LE CHATEAU DEPUIS
ordre, ajoute-t-il, avaient suivi
e fut le 6 octobre, à dix heures du matin, que la famille royale quitta le palais de Versailles. Escortée d'une multitude menaçante malgré ses cris d’enthousiasme et ses protestations de dévouement au roi , elle arriva seulement à dix heures du soir au palais des Tuileries, qui. par le fait, devenait une prison pour elle. Excepté quelques pièces que la reine avait fait remeubler pour y coucher quand elle venait au spectacle à Paris, dit un témoin oculaire, le reste était dans le délabrement le plus complet. Les trois premiers jours ne furent qu’une suite de tumulte et d'embarras. Tous ceux qui par zèle plus que par le roi, couchèrent les premières nuits sur des
tables ou sur des banquettes répandues dans les antichambres. On ne trouvait de glaces nulle part, et on fut obligé de mettre sur la toilette du roi un petit miroir pour qu’il pût s’habiller. 11 y avait loin de là au somptueux mobilier qu’on avait laissé à Versailles.
C’est alors qu'on lit transporter aux Tuileries une partie de ce mobilier, qui. plus tard, fut vendu par ordre de la Convention, comme la partie qui en était restée à Versailles. « Après son arrivée à Paris, lit-on dans les Souvenirs d’un page de la cour de Louis XVI, le Roi ne retourna pas à Versailles. » Une seule fois, alors qu’il lui était encore permis de sortir de Paris, on fixa le lieu de la chasse dans l’ancien parc de Clagny, où le roi venait chasser assez souvent, avant le 6 octobre. Les habitants de Versailles s’empressèrent d’accourir, la garde nationale prit les armes et arriva tambour battant. Mais Louis XVI, se rappelant l’attitude prise par les Versaillais quand le château fut envahi par la populace, remonta à cheval et repartit pour Saint-Cloud, ou on lui avait permis de passer quelque temps. Il put de loin apercevoir la silhouette de ce palais qui devait n’être plus pour lui qu’un souvenir.
Rien d’intéressant ne se passa au château de Versailles avant la promulgation, en 1791, d’un décret constitutionnel sur la liste civile, qui, après avoir assigné à la famille royale les Tuileries et le Louvre pour demeure, ordonnait que le château de Versailles devînt le dépôt des monuments des sciences et des arts. Les habitants de Versailles, cherchant à compenser la perte, presque la ruine, qu’occasionnait le départ de la cour de leur ville, avaient conçu le projet de convertir le château en musée; mais le ministre Roland rejeta cette proposition et ordonna justement que les tableaux de Versailles fussent transportés au dépôt du Louvre. La Convention cependant suspendit l’effet de ce décret; mais, le 20 octobre, Roland demandait à la Convention l’autorisation de vendre les meubles du château de Versailles.
Non contents de disperser tant de richesses d’art, les révolutionnaires désiraient surtout détruire le château lui-même, le « repaire de la tyrannie », comme ils 1 appelaient. Un député, Manuel, proposa « d’afficher la maison à vendre ou à louei ». La seule vente des meubles fut autorisée, et la proposition de « vente de la maison » lut renvoyée au comité d aliénation. La proposition fut, heureusement, repoussée, et un mois plus tard les habitants de Versailles, pour sauver définitivement le château des tentatives faites par les vandales qui en demandaient incessamment la destruction, présentaient à la Convention une pétition pour
îéclamer la restitution des tableaux des écoles anciennes qui faisaient partie de la collection royale, et la formation, au château de Versailles, d'un lycée devant
Façade est du théâtre. Rue des Réservoirs.
renfermer les peintures italiennes, les statues antiques, les collections de pierres gravées, d’estampes, de médailles, une bibliothèque, etc. A ce lycée devaient être adjointes une université, une école de musique et une école d’équitation.
Des représentations de pièces antiques devaient être données sur le théâtre du château, et des fêtes civiques dans l'Orangerie, dont on convertirait les escaliers en gradins d’amphithéâtre.
Comme on le voit, les habitants de Versailles, si empressés à précipiter la chute de la royauté, commençaient à ressentir les effets du départ de la cour et cherchaient tous les moyens de conjurer la ruine définitive de la ville qui commençait à s’accentuer chaque jour. Malheureusement pour ceux des habitants que conseillait le bon sens, la folie révolutionnaire semblait se plaire à inventer tout ce qui pouvait empêcher les améliorations. Dans leur zèle à faire oublier ce qui pouvait rappeler l'ancien régime, dit Le Roi, quelques exaltés « Montagnards » firent disparaître non seulement les noms aristocratiques et religieux, mais encore des noms fort innocents de rues et même de villes. La Société populaire de Versailles, indignée que le chef-lieu du département se fût laissé devancer dans une détermination « si éminemment patriotique », proposa d'urgence au conseil général de la commune de faire voter les treize sections de la ville sur le changement, reconnu nécessaire, du nom de Versailles en celui de : Berceau de la Liberté.
Douze sections adoptèrent le changement de nom ; seule la troisième discuta l’opportunité de la mesure et appuya fort adroitement son opinion sur les raisons mêmes dont se servaient ses adversaires pour en demander le changement. Voici un extrait de la délibération :
« L’assemblée, composée de deux cent cinquante membres, délibérant sur la proposition faite de changer le nom de la ville de Versailles et de l’appeler Berceau de la Liberté : Considérant que le mot Versailles n’a aucune analogie ni avec la royauté ni avec la féodalité; que la ville ne tient ce nom que de sa position naturelle et à cause du versement auquel les moissons étaient assujetties par le tourbillon des vents occasionnés par les bois qui l’entourent et la dominent de toutes parts; considérant que la ville de Versailles a contribué particulièrement au renversement du trône; que le mot Versailles présente une idée de versement qui rappelle le souvenir de la conduite révolutionnaire de la ville; considérant enfin que, Versailles changeant de nom, la postérité ignorerait à quelle commune appartiennent ces glorieux titres; arrête que la ville conservera son nom de Versailles. »
Et grâce â de médiocres jeux de mots, au rappel d’une étymologie des plus douteuses, la ville de Versailles conserva le nom que le passage de Louis XIII, de Louis XI\ , de Louis X\ et de Louis XVI. avait rendu odieux à douze de ses sections. Le nom de la tille étant sauvé, on pouvait espérer que le château le
serait aussi. Il le fut, en effet, mais au prix de quelles difficultés d’un côté, d habileté de 1 autre ! Qu’espérer, en effet, d’un gouvernement dont l’un des
Façade principale du pavillon nord de l'architecte Gabriel, cour d'honneur. (Celui de l'architecte Dufour est identique.)
représentants, Delacroix, avait dit en passant sur la terrasse du château : « Il faut que la charrue passe ici! » Aussitôt (je cite encore Le Roi) un des ardents sans-
culottes placés près de lui propose d offrir à la Convention tous les bronzes du parc pour faire des canons. On connaît la beauté des groupes fondus par Relier, et l’on peut juger de la perte irréparable pour les arts qu’eût entraînée l'adoption d’un pareil projet.
La proposition allait grossissant de signatures dans diverses sections. Heureusement la troisième section , évidemment composée des seuls gens sensés de Versailles, eut à se prononcer à son tour. Grâce aux efforts d’une commission composée de Paul Pankouke, Duval et Délavai, ces projets de destruction avortèrent, et Versailles put conserver toutes les beautés qu’il montre encore avec orgueil aux yeux des étrangers.
Pour suivre l’histoire des vicissitudes , des différentes installations qu'eut à souffrir le château de Versailles pendant la Révolution et jusqu’à l’Empire, il est utile de lire le travail qu’a fait sur le Musée spécial de l’Ecole française à Versailles, d’après des documents authentiques, M. A. Dutilleux, secrétaire de la commission des Antiquités et des Arts de Seine-et-Oise, et qu’il a publié dans le recueil des comptes rendus des sessions des Sociétés des Beaux-Arts des départements. On y trouvera bien des renseignements propres à démontrer l’activité qui fut dépensée pour arracher à l’oubli des Français un monument qui participe si puissamment aujourd’hui à la renommée artistique de tout le pays.
Le château de Versailles ne fut pas oublié complètement, comme on le craignait; mais il dut céder au Louvre la plupart de ses tableaux anciens pour former le musée que la Convention y installait. En revanche, on organisa un musée de l’École française à Versailles, qui fut organisée dans la galerie de Lebrun, l’aile du nord et les grands appartements. La création de ce musée doit être attribuée à Bénezech, ministre de l’intérieur. En échange des chefs-d’œuvre de Léonard de Vinci. Raphaël, Rubens, Van Dyck, de bien d’autres grands maîtres étrangers, de chefs-d’œuvre de l’antiquité , le château de Versailles reçut ceux des maîtres français, et commença â rappeler vers lui l’attention qui s’en était détournée.
Un musée de marine dut être organisé par arrêté du Directoire. Une école de modèle vivant, une école de musique, furent également installés dans les galeries basse de la Chapelle et de l'Opéra; neuf pièces du rez-de-chaussée de l’aile du nord furent occupées par un cabinet d’histoire naturelle. En 1794, la Convention décréta définitivement que le château et le parc de Versailles ne seraient pas vendus et seraient entretenus aux frais de la République. Il est juste d’ajouter que le député Delacroix, qui s’était montré si hostile à la conservation du château
de "Versailles, avait complètement modifié ses opinions et en était devenu le défenseur ardent, à ce point que la commission des Arts tint à lui manifester ses sentiments de reconnaissance. Ce représentant fut le père d’Eugène Delacroix, qui devait plus tard apporter plusieurs de ses plus belles toiles au musée de Versailles.
Malgré tous ces efforts, le château de Versailles devait encore être exposé à
Plan du rez-de-chaussée, côté sud, du Musée national (étal actuel).
bien des fortunes diverses. En 1800, il dut servir d’annexe à l'hôtel des Invalides de Paris; on en logea près de deux mille dans les petits appartements de M“ Adélaïde, de Louis XV, dans les ailes du château, un peu partout enfin. Par bonheur, ces hôtes inattendus ne causèrent aucun dommage à ses merveilles d'art, et le premier Consul n’eut pas à regretter, comme on le lui avait fait craindre, d’avoir pris une mesure assez imprudente, il faut bien le dire.
Après avoir couru les dangers de l’abandon, de la destruction, le château de Versailles allait, sous l’empire de Napoléon Ier, avoir à redouter ceux des restau-
rations. On remit en état quelques peintures attaquées par l’humidité. Un architecte, M. Dufour, celui qui devait construire le pavillon semblable à celui de Gabriel, fit des travaux de consolidation aux avant-corps du château, détruisit une partie de la balustrade dont on rétablit aujourd’hui les trophées et les vases, fit enlever aussi les colonnes qui soutenaient les balcons de la Cour de Marbre, supprima le théâtre qui était situé au bout de la cour des Princes, et établit la communication entre cette cour et le parc.
Les idées de reconstruction qui avaient hanté le cerveau de Louis XV, et failli anéantir les châteaux de Louis XIII et de Louis XIV, vinrent aussi préoccuper l’Empereur. Une première fois il repoussa le projet d’un architecte qui ne demandait pas moins de cinquante millions pour mener à bien ce redoutable projet. Napoléon l’abandonna, mais y revint quelques années plus tard. Un concours fut organisé, et heureusement n’amena aucun résultat; on se borna â des travaux de réparations extérieures et intérieures. L’Empire, moins solide que le château de Louis XIV, si critiqué, si attaqué, s’écroula, et le palais de Versailles resta debout.
Dès que la Restauration fut un fait accompli, c’est-â-dire après 1 8 1 5 , les membres de la famille royale eurent la pensée bien naturelle de revoir ce château de Versailles où s'étaient passées leur enfance et leur jeunesse. Le e5 juin 1 8 1 6, Louis XVIII, accompagné de Monsieur, du duc et de la duchesse d’Angoulême, du duc et de la duchesse de Berry, rentrait dans ce Versailles qu’ils avaient laissé plein de clameurs, de cris de révolte, de meurtre et d’épouvante. On reconstitue aisément par la pensée ce qui se passa dans le cœur de ces frères de Louis XVI et de M”= Élisabeth, dans celui de la duchesse d’Angoulême dont la Révolution avait supplicié le père et la mère, et qui croyait voir partout, à chaque pas, dans ces appartements devenus solitaires, apparaître Louis XVI. Marie- Antoinette et le pauvre Dauphin lui tendant les bras.
Revenu à Paris, Louis XVIII résolut de refaire de Versailles la demeure des rois de France. Les travaux interrompus recommencèrent; on restaura, on rendit plus habitables certaines parties du château qu’avaient peu à peu envahies des constructions piovisoires; on repeignit, on redora les plafonds, les lambris, et l’architecte Dufour fit d’importantes restaurations à la chapelle et acheva le pavillon qui devait rendre l’harmonie à la façade du palais.
Les divers musées qui avaient été installés pendant la Révolution, le Consulat,
le Directoire, avaient été supprimés peu à peu; les tableaux intéressants avaient été transportés au Louvre, dans d'autres musées, dans des monuments publics, et la solitude qui avait commencé en 178g, était presque revenue au château, malgré les travaux en cours d’exécution. Il avait cependant reçu d’importantes visites, notamment, sous l’Empire, celle du pape Pie VII. Après la chute de Napoléon, il en avait reçu de cruelles, celles du roi de Prusse et de Wellington.
Plan du rez-de-chaussée, côté nord, du Musée national (état actuel).
Voulant contenter un certain nombre d’émigrés revenus misérables de l’exil, des serviteurs fidèles, Louis XVIII avait eu l'idée de les loger provisoirement à Versailles. Ceux-ci s’y installèrent si bien, qu’on eut mille difficultés à les décider à quitter le palais quand il s’agit d’y faire de plus complètes réparations, lis s’y croyaient si bien chez eux, qu’ils y étendaient leur linge aux fenêtres, élevaient des poules, des lapins, des chèvres et jusqu’à une vache sur les toits et dans les petites pièces qui y donnaient, occasionnant infiniment plus de dégâts au château que n’avaient faits précédemment les invalides qu’on y avait logés.
Ajoutons qu’on y fit venir aussi pendant quelque temps les élèves de l'École
militaire de Saint-Cyr, pour les éloigner de leurs dortoirs où avait éclaté la fièvre typhoïde. En résumé, malgré ses efforts, la Restauration ne put faire revivre le château de Versailles. En voulant y réinstaller la cour des Bourbons, elle commettait une grande erreur; Paris était redevenu pour tous la capitale où devait résider le gouvernement. Après Louis XIV, Louis XV s était à grandpeine décidé à habiter le château , et Louis XVI n’avait pu s’y maintenir.
La Révolution de Juillet, qui mettait fin au gouvernement de la France par les
Bourbons de la branche aînée, allait pourtant changer les destinées de cette royale demeure, qui, en dépit de tant de tentatives pour y ramener la vie, semblait être destinée à prendre place parmi les grandes ruines que vont de loin en loin visiter les touristes, et qui ne sont plus propres qu’à évoquer les méditations philosophiques. Le roi Louis-Philippe résolut de réaliser ce' que les gouvernements qui l’avaient précédé avaient laissé à l’état de projet, et voulut voir enfin ranimer ce château dont il ne se rappelait guère qu’une chose: c’est qu’il y était né. En effet, il avait oublié jusqu’aux dispositions, aux destinations des appartements, et ne put jamais, par exemple, indiquer ceux qu’avait habités Mme de Maintenon.
Sans se préoccuper du projet de quelques membres d’une commission qui consistait à installer de nouveau les invalides au château de Versailles, Louis- Philippe mûrit le sien, le communiqua à quelques personnes, se confirma dans ses opinions et, fort habilement, fit comprendre Versailles dans la dotation de la Couronne à la condition qu’on y fonderait un musée. Et comme il tenait
essentiellement à ne blesser aucun parti, il décida que le fronton du nouveau palais porterait cette inscription, fort belle d’ailleurs : A TOUTES LES GLOIRES DE LA FRANCE.
Dès l’année 1 833 , les travaux furent commencés sous la direction de l’architecte Nepveu. Des centaines de pièces furent détruites: la plupart n’offraient, il faut le dire, pas grand intérêt. Malheureusement aussi on commit, en exécutant ces travaux, de véritables actes de barbarie au point de vue de l'art. D'impor-
Plan du premier étage, côté nord, du Musée national (état actuel).
tantes boiseries, des ferronneries, des bronzes, qu’il fallait épargner à tout prix, subirent le sort commun, furent absolument détruits, dérobés ou vendus jusque dans les rues de Versailles. Mais le château était définitivement sauvé, et, avec sa nouvelle destination, il allait retrouver presque sa splendeur première.
De tous côtés des travaux furent commandés, travaux hâtifs qui ne permirent pas toujours aux artistes de les mener jusqu’à la perfection; mais de ces fiévreux jours d’improvisation naquit ce musée de haut intérêt où toute l’histoire glorieuse de la France se trouve résumée, depuis les faits d’armes des temps les plus reculés jusqu’à ceux de nos jours. On avait fait de tels prodiges d’activité, que le château était inauguré en 1837. C’était le point important. Le roi Louis- Philippe lui-même, quelque prix qu’il attachât à ce succès immédiat de son entreprise, reconnaissait tout le premier ce qu’elle avait, à certains égards, d’insuffisant et d’inachevé. « Après moi, disait-il. on refera mieux ce que je n’ai pu faire exécuter qu’imparfaitement. »
Le comte Henri Delaborde, qui fut secrétaire perpétuel de l'Académie des Beaux- Arts, et qu’il ne faut pas confondre avec le comte Alexandre de Laborde, membre de l’Institut qui a écrit, vers 1840, un livre sur Versailles ancien et moderne, ajoute à cette parole du roi Louis-Philippe : « En attendant, l’effet de l’ensemble était assuré, la pensée hautement patriotique qui l’avait préparé, assez bien définie déjà pour être comprise de tous. Aussi, lorsque, au commencement de l’été de 1837, quelques jours après le mariage du duc d’Orléans, l’inauguration solennelle eut lieu de ce musée, personne n’accueillit avec froideur un tel hommage rendu aux grands souvenirs de notre histoire, et, soit dit en passant, rendu, sans regarder à la dépense, par un prince auquel on ne s’est pas fait faute de reprocher ses parcimonies.
« Le roi Louis-Philippe, ajoute le comte Delaborde, comme les comptes publics après la révolution de 1848 l’ont irréfragablement établi, avait à cette époque dépensé déjà près de vingt millions, entièrement pris sur sa liste civile, pour la restauration du palais de Versailles et pour l’exécution ou le placement des œuvres d’art qui en décoraient les galeries. Dans le cours des années suivantês, le chiffre de ces dépenses, faites en dehors de tout concours de l’État, s’accrut de plusieurs autres millions. La fête d’inauguration donnée à Versailles le 10 juin 1837, et qui dura la journée et la soirée tout entières, avait été, de l’avis de tous, magnifique. Ce fut une fête vraiment nationale, dans laquelle, comme l’a dit M. Thureau-Dangin , la France du passé et celle du présent paraissaient se rejoindre. »
Nous ne saurions d’ailleurs mieux faire que de transcrire pour cette fête, comme nous l’avons fait pour celles que donna Louis XIV, le compte rendu officiel qui en fut fait, à ceci près que ce n’est plus la Gazette de France, mais le Moniteur universel qui a présentement la parole :
« Le roi avait convié à cette grande solennité les membres de la Chambre des pairs, de la Chambre des députés, du Conseil d’État, de la Cour de cassation, de la Cour des comptes, de la Cour royale de Paris; les Tribunaux de première instance et de commerce de la Seine et de Seine-et-Oise; le Conseil royal de 1 Instruction publique et un grand nombre de membres des cinq Académies qui composent l’Institut de France.
« La ville de Paris était représentée par le préfet de la Seine, par un certain nombre de membres du Conseil général et du Conseil de préfecture et par les douze maires de Paris.
« La gai de nationale de la Seine avait pour représentant son commandant