‹ Versailles et les deux Trianons; (volume 2)Chapitre 19 sur 24 · II · texte numérisé non relu

II

Sanguin, le Flegmatique et le Mélancolique, que nous avons déjà signalés, complète les quatre tempéraments que Le Brun a voulu symboliser. Le Colérique est représenté sous l’aspect d’un homme nu, maintenant de la main droite un lion furieux et menaçant un adversaire de la main gauche qui est fermée; statue gravée au trait par C. Girardet, d’après le dessin de Pointet du Portail.

En descendant encore de quelques pas dans l’Allée d’eau, nous nous trouvons devant un bassin carré, placé en contre-bas du Parterre du nord et connu sous la dénomination de Cascade ou de Bains de Diane. Le bas-relief qui en forme le fond, et que malheureusement on ne peut voir qu’imparfaitement, en raison de

l’ombre dans laquelle il est forcément exposé, est une des œuvres les plus charmantes et les plus gracieuses de Girardon. On y trouvera, en même temps que la beauté de lignes du maître, quelque chose du charme des œuvres de Clodion. Des nymphes s’ébattant dans les eaux, jouant dans les roseaux, il n’en a pas fallu plus au grand sculpteur pour créer un véritable tableau où l'attrait de la composition lutte avec celui de l’élégance des formes. A droite et à gauche de ce bas-relief on en voit quatre plus petits, représentant , l’un, à droite, un fleuve assis, appuyé sur une urne, et, près de lui, un enfant portant une corbeille de fleurs, œuvre de Legros, et, à gauche, un fleuve vu de dos, auprès duquel est un enfant tenant sur sa tète une corbeille de fruits, œuvre de Le Hongre.

Le bas-relief de Girardon est en plomb et fut jadis doré. On dut, paraît-il, le couler en bronze; mais on renonça à ce projet. Charles Perrault, dans ses Mémoires conservés à la Bibliothèque nationale, dit que son frère Claude Perrault « donna le dessin de la fontaine qui est au-dessous de la pyramide que Girardon exécuta avec encore plus d’agrément que le dessin n’en avait ». Quatre beaux mascarons séparent ces bas-reliefs, qui, sur les faces latérales, sont accompagnés de six autres bas-reliefs suivant la pente du terrain, et représentant des amours montés sur des dauphins, puis des nymphes; ils ont été modelés par Legros et Le Hongre. L’effet du bas-relief est complet quand la

nappe d eau qui sort de sa partie supérieure le laisse voir derrière sa transparence. Il a été gravé par Thomassin et par C. Girardet, ainsi que les bas-reliefs de Legros et de Le Hongre.

En remontant de l’Allée d’eau vers le Parterre du nord, on trouve, à gauche, la statue en marbre du Sanguin, par Jouvenet, représenté, on ne sait guère pour

La fontaine de la Pyramide, dans le Grand Parterre et gazon de Versailles.

quelle raison, sous les traits d’un jeune homme à demi drapé, jouant de la flûte, coiffé de raisins, ayant près de lui un bouc qui mord des pampres (gravé par Thomassin et C. Girardet). Arrivé au Parterre du nord, on voit, presque au-dessus du bas-relief des Bains de Diane, une œuvre charmante de Girardon : le bassin de la Pyramide, appelé aussi le Pot Bouillant, qui, comme nous lavons dit plus haut, a été exécuté d’après les dessins de Claude Perrault. La Pyramide est formée de quatre cuvettes rondes; la plus petite domine les autres et soutient un vase d’eau d’où sort un jet dont les eaux forment des nappes en tombant de chacune de ces cuvettes. Chacune d’elles est séparée par des groupes très ingénieusement disposés et d’une exquise exécution. La première cuvette, ou tablette du bas, est soutenue par des pattes de lion; elle est entourée de tritons; la seconde est supportée par des enfants ou jeunes tritons; la troi-

sième par des dauphins, et la quatrième par des écrevisses. Les ligures, les ornements de cette fontaine en font un des meilleurs morceaux du parc.

La Pyramide et les pièces d’eau des Couronnes sont les bassins indiqués par le duc de Luynes dans ses Mémoires, à la date du 4 septembre 1741, quelques

‘Veu.é trait Éontamej^èanj Le Jarèuxèe, 'mailla .

jours avant la mort de M” de Vintimille. « Le Roi paraît très préoccupé de tout ce qui regarde la santé de MfLde Vintimille, et entre dans tous les détails. On a mis du fumier depuis le haut: de. la rampe qui règne le long de l’aile neuve jusqu’au bas, et les trois jets d’eau qui sont dans le jardin vis-à-vis l’aile neuve ne jouent plus, parce qu’ils faisaient trop de bruit. »

Les statues que l’on voit au bas de la partie droite du Parterre du nord sont, en commençant du côté de la rampe dont parle le duc de Luynes, le Poème héroïque, par Drouilly, représenté par un jeune homme costumé et drapé à 1 antique, la tête couronnée de lauriers; l’estampe de Thomassin le montre tenant une trompette de la main gauche (main droite dans la gravure), mais il ne reste plus trace de cet accessoire. La tête est tournée à droite dans la direction du haut de la rampe du bosquet des Bains d’Apollon . et c’est ce qui a permis aux

inventeurs de légendes de dire qu’il regardait la statue de l'Europe. Or, comme celle-ci passait pour le portrait de M“ de Montespan, on a cru devoir en conclure

que la figure du Poème héroïque n’était autre que celle de Louis XIV. 11 suffit d’examiner les deux statues pour constater que celle de Drouilly ne ressemble pas plus au souverain que celle de Mazeline à la favorite.

A la suite s’élève la statue du Flegmatique, par Lespagnandelle ; il est drapé, s’avance les bras croisés sur la poitrine; une tortue est près de son pied gauche. Viennent ensuite : l 'Asie, par Roger, drapée, portant dans sa main gauche un brûle-parfum; puis le Poème satirique, par Buister, représenté par un homme nu, s’appuyant de la main droite sur une massue, le bras gauche appuyé sur un tronc d’arbre; il a les oreilles d’un satyre; on voit des feuilles de lierre dans sa coiffure. Comme nous l'avons dit. une réplique retournée de cette statue est

au nombre de celles qui ornent extérieurement l’aile du Nord. Ces trois statues ont été gravées par Thomassin et par C. Girardet.

L'Allée d’eau commence au milieu de la partie basse du Parterre du nord et descend en ligne droite au bassin de Neptune, dont elle est séparée par le bassin du Dragon. Elle a été tracée d’après les dessins de Claude Perrault, et fut, comme on dirait aujourd’hui, une des grandes attractions du parc. Ainsi que les autres parties des jardins et bosquets, l'Allée d'eau dut subir d’assez importantes modifications. « Elle est partagée, dit Piganiol, par deux bandes de gazon sur chacune desquelles il y a sept groupes de trois enfants chacun, posés sur des socles de marbre blanc au milieu du bassin même. Ils soutiennent un autre petit bassin (primitivement en bronze) de marbre du Languedoc, du milieu duquel s élève un bouillon d’eau qui, en se répandant, forme une petite nappe et rend un agréable murmure. »

Dans ces vasques, vides aujourd’hui, on voyait des fleurs et des fruits en

bronze doré; les enfants aussi qui les supportent étaient de « métail doré », ainsi que le bas-ielief du bassin de Diane. Ce métal qu’on avait doré n’était autre chose que le plomb qui servit pour toutes les fontaines du parc. Plus tard, les groupes d’enfants furent fondus en bronze, et ce sont ceux que nous voyons aujourd’hui.

Au bas de 1 Allée d eau, à gauche, se trouvait le bosquet des Trois-Fontaines,

Le bosquet de l’Arc-de-Triomphe. (Reproduction d’un dessin inédit attribué à Van der Meulen.)

dont on ne voit plus guère que l’emplacement. En examinant attentivement le sol, on peut cependant distinguer les dispositions primitives de ce bosquet, qui en remplaça un autre qu’on appelait le Berceau d’eau, et que Denis désigne sous le nom de fontaine du Verseau. Dans cet ancien berceau.

Composé de plusieurs et merveilleux jets d’eau,

On peut voir à couvert, sans danger et sans crainte,

Sans en être mouillé ni souffrir leur atteinte.

On y voyait, ajoute-t-il, « des vases excellents et faits de porceline » (porcelaine). Quant au bosquet des Trois-Fontaines qui le remplaça, on aura facilement idée de ce qu’il était en consultant les gravures de Pérelle, du livre de Manesson-

Mallet, d’Israël Silvestre et de Hérisset, ce dernier dans le recueil de Demortain. 11 se composait d’abord d'un bassin octogone, avec de nombreux jets ; d un second bassin carré, placé plus haut; d'un bassin rond, au-dessus de ce dernier, et de deux cascades de chaque côté, ornées de rocailles. Les cent quatre-vingts jets

Plan de l'ancien bosquet de l'Arc -de -Triomphe.

d’eau qui sortaient de ces bassins étaient, dit la légende de la gravure de Hérisset, « très surprenants par la forme de l’eau qui fait grand bruit en sortant, et très agréable à la vue, par leur mélange et la situation du terrain. » Des tableaux de Cotelle, qui font partie de la collection du château de Versailles, complètent les indications que nous venons de donner.

En sortant du bosquet des Trois-Fontaines, à droite on trouvera le bassin du

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Dragon, qui, longtemps abandonné, avait presque disparu, quand on eut, il y a quelques années, l'heureuse idée de le remettre en état, d’après les gravures et travaux du temps, sous la direction de M. Lambert, avec la collaboration de MM. Coutan, Marqueste, etc. Le bassin du Dragon, avec son groupe principal et les Amours en plomb doré, montés sur des cygnes, qui combattaient le monstre

Motif de la France triomphante du bosquet de l’Arc -de -Triomphe.

à coups de flèches, œuvre de Gaspard Marsy, était celui d’où sortait un des jets d’eau les plus élevés du parc; il montait, dit Piganiol, à « quatre-vingt-cinq pieds », c’est-à-dire à plus de vingt-sept mètres.

Le bosquet de l’.\rc-de- Triomphe, qui se trouve au delà du bassin du Dragon, est le pendant du bosquet des Trois-Fontainès. Comme celui-ci, il fut complètement détruit, à l’époque du remaniement du parc; les débris de ses pyramides, des goulettes de ses cascades, furent dispersés, et nous en avons vu de très beaux restes chez M. Victorien Sardou. Ce sont des dauphins de marbre qui se trouvaient chez un maître maçon de Versailles, avec d auties morceaux de marbie qu’il brisait pour en faire de la mosaïque !

Le bosquet de l’Arc-de-Triomphe remplaça, vers 1667, le bosquet du Pavillon, que Denis appelle « la fontaine qui forme un pavillon ». De ce bosquet rien n’est resté, à peine quelques documents, entre autres les vers de cet étrange poète, qui nous apprennent qu’on y voyait quatre jets d’eau sortant d’une urne, cinq dauphins dont les jets d’eau croisés formaient une sorte de pavillon; aux coins

Bassin de Neptune. — L’Océan, groupe de Lemoine.

de ces bassins on voyait aussi quatre masques, et dans les autres bassins des vases lançant également des jets d'eau.

Quant au bosquet de l’Arc-de-Triomphe, dessiné par Le Nôtre, il est plus aisé d en connaître 1 aspect, grâce aux peintures de Cotelle, du musée de Versailles, aux estampes qui se trouvent dans les recueils de Pérelle, Manesson-Mallet, Demortain (gravure de Bacquoy), à l’estampe de J. Rigaud, et à plusieurs dessins inédits, parmi lesquels celui que nous reproduisons, qui donne la vue du bosquet par moitié, et qui est attribué à Van der Meulen. L’ancien bosquet de l'Arc-de-

I riomphe se composait, au fond, d un arc a trois portes, sous lesquelles s’élevaient des jets d eau qui retombaient en cascades sur les marches du soubassement; sur le fronton on toyait aussi six jets d eau qui retombaient également, de chaque côté, dans sept coquilles échelonnées; quatre pyramides en fer doré s’élevaient à côté et autour de 1 Arc de triomphe, et trois superbes groupes, formant des fontaines, ornaient l’entrée et les deux côtés de ce bosquet. On y trouvait, à

l’entrée, le groupe de la France triomphante, exécuté, d’après Le Brun, par Coysevox, Prou et Tuby. A droite, on voyait le groupe de la Victoire, par Mazeline, et, à gauche, la fontaine de la Gloire, par Coysevox; « puis, dit Piganiol, des scabellons de marbre blanc, avec des bas-reliefs d’une grande beauté, des piédestaux de marbre blanc du Languedoc, ayant sur leurs faces des tables de marbre noir, avec le chiffre du Roi au milieu d une guirlande de laurier. »

Longtemps abandonné, le bosquet de l’Arc-de-1 riomphe fut rouvert, il y a quelques années. On y voyait, outre le groupe de la France triomphante, les statues qui ornent le bosquet des Dômes. Aujourd’hui on n y trouve plus que le

groupe que nous venons de désigner, un Méléagre et les statues, en plomb peint, de l'Ésope et de l'Amour, qui étaient autrefois placés à la porte du Labyrinthe. Ce bosquet contient aussi des bustes antiques et des morceaux de sculpture ornementale intéressants.

En sortant du bosquet de l’Arc-de-Triomphe, on arrive au bassin de Neptune, le plus grand et le plus beau, sans contredit, de tous ceux du parc de Versailles. C’est à Le Nôtre qu’on doit le dessin et la disposition générale de ce bassin, qui

Bassin de Neptune. — Le Monstre à l’enfant, par Bouchardon.

porta d’abord le nom de Grandes cascades, et de Grande pièce d'eau. Les gravures de Pérelle, de Daiglemont, les tableaux de Cotelle, de Martin, nous le montrent tel qu’il fut sous Louis XIV, c’est-à-dire orné des vases qui sont placés sur sa tablette et de presque tous les jets d'eau, mais dépourvu encore des groupes magnifiques d’Adam, de Bouchardon et de Lemoine.

En i685, à la date du 17 mai, on lit dans le Journal de Dangeau : « Le Roi s’alla promener dans ses jardins, et vit pour la première fois toutes les fontaines de la pièce de Neptune; il en fut même très content. » M“° de Scudêry en avait parlé dans sa « Promenade de Versailles », en 1659 : « Nous allons, dit-elle, voir de plus près ce grand jet de la fontaine de Neptune, que l’on voit de l’escalier en allant à la Grotte, et toutes ces personnes avouèrent qu’on n’en peut voir de plus beau. »

Dans les Mémoires du duc de Luynes on lit, à la date du 14 août 1741 : « Le

Roi est sorti auj ourd hui en calèche et a mis pied à terre nu Dragon. Cette pièce, une des plus belles qu il y ait ici, n avait pas été achevée du temps de Louis XIV; le Roi y avait déjà fait travailler, mais en dernier lieu il y avait un ouvrage très considérable à y faiie, et on demandait 5oo,ooo livres, tant pour les réparations que pour les augmentations; cette somme a été réduite à 100,000 écus, par M. le conti ôleur général, et on la fait jouer aujourd hui pour la première fois. » Le jeu des eaux du bassin de Neptune n’avait lieu que dans certaines circonstances, fêtes officielles ou cérémonies royales.

Aussi lit-on dans les Mémoires de Narbonne cette sortie indignée, parce que l’on avait fait jouer les eaux de Neptune pour Voltaire :

« Le sieur de Voltaire, si fameux comme auteur de quantité d’ouvrages (entre autres les Lettres philosophiques , qui mériteraient d’être brûlées, et dont l’auteur devrait être enfermé le reste de ses jours), vint à Versailles, avec la marquise du Châtelet, au commencement de juillet 1743. On fit jouer les eaux pour eux. Ce volontaire (sic) monta dans une des calèches à bras du Roi, traînée par les Suisses. Plusieurs personnes dirent qu’il aurait plutôt fallu le mettre dans le donjon de Vincennes, que de le promener dans les calèches du Roi. »

On ne saurait rendre avec la plume l’aspect grandiose, le développement élégant et majestueux à la fois, de cette succession de groupes, qui commence et se termine par ces Dragons aux énormes enroulements, montés par des Amours, encadrant le groupe de Protée gardant les troupeaux de Neptune, œuvre de Bouchardon ; la merveilleuse composition centrale due aux frères Adam : Neptune et Amphitrite, accompagnés de tritons, de nymphes, de monstres marins, et Y Océan, étendu sur un monstre marin, par J. -B. Lemoine. Vingt-huit

Edme Bouchardon, d’après Drouais.

vases de plomb, d’une élégante fantaisie, œuvres de Hardy et d'autres habiles sculpteurs, sont posés sur la tablette de cent soixante mètres de longueur qui limite le fond de la pièce d’eau.

C’est au fond de l’amphithéâtre de verdure, qui fait face à ces groupes, qu’il faut se placer pour admirer la majestueuse étendue de ce bassin, derrière lequel

Vue latérale du bassin de Neptune avec les effets d'eau.

monte l’allée des Marmousets; plus loin s’élève la Pyramide, de Girardon, et, dans la perspective, se détache le profil grandiose de la façade du château. Autour du bassin de Neptune on voit plusieurs statues : une d’elles représente Faustine, copie de l’antique par Frémery: une autre, Bérénice, par Lespingola. Au milieu de l’hémicycle, on voit le groupe de Guidi : la Renommée écrivant l histoire de Louis XIV, exécuté d’après les dessins de Le Brun, et dont il est tant parlé dans la Correspondance des directeurs de l’Académie de France à Rome. C est lui qui prit la place du groupe du cavalier Bernin qui devait représenter

Louis XIV, et qui, sous la main de Girardon, devint le Curtius, exilé au bout de la pièce d’eau des Suisses. Il existe un tableau d’Allegrain (i7o5), où l'on voit l’œuvre du Bernin à la place où s’élève aujourd’hui celle de Guidi. Le médaillon de Louis XIV que porte la Renommée, détruit pendant la Révolution, a été refait par le sculpteur Lhorta sous la Restauration.

Pour bien se rendre compte du merveilleux spectacle qu’offre le bassin de Neptune, il est indispensable de le voir pendant le jeu des grandes eaux. Je ne

Le bassin de Neptune pendant une fête de nuit en 1900, sous la direction de M. Marcel Lambert.

saurais que le répéter : l’ensemble de ces jaillissements, les caprices de ces blanches écumes, l’impétuosité de ces jets qui semblent monter dans les nues et retombent en poussière d’arc-en-ciel, sont un véritable enchantement. Ces bouillonnements furieux, ces fusées d’eau impétueuses, ces mille bruits de cascades et de torrents, tout concourt à un spectacle sans pareil, et que ne sauraient oublier ceux qui l’ont vu.

Les fêtes données à l’occasion de l'Exposition universelle de 1900 et organisées par M. Marcel Lambert ont offert, avec les effets de projections électriques, un spectacle féerique que n’aurait pu rêver pour Versailles le grand roi lui-même.

Saint-Simon a accusé Louis XIV de s’être plu à forcer la nature. Qui oserait blâmer ses efforts, quand, après avoir admiré les merveilleuses décorations du château, on se trouve devant celles dont il a pris les éléments dans la nature même? Il lui a emprunté pour son parc et ses arbres et ses eaux, et sa volonté.

aidée du génie de ceux qui furent ses collaborateurs, a su la faire oublier par instants, à ce point qu’on ne sait plus si c’est l’art ou si c’est elle qu’on admire.

Ici s’arrête notre Histoire du château et des jardins de Versailles. Si incomplète qu’elle puisse être, malgré nos travaux et nos recherches, nous espérons qu’elle pourra cependant donner une idée de ce qu’était jadis, de ce qu’est aujourd’hui cette conception colossale, qui résume à la fois tant de chefsd’œuvre d’art et de glorieux souvenirs.

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