‹ Versailles et les deux TrianonsChapitre 17 sur 21 · LES TRIANONS · texte numérisé non relu

LES TRIANONS

Temple de PAmour et, le pavillon des Concerts près du grand rocher, Marie-Antomelte prit ce séjour en afiection. Elle venait s'y reposer dans Tîntimité et y échanger le faste de Versailles contre d'innocentes mais fort peu naïves imitations de la vie villageoise. « Une robe de percale blanche, un fichu de gaze, un chapeau de paille, étaient, dit Mme Gampan, la seule parure des princesses. Le plaisir de parcourir les fabriques du hameau, de voir traire les vaches, de pêcher dans le lac, enchantait ia reine, et chaque année elle montrait plus d'ébignement pour les fastueux voyages de Marly. i> La royauté, précédemment tombée de l'Olympe dans le boudoir, se réfugiait maintenant dans Tidylle et la bergerie; halte douce et paisible à la veille d'une ré* volution. « Lldée de jouer la comédie , comme on le faisait alors dans toutes les campagnes , suivit celle qu'avait eue la reine de vivre à Trianon, dégagée de toute représentation, U fut convenu qu'à l'exception du comte d'Artois , aucun jeune homme ne serait admis dans la troupe. La reine riait beaucoup de la voix de M. d'Adhémar , belle anciennement, mais devenue chevrotante; Thabit de berger , dans le Colin du Devin du Village , rendait son âge fort ridicule. Le rôle de Colette fut réellement très-bien

joué par la reine.... Le 19 août 1785, le Barhier de S^-

ville fut joué dans la salle du petit Trianon. La reine remplissait le rôle de Rosine , le comte d'Artois celui de Figaro et M. de Vaudreuil (le meilleur acteur de société qu'il y eût peut-être à Paris) celui d'Almaviva; Beaumarchais assistait à la représentation. » (Mme Canipan.) Et cette représentation avait lieu au moment même où le Mariage de Figaro remuait tout Paris et éveillait déjà ces passions révolutionnaires qui devaient éclater quatre an»

plos tard, et conduire à Féchafaud ou ea exil les acteucd et les spectateurs du petit Triauon 1

Kapoléon fit faire des réparations aux Triauons et les fit meubler; il songea un moment à y établir sa résidence d'été , mais il en fut détourné par Tinsuffisauee «t Tincommede distribution des appartonents. Le jour de la dissolution de son mariage avec Joséphine, il se retira i Trianon, et Timperatrice à la Malmaison.

Louis XVllI et Charles X ne firent aucun séjour i Trianon. Louis-Philippe y fit exécuter des travaux considérables (voir plus bas). Le mariage de la princesse Marie avec le duc Alexandre de Wurtemberg y fut célébré en 1837. En 1848 9 Louis-Philippe , fiiyant Pans ^ s*arrèta & Tria* non, après avoir quitté Saint-Gloud.

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