‹ Versailles, ancien et moderneChapitre 71 sur 104 · V.IO · texte numérisé non relu

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quenee et la hardiesse de la chaire elait le seul contre-poids aux abus du pouvoit absolu. La hauteur des paroles et des pensées de liossuet semblait ébranler les murailles, la voix plus douce, plus persuasive de Massillon émouvait davantage, et le sévère Itourdaloue rendait Louis MV iuipiiet et mécontent de lui-même.

A côté de ces solennels accents, de ces pensées sublimes, devons - nous avouer que c’est près de cette salle qu’un prince de l'église Tut arrêté revêtu encore de ses habits sacerdotaux, le cardinal de Itoliau , grand-aumônier, et dont le logement donnait dans le salon d'Ilercule? Victime d’intrigants, victime aussi d'un caractère faible, quoique avec un esprit orné et piquant, ce prince s’élail laissé enlraiuer dans cette ridicule cl malheureuse affaire du collier. L est dans un des angles de ce salon qu’il demanda à l'exempt des gardos-du-corps qui le conduisait la permission de remettre sa jarretière , et qu'il eut le temps d'écrire ces mots qu’il lit parvenir a l’abbé llaruel , son secrétaire intime llrülez in correspondu nce.

A II If*- ridé du «dion il lll irtll-

I < « .inlin.il ait* Knliitii rniiilnil p.ir un nu'Ni|il Hr* garda*»,

l'rrmirrr ••llr .lu ifi il. rb«lMrr. - N* I du pUn.

i;iom, III. — Chariemagnp , BU.— Saint Louis .

— Philippe III, li85.

le premier laldeau qui se présente aux regards, «tous cette première salle, est le Baptême de Cio vis. d’où ou |ieut dater le commencement de l’histoire «le Franre. Sans doute Mérovée avait déjà établi l'empire des Francs «Inus les CnuU»s par ses victoires « «mire Attila : mais <*e n’est vraiment ! que le jour où Clovis, vainqueur à Tolbiac, entre j «tons la basilique h Saiul - Marlin de Tours, lorsqu'il cou rbc sa tête superbe devaul la croyance du pays, qu'il peut s'en croire le souverain, et J porter In couronne, aux acclamations de tout le , peuple II est des temps où le génie et le courage | sont les seuls droits à la puissance , et lorsque Martel eut sauvé la France et la chrétienté à la bataille de Poitiers . la couronne des rois chevelus flottait dans les airs pour s«» reposer sut un

\ FIISMI.I I S

nouxcan Iront plus digne de la porter. Ce fui Ivpin qui m ut .lu pape Klienm- Il le sceptre eu échange .le la liare . et qui fonda celle politique religieuse e.

monarchique que les exploits de Cliarlemagne devaient consolider. Charlemagne, nom éminent dans l'histoire des hommes, empereur ou roi. eonquêranl et

pjfitagt «lo> AI|h*h par Charlemagne.

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l«'uisl.il<Mir , dont lis peuples si* «lis|»nl«*nl h iiationnlili*. Klinrleniimne jhissc Iis Alpes. rl . vn i im] iii'ii r «lr Didier, il mire en triomplie dans Ici (Mllinlr.de de Milan

Sacre de (ihtrk'niiiinr.

I.a . appuyé sur In Irrrihlo Joyeuse el sans llécliir le genou , il reçoit <lu pape Adrien P' In ronronne de fer. el inallieur a qui osera In loucher, |ieudaut son

régne. Ilicntni il dicte ses immortelles capitulaires, qui, pendant plusieurs siècles, furent le seul code de nos pères. A la gloire du législateur, il veut joindre relie de protecteur des lettres, des arts . et c'est dans sou palais meme qu'il accueille et qu'il carde- près de lui le rrlèhre Alcuin.

Après la mort de c-e grand homme, un voile sc-iulde s'étendre sur le monde, t n nouvel essaim d'hommes du nord , dépeuples sauvages, fondent sur les |>ays

civilises; les \ormaucls péuèlrenl , non sa •

\ I II H \ Il 1.1 s A\CIK\ Kl MO DK II INK.

(ilns par 1rs frontières, uli une lialaillr les rûl «lélruils, mais par 1rs cmlxnicliures île loules 1rs riv icrrs , au milieu du rrpos ride la sécurité. Quelques hommes énergiques luUeul euulre eux ; mais il rallait encore deux siècles avant leur rntirrr expulsion. Celle salle imusofrrr plusieurs hauts laits de ces temps, et surtout le souvenir d’un sailli roi , qu’on voit lit dans loul l’éclat de la gloire, dans toute la gloire du malheur , île saint l.ouis qui reçut dans les fers l’offre de la couronne des mains dis vainqueurs el l'hommage de ce terrible prince dis assassins, du Vieux de la Monlagne, dont le nom ella puissance fanatique faisaient alors trembler les peuples et les souverains! de reloni en France saint l.ouis Tut aussi célèbre par ses ver- ( us que par son courage; les rois le prenaient pour médiateur, le peuple pour juge.

Maintes fois avinl, dit son historien , i/ue en esté il aloit au boiz de Vinciennes apres sa messe, et se arosloinit a un chesne et nous fesoit seoir entour li, et tous ceux qui avoient u taire venaient porter il ti, sans destourhier de huissier ne iC autre. Kl c’est après celte vie consacrée au bien et à la gloire qu'affaibli par les fatigues el les combats, il fui alleinl sur le rivage de l’Afrique du mal qui ravageait son armée : alors il se lit coucher sur un lit île cendres, et les bras croisés sur la poitrine el les yeux levés vers le ciel , il dit ; « Seigneur, j’entrerai dans votre maison, et je vous adorerai dans votre saint temple, • et son âme s’ envola dans ce saint temple qu'il était digne d’habiter.

NmmI I.niii* rvmlniii la juMin* i*»i‘ Vinri tiiir».

Cliurlo» V. — Charte» VI. — Charte* XII.

raleleu et la bataille «le ee nom lr;i|i|»out d'abord les regdrds «•n entrant dans celte salle ; eu effet, tout un siècle s'est écoulé dcptti^.Philippe III jusqu'à Charles V. et au milieu des maux de la France, ce que n 'avaient pu faire sur le champ «le bataille , à la tête de tousses barons. Philippe III et le roi Jean Charles \ le lit par sa sagesse, sans jamais vêtir armure ni autre halut «le guerre. Sans sortir de son hôtel Saint-Paul . il dirigeait h* liras «le sis vaillants capitaines dont l'intrépide iHiguesclin était le chef et le modèle l.ainoil dece héro" est retracée a «Imite en entrant dans la salle II est miiclic sur un lit de

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parade , li' brave Saucerrc est près de lui ; Sancerre, qui ne se mil (ms digue de ceindre I épée qu’avait portée sou frère d’ariues , et le gouverneur de Cliàleauueur de Itandon vient déposer aux pieds du guerrier mort les clefs qu’il avait juré ■le lui remettre s’il n'était |>as secouru. Au pied du lit , un jeune écuyer pleure la mort du grand capitaine. Ali ! pleure, enfant, pleure le lirave connétable dont la perle laisse la France eu proie a d'affreux déchirements. Il suflit de nommer le rail île Charles VI , et la si belle mais si odieuse Isaheau de llaviere.

Avant toutefois de quitter Charles V , reudons-lui hommage avec le peintre qui le représente fondant la bibliothèque royale, et pronoui.autces belles paroles « I uni i/ue sapience sera honorée en rc royaume, il continuera à prospérer.! Jetez aussi un coup d'œil sur une balaille sanglante , où la bravoure fraiicaisc triomphe du nombre, avant de succomber par de folles imprudences. Itosbcr adoucissait la douleur de Crée», d’Azincourt et de Poitiers.

Cependant la France est entre les mains des Anglais ; Charles Vif, retiré dans le donjon de Chinnn ou de Loches, menant sou argeuterie eu gage pour vivre, est salué par les ennemis du litre de loi de Bourges. Leduc de Hedforl veut encore le lui ravir, et profiter de cet assoupissement, de celte indifférence d'un |>ays rnalbeu ceux : il met le siège devant Orléans, où les plus vaillants capitaines de ce temps, le reste des compagnons de Dugueselin, La Mire, Ou nuis, Xainlrailles, sont enfermés, ■ i Charles \ Il oublie dans les lilas d’Agnes Sorel et sa gloire et sa couronne : mais elle uc les oubliera pas. Celte noble créature saura, au contraire, rap|>clcr à son amant son devoir, et menacer de le quitter s'il ne se montre pas digne d'elle. A cette voiv chérie Charles se sent élevé au-dessus du malheur : scs troupes entrent en caui|>agiic et délient les soldats de l'Angleterre. Lis deux armées se rencontrent à lieaugé : le duc de Clarence , livre d’Henri V , est à la tête des Anglais ; le maréchal de La Fayette et le comte de Buclian , brave Ecossais , lidéle , comme tous ses cotn|>alriotes , à toutes les fortunes de la France , conduisent mis troupes à 1a victoire. Le génie de la France semble relever la tête ; une femme lui a rendu son roi . une autre femme va lui rendre sou peuple , son peuple, ami de l'honneur et de la gloire jusqu'au fanatisme ! Jeanne d'Arc est à Cliinou ! Jeanne d’Arc ! quel nom! quelle histoire miraculeuse! C’est au mois de février! 429 qu'elle se présente devant le roi • » Je chasserai les Anglais d’Orléans , dit-elle, je mènerai mon gentil Sire à Iteims. « Et le JS mai . les Anglais fuient épouvantés loin des murs d’une ville qu’ils regardaient comme une conquête assurée; et le 1 7 juillet , Charles VII est a Iteims , entouré d'une cour brillante, au milieu d'une population dévouée !i sa cause , tonie lière de ses sucrés. Un évêque fait sur le front du

roi les ourlions saillit»; el c’esl une jeune lillc dont les mains jiisqu’in u'oni manié que des relu* veaux de laine, qui opère ce prodige.

Jrannr il* Art drvaitl Qiarlr» VII

lai voila ilevunl son souverain, au milieu d'une cour imposante, celle jeune lille limlde , mais devenue hardie |>ar le senlimeul <|ui riuspirc, pour le succès qu'elle attend.

Faut-il que la jalousie ail livré l'Iiéroine d'Orléans à ses ennemis, cl que leur rage l'ail condamnée a périr sur un bûcher ! Mais si Jeanne n'est plus a la tête des -* Français , sou souvenir , le désir de venger sa morl houleuse, les animera , el la (victoire est resiée lidcle à leurs drapeau*, l’aria leur ouvre enlln ses portes, el le 13 juillet 1456, sur le ikmiI .Notre-Dame, le maréchal de F Ile- Adam reçoit la capitulation qu’un brave bourgeois, Michel bailler, était venu lui apporter.

Treize ans s'écoulèrent, employés par Charles et ses habiles ministres, a rétablir l'ordre dans toutes les parties de l'administration, el lorsque l'imprudence d'un capitaine anglais lit rompre la Irèvc jusque-la religieusement observée , la conquête de la Normandie vient grossir le nouveau royaume de France.

I.e lu novembre I 4 lit . Charles entrait dans fioueu , précédé du chancelier Cuillaume des l'rsins , ru brillant costume, et Taisant porter devant lui les

sceaux ilu royaume. Aux eûtes du roi chevauchait Jacques Grur . sou argentier, qui avait fourni aux dépenses de ses armées. Le comte de Dunois , capitaine de la ville , et le sire Guillaume Cousinol , hailli , étaient venus au devant du roi axer les magistrats et les plus uotaldes bourgeois , vêtus de rohes bleues, avec des chaperons rouges ou blancs et rouges.

Les maisons étaient tendues de tapis et de belles draperies. Ou voyait aux fenêtres les dames et les riches bourgeois revêtus de leurs pins beaux atours On remarquait, sur un balcon, auprès de la comtesse Duuois, le lord Talbot, témoin de celle gloire du royaume de France, et ce n'était pas un des moindres ornements de la fête. Il était têtu d’un chapeau violet cl d une robe de velours fourrée de martre, que le roi lui avait donnée lorsqu'il était venu lui présenter ses respects. Le roi se rendit il la cathédrale |»iur remercier Dieu et baiser b'* saintes reliques!

Maisdéjà les Anglais ont été batlus'a Kormigny, et le connétable de lücbemoni rompant leurs lignes, les avait refoulés dans leurs retranchements, et y pénétrait avec eux ; dernière victoire de Charles VII . surnommé le \ ictorienx , dernier effort des Anglaispour se maintenir sur le sol de la France, dont ilssniUpnurjamaisexpulsfc

Salir N. 1 «lu |>l»n

l.uui» XI , 1183. — .lu n r île llrrlasnr , IMS. — <lliarl«*s VIII , 1193. — l.nm* XII.

aspect île celle pelile salle esl inqiosaiil par celte niasse de clievars armés qui semblent la défendre ; mais les regards se |mrlenl Identùl vers le sujet principal, l ouis \ 1 1 pardonnant les injures qu'on lui avait faites comme duc d'Orléans . et rappelant un trait

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semblable du l'antiquité Celle salle continue l'histoire île France de Clinrles Ml H François I".

I.o rnurage de Dunois, do la Trémouille, do Joanno d'Arc , ont délivré la Kraiieo dos Anglais; la politiquo do Louis \l l'affranchit do ses ennemis intérieurs, do ros rodnulalilos duos do Rourgogne, i|iii reparaissaient toujours dans la lutte. Otto fois c'est unis ii l'Angleterre qu'ils onvaliissonl les provinces ; f.liarlos-loléméraire marolio sur la capitale ; il assiège Reauvais , il est près de s on emparer ; déjà un soldat intrépide va planter son étendard sur la crête do la muraille , une hache lui coupe le poignet, et rette hache est dans la main d'une femme courageuse, Jeanne Machette, qui laissa h la ville de Beauvais son arme et son glorieuv souvenir.

Charles Mil était un petit homme de corps , et peu entendu , dit Commincs , mais si bon qu'il n'était point possible de voir meilleure nature; il acheva de soumettre la llretagnc, toujours jalouse do l'autorité des rois de France. (Juoiqiic liaucé depuis longtemps avec la Mlle de l'empereur Mavimilien , il hrisa ce lien l>our épouser Anne, héritière dn duché de Rrelagne , qu’il réunit pour toujours il la couronne

1 L'rmprrfiir Adrien, parvenant à l'empire, dil a un «l«* *«•« «*nin*nii« arliarm* : «Eli bien «imi* mil* sauve? n

Ib-Criitr de IbMtitait.

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