‹ Versailles, ancien et moderneChapitre 91 sur 104 · NOTICE · texte numérisé non relu

NOTICE

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qui avait la |»assiuit des jardins et (1rs constructions <l«* , qui avait (tossêdê et embelli plusieurs belles terres, finit r une propriété au milieu des plaines arides de la llcauce, « afin y disait-il , d’y créer la plus belle habitation connue. » On s’étonnait de ce ■> choix , et il répondit : - Je trouve dans ce lieu la seule eltose que l’art et la dé* » pense ne peuvent point donner, c’est-à-dire V abondance , la hauteur et la pureté - de Veau. Je suis maître de tout le reste. — Mais il n'y a point de château. — « Tant mieux ; j’en bâtirai un entièrement à mon goût et de l’aspect le plus convenable dans les jardins. — Mais il n’y a point de pays. — Tant mieux, je tn’en- « tou rerai d’une forêt ' avec des points de vue variés ; •» et il créa en effet la plus belle habitation qui soit au monde. Il en fut ainsi de Versailles, célèbre autrefois par ses belles eaux, quoique le palais fiU situé à la hauteur des tours de Notre- Dame , mais parce que tout le pays environnant étant encore plus élevé , il était possible de réunir avec beaucoup de dé|ten*e tous les affluents , tous les défais d'eau de pluie, et enfin on ertt fini par avoir, si on eût persévéré dans les travaux,

* Il lie put piauler que m ifiriilrprnl» : il en eftl planté qualre titille. » il eftl vécu

V L K S A I LL K s A N C I K N K T M 0 I) L K N K.

la totalité de la rivière de l'Eure; el alors il est certain n'eiit pas existé au monde de plus royale et de plus merveilleuse habitation.

Nous ne parlerons pas des travaux qui ont été faits pour acquérir celte rivière, puisqu'ils ont été abandonnés. L>es années y furent employées, ainsi que bien des millions. Nous passerons également sous silence la machine de Marly, aujourd hui détériorée, mais nous vanteronsavec raison les admirables et utiles travaux faits (tour rassembler en deux réservoirs immenses tout ce qui était possible d'eaux de cinq , six et dix lieues à la ronde. Le sol sur lequel on marche dans le parc de Versailles est une sorte de |>arquel , porté sur des voûtes innombrables. Des pierrées, des canaux, des aqueducs souterrains reçoivent de tous côtés les eaux, qu’ils versent après dans d'immenses réservoirs, d'où, par des milliers de tuyaux, elles se répandent dans les différents bosquets du parc, au grand Canal et à la pièce des Suisses. C'est îci que l’on pourrait chercher à repousser tout sentiment d'admiration en calculant ce que -jela a pu coûter, manière de raisonner qui exclue toute grande entreprise. I# mouvement des eaux à Versailles consiste dans les petites eaux, qui vont constamment, et les grandes eaux, qui, par un art admirable, se multiplient à commencer par les points les plus élevés, et se répandent dans les autres. Ainsi on les voit parcourir d'abord le Parterre d’eau de l’Orangerie, les deux Fontaines d animaux, et une partie du bassin d'Apollon; puis elles alimentent la Salle de Bal, L Allée d'eau, la Fontaine du Dragon, les Bains d'Apollon el les différents bosquets. Pour juger de leur effet successif, il faut suivre du bassin d'Apollon au bassin de Lalone, aux bosquets de l'Obélisque, l'Allée d'eau, et attendre là que la totalité des masses amoncelées de tous les côtés viennent produire dans le bassin de Neptune le plus merveilleux effet. Le réservoir du château est décoré d une façade élégante, qui correspond à une partie de théâtre

Fontaine Hu Oragim.

our compléter la superbe habitation de \ c rsailles , il fallait comme dépendance une ville, comme entourage un parc immense, en ^ qtielqiae sorte un pays tout entier. Nous parlerons plus loin de la ville; disons un mol seulement du parc. Il comprenait environ six mille arpents, et avait de cinq à six lieues de tour, presque entièrement en bois perces et disposés pour la chasse. Il avait coûté en différentes acquisitions environ douze millions. Louis XIV aimait à en parcourir les avenues dans une calèche qu'il menait lui-même, et où il réunissait quelquefois ses maîtresses et la reine ; plus lard, ses seules maîtresses, et surtout madame de Montespan, qui vécut avec lui dans le temps de sa plus grande activité. 1 1 était entouré de ses gardes et des seigneurs que leur charge appelait auprès de sa personne. Le reste de la cour se répandait dans les allées, lorsque la symétrie des jardins de Versailles leur faisait rechercher quelque apparence de sites naturels, d'aspects de campagne, où ils pouvaient fuir l'étiquette et la représentation. Que ne pouvons-nous décrire dans cet ouvrage les différentes scènes, les brillantes réunions de ce monde d'hommes illustres et de fenunes célébrai |>ar leur esprit et leur beauté, et , depuis une certaine époque, le renfort des gens de lettres*, que leur supériorité mettait au-dessus de ce que la cour ap|»elait avec dédain, les l>ourtjeois et surtout les provinciaux ? Cette société, subdivisée suivant

* .Non -seulement ces dernier# étalent bien Accueillis, maison leur permettait un genre de familiariftque le# grands seitnenr* n'auraient point soufTcrt entre eux. Si Voiture était de notre sorte, disait le grand Coude . on ne Munit vivre avec lui.

Vieil S A IU.ES

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différentes habitudes , fréquentait de préférence dilfemils |M>anls tlu parc 1rs plus brillantes millions se rencontraient aux abord» de la pièce des Suisses, dans les bois de Salori , près du château et de l'admirable < Irangerie.

Environ» du palais à l'entrée du boi» de Salori.

Là, on aurait rencontré ce» lières et spirituelles beautés du temps de la Fronde, exerçant encore une sorte de domination. N'cst-ce pas madame de Sévigné et saillie que je vois assises sur le devant de ce bols, el, à droite et à gauche, tous les hommes de leur société ? N’est -ce pas Ninon, madame de la Sablière avec Grouville, Pélissen et La Fontaine , s’entretenant du malheureux Fouquel ’( N'csl-ce pa> l’essaim des

\n en; n i l Moin iiM:.

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In'IIos «le la «'oiir, mesdames de Tliiange, «le Ltule, île Cous, «|«* Coulants ci «le S«uibise , elc., etc., t»l tout ce qui tenait alors l'empire fugitif «le la mode*'

Avenue «le Saint-Cyr.

Ici c'est autre chose : les arbres de celle avenue n'auront plus les moines conversations à raconter : ils nous entretiendront «le la prâce, du quiétisme, de la bulle, des quatre propositions et du formulaire. Ne prononcez pas le nom de Pascal , de Nicole, d'Arnaud, de Saey, ni même celui de Fénelon, mais écoutez le père Letellier ; il fait répéter aux jeunes élèv«»s «le Saint -Cvr Us vers d'F.xtlirr, faits pour

vi:iis\ii.u:s \\<:ii:n ht mupickm:.

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madame île Maititcnon : et il les entretient de loin »*c <|iii concerne leur établissemenl ei «les statuts composés par la célèbre fondât rie»*.

Vitre il« Philo^nplir*.

Elle fut ainsi nommée |»arre «pi’elle réunit longtemps l«*s |tersonna"es les plus distingués du clerer, île la magistrature, des lettres ; nous avons cru devoir y placer ceux ilont les vertus, les sciences, les malheurs nous paraissent devoir inspirer le plus d'intérêt ; les solitaires du Port -Royal discutant avec leur ami Racine, sous l’ombre îles beaux arbres , comme jadis les philosophes anciens

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