LE POTAGER. - LA QUINTINIE. - LA MÉNAGERIE
vant de pénétrer dans les jardins, dans le Parc, comme on dit aujourd’hui, nous examinerons, en même temps que les annexes du château, les Grandes et les Petites Écuries, le Grand Commun, etc., une des plus belles constructions de Mansart, l’Orangerie, qui fut construite à la place de celle de Louis XIII, laquelle était beaucoup moins importante et comme bâtiments et comme étendue de terrain. On aura une juste idée de ce qu'était celle qu’avait construit l’architecte de Louis XIII. en examinant la planche que dessina et grava Israël Silvestre, en 1664, alors que les grands travaux de Louis XIV n’y avaient pas apporté de
si considérables modifications. Israël Silvestre nous y montre un charmant et élégant château, une délicate construction qui n’a aucun rapport avec l’aspect grandiose du palais de Louis XIV.
Cette gravure présente aussi un autre intérêt, car elle détermine exactement la place et les dimensions de l’étang qui, sous Louis XIV, deviendra la pièce d’eau des Suisses. Si l’aspect du château de Louis XIII est tout différent de celui qu’édifièrent Le Vau et Mansart, il n’en est pas de même de celui de l'Orangerie; celle de Louis XIII, au premier coup d'œil, semble une réduction de celle de Louis XIV : mêmes arcades supportant la terrasse devenue le parterre des Fleurs ou du Midi, mêmes escaliers descendant de chaque côté de l’Orangerie jusqu’au niveau de la route qui conduit aujourd'hui à Saint-Cyr.
Quand M"e de Scudéry écrivit l’ Histoire de Célanire dans sa Promenade à Versailles . les travaux que devait y faire Louis XIV n’étaient encore que projetés. Le plaisir que le grand roi avait à forcer la nature n’était un secret pour personne. On lit, en effet, dans le roman en question : « Ce n'est pas une affaire pour lui de changer des étangs de place, et un de ces jours il en changera deux ou trois, et il y en aura un vis-à-vis d'ici (ce sera la pièce d’eau des Suisses) pour orner ce petit coin de paysage, et cette grande Orangerie, qui est sous la terrasse où nous sommes, sera encore plus longue de la moitié qu’elle n’est, quoique elle soit déjà très belle. Nous fûmes alors voir tous ces beaux orangers de plus près, etc. »
Pour bien se rendre compte des transformations opérées, il faut aussi consulter, dans le livre de Demortain, la Vue et perspective du château de Versailles du côté de V Orangerie , dessinée et gravée par Menant. Tous les grands développements du château et de l’Orangerie y sont indiqués, et la décoration du parterre est assez précisément détaillée pour qu'on y puisse distinguer deux groupes , transportés à Paris en 1716, et qui sont aujourd’hui aux Tuileries : X Enlèvement d’Orythie par Borée, œuvre de G. Marsy et Flamen, et X Enlèvement de Cybèle par Saturne, sculpté par Regnaudin. Denis, le maître-fontainier poète, à qui nous avons fait des emprunts, à titre documentaire bien plus que littéraire, les a célébrés à sa façon dans une série de poésies qu'il intitule : Les quatre enlèvements, complétant ce chiffre par la description d’un groupe de Neptune enlevant Coronis et du fameux Enlèvement de Proserpine par Pluton.
A ces documents précieux il faut ajouter les charmantes et si vivantes estampes de J. Rigaud, qui nous mettent sous les yeux tant de scènes saisies d'après nature
sous Louis X\ . Bien que les personnages y soient tous d'une grande importance, Rigaud ne sacrifie pas pour eux l’intérêt du milieu dans lequel ils se meuvent, et rien ne donne mieux idée de cette partie du château que sa Vue de l'Orangerie
Vue intérieure de la Grande Orangerie. Voûte circulaire.
de Versailles, prise de la balustrade au bord de la terrasse du château, montrant l’extrémité du parterre des fleurs et. dans le lointain, la pièce d’eau des Suisses. Pour compléter l’impression que produit cet élégant tableau, il est nécessaire de consulter aussi la jolie Vue du château de Versailles, au delà de la pièce d’eau des Suisses, et qui représente, en une belle et fidèle perspective, la pièce d’eau.
la grille de l’Orangerie, l’Orangerie elle-même encadrée par la grille de la route de Saint-Cyr, les deux grands escaliers appelés escaliers des Cent-Marches , et le mur qui soutient le parterre des fleurs, derrière lequel s’élèvent les grandes constructions du château.
Nous ne parlerons que pour mémoire de certains documents faits plutôt pour égarer que pour renseigner. Nous signalerons entre autres, à titre de curiosité seulement , une estampe dessinée par Salle et gravée par Aveline ; elle a pour légende : Dessin de la Serre de la Nouvelle Orangerie de Versailles, et représente une orangerie qu’il a projetée lui-même, sans doute, et qui contient une multitude de pelouses, de parterres, de bassins et de statues qui, excepté une, n’ont jamais existé que dans son imagination. « Les statues, dit la légende, représentent les principales nations du monde rendant hommage à la statue du Roi en tenant en leurs mains des fleurs de leurs pays , une galerie pour mettre des statues antiques, une galerie pour mettre un billard et autres sortes de jeux, etc. » Cette gravure n’offre, d’ailleurs, d’autre intérêt que la vue du château orné de ses vases et trophées et l'indication de l'une des anciennes dispositions du Parterre d’eau.
La galerie du fond de l’Orangerie est longue de plus de cent cinquante mètres; elle a treize mètres de large et un peu plus de hauteur; celles des côtés mesurent chacune cent quinze mètres de long. Au milieu de la Grande Galerie, on voit une statue de Louis XIV; elle est en marbre et fut sculptée par Desjardins, par ordre du maréchal de la Feuillade, pour orner la place des Victoires. Des lampadaires qui devaient brûler, jour et nuit étaient placés près du monument. Cette flatterie ne fut pas du goût de Louis XIV, qui lit supprimer ce luminaire. Le duc de la Feuillade commanda une autre statue du roi, en bronze celle-là, et couronnée par une Victoire. La statue de marbre fut placée dans l’Orangerie, et c est celle que 1 on y voit aujourd’hui. La tête, brisée par les révolutionnaires, fut refaite sous la Restauration par le sculpteur Lhorta.
Longtemps elle passa pour représenter le dieu de la guerre, et on lit dans le Cicerone de Versailles de 1810 : « Au milieu de la Grande Galerie on voit une statue qui, dans son état actuel, représente Mars sous la figure d’un Romain ; » flattei ie dissimulée à 1 adresse de Napoléon, qui devait ignorer que ce Mars n’était autre que Louis XIV. Rapportons ici une légende du Mercure galant; Dangeau éciit dans son journal, à la date du samedi 7 juin 1687 : « Sur les cinq heures, le Roi s alla promener a pied dans ses jardins et à son Orangerie, où on a apporté
et les deux trianons
les beaux orangers de Fontainebleau. » Du nombre, ajoute le Mercure, était l'oranger nommé le Bourbon, qu’on dit avoir cinq cents ans.
La tradition rapportée pat Eudore Soulié, qui fut conservateur du musée de Versailles, est textuellement celle-ci : « Une princesse de Navarre aurait semé, en 1421, cinq pépins d’une petite orange nommée bigarade; ces semences ayant levé furent cultivées à Pampelune, alors capitale du royaume de Navarre. En 1449, Catherine de Foix, reine de Navarre, aurait envoyé en présent à la reine Anne de Bretagne la caisse contenant ces cinq orangers comme objets rares et précieux, en indiquant leur origine; et ce seraient les premiers de ces ai bustes entres en France. » Cette caisse, devenue la propriété du connétable de Bourbon et placée dans son château de Chantelles en Bourbonnais, aurait été transportée à Fontainebleau, par ordre de François Ier, après la confiscation des biens du connétable.
Dans l’inventaire des biens provenant du connétable , figure un oranger sur cinq branches, venant de Pampelune. Ces cinq branches étaient les cinq pieds primitifs, qui s’étaient soudés en se greffant par approche. Trois branches ont fini par ne former qu’un tronc commun; mais les deux autres, greffés seulement au collet de la racine, pourraient être encore détachés pour former deux arbres séparés. Cet oranger fut catalogué à Fontainebleau sous le nom de « Grand Connétable » et désigné, depuis son transport à Versailles, sous le nom de « Grand Bourbon ». Si cette tradition est exacte, Statue de Louis XIV, par Desjardins ,
• -t-ii 1 • , . , .. - dans la Grande Orangerie.
ajoute Eudore Soulié, qui la transcrivait en 1861,
l’arbre aurait quatre cent quarante ans d’existence, c’est-à-dire aujourd’hui quatre cent soixante-dix-neuf ans.
Louis XIV s’intéressait spécialement à ses orangers de Versailles, dont un certain nombre étaient placés chaque année dans la Grande Galerie et dans les appartements du château. 11 avait même créé pour eux une sorte d’infirmerie, où
on les portait et où on les soignait quand ils paraissaient se flétrir. Rappelons que c’est dans l’Orangerie qu’en 1789 avaient été réunies des troupes pour marcher sur Paris.
L’Orangerie est fermée, sur la route de Saint-Cyr, par un fossé au-dessus duquel s’élève une balustrade, et par des grilles dont les pilastres sont ornés de groupes de pierre, sculptés par Legros et Lecomte. Les groupes de ce dernier, qui sont à la gauche de la grille vue de la pièce d'eau des Suisses, représentent Zéphyre et Flore, puis Vénus et Adonis. Ceux de Legros, qui sont placés à la droite de cette grille, du même point de vue, représentent l’Aurore et Céphale, puis Vertumne et Pomone. Ces quatre morceaux, d’un grand aspect décoratif, sont d’un très bel effet, quand en été, à l’heure du soleil couchant, on les voit se découper sur le ciel. Les autres parties des grilles, placées à l’intérieur, sont interrompues par des pilastres supportant des corbeilles de fruits et de fleurs sculptées dans la pierre par Pinot.
De l’autre côté de la route de Saint-Cyr s’étend la belle pièce d’eau des Suisses, dont le fond est ombragé par le commencement des coteaux de Satory. Cet admirable bassin, long de près de sept cents mètres, large de près de deux cent quarante, et sur lequel on voyait glisser des barques et des chaloupes sous Louis XIV, et où la famille royale venait pêcher sous Louis XVJ . a pris son nom des Suisses des régiments des gardes qui furent employés à le creuser, en 1679: ce qui détruit cette légende, répétée encore par certains guides, qu’elle avait pris son nom en 1789 après le massacre des Suisses dont les corps y avaient été jetés.
On verra, en consultant les gravures que nous avons signalées plus haut , qu’il existait une mare, un petit étang à sa place, et que c’est en agrandissant cette mare, en la reportant davantage sur le côté gauche en faisant face à l'Orangerie, que l’on a créé la pièce d’eau des Suisses. Les terres extraites quand on creusa ce bassin servirent à élever, à gauche, une allée où fut établi un jeu de mail, et. à droite, à solidifier une partie du terrain sur lequel fut construit le potager. Sous Louis XIV, cette pièce d’eau était entourée d’une large bordure de pierre qui a depuis longtemps disparu; l’enlèvement en a été fait si complètement, qu il n en reste plus trace, et que quelques auteurs ont cru qu’elle n’avait jamais été posée.
Poui se convaincre de 1 existence de cette margelle, il suffira de jeter les yeux sur lé tableau de Martin, sur la gravure de Menant, Vue et perspective du château
du côté de l'Orangerie, et surtout sur celle de Le Pautre, La pièce d'eau des Suisses, qui font partie du recueil de Demortain, ainsi que sur les jolies planches de J. Rigaud, toutes quatre très circonstanciées. Au surplus, dans les Comptes
Plan de la Grande Orangerie.
des bâtiments du Roi qui font foi, on lit, entre autres mentions, la note suivante :
« Année 1688, 25 janvier, i5 février : à Pierre Le Clerc, dit Pitre, parfait paiement de 119998 1. 16 s., à quoy montait la fouille et transport des terres de l’augmentation de la pièce des Suisses, les ouvrages de maçonnerie faits dans
ladite augmentation du côté de l’Orangerie, les bonnes terres qui ont été rêpan-
dues sur les terres rapportées, et le rétablissement de partie des tablettes de ladite pièce des Suisses suivant le marché desdites bonnes terres, 7295 1. 16 s. » Et plus loin, à la date du i3 juin de la même année : « A Remy Jauson, jardinier, pour le gazon qu’il a posé au derrière des tablettes de l’augmentation du lac des Suisses, 84 1. 6 s. »
Au bout de la pièce d’eau des Suisses, et comme exilé, se trouve un groupe, très dédaigné des touristes et des visiteurs, méritant pourtant d’attirer l’attention et par ses dimensions, et par le personnage qu’il représente, et par le nom du statuaire. C’est la statue équestre d’un soi-disant Marcus Curtius, qui n’est autre, ou ne devait être autre, que celle de Louis XIV, et qui fut sculptée par le fameux cavalier Bernin.
Désireux de voir reproduire son visage par le grand artiste italien, qui n’avait fait de lui que des bustes peu ressemblants, mais d'une fougueuse et étonnante exécution, œuvres d’art plutôt que portraits. Louis XIV commanda au Bernin une statue qui le représentât sous un aspect digne de lui.
Le cavalier Bernin n’hésita pas à décider qu’il le sculpterait sous la forme du dieu de la guerre. Malheureusement le statuaire était déjà vieux, et, soit qu’il fût devenu plus craintif avec les années, soit que le sujet ne tentât pas son talent, il hésita longtemps à se mettre à l’œuvre; si bien que Charles Errard , alors directeur de l’Académie de Rome, chargé par Colbert de presser l’exécution de la statue, poussa en même temps Domenico Guidi à terminer son groupe : la Renommée écrivant l’histoire de Louis XIV. Le Bernin avait quatre-vingts ans, et il netait que prudent de préparer un ouvrage qui pût satisfaire le roi, au cas où l’œuvre du Bernin resterait inachevée par un accident facile à prévoir.
11 est curieux de suivre, dans la correspondance des directeurs de l’Académie de France a Rome, l’échange de lettres qui eut lieu à ce sujet entre Errard et le surintendant des Bâtiments. En mai 1669, il écrit à Errard : « Continuez à exciter le cavalier Bernin de travailler à la statue du Roy à cheval, et quoique vous le voyiez peut-estre éloigné et peu affectionné à ce travail, ne laissez pas de luy en pailer de temps en temps, sans vous rebuter. Peut-estre qu’avec le temps et la patience nous lui donnerons envie de s’y appliquer. »
Quelques pages plus loin, Colbert donnant des instructions pour son fils, M. de Seignelay, à propos de son voyage d’Italie, écrit : « 11 visitera pareillement
1 Académie du Roy, qui est à Rome, et le cavalier Bernin ; il verra la statue qu il fait, » puis il écrit, en 1671, à Errard : « Je suis bien aise que le cavalier
Angle de l'Orangerie.
Bernin se plaise à travailler à la statue du Roy. Informez-moy, de temps en temps, de l’estât où elle sera, afin que j’en puisse rendre compte à Sa Majesté. » Coypel, qui a succédé à Errard. écrit à Colbert, en 1673 : « La statue du Roy
est presque faite, mais depuis quelques jours le ca\alier Bernin est tombé malade. »
Enfin le groupe tant désiré arriva. Quelques lignes du Journal de Dangeau nous rendent compte de l'effet produit par l’œuvre du Bernin : « Mercredi 14 novembre i685. — Le Roi se promena dans 1 Orangerie, qu il trouva dune magnificence admirable; il vit la statue équestre du chevalier Bernin, qu’on y a placée, et trouva que le cheval et l’homme étaient si mal faits, qu il résolut non seulement de l’ôter de là, mais même de la faire briser. » On attendit, puis on prit un moyen terme; on la fit défigurer par Girardon, et nous lisons, dans les Comptes des bâtiments, cette mention à la date du 4 janvier 1688 : « A François Girardon, sculpteur, pour son remboursement des journées de sculpteurs qui ont travaillé sous luy à faire la médaille du Roy sur le groupe de marbre envoyé de Rome, de Domenico Guidi , et à refaire la teste et la figure du cavalier Bernin : 1 3s5 1. 10 s. »
Par respect pour le Bernin, probablement aussi pour le Roi, 011 n’osa pas trop critiquer l’œuvre si défectueuse. On le fit cependant, mais elle fut aussitôt défendue. Peut-être aussi y avait- il déjà en France des partisans d’une école antiacadémique, des rénovateurs protestant contre le correct et le classique. Ils durent être aussi étonnés que satisfaits de voir entrer dans leurs rangs La Bruyère, que Piganiol, qui n’ose le nommer, se contente de désigner sous la qualification de « bel esprit ».
Il écrivit : « Bernin n’a pas manié le marbre ny traité toutes ses figures d’une égale force; mais on ne laisse pas de voir, dans ce qu’il a moins heureusement rencontré, de certains traits si achevez, tout proches de quelques autres qui le sont moins, qu’ils découvrent aisément l’excellence de l’ouvrier. Si c’est un cheval dont les crins sont tournez d’une main hardie, ils voltigent et semblent être le jouet des vents; l’œil est ardent, les naseaux soufflent le feu et la vie, un •cizeau de maître s’y retrouve en mille endroits; il n’est pas donné à ses copistes ny à ses envieux d’arriver à de telles fautes par leurs chefs-d'œuvre ; l’on voit bien que c’est quelque chose de manqué par un habile homme et une faute de Praxitèle. »
Le cavaliei Bernin était mort quand eut lieu la mutilation de son œuvre, et il n eut pas la douleur de \oir le groupe de Guidi occuper la place qui était destinée à son Curtius, qu il ne devait pas connaître; car les modifications apportées par
Girardon ne se bornèrent pas à défigurer la tête de sa statue; il fit jaillir des flammes sous les pieds du cheval qui foulaient des rochers, et le Louis XIV représenté en dieu de la guerre devint Marcus Curtius se précipitant dans le gouffre ouvert devant lui.
G est derrière cette statue qu’eut lieu, un matin du mois de décembre 1788, un duel dans lequel M. de Mirepoix tua le bailli de Suffren. Longtemps on ignora le genre de mort du célèbre marin, et c’est Jal qui, le premier, en publia les détails. On crut à une attaque d’apoplexie. Ce fut un ancien serviteur de Suffren, du nom de Dehodencq, qui raconta beaucoup plus tard qu’à la suite d’une violente altercation avec M. de Mirepoix, l’amiral accepta une rencontre avec lui et fut traversé d'un coup d’épée qui occasionna sa mort après trois jours de souffrances. Ce fut par ordre du bailli de Suffren lui -même que le silence fut fait sur cette affaire.
Ajoutons que la statue de Curtius fut témoin de fêtes républicaines pendant la Révolution. Un autel de la Patrie fut construit devant son piédestal; on y célébra l’anniversaire de la prise des Tuileries et la fête de la Fédération. Avant de revenir dans le parc, examinons les grandes annexes du château en commençant par les Grandes et Petites Écuries, qui, sur la place d’Armes, font face à la grille de sa cour d’honneur.
Les bâtiments de la Grande et de la Petite Écurie furent élevés de 1679 à 1682 par Mansart, sur l’emplacement d'hôtels appartenant au duc de Noailles, au comte de Lauzun et au marquis de Guitry. La Grande Écurie avait pour chef le grand écuyer; on y logeait des écuyers, les pages, des officiers préposés aux grandes cérémonies, tels que les hérauts d’armes, les porte-épées et portemanteaux et les trompettes de la chambre du roi ; de plus, des chevaux de main, servant au roi et aux princes.
La Petite Écurie était commandée parle premier écuyer et logeait les écuyers et les pages de la Petite Écurie, les cochers, les valets de pied, etc. La porte de l’arcade du fond de la cour de la Grande Écurie conduisait à un manège couvert. Chacune des cours des écuries se termine au fond par de magnifiques façades en fer à cheval, au milieu desquelles s’ouvre une grande porte cintrée dont les montants sont enrichis de trophées en bas-relief. Dans chaque cintre, couronné d’un fronton triangulaire, sont sculptés dans la pierre des chevaux qui s’élancent et. dans chaque fronton, deux Renommées soutenant un écusson. Le fronton de
la Grande Écurie est de Granier; les bas-reliefs sont de Raon, Mazières et Gracier ; le fronton de la Petite Écurie est de Lecomte, à qui on doit aussi les frontons des autres cours. A l’opposé du groupe de Lecomte, au-dessus de la porte d’une écurie, on voit aussi un fronton orné d’un très beau bas-relief de Girardin.
Les Grandes Écuries, qui contenaient trois cents chevaux, servirent à des
Vue de l'Orangerie et du palais, prise à l'extrémité do la pièce d’eau des Suisses, près la statue dite le Curtius.
fêtes, à des courses, des carrousels, auxquels assistait toute la cour. On transfoima le manège en salle de spectacle en 1682, pour y jouer un opéra de Lulli. Il senit aux fêtes du mariage du Dauphin, fils de Louis XV, avec Marie-Thérèse, infante d Espagne ; on y représenta une comédie-ballet de Voltaire. Des écoles d instruction de troupes à cheval et de trompettes y furent réunies sous la république. Aujourd’hui elles sont devenues une caserne d’artillerie.
Quant aux Petites Écuries, elles servirent à loger sous Louis XIV, Louis XV et Louis XVI, un grand nombre de chevaux et de voitures du roi. A la Révolution elles devinrent une école de cavalerie, et servent présentement de caserne à un régiment de cavalerie. Le nombre des chevaux était, en 1750, de deux mille cent
dans la Glande et la Petite Écurie, sans compter les chevaux de la Vénerie, dit le duc de l.iiynes. qui ajoute : « Les chevaux de la Reine et de la Dauphine sont des maisons séparées, qui ne sont jamais mises au nombre des chevaux du Roi. »
Signalons, avant de nous rapprocher du parc, parmi les œuvres d’art intéressantes de la ville de Versailles, la porte de la caserne de cavalerie de l’avenue de Paris, construite pour M" du Barry par l’architecte Ledoux; celle de la caserne de recrutement, située sur la même avenue, et surtout celle de la bibliothèque de Versailles, rue Gambetta. La bibliothèque est certainement un des plus précieux spécimens de l’architecture d’appartements du règne de Louis XV. Elle fut construite, sur un ordre du roi, pour M. de Choiseul, alors ministre des affaires étrangères ; les travaux lurent exécutés par l’ingénieur Berthier, père de celui qui devait, sous l’empire, devenir prince de Wagram. C’est un des premiers bâtiments dans lequel il n’entra que des matériaux incombustibles, du fer, de la brique et de la pierre.
La bibliothèque de Versailles a recueilli une partie des collections des bibliothèques royales, celles de Louis XIV, Louis XV, Louis XVI, Marie- Antoinette, Mesdames, de la Pompadour et de la du Barry. Les salles, qui contiennent de nombreux et rares ouvrages, sont des chefs-d’œuvre d’élégance et de goût. Ce beau spécimen de l’art du xvm' siècle explique admirablement la transition du style de Louis XV à celui de Louis XVI et constitue, comme nous l’avons dit, un chaînon important de l’histoire de notre art décoratif.
La porte de la bibliothèque, qui fut l’hôtel de la Guerre, est ornée de sculptures représentant des trophées et des emblèmes militaires d’une remarquable exécution. Autrefois on voyait, au fond de la cour, des trophées en bronze et des statues rappelant des faits d’armes du règne de Louis XV. En remontant de quelques pas la rue Gambetta, on trouve un vaste bâtiment carré, jadis le Grand Commun, appelé aujourd’hui Hôpital militaire. Vers 1684, Mansart finissait de construire le Grand Commun, qui devait réunir tous les services de la Bouche du roi, de la reine et du Dauphin, le château n’étant pas assez grand pour les contenir.
Ce bâtiment mesure plus de quatre-vingts mètres de longueur sur près de quatre-vingts de largeur. Au dehors on remarque quatre beaux bas-reliefs qui ont été sculptés par Mazeline, Jouvenet, Lecomte et Mazières. Plus de deux mille personnes, dit— on, logeaient au Grand Commun. Pellisson, 1 ami et le défenseur de Fouquet, y demeura pendant son séjour a Versailles; il y mourut
le 16 février 1693. Nous ne reproduirons pas ici les ordonnances du roi relatives au cérémonial, à l’ordre à suivre pour tout ce qui concernait la Bouche du roi. Nous copierons seulement ce paragraphe, qui pourra donner idée des autres :
« La viande de Sa Majesté. sera portée en cet ordre : deux de ses gardes marcheront les premiers, ensuite l'huissier de salle, le maître d'hôtel avec son bâton, le gentilhomme servant-panetier, le contrôleur général, le contrôleur clerc d’office et autres qui porteront la viande, l’écuyer de cuisine et le gardevaisselle ; et derrière eux, deux autres gardes de Sa Majesté, qui ne laisseront personne approcher de la viande. Et les officiers ci-dessus nommés, avec un gentilhomme servant, retourneront à la viande à tous les services. »
On ne saurait imaginer ce que contiennent les longues pages qui suivent, les essais des mets, des breuvages, les révérences, les devoirs du chef du gobelet, le règlement du serdeau, celui du petit couvert, du grand couvert, etc. etc.
Le'ser-deau (on l’écrivait ainsi d’abord) était une office qui recevait tous les plats de la desserte du roi ; ces plats étaient servis aux gentilshommes servants, dont la desserte était donnée à des valets-gentilshommes, etc. Nous n’insisterons pas, nous le répétons, sur ce cérémonial, qui, s’il était difficile à observer pour ceux qui l’exécutaient ou le devaient faire exécuter, devait être très pénible aussi pour ceux que leur grandeur obligeait à le subir.
Le portail du bâtiment qui fut le Grand Commun est décoré de faisceaux d’armes et de trophées en relief, qui rappellent la célèbre manufacture d’armes de Versailles, fondée en 1795, par le ministre Bénezech, et mise sous la direction de l’arquebusier Boutet. Celui-ci l’avait portée à un tel point de perfection, que nulle part, en. Europe, les armes de guerre et de luxe ne pouvaient lutter avec elle et qu’elle approvisionnait nos armées, dit Vaysse de Villiers, de plus de cinquante mille fusils par an. Cette belle manufacture, transportée dans l’hôtel de Nouilles, rue de la Pompe (aujourd’hui rue Carnot), fut entièrement détruite par les Prussiens, le 2 juillet 1 8 1 5 . Après divers changements de destinations, le Grand Commun a été affecté, depuis 1832, à un hôpital militaire.
Redescendant la rue Gambetta, on trouve devant soi une belle grille du 1 otager , la grille principale, œuvre d A. Fordrin, ouvre du côté de la pièce d’eau des Suisses. Louis XIII avait fait établir son potager entre l’Orangerie et l’église Saint-Julien, qui fut remplacée plus tard par le Grand Commun. Ce Potager fut daboid celui de Louis XIV, jusqu’au moment où les agrandissements du château
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et les rues projetées de la nouvelle ville ne permirent pas de le conserver. Mansart choisit l’emplacement qui est aujourd'hui à gauche de la pièce d’eau des
Porte des anciennes écuries du roi.
Suisses, pour en construire un dont les proportions répondissent mieux aux développements considérables qu'il apportait au château.
Comme nous l’avons dit, un régiment de gardes suisses creusa cette immense
pièce d’eau, rejetant sur la gauche une partie des terres pour combler un étang dont la place deviendrait le terrain destiné au Potager. Le célèbre La Quintinie dut s’accommoder des terres de mauvaise nature que l'on y avait accumulées. Dans son livre intitulé : Instructions pour les jardins fruitiers et potagers, il raconte comment il arriva à créer dans un sol vaseux, où la terre végétale faisait le plus souvent défaut, un potager qui est admiré depuis le jour où il l’a livré à la culture.
Les charmes de la position, dit un biographe qui a étudié non seulement la vie, mais aussi l’œuvre de La Quintinie, avaient désigné ce terrain bien plus que la qualité du sol, qui était extrêmement défectueux. D’abord, comme La Quintinie l’a écrit, il fallut combler l'étang avec la terre qui se trouvait aux environs, laquelle était « une espèce de terre franche qui se réduisait en bouillie par la pluie et qui se pétrifiait, pour ainsi dire, par la sécheresse ». La dépense avait été énorme ; le roi avait payé un million huit cent mille livres, tandis que trois cent mille eussent suffi si l’on eût adopté le terrain d’un sol meilleur et d’une meilleure exposition proposé par La Quintinie.
Dans le but de multiplier les murs, et par conséquent les espaliers, La Quintinie avait fait distribuer le terrain en un carré de douze arpents, entouré de trente jardins d’un arpent chacun. Pour parer ensuite à la stérilité dont le sol était menacé par l’excès d’humidité ou de sécheresse, il renonça à faire apporter de nouvelles terres, et se débarrassa des eaux superflues au moyen d'un aqueduc construit sur toute la longueur avec des branches latérales. Il disposa en pente la surface de chaque carré pour mener, dit-il, dans un des coins toutes les eaux qui s’écouleraient de tous les côtés ainsi élevés. « Je fis faire à chacun de ces coins une petite pierrée qui prenait ces eaux et les portait dans un aqueduc. Je ne fus pas longtemps à m’apercevoir que cette invention était bonne : mes carrés avec leurs plantes, et mes plates-bandes avec leurs arbres, se conservèrent dans le bon état où je les souhaitais. » En opérant ainsi, La Quintinie venait d’inventer le drainage.
Le roi fut très satisfait de 1 œuvre de La Quintinie. Il s’amusait à aller le voir travailler. Selon Pluche, Louis XIV, après avoir entendu Turenne et Colbert, s entretenait avec lui, et se plaisait souvent à façonner un arbre de sa main. Le fait peut être vrai; mais ce qui est certain, c’est que le roi, vers la lin de sa vie, attristé par des deuils multipliés, la perte de son petit-fils, de la duchesse de Bourgogne, cherchant a se distraire, conseillé peut-être aussi par les médecins, venait souvent dans le Potager et prenait plaisir à soigner ses arbres et ses
planches. On frappa même, en mémoire de ce fait, une médaille qui représentait Louis XIV sous la forme d’une Minerve entourée des attributs du jardinage
Grille restaurée de l'ancien Potager du roi. Côté de la pièce d'eau des Suisses.
et portant à la main une équerre, avec cette légende : Gravibus solatia curis. La Quintinie mit cinq ans à terminer le Potager. Il nous apprend qu'il
envoyait à la table du roi des asperges et de l'oseille nouvelle en décembre ; des radis, des laitues et des champignons en janvier; en mars, des choux-fleurs conservés dans la serre à légumes ; des fraises dès les premiers jours d avril, des pois en mai et des melons en juin. Il ne cultivait en espalier que les fruits les plus recherchés. Les produits en figuraient dans les fêtes royales. On n’en formait pas, dit-il, de brillantes pyramides, fort à la mode alors, dont l’honneur était de s’en retourner toujours saines et entières ; elles étaient remplacées par des corbeilles dont l’honneur consistait à s’en retourner toujours vides.
La Quintinie était né à Chabanais, dans l’Angoumois. 11 fit de bonnes études à Poitiers, chez les jésuites, et y suivit des cours de droit ; il vint se faire recevoir avocat à Paris. Sans fortune, et malgré son talent, il fut obligé d’accepter de faire l’éducation du fils du président de la Chambre des comptes. Tout en donnant des soins à son élève, il consacrait tous ses loisirs à l’agriculture, dont il apprenait les principes dans les auteurs anciens. Un voyage en Italie lui servit à accroître ses connaissances. Revenu à Paris, il mit en pratique, dans un terrain que lui abandonna le père de son élève, ce qu’il avait appris dans les livres et par ses quelques observations. Le succès répondit à ses efforts, et sa réputation devint rapidement telle dès lors, que le prince de Condé lui demanda des leçons. Le roi d’Angleterre chercha à se l’attacher, mais La Quintinie refusa de s’expatrier.
C’est alors que, remarqué par Louis XIV, il fonda le Potager de Versailles, dont l’exécution a fait la gloire de son nom. En 1673, La Quintinie était appelé â l’Intendance des jardins à fruits du Roi. En 1687, il fut nommé directeur général des jardins fruitiers et potagers de toutes les maisons royales ; la particule de précédait son nom, et il la joignit dès lors à sa signature. Il mourut à Versailles en 1688. Quelques jours après son décès, Louis XIV dit à sa veuve : « Madame, nous venons de faire une perte que nous ne pourrons jamais réparer. » Les travaux de La Quintinie sont considérables à tous égards. Outre le Potager de Versailles, il avait tracé celui de Chantilly pour le prince de Condé, celui de Rambouillet pour le duc de Montausier, celui de Saint-Ouen pour Boisfranc, celui de Sceaux pour Colbert, celui de Vaux pour Fouquet.
Parmi ses œuvres écrites il faut citer le livre intitulé : Instructions pour les Jardins fruitiers et potagers, avec un Traité des orangers , suivi de Quelques réflexions sur V Agriculture, ouvrage précédé d’un portrait de La Quintinie, gravé par \ ermeulen. Sous Louis XV, le jardinier en chef Lenormand obtint dans le Potagei les premiers ananas mûris en France. On y cultiva aussi le café, que
Louis XV aimait beaucoup; il le torréfiait lui-même, et, après en avoir préparé 1 infusion, le faisait goûter à ses courtisans. Abandonné pendant la Révolution,
le Potager fut remis en culture sous l’Empire de Napoléon I". Une école d’horticulture y a été établie depuis 1848. Le 24 décembre 1876, on éleva à La Quintinie,
sur la (errasse du Nord, une statue en bronze que le grand horticulteur a bien méritée. C’est l’œuvre du statuaire Cougny, qui l’avait exposée au Salon la même année.
En suivant la route de Saint-Cyr, passant entre l’Orangerie et la pièce d’eau des Suisses, au delà de l'allée des Matelots, on trouve à droite une suite de grands bâtiments aux murs en plâtre, et dont la porte donne entrée dans une ferme. Si l’on suit le chemin qui s’étend au delà de cette porte, on traverse plusieurs cours, encombrées de meules de blé, de foin, de charrettes, et on sort dans le parc. Nous engageons le visiteur à ne pas se contenter de traverser indifféremment cette ferme, et à examiner avec soin les vestiges de constructions qu'il rencontrera sur son passage. En effet, sur ce sol s’élevait un petit château qui fut célèbre autrefois, et auquel le nom de la duchesse de Bourgogne est étroitement lié. Ce château n’était autre que la Ménagerie, dont Louis XIV fit cadeau à celle que tout le monde croyait devoir devenir un jour reine de France.
De cette Ménagerie il ne reste que peu de traces, et l’on ne saurait guère l’importance qu’elle avait jadis s'il ne restait des descriptions écrites, les gravures de Pérelle, Aveline, et le plan très intéressant de N. de Fer. 11 existe aussi d’autres estampes; mais celles de Pérelle, qui représentent la Ménagerie sous plusieurs aspects, sont les plus connues. A l’endroit où Louis XIV fit élever, en 1 663 , ce petit château, Louis XIII n’avait établi qu’un rendez-vous de chasse. De la route de Saint-Cyr et de la terrasse du Grand-Trianon , qui lui faisait face à l’autre bout de la croix du canal, on apercevait son dôme élégant, dominant les constructions et les cours nombreuses qui l’entouraient.
A peine achevée, la Ménagerie fut un but de promenade pour les curieux, et les animaux qu’elle contenait lui attirèrent de nombreux visiteurs. M"e de Scudéry n’a garde de l’oublier dans sa Promenade à Versailles, et La Fontaine écrivait en en sortant : « C’est un lieu rempli de plusieurs sortes de volatiles et de quadrupèdes, la plupart très rares et de pays éloignés. » Parlant en son nom et en celui de ses amis qui venaient de visiter la grotte de Thétys, comme nous l’avons dit dans le premier volume de cet ouvrage, il ajoute : « Ils admirèrent en combien d’espèces une seule espèce d’oiseaux se multipliait, et louèrent l’artifice et les diverses imaginations de la nature, qui se joue dans les animaux comme elle fait dans les fleurs. Ce qui leur plut davantage, ce furent les demoiselles de Numidie et certains oiseaux pêcheurs, qui ont un bec extrêmement long avec une peau au-dessous qui leur sert de poche. Leur plumage est blanc, mais d’un blanc
plus clair que celui des cygnes; même de près, il parait carné et tire sur la couleur de rose vers la racine. On ne peut rien voir de plus beau. »
Louis XIV prit grand intérêt à la construction et à la décoration de la Ménagerie. Tout en laissant à Mansart, à Le Brun, leur initiative, il savait leur indiquer sa volonté, et rien n'est plus curieux que l’autographe conservé au château de Versailles et relatif à certains détails d'ornementation. A Mansart, qui lui proposait de représenter des personnages mythologiques dans l’ornementation, comme il était d’usage d’en mettre partout à cette époque, il répond de sa main sur la
a Fontainebleau le ioc septembre 169g
11 me paroist qu'il y a quelque chose a changer que les sujets sont trop serieux et qu’il faut qu’il y ait de la jeunesse meslée dans ce que Ion fera uous m’aporterés des desseins quand uous uiendrés ou du moins des pensées il faut de l’enfance respendue partout