II
des petits pans de trophées de bronze doré, d’or moulu, qui représentent des armes. De semblables bas-reliefs ont été placés entre les pilastres extérieurs. Les dômes sont enrichis de divers ornements de métal, et terminés par deux groupes d'enfants posés sur des trophées.
Le milieu de ce bosquet est occupé par un bassin octogone, entouré d’une balustrade dont les balustres sont de marbre blanc et les appuis de marbre de
Motif de la balustrade des Dômes.
Languedoc, et d’une terrasse. Du milieu de ce bassin on voit sortir un jet d’eau de soixante-dix pieds de haut. Sur la balustrade on voit une goulette, interrompue d’espace en espace par des petits bassins en coquille, d’où sortent des bouillons d’eau qui forment de petites nappes. Quant à la terrasse, elle est aussi ornée d’une balustrade différente de celle dont on vient de parler. Les appuis en sont de marbre blanc, portés par des balustrades de marbre de Languedoc.
Sur le socle de cette balustrade et sur les pilastres à hauteur d’appui qui en retiennent les travées, il y a quarante-quatre bas-reliefs représentant les armes dont les différentes nations de l’Europe se servent dans leurs combats. Ils sont de Girardon, Mazeline et Guérin. Ajoutons à ces noms indiqués par Piganiol,
Motif de la balustrade des Dômes.
ceux de Magnier, Raon, Buirette, Lespingola, Regnaudin, Massou, Jouvenet, Drouilly, Buyster, etc. Les principales faces du bosquet sont ornées de statues de marbre blanc, posées sur des piédestaux.
Ces statues sont celles d'une Nymphe de Diane, par Frémin (cette statue, qu'il ne faut pas confondre avec celle d'une Nymphe de Diane, par Flamen, placée dans le bosquet de la Reine, a été transportée au Louvre); de Flore, par Magnier; d 'Amphitrile, par Anguier (également au Louvre); d ’Arion, par Raon; d'ino.
par Rayol; du Point du Jour, par Legros; à’Acis et de Galathé e, deux statues de Tuby qui avaient été faites pour la grotte de Thétis, comme nous l’avons dit plus haut. Ces dernières statues ont été gravées par J. Edelinck. Parmi cet ensemble de remarquables morceaux de sculpture, nous signalerons particulièrement la Galatliée, de Tuby, et la Flore, de Magnier, deux véritables chefsd œuvre de grâce et d’élégance. Il serait à désirer que les deux pavillons des Dômes, dont on a conservé de très importants morceaux, fussent complètement restaurés, comme nous en avons déjà émis le vœu dans l’introduction du présent ouvrage.
Passons devant un bassin qui attire toujours l'attention du public, le bassin d Encelade, qui nous montre le géant foudroyé, se débattant au milieu des
rochers; cette statue, aux proportions colossales et dont on ne voit que des parties, est 1 œuvre de Marsy; on en trouve une gravure de Fonbonne, d'après Girard, dans le recueil de Demortain. Les rochers qui l’entourent ont été apportés de Grosrouvres. Faisant pendant aux bassins de Bacchus et de Saturne, situés dans la partie méridionale du parc, arrêtons-nous devant les bassins de Cérès et de Flore, deux charmantes compositions de Le Brun, exécutés, le premier par Regnaudin, et le second par Tuby. D’anciennes gravures nous montrent les margelles de ces bassins ornées de fleurs, mais il est possible que cette décoration
Bassin de Flore,
n’ait jamais été qu’à l’état de projet. Les groupes qui sont au milieu de ces bassins, Cérès élevant sa faucille. Flore entourée de fleurs et d’amours, sont de remarquables spécimens de l’art décoratif sculptural de la fin du xvii' siècle.
Traversons le Quinconce du nord, appelé le bosquet du Dauphin par Louis XIII, en 1 638 , à l’occasion de la naissance de Louis XIV. Piganiol donne une autre origine à cette dénomination, et dit que le bosquet du Dauphin a pris ce nom d’un dauphin qui était autrefois au milieu du bassin qu’on y voyait. Peut-être aussi ce dauphin avait-il été placé là pour rappeler par son nom le Dauphin de France, jeu de mots assez commun à cette époque. On y remarquera un certain nombre de termes dont le principal, sinon le seul titre à 1 attention, est d avoir
été dessinés par le Poussin ; deux d’entre eux méritent pourtant d’attirer les regards, ce sont ceux qui représentent Y Hiver et Cérès ou Y Été, le premier par Legros, le second par Théodon; les autres termes personnifient le dieu Pan, Bacchus, un Faune, la Libéralité, Y Abondance, Hygie ou Esculape. A l’extrémité de ce quinconce, on voit un magnifique vase de Jean Robert, semblable à celui qui est placé au fond du Quinconce du midi. Puis c’est le bosquet de l'Étoile, autrefois de la Montagne d'eau; il a pris sa dénomination actuelle des cinq allées qui y aboutissent.
Du bassin de Y Obélisque , jadis salle du Conseil ou salle des Festins, ou des Cent-Tuyaux, récemment restauré, il n’y a que peu de choses à dire; il a été ainsi nommé, en raison de la forme que prenaient dans les airs les cent jets qui le composaient.
La salle du Rond-Vert a remplacé un des bosquets les plus importants du parc de Versailles, le Théâtre d'eau, dont les contemporains ont fait de si nombreux récits, et qui fut détruit par Hubert Robert, lors de la replantation du parc en 1775. Les tableaux et les gravures du temps expliqueront suffisamment 1 intérêt de ce véritable théâtre, où s’opéraient des changements d’eau à vue, comme les changements de décor dans les féeries d’aujourd’hui.
De nombreux groupes, des statues ornaient ce bosquet; entre autres celui du satyre Marsyas, qu’on voit aujourd’hui au bosquet de la Salle de bal , un Bacchus
de Coustou, un buste de Junon, un Jupiter, ternie antique attribué à Myron. Ce dernier morceau avait eu fort à souffrir de l’invasion des révolutionnaires dans le parc de Louis XV I ; primitivement réparé par Drouilly, ce terme fut transporté
au Louvre, où il est catalogué ainsi : « Jupiter de Versailles, » comme le buste de Junon : « Junon de Versailles, » et le Dyonisos : « Bacchus de Versailles. »
On voyait aussi dans ce bosquet des groupes d enfants par Houzeau, Legros, Desjardins, Massou, Marsy, etc.; l'un deux a été transporté à Irianon. Des
richesses d'art du Théâtre d’eau il ne reste plus aujourd'hui qu’un bassin où l’on voit six enfants qui nagent -et se jouent dans l’eau. C’est une des œuvres les plus intéressantes du parc. On ne sait à qui attribuer cette composition pleine de grâce et d’une parfaite exécution ; il se peut qu’elle soit due à Girardon ou à Le Lorrain, .peut-être à tous les deux, car on sait que l’auteur de Y Enlèvement