I.c cardinal de Rohan et M11*' Oliva
<|uittanl le bosquet de la Keine, on traverse le quinconce du lidi et les beaux marronniers qui le composent, pour arriver à ancienne Ile d'Ainour, aujourd'hui le bosquet du Hui. Le gorti vclusif de la uiaguiliccnce explique la durée des jardins réguliers : on voulait étendre au dehors cette décoration, cette pompe, cette symétrie, qui semblaient d accord avec les appartements. Les anciens lomlièrent dans les mêmes travers: les jardins d'Alcinoüs et de X énophon étaient des espèces de quinconces et de potagers. La description du Lavrentvm de Pline pouvait être celle d'un jardin hollandais, avec des allées droites bordées de figures en buis ou en charmille ; et J ii vénal regrettait avec raison de voir de belles eaux enfermées dans des bordures de marbre ou de pierre. Les villa italiennes firent faire quelques progrès au véritable genre des jardins, en admettant de vastes bosquets irréguliers ; mais il fallait revenir franchement à la nature, et ne considérer les jardins que comme une partie plus ornée, plus soignée du pays, se joignant à lui par «les transitions naturelles . voilà ce <|ue les Anglais ont bien conçu, et ce que l’on a voulu imiter dans le bosquet que représente cette gravure.
En effet . ici la scène change , et le genre symétrique a fait place à une corn- |K>sition naturelle «d gracieuse. Depuis longtemps les conduits d'eau qui alimentent fe bosquet nommé l’Ile «l'Amour sciaient dêterion*s. cl ce lieu nVlail plus qu’un
VERSAILLKS
marais dont les exhalaisons devenaient plus dangereuses pendant l'eté. Louis j Mil y (il exécuter des travaux qu'il confia à M. Dufour, et qui employèrent , pendant l’hiver si rigoureux de 1816, un nombre considérable d'ouvriers. Le bosquet fut changé, au printemps, dans un des plus agréables pteasvre grouu (pi on puisse voir. C'est aujourd'hui la promenade favorite des habitants de Versailles, qui y trouvent un gazon vert, de beaux ombrages, une aliondanre de fleurs el d'arbres exotiques qu'on trouverait difficilement aussi bien réunis ailleurs.
Bosquet ilr l’Ile d’Amour ou lie Bnyalc. La durhense de Montautier.
On doit le dire cependant au sujet du bosquet qui fait aujourd'hui le charme de Versailles, celui qu'il a remplacé sous le nom de l'Ile-Royale ou riled'Amotir ne • * manquait pas d'agréments. I ne grande niasse d'eau, ombragée de beaux arbres, attirait, dans ce temps connue aujourd'hui, toute la société à la mode, ('/est là qu'avaient lieu sans doute ces réunions, ces entretiens, qui, depuis le cardinal de Hiclielieii , faisaient l'agrément et presque la gloire de la cour de France.
ANCIEN ET MOlMiKNK.
Pour juger du diarine de celle société élégante, de ces eonvei'sa lions si animées, si piquantes, nous lie remonterons fias au genre mystique el jn dam du règne de Louis X1U, ni à l'afféterie des précieuses , <|ui suivit ; nous ne citerons qu'une des personnes dont l'esprit , le rang et la bonté furent si célèbres et si célébrés , la duchesse de Monlausier ou Julie d'Angenne. C'est chez elle que se rassemblait celle société qui fonda en France la véritable politesse, l’usage du monde elles premières lueurs de l'esprit naturel. C'est là que brillaient madame de Moutespan et scs deux sœurs , mesdames de Sévigné , de Lmle , de Cranionl el quelques-unes des grandes dames de la Fronde. Les Monibazon, Clievreuse, Nemours, Longueville , puis celles qui parurent bientôt après , méfiâmes de La Sablière , de La Fayette; etc. Quant aux hommes, il serait diflicile de les énumérer, car c'étaient à la fois les plus grands seigneurs, les hommes de lettres les plus distingués dans ce siècle qui fonda l'empire des lettres. Dans ces bcHcs salles de verdure et de gazon , on aime à se représenter quelques-unes de ces lectures qui attiraient toute la cour, mais où ne paraissaient que les intimes. Ce sera peut-être mademoiselle de Scudéri , qui trouvait Versailles un lieu enchante quand l'enchanteur y était , et qui Lisait quelquefois ses romans devant le grand Condé; ne serait-ce pas aussi Molière, qui, étendu, selon son habitude, dans un grand fauteuil, faisait lire une de ses piètres à sa troupe? J'aime mieux penser que c'est madame de La Fayette qui lit la Princesse de ('.lèves devant l’auteur des Maximes.
Fontaine de Diane. — Parterre du Nord.
/,' ous venons de décrire les trois bosquets extérieurs du midi, marques sur le petit plan l page 454 ) par les n°* 7, 8 et 9 , nous traversons alors ^ pour examiner les trois bosquets semblables, au nord, marqués des nu* 40, Il et 12, qui nous conduiront au parterre du Nord. Le premier de ces lesquels, u° 10, est celui de l'Obélisque, ainsi nomme d'une immense gerbe, qui présente la ligure d'un obélisque; le second l'Etoile, à cause des allées qui se croisent ; le troisième enlin du Hond-Yert , ancien théâtre d'eau , dont un boulingrin oceu|>e le milieu. Arrive à ce point , on se trouve en face d'une des parties du jardin tle Versailles les plus agréables , et connue sous le nom tle parterre du Nord, comprenant l’allée d'Eau et le bassin de Neptune.
Ici nous allons trouver à l,e Nôtre un rival dans le célébré Perrault , qui a donne le plan de toute celte partie du jardin , peut-être la plus brillante.
De la grande terrasse ou parterre d'Eau, on descend dans le parterre du Nord par un escalier eu marbre. A droite et à gauche, sur une tablette couvrant le mur qui soutient la terrasse, sont quatorze vases de ht onze , Tondus par Duval. Aux angles de l'escalier sont deux statues d'après l'antique, l'un, Mi Ion, par Faggen , l'autre, Vénus pudique, par Coysevox.
On arrive en face de la fontaine de la Pyramide (Voyez t'eulourage du plan de Versailles, page 450), composée de quatre cuvettes ou vasques les unes sur les autres, décroissant en forme de pyramide, et surmontées d'un vase d’où l'eau s'échappe avec force et forme, en retombant île cuvette en cuvette, autant de masses d'eau, qui vont se |»erdre dans la fontaine de Diane. Celte fontaine consiste en un bassin carré, encadre dans de grandes dalles de marbre blanc, couvert d'élégants lias reliefs de Cirai don. Le lloiige et Legros. C’est tout à Tait une fabrique italienne., ainsi