VERSAI LI.ES
ranlie du froid. O’csi de celle tribune qu'on peut le mieux juger la beauté de rel édifice où tout a été si bien conçu , qu’on se croit à cette place de niveau avec le sol, et que cependant , vu du rci-de-chausscc, il ne perd rien de ses avantages. L’élégante colonnade corinthienne se développe en laissant apercevoir l'intérieur de la galerie qui l’entoure et le jeu des pilastres si bien d'accord avec les colonnes; le tout dominé par une voûte superbe où quatre peintres ont figuré la vaste épopée du christianisme. Tout frappe, tout saisit dans cet admirable aspect aussi harmonieux dans son ensemble que gracieux dans ses détails.
Ttrrttjje *?kattnii
Plan de la Chapcllr
Il n'existait pas de chapelle a Versailles , caron ne pouvait donner ce nom à une vaste salle qu'on avait disposée pour le servie*1 divin , et dont nous donnerons bientôt la vue. Louis XIV résolut d’en construire une qui fût un modèle de magnificence et de goût , et il fut si satisfait du plan que Mansarl lui présenta , qu’il eût construit cet édifice en marbre, si madame de Maintenon ne l’en eût
wc u n i i Moi>rii\i
sagement dissuadé. l-*:iil4» sur U* plan «!«■ plusieurs églises d’Kspngnc et d'Italie, relie chapelle fut commencée en 1699 cl Unie en 1710; elleacenl trente-cinq pieds de longueur hors œuvre, el soixante-huit pieds huit pouces de largeur, soixante-dixneuf pieds de hauteur sous la clef de la voûte. Trois ordres de fenêtres ou vitraux , l'un sur l’autre . la décorent à rextérieur et sont séparés par une suite de grands pilastres corinthiens, d'une failde saillie: le tout couronné par une corniche corinthienne et une balustrade supportant vingt-huit statues en pierre de neuf pieds de haut. Le comble est orné d'arêtiers de métal doré ; on regrette que ce bel édifice, engagé dans le palais, soit privé par là d'un portail qui eu eut décoré l'entrée; riiitérieur présente unesuilede colonnes qui s'élèvent tout au pourtour de l'ellipse sur autant d'arcades dont les archivoltes portent des reliefs d'un excellent travail. Le inaitre-nntel est composé de marbre et ornements dorés. Nous regrettons de ne pouvoir faire cm mai Ire eu détail tous les ouvrages de peinture et de sculpture qui se trouvent réunis dans ce magiiilique édifice; nous indiquerons cependant les plus beaux. Ail milieu du cœur sont les sla lues de Louis XIV el de Louis Mil par Coisevox, au moment où ce dernier met son royaume sous la protection «le la Vierge; au-dessus du mailre-aulel la Hésurrection par La Fosse.
Dans In chnpelledu Saint-Sacrement, un tableau de Silvestre représente la piique.
Dans la chapelle de Saint-Louis, N° I du. plan, on voit le bon saint roi , comme l'appelle Joinville . pensant les blessés et faisant enlever les morts après la bataille de la Mansour. fil bas-relief curieux en bronze représente le même saint Louis servant les pauvres b laide. — Dans la chapelle de la Vierge, Boulogne jeune a bien fait comprendre, a bien su retracer ce cube si pur, si tendre de la \ ierge. source de lanl de consolations pour les âmes religieuses et de si belles conceptions dans les arts. Mais tous ces ouvrages cèdent à l'imagination el au pinceau «le Coypcl , dans la décoration de la voûte où jl a voulu représenter le séjour céleste, ('.et artiste, ordinairement assez faible, s’est surpassé ici ; il semble avoir été inspiré par son sujet: il s’est transporté dans les régions célestes, et, semblable au statuaire de l'antiquité qui recula «I ‘épouvante a la vue de Jupiter qu’il venait de créer, Coypel aurait pu se prosterner devant sa sublime composition; il ne |Miuvail mieux retracer la majesté divine, la foi fervente et l'adoration en extase autour du créateur du monde. Ce cercle de prophète que La Fosse, les deux Boulogne, Jouvenet ont peint dans les compartiments, reporte aux merveilles de la chapelle Sixti ne; il en esl de même du goûl et de la belle exécution des sculptures et des ornements; la vignette qui termine ce chapitre en pourra donner une idée. Cette belle chapelle, ce noble sanctuaire, précède dignement la longue suite
\ K II S \ll Ils