurseur Me la gloire Me Louis XIV, Meslrueteiir, il lloeroi. Me l'infanterie espagnole, vainqueur à l.ens . Fribourg , Senef, et aussi spirituel qu'hahile; près de là se présente l'honneur Me la marine française, Duquesne, Jean-Hart, Diigliay-Trouin, Chevert, à qui la Iteuommis* ou IM in Me

V N Cl I îN I I MOIH.IIM

laisser le laiton de maréchal; Sut fren , dont le nom relentil encore dans les Indes ; I.a Fayette , qui donna la lilH'rté à deux mondes , aussi simple et \er(uen\ que grand ; Dugomniicr, (pii prit Toulon el devina le génie de Itonapnrlc ; .Marceau, dont la \ie, dit lord llvron, liil eourle el immortelle , el don l l'armée ennemie tout entière honora les funérailles; klelicr. ce fougueux Klelier, arrêté au milieu d'une immorlelle carrière par le fer d'un assassin ; Jnuliert, mort si jeune, el dont le directoire voulait faire un diclnlenr; llyron , Custinc, I Ion eliord, <|iii finissent leurs jouis glorieux sur l'écliafaud ; le due de Vendôme, monté sur mi des chevaux de sa ferme sur lequel il partit pour l l'.spagne, el qu'il moulait le jour de la bataille de Villavieiosa , qui plaça Philippe V sur le trône d'kspngnc ; Desaix , que l'Égypte appelle encore le Snllnn juilc; Moreau, tmnhé sous le premier coup de canon français tiré à Dresde; I .nsa Ile, frappé mortellement à Wagrain par une halle autrichienne; Dumouriez, à qui la restauration ne put pardonner les deux premières victoires de la France, el Louis XVIII, de savoir mieux que lui le latin, et d’en avoir cité pins il

YKHSAIM.KS ANCIKM 1-1 M<l DK K N K.

|)I*o|m>s des passnges; iunot , liapp , Regnier, lu comique ligure <1 n général Dagobert; cl enfin Eugène Reniihurnnis, rcnfnnt adoptif de Napoléon, et digne de ce nom glorieux.

Le prince Eugène Bcaulumiai*.

PLAN ItK I. AII.K DI SI D.

l’irniN're Salir «lr l’ail»! iln *u»l. — llc/.-ilr-cliaiiM»*r.

^^j/rei/e salles, formant une persj>eclive aussi loin que l'<ril peut s'et«*n«lre,com- |M»>enl ce qu'on appelle la Galerie tir \apolHili , et remplai'enl les appariements habités sous Louis XV par le «lue de CharolaU , et sous Louis XVI , par la mallieureuse ju in, esse «le Lamballe. Ces treize salles, consacrées aux souvenirs de Napoléon , contiennent cent vingt-ucof tableaux représentant les principaux faits de sa vie de 1790 à 1810. On a omis avec raison les temps qui ont précédé : l'enfance des grands hommes ajoute peu «l'intérêt à leur histoire. Chacune «les salles porte le chiffre «le l'année à laquelle se rapportent les lablt'aux , «pii sont classés chronologiquement . à l'exception de ceux «pii concernent la eanqiague «le >lareng«>, qu’on a été fori’é «le rejeter à la dernière salle à cause «le leur dimension. I.a première salle , «‘«'Ile qui parait sur cette planche, présente le moment où le général Bonaparte , fait chef de brigade â Nice , en I79.'i , mais destitué depuis, part «le cette même ville de Nice avec le commandement général «les troupes «le l’armée d'Italie. - Soldats, leur «lit-il . vous êtes mal nourriscl presque nus , je

Si 8 VERSAILLES ANCIEN ET MODERNE.

« vais vous conduire dans les plus fertiles plaines du monde , vous y trouverez « honneur, gloire et richesses. «» En effet , son début est une suite de victoires ; il entre àSavone, l>at les Autrichiens A Montenolte, et, pendant que le colonel Nampon, à la tête de la trente-deuxième demi-brigade, fait son héroïque défense de la redoute de Monte- Isgino , il s'empare du château de Cossaria , fait prisonnier le général autrichien Provera , attaque Saint-Michel malgré les difficultés du terrain , s'empare de Coni , passe le Pô à Plaisance , remporte une victoire à Lodi , chasse Beaulieu derrière le M incio . entre à Crémone et enlin à Milan. Celte première partie de la cam|>agne, qui dura à peine un mois . a pour résultat de détacher la Sardaigne de l'alliance autrichienne et de mettre entre les mains du vainqueur la Ixinihardic et les magasins considérables qu'elle renferme , elle développe déjà ce savant système de stratégie qui, depuis Frédéric II , semblait avoir été oubliée.

!.<■ général Bonaparte en 1 79fi.

Vi*«tiku|p ftr l'aile ilu «ml.

vj9^' tispendons mi uiomeiil l'histoire du grand homme auquel toutes £2 ces faites sont consacrées , et arrêtons-nous ici, près île sa statue, ré&J&éw au milieu des bustes de sa famille et de quelques-uns de ceux qui approchaient le plus de sou troue. La noble simplicité de ce vestibule repose de récriai , du cliquetis des tableaux; on peut ici étudier mieux ses traits, les 9 rechercher dans trois bustes et deux statues faits de sou vivant. L'une de ces statues , celle de Seurrc, a cela île curieux qu elle a la grandeur même du modèle qui a servi à celle de la place Vendôme , et que l'épée a été moiilre sur celle qu'il portail.

Ceux qui ont vu Napoléon à toutes les époques de sa carrière auront été frappés comme nous du changement extraordinaire qu'ont éprouvé les traits, la forme même de son visage. Sans doute il en est ainsi pour tous les bouillies , mais pas à ce point , pas de manière à pouvoir s’v méprendre. Ainsi, lorsqu’il arriva del'ar-

Sitirinr «a!|i\

f [fsj 0I1* »'ow laissé lempereur, |i«>iirsiiiv«uil sa marelie sm jp le lerriloire de l'ennemi; de Ions cotés l'armée arrivait à ntari lies forcées devant l Int. I.e 1.1 octobre elle était autour de la place à deux lieues île rayon , et partout en présence des |K>sles avancés de l'ennemi, L'empereur donna ordre d'attaquer sur tous les points. Alors le maréchal Ney,à la tête du *' <>!!' de la division l.oyson , attaqua la forte |>osilion d'Elchingen.

défendue avec opiniâtreté par le général autrichien I dindon Après trois assauts, il finit par s'en emparer et poursuivit l'ennemi jusqu'aux retranchements de Saint-Michel ou du Monl-Sainl-Jcan . en avant d'L'Im.

L'archiduc Ferdinand , qui commandait un corps de l'armée autrichienne sous les ordres du général Mark . voyant que l'attaque de la position d'F.Irhingen aurait pour résultat de renfermer eette armée dans dm, se décida à en sortir â tout risque pendant le combat, et il parvint à gagner la Franconie avec une portion de sa cavalerie. Mais la division commandée par le général Wcrneck n'eut pas le même lionheur. Après un combat assez vif, le lieutenant général Wemeck fut, obligé de capituler avec tout son corps, et le maréchal Mack, n'avant pu suivre le corps d'armée de l'archiduc Ferdinand , se trouva enfermé dans la place avec

Y Kl! SA IM. KS

toute l'infanterie et partie de la cavalerie. On se demande comment trente mille hommes |»ouvaient jamais se considérer comme enfermés, et s'il n'est pas toujours possible , en perdant une partie de ses canons , de se faire jour à travers un cercle de troupes qui. devant être très-étendu . ne peut . sur tous les |>oinls, opposer la même résistance. Quoi qu'il en soit, toute relie armée capitula et défila devant l’empereur le 21 octobre suivant ; alors la marche de l'armée française ne fut plus arrêtée que par des combats partiels, tels que près d'Amstctten .où elle rencontra l'armée russe du prince Narration , et quelques jours après, vis-à-vis du château de huas ter. où fut enfermé llichard (àrur-de-Mon.

(l'est apres une de ces affaires que l'empereur, rencontrant un convoi (le blessés autrichiens, ôta son rha|»eaii en disant Honneur au courage malheureux! » C'est à cette époque également «pie le maréchal Ney eut la mission de s'emparer du Tyrol et s'en acquitta avec son intelligence et son intrépidité accoutumées. Le 7, à ^ cinq heures après-midi, il lit son entrée à Inspruck; il y trouva un arsenal rempli d'artillerie, seize mille fusils et une immense quantité de poudre.

Mais un trophée plus précieux, ajoute l'auteur du Prérit lier erénemnits mili.

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loin*, lui la prise que lil un îles régiments (le 7ürl. des drapeaux qu'il avait perdus dans le |«ys des Grisons , el qui avaient été déposés à l'arsenal «l'inspruck.

Lorsque le maréchal Ney les leur lit rendre avec ponqie. les larmes roulaient des yeux «le tous les vieux soldats. Les jeunes conscrits étaient fiers d'avoir servi a reprendre ces enseignes enlevées à leurs aillés par les vicissitudes «le la guerre.

Septième salle.

Napoléon était à Saint-Pollen , à peu île ilislanee île la capitale île l'Autriche, lorsqu'il rceiil à son quartier {.'ruerai une députation îles magistrats île la ville,

V KUS \ I I.I.KS

conduite par le prince «le Sinzenfort. Napoléon leur «loinia I 'assurance «pie les propriétés seraient respectées, et il fut convenu «pie la garde bourgeoise, «pii formait seule la garnison «le Vienne, conserverait ses armes et son arsenal |>aitieulier, qu'elle ferait le service avec l'armée française.

I . armée prit ensuite |»ossession «le la ville, où l'empereur INapoléon ne s'arrêta «pie «pielques instants. « Il se rendit , presque aussitôt son arrivée . au château impérial de ScluFiihrunu . «i i il étaldil son «piartier général . »

De là il le porta successivement à Poerlilz et à Itrünu ,où il était le 20 novembre, l/empereur d'Autriche se retira à Olmütz. où il fut rejoint par l'empereur «le Russie.

Il se rendit le 2ù novembre au bivouac, «pie depuis on ap|>ela la llutlr île ÏHmperrar, « détermina sa ligne de bataille, coupant pcrpcmliculairemenl la grande route d’OImütz , la droite au lac de Menitz, la gauche au pi«»«l de la niasse «le montagnes qui séparent le bassin de Schwartza de celui de la Mardi , ayant devant elle et pour appui le Rosenitz-Berg, montagne détachée et escarpée que Napoléon lit retrancher et armer «l une forte batterie.

Il 4 T A IL LF. d’aUSTKKMTZ.

l'tmdaui «pie I empereur rangeait son armée eu liataille, il s était a|»ercn «pie les

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A Mi I K N KT MOI» KH NK

R usses et les Autrichiens, confiants dans leur nombre, probmtfêiiieiit en avant leur gauche , alin «le pouvoir tourner l'armée franrai.se.

«• 11 ne tenait qu'à moi, dit-il, dans ses Mémoires, de déjouer leurs projets en renforçant ma droite; mais cela réduisait l'action à des chances égales, et j'espérais mieux : lorsque l'ennemi fait une faute , il faut se donner de garde de l'interrompre. » Il ne s’occupa qu'à se préparer à frapper par son centre celte année, qui lui prêtait ainsi son liane connue ù Rivoli; et, ce qui est singulier, c'est que l'auteur de ce mouvement stratégique était le même général Weyrotter qui avait dirigé les opérations à Rivoli Ce qui est plus curieux encore, c'est que l'empereur lit connaître d'avance à son armée , dans une proclamation , la maiuruvre qu'il comptait faire, circonstance qui, peut-être , ne s’est jamais rencontrée. Le plateau de Rratzen, centre des armées alliées, était alors déjà le point important de la position, et c'est sur lui que le maréchal Soull . commandant la droite, devait se diriger en se bornant à contenir l'ennemi du coté de Telnit/. , ou il allait s'aventurer.

Voici la situation des armées russes et autrichiennes : elles étaient divisées en sept colonnes ; les trois premières, sous les ordres de Buxlirrwdeii . s'avancèrent des hauteurs de Pralzen , surTelnitz et Robollnitz, et se rabattirent sur Turus, c'est-à-dire débordèrent entièrement l'aile droite française; la quatrième, sons les ordres de Kolovrat , avec laquelle marchait le quartier général , devait également quitter Pratzen un peu en arrière de la troisième colonne , et s'avancer jusqu'à Kohollnitz ; la cinquième formait toute la cavalerie de Lichtenstein ; près de quatre-vingts escadrons devaient également quitter le centre et seconder la droite, en marchant vers la chaussée de Briinn ; lu sixième . destinée à attaquer à droite l'aile gauche française, devait être soutenue par la septième, placée en réserve et composée des gardes , sous les ordres du prince Constantin. Ces dispositions contenaient une seconde faute plus grande que la première, c'était d'agir des deux cotés en s'ouvrant sur le centre; il est évident que l'ennemi ddtorda la droite qu'il supposait étendue jusqu'à Telnit z, sans crainte d être attaqué au centre , tandis que I eni|»ereui‘ avait massé toutes ses principales forces entre Schlapanilz et la route de Brfmn. L'empereur recevait pendant la nuit l'avis que le mouvement del'cnnemi continuait, et il ne se pressait point de donner le signal d'attaque, quuiqu'ayani auprès de lui tous ses maréchaux Le temps était brumeux . lorsque tout à coup, entre sept et huit heures, le soleil parut et lit voir la situation et le plateau de

‘ l/rni|iereur (tarir avec «leilain «le cet officier, et cejieiMlaMt c’était un liomiue «I'iiii Iro-graml ■Mérite , et la maniruvrc même qu'il faisait eût pu . «lit Napoléon , obtenir (lu *urers si , «lai»- eetle marelir «te liane . il eût fait M|ivre toute l'armée (mur l'appmrr ; or. il c*l prouve que c'était h le plan de Weyrotter. «p.i fut âpre* change par «les i»r«ln*s mpérifur»

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Pratzrlt, di ce Ou h ne ni on entendit une forte canonnade •uir la droite de l'ariuee française; cesl le lunnienl (|iie l'empereur allemlail.

C’esl alors i|ii'il donne ses derniers ordres 1 ses maréchaux , uiomenl i|iie représenle ee lalilean de Carie Vernel. Ils s'éloignent Ions au galop, et quelques instanls après commence la plus belle et la plusdécisite mauiruvre qu'on ait vue; à gauche, Hernadolle. soutenu par Mural , attaque lilasouilz; l'armée marche ver» la même hauteur, des deux côtés de la chaussée de Itriinn , la réserve stdt ce mouvement |K)iir empêcher l’ennemi de |>orlrr du secours à son centre ; ce centre est attaque avec fureur par les deux divisions de Saint-Hilaire et de Vandamme , commandées par Soult, qui gravissait les hauteurs de l’ralzcn, et se trouve en face de la colonne île kulovral , qui, ne pouvant supposer une telle attaque, marchait tranquillement en pelotons «le route. L'empereur Alexandre, kulusoff et tout l'état-major sont avec elle. Miloradovvilz, qui lient la tète, peut à peine former les bataillons qu’il mène au feu isolement ; mais alors naît le plus grand désordre : kolovral est culbuté , et toute son artillerie s'enfonce dans les marais . l'empereur et le grand-dur essaient une cltargr avec les chevaliers-gardes pour rétablir la communication des centres avec les ailes , mais ils sont ramenés par llapp et la cavalerie de llessières. A midi la victoire était décidée et toute la gauche était coupée. — Du haut d'Austerlitz, où les deux empereurs s étaient retiré, ils

\ MCI K N Kl M U I) K tl N I ,115

virent le désordre de leur gaudie à laquelle ils ne pouvaient porter secours, hes Ircule mille I mm mes qui la composaient, les deux tiers , «eûtes A des Inès et comprimés par le l'eu des divisions Yaudamme et Saint-Hilaire, mirent bas les armes nu périrent dans les lacs, dont la surface glacée qui les portait s'enfonça sous le poids du nombre; plus de deux mille hommes y furent noyés, et présentèrent l’aspect de la bataille d'Aboukir.

Le résultat de cette bataille fut la prise de quarante diapeaux russes, y compris ceux de la garde, et de près de vingt mille Prussiens ; les ennemis y laissèrent aussi quinze mille tués ou blessés; elle fut pour le soutien de l'empire ce qu'avait été Marengo pour le consulat.

<• Le lendemain de la bataille d'Austerlitz , l'empereur d’Autricbeenvoya le prince Jean de Lichtenstein au quartier général français pour demander un armistice et proposer une entrevue, alin d’en régler les conditions. Napoléon accueillit le prince de Lichtenstein et accepta l'entrevue pour le lendemain \ décembre , avec l'empereur François IL 11 fut convenu qu’il se rendrait sur la roule d’Austerlitz à Goediu , au point ou se trouvaient les avant-postes de l’armee française.

- L'empereur Napoléon se trouvait A ses avanl-|KJstes, près deSarutschilz, où il avait fait établir son bivouac auprès d'un moulin, à côté delà grande route ; il attendit l'empereur d’Autriche, alla au-devant de lui dès qu'il eut mis pied A terre * et l’invitant A s’approclier du feu de son bivouac : « Je vous reçois, lui dit-il , dans le seul palais que j’habite depuis deux mois. —Vous tirez si bon parti de cette habitation , quelle doit vous plaire, » répondit en souriant François II \ »

1 Prrris tifs tr^nrmtntf miiilnirfs . jwr l«* R»‘n»*r.il MMiliim Ihirna* , I. XIV. |i. g||.

ilmtumc «aile.

Kja|

l^ix de Preslionrg lie fui \ms île longue durée. t' ne quatrième coalition se forma, et, par 1111e singulière inconséquence, les cabinets agissaient clans leurs conseils comme les généraux sur le champ de bataille ; ils se laissaient liât ire les nas après les autres, et arrivaient toujours trop lard pour se secourir : cette fois ce fut la Prusse unie à l'Angleterre et à la Russie. I.a Prusse, persuadée qu’elle siiflisait pour soutenir le choc , n’atteudil pas les armées russes , et notilla à lemjrreu r qu’il eût à retirer ses troupes de l'Allemagne, et à repasser le Rhin. A peine ce singulier déli fut-il parvenu ù Napoléon, qu'il se rendit à son armee, qu’il avait d’avance réunie en une masse compacte prèle à manœuvrer. La première rencontre fut un premier Aiccès , et la mort d’un des princes de Prusse fut d’un mauvais présage [Hinr son pays ; mais bientôt l’armée prussienne se trouva tout •litière en présence de l’armée française: Auerstaedi et Iéna efTacèrent les souvenirs de Rosliach. Eu huit jours, l'armée et la monarchie du grand Frédéric furent anéanties, ses différents corps furent dispersés, séparés de la capitale, et rejetés dans les places fortes sans pouvoir se rallier. Alors Erfurt, Lubeck, G logau , MagdelKHirg capitulèrent successivement : Magdebourg avait une garnison de vingtdeux mille hommes et huit cents pièces de canon. Le découragement était tel dans celte brave, mais malheureuse armée, que des villes entières fort i liées se rendaient devant quelques régiments de cavalerie : il en fut ainsi de Prenslow et de Stellin ; ou pensait que tout était perdu et que la résistance n'amènerait que des sacrifices inutiles. Napoléon lit, le 27 octobre, son entrée solennelle à Berlin par la magnifique porle de Cbarloltenlmiirg il fui reçu par lecorpsde la ville, qui Int en prêtent» les clefs.

V KltS \ II. Lies A N C I K N K T M n II K II M-..

Lonjiff«i rtv-il ilrpulr- di* »ÿv

" Le sénat conservateur ayant arrêté , le 1 1 oclolue IKOG, qu'une députation de trois de ses membres se rendrait auprès de l'empereur à Berlin, pour lui offrir l'hommage du du sénat et du peuple français , le ls novembre, les sénateurs d’Areiuberg ,

François de Neufcliâteau et Colchen, arrivèrent à Berlin cl larges de cette mission. I .empereur les reçut au retour de la parade. M. François de INetifebiHeau porta la (tarole au nom du sénat. L'empereur remercia ce corps illtlstre de sa dema relie , et chargea la députation île rapporter à Pans les trois cent quarante drapeaux et étendards pris dans celle campagne sur l'armée prussienne, désirant que ces drapeaux demeurassent déposés an sénat, jusqu'à ce que le monument qu'il avait ordonné d’élever fût terminé et en état de les recevoir. L'empereur lit aussi remettre à la députation l'épée , l’écharpe, le hausse-col et le cordon du grand Frédéric, pour quils fussent transportés aux Invalides et confiés au gouverneur de cet hôtel , où ils devaient être gardés. •»

Avant de quitter Berlin |K)ur poursuivre ses conquêtes, Napoléon voulut visiter le tombeau de Frédéric, et là il resta quelque temps en contemplation ; c elait aussi auprès de ce tombeau que, peu de temps auparavant, la lielle reine de Prusse l'empereur Alexandre s'étaient promis une alliance indissoluble. Toutefois cette

alliance ne fut pas rompue , et les débris de l'année prussienne se replièrent sur I armée russe, qui marchait à la hâte, et qui commença bientôt une nouvelle campagne mieux disputée que la première. Napoléon quitta Berlin le Ü novembre ; mais, en avant de Varsovie, Mural, Davousl et Lûmes avaient déjà rencontré les Russes et remporté sur eux des avantages. Benigsten avait évacué la capitale de

la Pologne, cl les Polonais sciaient soulevés en faveur des Français; l'année 1800

V I*: Il S \ II.LKS

>e termina par les combats de PulstucK et de Golyinen , et I aimée 1807 s'ouvrit par la liataille d'Eylau. Le 7 février, à la pointe du jour, l'avant-garde française se mit en marrlie, et rencontra l'arrière-garde de l'armée combinée entre le Irais et la petite ville d'Kylau. Plusieurs régiments de chasseurs à pied ennemis qui la défendaient furent chargés et pris en |>artie. On ne tarda |>as à arriver à Eylau et à reconnaître que l'ennemi était en position derrière cette ville, à un quart de lieue du bourg de Preussicli-Eylau.

A la pointe du jour les armées combinées . russes et prussiennes . commencèrent lattaque par une vive canonnade sur la ville d'Eylau et sur la division Saint - Hilaire. I.'enqicreur se |rarta à la |rasiliun de l'église, que l'ennemi avait tant défendue la veille. Il lit avancer le corps du maréchal Augereau, et lit rationner le monticule par quarante pièces d'artillerie de sa garde. Lue é|rauvautalilr canonnade s'engagea départ et d'autre

Trois cents Irauclies à feu ont vomi la mort |>endant dou/e bernes. La neige , qui plusieurs fois dans la journée obscurcissait le temps, retardait aussi la mardic et l'ensemble îles colonnes. La victoire, longtemps incertaine, fut décidée et gagnée lorsque le maréchal Davoust délraucha sur le plateau et déborda l'ennemi, qui sc retira, niais sans être entamé, sans qu'on pût dire qu'il était vaincu , comlial terrible, qu'on ne sait comment définir, lutte de carnage dont diaciiu s'attribua la victoire, et dont 1'lmmanilc dut d'autant plus gémir qu'elle tient aucun résultat.

t l'est ce «|MHaiaclc affreux que représente le magnifique tableau de Gros: il est

\ N CI EN ET MOI» Eli ME.

certain que l'aspect de ce champ de bataille affecta vivement 1 empereur il le mandait à Joséphine : « Il y a eu hier une fraude bataille ; la virloire m'est restée, mais j'ai perdu bien du monde . la ]>erte plus forte de reimemi ne m'eu console fias. » Ouinze jours après il lui et» parlait de nouveau. Cependant ses armées poursuivaient leur marche, et après une dernière et décisive bataille, relie de Friedland, ipii lut bien décidément gagnée, mais qui coûta eualemeni de terribles sacrifices, l'empereur de Itussie demanda mi armistice et une entrevue, qui eut lieu ùTilsit. et qui décida delà paix, qui fut signée le » juillet IN07.

Ihxinur salir di-» rimpa|<iK*t «le Na|m|i'on,

Napoléon fut visité à Tilsit par renqiereur Alexandre et |>ar la reine de Prusse . il alla au-devant de la reine jusque dans la rue . et la reçut au luis île l'escalier. Le* souverains passèrent ensemble plusieurs jours, pendant lesquels ils donnèrent des marques de distinction aux généraux les plus braves des différentes armes, el Napoléon remit la croix d'oflicicr de la Lésion d'Iionueur à un soldat russe qui lui fut indiqué comme s étant le plus signalé. ITilin. le <» juillet , les deux empereurs se séparèrent. après être renié* plusieurs heures en oourérence; ils se rendirent à cheval au Itonl du Niemeii . ou l'empereur Alexandre s'embarqua. Napoléon «le meura sur le rivage jusqua ce que son hôte illustre lût arrivé à l’autre bord.

On/ii-me ville.

S|P7 enüant ce bouleversement des empires , relie lluclualioii des couronnes, un peuple relégué au bout «le l'Europe semblait rester oublié, inaperçu , à l'abri de son inertie , de sa faiblesse, el cependant c'était la puissante monarchie de Charles- Qui ni, c’était 1 Espagne devenue tellement nulle, que sa soumission valait mieux que sa conquête. Pourquoi Napoléon a-t-il été réveiller ces passions engourdies , galvaniser ce cadavre qui devint contre lui un géant ? Telle était sa destinée, et le jour où Ferdinand arriva au château de Maral , ainsi qu'il est représenté dans cette salle, fut un jour néfaste pour la France et pour l'humanité, pour Napoléon surtout, dont il commença et lit présager les revers. Instruit de la résistance qu’éprouvait son armée, irrité de la honteuse affaire de Hiyleti, Napoléon fut contraint de détacher de la Grande Armée, qui était en Prusse et en Pologne, une partie de ses vieilles bandes. Lui-même , avec la ganle impériale, vint se mettre , au mois de novembre . à la télé des forces qu'il avait rassemblées sur le llaut-Èbre.

Le douzième bulletin de l’année d'Espayne dit que, « le 12 novembre , Napoléon avait son quartier général à Ihirgos. et qu’il marchait sur la capitale d'Espagne.*

On lit dans le treiziéme bulletin :

« Le 211 , le quartier général de l’empereur a été porté au village de Bozeguillas.

« Le 30, à la pointe du jour, le duc de Rellune s’est présenté au pied du Sommo-. Sierra. l ue division de treize mille Itommes de l’armée de réserve es|»agnolc défendait le passage de cette montagne. L'ennemi se croyait inexpugnable dans cette position. Il avait retranché le col que les Espagnols appellent Puerto, et y avait placé treize pièces de canon. Le !>' d’infanterie légère couronna la droite, le ÎH>’ marcha sur la chaussée , et le il* suivit à mi -côte les hauteurs

île gauche. Le ^iiMTnl Seuarmoul . avec six pièces d'artillerie avança |mi la HiaiiKMt.

Ilatnillr de Somnm-Si<M ra.

I.a fusillade cl la canonnade s'engagèrent. I lie charge que lil le general Monthriin à la tète des dtevau- légers polonais décida l'affaire; charge brillante s'il en fut, oii ce régiment s'est couvert de gloire et a montré qu'il était digne de faire partie de la garde im|M*riale. Canons, drapeaux, fusils, soldats, tout fut enlevé, coupé ou pris; huit chevau-légers polonais ont été tués sur les pièces, et seize ont été blessés ; parmi ces derniers on comptait le capitaine Drievanoski , qui ne laissait que |>eu d'espérance de guérison , et le comte de Ségur, maréchal de camp de la maison impériale.

C’est ici que nous devons rendre hommage à cette brave et malheureuse nation polonaise, que nous avons vue sous les armes , en 1700, dans les mêmes costumes, dans les mêmes sentiments, que sous les murs de Paris, vingt-cinq ans après ; se battant pour leur patrie sous les drapeaux qui pouvaient la leur faire espérer, et fidèles dans le malheur comme dans la prospérité.

Les autres tableaux de cette pièce font honneur au talent de Vernel et de Gros : ils représentent le siège et la capitulation de Madrid ; mais celui du fond mérite une attention particulière. Il rappelle le mariage du prince Jérôme

v i:us \ii.i.i:s

IWuiaparic avec une «le Wurlemlierg, «*n prcscmv «le toutes les |«ersoime>

nHiiposaiit la famille «le remjiereur el «le l'impératrice, toutes «l*une resseniblanci-

frapismle

[Sous avons choisi les portraits les plus nian|iiaiits , celui «le (empereur «lan* ses liabits «le cérémonie, et celui «le l’une «le ses sieurs . la princesse Borglièse.

ancien k t MoitcitNi:. .vr»

Le Immu fa il d'armes <|iie nous venons de rapporter cl doul lions avons donné la représentai ion . ouvrit celle courte campagne sou» les yeux de l'empereur. Madrid IoiiiIki bientôt en son pouvoir. Les deux tableaux de Carie Vernel et de Gros rappellent cet événement ; celui de Gros, ou l'empereur a un asjiect ridicule, reu ferme cc|»endaiit de grandes beautés de coloris, qu'il possède surtout dans les sujets tels (pie celui de mademoiselle deSaml-Simon demaudaul la grâce de son père, ou bien encore dans le tableau où il a reproduit le passage du Giiadarama, el celui où il représente l'empereur à Astorga, dernière ville où il s’arrêta. Dans ce moment ou pul juger qu'il n'apporlail plus d'intérêt à la conquête de l'Kspagne; son attention était ailleurs : il savait (pie l'Autriche allait profiter de sou absence pour tenter un nouvel efïorl contre lui, el il se rendit à l'instant à Paris.

Salle n. X.

dette salle . la dernière dans l'ordre chronologique des événement* , est une déplus importantes, et nous regrettons de ne pouvoir la décrire avec plus de détail. Nous avons vu l'empereur quitter brusquement l'Rspagne. Il était temps: l'Autriche, aidée des subsides de T Angleterre, venait de mettre sur pied en troupes el en lamlwlier au delà de cinq cent mille hommes effectifs , commandé- par l'archiduc Charles. Avant qu'aucune disposition eut été prise , (pie la grande année eût eu le lemp.s de se rassembler, l'armée autrichienne s'empara de ItatislMUine et culbuta tout sur son passage; le corps du maréchal Davou-t se replia jusqu'à Taini , mais là résista assez longtemps pour que l'empereur put arriver. l/s premier corps qu'il rencontre est celui des Bavarois el Wurtembergeois . il descend de voiture au milieu d'eux, se fait donner un cheval, réunit les olliciers, les harangue et marche avec eux à la victoire d Ahensberg , et bientôt après à celle de Landslmt ; enfin . il entre, pour la deuxième fois, dans Vienne. C’est alors que commencent ces terribles journées d'fvsliug, où tout nu corps de l'armée française, ayant le dos au Danulie, arrête jusqu'à la nuit une force quadruple delà sienne; c’est alors qu'ont

jtMiiiiées (et rihlt.s «U? V\ agratn, mi deux eenl mille fiommes du chaque uùlé, avec une artillerie de gros calibre , renversèrent chacun de dix-liuil à vingt mille hommes des rangs ennemis, où en lin l'Autriche ne doit plus son existence qu’à la modération du vainqueur ; niais cette modération devait bientôt avoir une conséquence heureuse |hmiv les deux pays, et le dernier tableau de cette dernière salle est le mariage de tNajiolcon avec Marie-Louise : ce fut I 'apogée de sa fortune et de sa gramleur.

Salit* d«* MarnijJ».

Celle salle porte le nom île la iirineipale bataille île celle campagne, si rapiite. si inaltenilue , si glorieuse. C'est le 7 janvier qu'un arrêté îles consuls orilonne la création d'une armée de réserve qui doit se Tonner à Dijon . lescabinets de lamilres et de Y ienne y font peu d'attention , el cependant , le 12 mai , le premier consul passe eetle armée en revue à Lausanne ; elle est île trenle-six mille hommes avec quarante püces de cation. Le lendemain elle marche sur Saint-Pierre el gravit le mont Sainl-Rernard ; elle arrive au sommet à travers des précipices, |>ar des chemins jusqu'alors connus seulement des clievriers ; les canons onl été démoules el portés à bras d'Iiomme : c'est là ce que représente le tableau exact et intéressant de I Itevenin.

Ainsi portée pour ainsi dire sur des nuages, celle armée tombe, comme un lorreni , comme une avalanelie, dans les plaines d'Aoste, oit elle rencontre dans le Tort de Bard un olmlacle imprévu ; Lamies attaque la ville et le château , s'en empare, el l'ennemi est forcé de se retirer derrière la Cliiusella , (mur couvrir Turin. Poursuivant sa marche victorieuse, le premier consul entre à Milan le 2 juin, et fait passer à ses troiqies le PO à Plaisance; c'es! dans ce niomenl qu'il

\ \ <; 1 1. N 1:1 \\ o i> t; us t:

it |»|»rentl I» prise de Gènes, et la nécessité de marcher eu avant pour empéclier la joiicliuu du curj» du général Oit avec le eor|*s d'armée. Ou ucciqte la |»osiliuit de Gasteppio. bourp situe au pied du contrefort de rA|>ennin ; il y est attaqué, et , après mie vive résistance qui dure plusieurs jours , tant à Casteppio qu'à Muuirltcllo , tîc crainte d élit* enveloppé , il se relire après avoir éprouvé une perte considérable en tués, blessés et prisonniers. Le 15 juin , l'armée française est à ( lastel-Nuovo , et son avant-partie à Mareupo , dont elle occupe la plaine.

\ji pencral Mêlas . ayant résolu de livrer la bataille, porle ses prenons efTorls sur Mareupo. Le I I, à six heures du matin, l'année autrichienne delwirda en trois eolonues par les pouls de la Borniida; le pros de sa cavalerie sur sa pauelie aux ordres dupénérat Ellnilz ; l’infanierie sous les ordres de lladdicti et kaim , et le corps de prenadiers du pé itéra I OIL L'armée française est en avant du village de Mareupo, eu échelons par divisions, la paiicheeu avant ; la division ('.ardanne formait l'éehelon «le pauelie à la cassine Pedrahuiia , la division Ghabrau le second

N Eli S A II. MiS

•Vili

i cIk’Ioii à Marcugo . ri la division du gênerai Lamies formait ka troisième . Iciianl la droite de la limite el eu arrière de la droite de la division Chahran; les di* visi«ms Carra Sain l-Cyr et iJesaix eu réserve , la dernière en marclie venant «le llivalla, «1*011 elle avait été rappelée aussitôt «pie le projet «le l'ennemi avait été l'OIllItl.

'I0U8 ce* corps réunis en échelons formèrent un effectif «le dix huit à dix-neuf mille lioiuiues d'infanterie et de deux mille ciiu| cents chevaux , auxquels «levaient ^e joindre, «lans la journée du lendemain, les divisions Mou nier et Bon, «pii sc trouvaient à dix lieues en arrière, «wvupant les villages d'Anpii et «le Castel- fSuovo. Mêlas avait trente-six mille hommes d infanterie , sept mille hommes «le cavalerie et «pialre-vingls piè<*cs «le canon. Vu premier pas «pie lirent deux «les colonnes

autriclii<iines . «*lles rencontrèr«*nt le corps du jrénéral Cardanne. A midi, I ennemi, maître «le Mare.igo, débordait la ligne française , en r accablant «lans son centre, il n'y eut plus autre chose à faire «|u*une retraite par échi«|uier et lentement , et toujours sous le feu de la mitraille. A trois heures après midi , des dix -neuf mille Itomnæs «pii avaient commencé le combat , il restait à |>eine huit mille hommes «l'infanterie, mille chevaux el six pièces «le canon en état «le tirer; on ne pouvait plus relever les blessés, et la retraite allait peut-être s«* changer eu déroute, lors «pi'un aide de «‘ainp, envoyé au-«l«‘vanl «le la division IJesaix apporta la nouvelle

v n < ; 1 1; .N i.i ai uni: ii \k

■ | ' 1 o I.i tête de m's colonnes paraissait a lu hauteur lie SaultJ ni leu. I .a r rance esl sauvée, car il s'agissait dans ee mimienl île ses chères ileslinees. Ihuiaparte frémit île joie, et, voyant la poussière de l'avant-garde. il crie Imite A ee mol éner gique , répandu sur (oui le front île lialaille, Ions s'arrêtent. Au même iiislaul il lionne l'ordre île marcher en avant ; l'artillerie est démasquée ; elle Tait [H Uilmil dix miiiules un feu terrible : l'ennemi étonné s'arrête ; la charge est battue eu même temps sur toute la ligue.

I.a division Ik-saix marelle la première à l'ennemi... La mêlée devient terrible; plusieurs braves succombent, et Desaix n'est plus!

Les Autrichiens surpris s'arrêtent ébranlés. La division Desaix , passée aux ordres dit (réitérai Itumlel . charge avec impétuosité l'ennemi. A p'ino a l-elle puisse et mis eu retraite les Autrichiens , que le (réitérai Ihuiaparte onlimne à la cavalerie qu'il avait conservée en réserve île laisser au (talop par les intervalles , et de charger avec impétuosité eette formidable colonne de grenadiers.

Cette maniruvre hardie s'exécute à l'instant avtr autant de résolution que d'Ita hilelé. Le général Kellermnnn part au galop hors des lignes , se déploie sur le flanc gauche vie la colonne de grenadiers autrichiens, et, par un quart de conversion à gauche , lance sur elle la moitié de sa brigade , gardant l'autre pmr tenir en échec la cavalerie ennemie, la colonne autrichienne est enfoncée et commence sa retraite eu désordre. L'armée autrichienne prolita de la nuit pair repasser les puits.

la' résultat de celle journée fut la capitulation de toutes les places imputantes du l ‘icmonl et de la Lombardie , et euliii la paix si longtemps désirée.

liAMiltIK I » K S HATAI 1,1. KS.

I*ialla. tt.hrira |>*r I » , aul inliia> vtlkl >i llrtria fuiitrnt. frnam . sifrntqur it>rtrrn<>>

Ustaurer, embellir Versailles, changer sa destination, faire de la demeure d'un roi Ictcmplede la gloire d'un peuple, n'était re déjà pas une immense enlreprise? Oui, dil un spirituel historien . le prendre là , daus sa ruine , loin rliargé de ronces, tout rouvert d'épines . croulant au dehors . ntoisi au dedans .

N Ml S A I I.LKS

.ICO

odieux surtout nu peuple, oublié de feux qui ne le baissaient pas; c'était déjà bien vaste eli bien ! ce luit atteint n'a pas suTli à l'illustre auteur de relie grande entre prise. Il trouva lin jour que. maigre les immenses travaux qu'on y avait exécutes, Versailles était toujours le palais de Louis \IV. A chaque pas. dans la multitude de ses salles appropriées à leur nouvel usage, en retrouvait la trace, le souvenir de leur ancienne destination; rien D étail là qui appartint uniquement à notre époque, à l'étal de nos arts, aux grandes conceptions que le génie moderne peut créer l'au leur de tous ces travaux le sentait , et celle idée présente à sa pensée linil par se résoudre dans un des plus admirables plans «pi on pût concevoir. Il imagina de consacrer le premier étage d'une aile tout entière du palais à une galerie à peu près triple de celle de Louis XI V. ayant trois cent cinquante pieds de long et qua rante de large, le plus grand ru o uvre connu, et de décorer celte galerie de trente trois tableaux représentant les actions les plus éclatantes de notre histoire, le son» inaire, en quelque sorte, de tout ce que le |»alais contient ; d'y placer quatre-vingts bustes des guerriers morts dans les comliats; et enfin, pour atteindre toutes les gloires, de n'en excepter aucune, pas même celles qui apimrleuaienl a des temps malheureux; il lit écrire en lettres d'or, sur douze tables de bronze plam’sprcs dis fenêtres, les noms de tons ceux «pu avaient été tués en défendant la France . liste glorieuse de six cent trente noms , parmi lesquels on distingue , pour la seule mal heureuse bataille d'Azincourl , six princes du sang et plusieurs individus d«t ou les les grandes ramilles du royaume. Celle galerie coûta au roi des sommes si considérables , qu’il fut deux ans dans l'hésitation de l'entreprendre. Nous avons retracé le moment ou le roi Louis-IMiilipite présente à la duchesse d’Orléans les artistes qui ont décoré ce magnifique temple des arts et de la gloire nationale Nous allons chercher à donner une idée «les tableaux qu'il renferme.

I>KSCKI PT ION

('• A LKIt I K 1)KS I! ATA 11.1- K S.

RaiatlW <»r T«IWar. — V» *»•

la* voilà. Iiraiidissniit ni tramée, le ro» barbare des Francs, luttant contre un peuple plus bar- ] Itari1 encore ; la vieloire est au moment «h* lui

«ehapper ; lesmara.s «le Tolbiac, pris «le t loin (•iic, vont engloutir son année <i son sceptre, lorsque le dcses|toir lui fournit line iHHivrtlr rnrrgir. - Mrs dieu \ m abandonnent . serrée l-il. rh bien ' celui deClolilde nu* sauvera peutêtre ! hiro dr (ilolilde. lais - moi vailirrr. rl nous sommes à loi, moi rl 1rs miens ! • Kt, saisi d'un fanatisme religieux, il se jet Iran milim dr la mêlée, rnlrainaiil airr lui scs soldais, un moment ntialtus ; il rétablit le miiituil ru sa faveur, et en sort victorieux. Fidèle à son serment. il conduit ses troupes» Iteims. rl I» il

Mil

WCIKN Kl

se fait iwplisor. ainsi que tous les principaux de son armée. Baisse la tète, lier Sicainbre, ! adore et* que lu as détruit, el détruis ce que j tu avais adoré Kl le lier Sicambre baisse la i tête devant le ministre de ce Dieu qui dispose des rois et de* peuples.

H..i»lli- 4 r — A» n

e#r Ihiri».

Im (Vaille, la Gaule chrétienne, la France 1 rotin , prend un nouveau rang parmi les nations; mats il lui faudra encore de grands combats et de grands hommes pour réunir un territoire étendu et pouvoir le défendre. 1-4*5 derniers rois mérovingiens sont tombés dans la déconsidération et le mépris: une nouvelle famille puissante s'est élevée, qui de loin aspire à leur trône , et qui veut le mériler pour n’avoir pas besoin de le conquérir: l'occasion ne j va pas larder à se présent er. Pendant les guer- j res sans éclat de l’Occident, il est né en Arabie un bumme de géuie qui répand ses dogmes et bientôt ses armées sur tous les pays qui l’entourent. Le Coran et Mahomet marchent à la conquête du monde : les chefs fanatiques de celte nouvelle doctrine envahissent la Gaule. Rudes, comte d’ Aquitaine , leur oppose mie faible résistance; ils battent son armée, qui se retire dispersée sur les bords de la Loire: c’est là que va se décider le sort de la France, de l'Europe et de la chrétienté. Le Coran et j l'Évangile sont en présence.

Heureusement pour le monde menacé, il se i trouve un homme d’un courage intrépide et d'une grande habileté , qui décide la victoire. Charles Martel rassemble tous les hommes en étal de porter les armes et de se dévouer à leur Dieu et à leur pairie, et le» guide au combat. La bataille fut livrée entre Tours et Poitiers; elle Tut terrible. Abdérame y perdit fa ] vie; les trois quarts de sou armée furent dé- j traits , el les Sarrasins, terrassés de ce coup j terrible. reliassent les Pyrénées pour n’y plu» i reparaître. Cet événement frappa tellement l'imagination des chroniqueurs de cette époque , que l'un d'eux , Paul, diacre, livre A7I , prétend qu'il péril , dans celle bataille, trois relit soixante-quinze mille Sarrasins.

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S.iumU.inn 4 r V\ An ?*.«

K.. *4, n,ir>>

I-a lutte entre les Francs et les Savon» ne dura |>as moins de trente-trois ans, et presque chaque année, Charlemagne «Hait forcé de quitter rE*pagncoii l'Italie pour rqNMisser les agressions de ces peuples belliqueux. La douceur et la violence échouaient egalement contre leur opiniâtreté. Chaque année , il remportait sur eux des victoires , et , l'année suivante, ils revenaient plus uomhreux. Enlln , effrayés de sa puissance et tondu* de sa lioaté, les principaux chers, Witikiiid et Albron, consentirent à se soumettre , et mi traité fut conclu, les uns disent à Padcrhorn, d'autres à Attigny-sur- Abne où Cliarlemagne accueillit un des chef* saxons, Amalwin. qui lui prêta serment et reçut le baptême. Un grand nombre de Saxons suivirent son exemple

l#il> 4u 4r — A» M»

Siegfried, un des principaux chefs normands , avait demandé à l'évêque de Paris , le célèbre (in/ lin . le libre passage à travers la ville, el sur le pont de la Seine, déclarant qu’il ne loucherait ni à ses biens, ni à ceux d'Eudes, comte de Palis et Ms de Kohcrt le Fort. - Si ladêfense de cettccité avait étécommisc à ta foi comme elle l'est à la mienne, répondit l'évêque , ferais-tu pour moi ce que tu veux que je fasse pour toi '! • Siegfried, irrité, lui dêdnrc une guerre à mort ; et dès lors les Normands, réunis sur la rive droite de la [ .Seine au nombre de quarante mille, s'appro- «

Y i: U SA IM. i:s

«•finit tira murailles. les lu isent avec le bé-

lier . lancent d'énormes pierres sur les lours ; el.de leur côté, les assiégés leur opposent toutes les machines en usage dans ce temps , les manlelets, l’huile bouillante. L'ablié Eble. neveu de l’évêque, lit des prodiges de valeur . 0|K'udanl la crue des eaux avait emporté le petit pont et séparé la tour, qui le protégeait, de la partie méridionale de la ville : tous ceux qui le défendaient furent massacrés. Du côté du nord , les Normands avaient comblé les fossés l»ar «les pierres, des arbres et les corps de leurs captifs, à la vue des assiégés, que la rage dévorait. (iozlin , à ce spectacle, invoquant la Vierge, lança de ses débiles mains un javelot qui alla toutefois frapper un des princi|»mix chefs. Enfin , Charles le Gros paru! sur les hauteurs de Montmartre, à la télé d’une armée nombreuse; mais, au lieu «l'attaquer vigoureusement les Normands , déjà arTaihlis par ce long siège, il préféra traiter avec euv et acheler leur départ pour sept cents livres pesant d’argent. Alors, en effet, ils s'éloignèrent, et allèrent (HNler en Bourgogne leurs désastres. Le tableau représente le comte de Paris au milieu de la mêlée , en avant de la tour du Châtelet, principale defense de la ville.

les vilains , arrachés à lotir charrue , pouv aient aussi être appelés à défendre t«*ur pays. Les coalisés se croyaient si certains de la victoire, que la vieille comtesse de Flandre, Mahaul, avait fait remplir quaire charrettes de cordes pour lier les Français prisonniers. Philippe c«miprit toute l'importance de la bataille qu’il allait livrer. Il voulut , avant le combat, donner une uuuvelle force à la n» vanté , et, après la messe, qui fut célébrée «lans le camp, il posa la courotuic sur l’autel , et dit aux seigneurs qui l'entouraient : • Si vous croyez qu’un autre soit plus capable que moi de la porter, je suis prêt à lui obéir, car il s'agit de sauver le |»avs; mais si vous m'en croyez digne, il vous Taul défendre aujourd'hui votre roi, vos biens, vos familles et votre honneur • L'est ce moment qu Horace Vernet a choisi pour son tableau , un «l«*s plus lieaux qu’il ail faits. I a' combat fut long et sanglant. Philippe y remplit les fonctions de capitaine et de soldat. K enversé à bas de son cheval, il dut à sa bravoure «*t au dévouement de ceux qui l'entouraient de pouvoir se relever. Sans cet événement , le sire Guillaume Drslwrres tuait de sa main l'empereur Olbon; mais il cnlend derrière lui crier : Aux brftPts , sr cours au roi ! et il voit le gonfanon royal d’armes aux fleurs de lis d'or s'agiter dans les mains de Gaston de Montignv . lise retourna alors, et IU si grande place à l'eolour , en «ballant tout à droite et à gauche , qu'on y pouvait mener un char à quqtre roues. L’infanterie communale montra le parti qu'on pourrait tirer par la suite de son courage et de sa fidélité. La joie qui éclata dans toute la France témoigna de T importance delà victoire. Les comtes de Flandre et de Boulogne, prisonniers, furent enfermés , l’un dans la tour du Louvre , l’autre dans le château de Péronne, et Philipi>e-\ugusle «Mitra triomphant à Paris.

Voici un de «*» événements qui décident du

sort des états et qui prennent dans l’ histoire bataii.lr nr. txili.kboib«; «h «*m.

une place éclatante. Philippe- Auguste avait , abat lu la puissance dos seigneurs rivaux de .

la royauté; ils cherchèrent alors au dehors Hugues do Lusignan , comte de la Marche . un appui. Fernand, comte de Flandre, en- »™it fait hommage de se» flefs au comte de

trainn dans sa cause l'empereur Othon et le I Poitou, frive de Louis IX, sonsuz<Tain féodal; roi d’Angleterre Jean, qui ne se proposaient mais sa femme Isabelle , veuve de Jean-saus

pas moins que de partager cuire eux leroyaumc Terre , supportant avec peine celte vassalité,

de France. La nationalité était menacée"; aussi «draina son mari à une révolte complète

tous les ordres de l'État eurent leur* repré- contre lui. Hugues appela à son aide Henri III, •

sentants dans les plaines de Rouvine*. Guérin, roi d'Angleterre. Mais Louis IX vint de son

évêque de Senlis . Philippe de Dreux, évêque de côté au secours de son frère. La Cbarcnle sé-

Beauvais . se distinguèrent autant que Eudes, pare les armée*, et le pont de Taillelxmrg est

duc de Bourgogne, Matthieu de Montmorency, défendu pur un fort occupé par les Anglais,

les comtes de Beaumont <*l de Saint-Pol. Les Après un coinlMt sanglant , Liuis se précipite

milices cominunalcs firent égalenxMil voir que sur le pont , la masse d'armes à la main , inet

A NCI FIN KT

lin ennemi» en déroute, et remporte, le lendemain, une victoire plu* décisive encore, aux portes de Saintes. Le roi d’Angleterre se sauve à Blaye et s'embarque, et le comte de In Marche obtient son pardon de la générosité du roi.

UATAILLK DK MONS*KN.pL'tXLK. - Ab ISOI P.» Ci>A«ra«Bfi».

Le fut un grand deuil pour la Franc** (pie la défaite de Courtrai, où vingt mille Français, le comte d'Artois, leeomtede Sainl-Pol et une foule de seigneurs français perdirent la v ie ; on quatre mille paires défierons dorés servirent de trophée à des paysans llamauds. Phihppe le Bel, impatient de laver cette tache imprimée a sa réputation , marche à la tête d’une armée nombreuse contre ce peuple redoutable. Il passe la Lys, et trouve les Flamands bivouaques prés de Mons-cn-Ptielle. Ceux-ci , profitant de la négligence des Français à se garder, tombent à l' improviste , vers le soir, sur leur camp et l’envahissent ; la tente meme du roi est forcée, et Philippe vo*t tuer prés de lui un chevalier et deux bourgeois de la ville de Paris, qui, suivant l’usage , ne devaient point quitter sa personne, lleumiseuieut, il n'avait ni son manteau fleurdelisé, ni son heaume à couronne d’or, et il put s’échapper pans être reconnu : ce ne fut pas toutefois pour fuir, mais |>uur aller chercher un cheval et ses armes. Bientôt, de toutes parts, le cri se fait entendre ; Le rot se combat : le courage reliait aux Français surpris: les comtes de Valois et d'Évreui , frères du roi , les comtes de Saint - P(d et de Domina rlin , luttent avec vigueur, et font un terrible carnage des Flamands, qui quittent en déroute le champ de bataille. Un traité suivit cette victoire , qui laissa en la possession de la France Mlle, Orchies , Douai et Béthune.

BttailD <1« CwmI. — Ah ir-ttl Pif II,mi SymiM.

Les Flamands, humiliés, mais non |>a* soumis , avaient de nouveau chassé leur prince, qui s’était réfugié à la cour de France. 1a* conseil était d’avis de ne point se mêler de

MODFHNI*. ôttf

cette querelle . mais un esprit belliqueux animait Philippe VI de Valois et toute sa cour. Assembles sur le mont Cassol, bailleur de laquelle l'œil embrasse toutes les vastes plaines de la France, les Flamands attendent tranquillement l'armée de Philippe de Valois , lorsque la même négligence qui avait eu lieu à Mons-cn-PncUc, de la |»art des Français , se renouvelle en ce moment. « Les seigneurs français , dit la elirouiquc , après élrc restés deux jours dans leur camp pour lâcher d’attirer les Flamands dans la plaine , se mirent à s’élialtrc, à jouer aux dés, et allèrent de (ente en tente pour sol déduire eu lenrR belles rôties. ■ Zounrkins, à la faveur du tumulte qui reguait dans le camp français, put parvenir à traverser avec ses troupes, sans être aperçu, les deux lieues qui l'en séparaient , et marcha droit à la lente du roi qui se disposait au sommeil , lorsque Miles de loyers, portc-orillamme, entra en criant : Aux armes ! Tout fut bientôt eu émoi ; chacun s'empressa de s’armer: les maréchaux tinrent les premiers télé a l'ennemi ; les chapelains et les clercs de la chapelle revêtirent le roi de ses armes, et, à demi arme, la tête couverte d’un bassinet de cuir blanc, tandis qu'un des siens portait le heaume ceint de la couronne royale, il se jette dans la mêlée. A lu vue des insignes royaux et de rorillamine debout , toute la chevalerie accourt, en criant : Mont-Joie et Saint-Denis ! Le rointial change alors de face, et les communaux, fatigués déjà de la lougue route qu’ils ont faite sous leur pesante armure, se replient en htm ordre, présentant au poitrail des chevaux leui-s longues pépies; mais, assaillis par la gendarmerie, ils sont enlin rompus cl tailles en pièces : treize mille d’entre eux demeurent sur le champ de liataille . avec leur général Colin Zonnekius. • Nul n’avait reculé, dit ta chronique, que tous ne fussent occis eu trois morceaux , l’mi sur 1‘aiitrc, sans isser de la place où avait commencé le combat .

t*.<Ollrd< tUtrlirfrl. Ali IMS».

Il fallait bien a la France um* consolation

V K USAI 1. 1. K s

des mallieureuses bataille* de Crée y et de Poitiers; elle se trouva dans la journée de Uocherel. Informé de la venue du célèbre captai de Bueh , Charles V avait chargé Bertrand Doguesclin de marcher contre lui avec le ■ comte d’Auxerre , le vicomte de Beaumont, j le sire de Bcatijcu et grand nombre de eheva- | lier* ; mais le captai avait pris une position avantageuse sur la hauteur de Cocherel , et Bertrand . |>our l’en tirer, donna le signal de la retraite. Au mouvement rétrograde des Français , l'avant-garde du captai , compo- | sée d’Anglais mercenaires , atu ordres de Jean Soel, descendit impétueusement de la colline en criant : Eu armil, iieotge ! A l'instant, Duguesclin fit faire volte-face à ses hommes d'ar- ' mes . et . au cri de Yofre-Dame Berlrnnd! il I chargea les Anglais, pendant que trente de | ses cavaliers . poussant tous A ta fois jusqu'au 1 captai de Bueh , l'environnèrent , le saisirent et l'entraînèrent au galop loin du champ de bataille. En même temps, d’autres ehe- ! valiers s'élancèrent sur le |>eni)ondu captai, I planté au haut du tertre de Corhrrcl, pour servir de ralliement auv Navarrais, arrachant ! cet étendard malgré la vive résistance de ceux I qni le gardaient. La victoire fut bientôt décidée, et la nouvelle en fut portée au roi, la i veille du jour de sou sacre. Charles V, joyeux dece succès d'heureux augure pour son règne , I créa Bertrand Duguesclin maréchal de Nor- | mandie , et lui fit don du comté de Longueville , confisqué sur ta maison de Navarre. J

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messes ue soient point vaiues I* Il était temps ; car, déjà épuisés par la longueur du siège , les habitants d'Orléans avaient proposé de se rendre au duc de Bourgogne, alors allié des Anglais. Heureusement, Bedford leur général n'avait pas voulu mrfrtifr/Mmorrcfliu' à Philippe pour qu'il les araldl.v t le siège avait continué, lues Anglais espéraient bien en êlre maîtres, lorsque le comte de Suffolk reçut de Jeanne une sommation irrite eu langage singulier , el dout il ne lit que rire. Mais il n'en fut pas de même, lorsqu'il vil la Pucelle armée en guerre el clievaucliant, le harnais sur le dos ; lorsqu'il vil llotler son étendard blanc seine de llenrs de lis d’or, el sur lequel était jtour- Irairt noire Sauveur tenant le globe du monde entre deux anges agenouillés, avec cette devise : Jhesus Maria. En peu de jours la plupart des bastilles fortifiées par les Anglais furent forcées; et les généraux Tallmt el SufTotk , frappés de terreur , comme dit la chronique anglaise même, for fear of lhe maid , résolurent de lever le siège : le dimanche, 8 mai , ils quittèrent leurs bastilles, en y laissant prisonniers, malades, artillerie et munitions , et se mirent en liataille sans qu'on sût ce qu'ils voulaient faire. Les Orléanais se disposaient à sortir pour les attaquer lorsque Jeanne arrêtant leur élan : ■ Regardez tout à l'heure , dit-elle , s'ils ont les visages tournés devant vous, ou bien le dos. Ils ont le dos. Eli bien , Inisscz-Ics aller, il ne plaît pas à messire, pour l’amour du saint dimanche, qu'on les balte aujourd’hui : nous les retrouverons ailleurs. » Et , en elTot , ils se disjierscrcnt à Meung, à Jargeau et A Beaugcncy.

Une prophétie du fameux Merlin courait alors par la France : le royaume, |>erdu par une femme , devait êlre sauvé par une femme. Isabeau de Bavière avait rempli la première partie de cette prédiction , lorsqu’elle avait déshérité le dauphin pour metlre la couronne de France sur la téledu roi d' Angleterre. Mais qui devait remplir la seconde partie f- Moi, - dit une jeune paysaunc de Domreini, Jeanne, une de ces imaginations ardentes , de ces organisations singulières qu'on ne |>cnt définir. • Mon seigneur le roi du ciel, disait-elle, m'a commande que j'allasse vers le dauphin : qu'il me baillerait des gens d'armes; que je lèverais le siège d’Orléans, et le mènerais sacrer à Heinis. • Et, en effet , sa physiouomie imposante et la sagesse de se» réponses inspiraient de la confiance. Charles l'accueillit, lui donna iui gentilhomme pour écuyer, deux hérauts pour |Mirter sa bannière, deux |iages et deux valets. • Parle*, Jeanne, lui dit-il, et Dieu fasse que vos pro-

Hataillr Ar (ntillni. ■ An l(£ Par Liait 11»

Un corps d armer, qui avait pour chefs le comlc de Penlhièvre, l'amiral de Bruit. l«-% maréchaux de Lohevc ej de Solognes , les frères Jean et Gaspar Bureau, gouverneurs de l'artillerie, assiégeait Caslillon, forte place qui commandai! le cours de la Dordogne. TnllKfi, quoiqu'il eût mieux aimé les attendre plus près de Bordeaux , du! céder aux insinuer*

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