MAITRESSES UE 1.01' IS XIV
I est un chapitre nécessaire à la description de Versailles qu'on i voudrait toutefois supprimer, retrancher même s'il était possible. ■ de l'histoire , c'est celui qui concerne les maîtresses de Louis XIV . . Comment cependant décrire tant de magnificence , des fêtes si splendides, expliquer tant de luxe, sans parler de celle* qui en étaient l'objet, de celles à qui se rapportaient ces prodigalités? L'empire des maltresses â la cour de France ronimence sous Charles VII, se continue avec plus d'éclat sous François I"', Henri II, Henri IV; mais jamais il ne parut avec' autant de scandale, autant de hardiesse, que sous Louis XIV. Cette inlluence s’augmenta même avec l’âge de ce prince , parce que ses choix portèrent successivement sur des personnes plus habiles à profiter de leur situation. Mademoiselle de Lavallière n’a\ait dominé que son conir, madame de Montespan que ses seas, madame de Main tenon seule s'empara de son esprit , de sa raison. Mademoiselle de lavallière n'aimait que son amant dans le Roi ; madame de Montespan que le Roi dans son amant. Madame de Maintenon voulut tout posséder, tout soumettre l’homme et le monarque, l'affection et la confiance; elle y réussit en décou . vranl à travers les grandes qualités du Roi un faible dont elle pouvait s’emparer
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i*l qu'elle sut luilulruic'iit exploiter, c elait la crédulité , le scrupule et la crainte d’une autre vie. Elle attendit ce moment où, sans renoncer aux plaisirs, un pense toutefois à les Iturner. Sans avoir autant de cliarmes que ses rivales, elle osa y mettre un prix plus élevé. Plus âgée qu'elles, elle leur survécut : la première alla s'enterrer dans un cloître; la seconde mourut dans une sorte d'exil; elle, finit tranquillement sa vie ù quatre-vingt-trois ans, exerçant encore sa puissance jlnns la retraite qu elle avait choisie.
Après avoir fait quelque temps la cour à cette modeste et jeune fille, un prince aimahle et aimé ne pouvait trouver une longue résistance, mais aussi celle qu'il#
eut rainait de la sorte devait-elle craindre qu’un amour si impétueux ne lïil pas de longue durée. Mademoiselle Françoise de Ui Baume, depuis duchesse de lavallière, et à laquelle les plus l>elles fêles de Versailles furent consacrées , Huit par échanger tant d'éclat , tant d'honneur, mais aussi tant de larmes, avec la solitude et au moins le repos du cloître. Louis XIV, jeune et formé à cet amour respectueux, délicat, des derniers temps de Louis Xlll, passa bientôt , pour ses maîtresses comme pour ses sujets, à une domination arrogante, dédaigneuse, et que la soumission humilie ne faisait qu'encourager. Il fallait , |iour le combattre et le vaincre, un caractère aussi allier, aussi impérieux que le sien; il le trouva dans la belle, la lière madame de Montespan.
L’esprit des Mortemar était passé en proverte, et Alhcnats de Morlcmarl, marquise de Monlespan, brillante de teaulé, de fraîcheur, d'éclat, était encor" nl»w distinguée par ses mots heureux , ses saillies , qu'on citait sans cesse à la cou iis dont on craignait d'élrc l’objet : « Malheur, dit madame de Caylus, à ceux qui passaient sous ses fenêtres lorsqu’elle était avec le Hoi.les traits mordants déco*
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« clics |>oui' amuser un immieiil le iii6nari|uc perdirent souvent pour la vie ceux « qu'ils atteignaient!» Qui aurait dit à cette charmante |icrsunne. dont le luxe, la |uibsance, la prodigalité, n'avaient point de luîmes, qu elle devait coder un jour la place A la luiniie de ses enfants, à la veuve Searron, à qui elle avait fait avoir une ixmsiun de "J. (KHI livres. Madame de Maintenun est un exemple de ce que peut une forte volonté, une persévérance à toute épreuve, rapportant tout A un seul luit ; niais elle est aussi l'exemple du néant de l'intrigue heureuse cl de l'ennui qui suit souvent les situations les plus élevées.