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Distribution des sujets de peinture pour les platfonds des deux apartements de la Ménagerie.
A. L’apartement a droit en entrant la première piece marquée A sera représentée la Déesse Pales qui présidé sur les pasteurs et soins de la ménagerie
B. Seconde piece représentera Diane qui présidé sur les forests et sur la chasse.
C. Troisième piece sera représentée Pommone deesse qui présidé sur les Jardins et Fruits.
D. Sera représente Thetis deesse des mers accompagné de triomphes marins.
L. Sera représentée Flore auec les attributs et ornemens conuenables à ce sujet.
Rapport de Mansart sur la Ménagerie et observations manuscrites du roi Louis XIV.
marge de la note qu’il a reçue : « Il me paraît qu’il y a quelque chose à changer, que les sujets sont trop sérieux et qu’il faut qu’il y ait de la jeunesse mêlée dans ce que l’on fera. Vous m’apporterez des dessins quand vous viendrez, ou du moins des pensées. Il faut de l’enfance répandue partout. »
Résumons, d’après Piganiol, l’aspect qu’offrait la Ménagerie : « On y arrive par une grande avenue d’arbres, et on entre dans une cour qui conduit à une autre où l’on trouve un dôme de figure octogone, au milieu duquel il y a une rampe de quelques degrés qui est ornée de deux grandes urnes de marbre sculptées par Jouvenet. On monte par cet escalier sur un palier qui conduit à deux magnifiques appartements et à un beau salon qui est au milieu. Ces deux appar-
tements étaient pour M“ la Dauphine, l’un pour l’été, l’autre pour l’hiver. Celui d’été, à droite, est composé de cinq pièces peintes sous la conduite d’Audran.
« Dans la seconde pièce il y a dix tableaux de Christophle, Saint-Paul, Bertin, Dedieu, Person, etc. Dans la troisième, il n’y a point de tableaux; ce sont les ornements les plus riches du monde, les plus magnifiques, et où il règne le plus de goût. L’appartement qui est à gauche est composé de la même quantité de
Perspective de l’école d’horticulture (ancien Potager).
pièces et peint dans le même goût. Sur la cheminée de la première pièce, il y a un tableau : Diane, ses nymphes et Actéon, par Vernansal. On voit encore dans ces chambres des tableaux de Desportes, Boullogne le jeune, Antoine Coypel, Blanchard, etc.
« Après avoir vu ces deux magnifiques appartements, on entre dans le salon qui les sépare. C’est un octogone éclairé par sept croisées qui sont dans les sept parcs, et 1 entrée occupe le huitième. Un balcon de fer en saillie règne tout autour et donne vue sur sept cours séparées remplies d’oiseaux et d’animaux curieux. L’intérieur de ce salon et le vestibule sont dorés, remplis de glaces et peints comme les autres appartements.
« Le dessous de ce salon est occupé par une grotte, au milieu de laquelle il y a un jet d’eau tournant qui se répand dans toute l 'étendue du plancher, qui est percé de petits trous d où s élève une pluie d’eau. Le dôme dans lequel est le salon qu on vient de décrire est environné par une cour octogone, où les sept autres aboutissent . elle est toute semée de petits tuyaux cachés sous terre et
Imp Ch.Wittmann
devient, quand on le veut, un parterre de jets d’eau. Les sept cours ne sont fermées que par des grilles de fer jointes par des termes de pierre représentant des sujets des Métamorphoses. Dans chacune de ces cours on trouve tout ce qui est nécessaire aux animaux qu’elles renferment, comme des loges, des ronds deau, un réservoir rempli de poissons pour les pélicans et autres animaux qui s en nourrissent. Il y en a une où Ion voit une volière d'une beauté et d’une magnificence extraordinaires. »
Les autres cours étaient dénommées : cour du Rond d’eau, cour de l’Autruche, cour des Puits, cour des Pélicans, cour des Oiseaux, cour des Demoiselles. Sur le côté droit, après avoir franchi l’entrée principale de la Ménagerie, après la première cour conduisant au petit Palais, se trouvait un terrain assez vaste au milieu duquel était un bassin à jet d’eau. C’est là que la duchesse de Bourgogne avait fait tracer son jardin. A l’angle de ce jardin, et près du quinconce qui bordait la tête de la traverse du Grand Canal, était établie la laiterie. A gauche, en entrant dans la Ménagerie, se trouvait, dans une basse-cour, un grand colombier.
Claude Denis, l’étrange poète ingénieur-fontainier, n’a pas manqué de célébrer en vers les beautés de la Ménagerie. Dans sa description on trouve, malgré le burlesque de la forme, d’assez intéressants renseignements; par exemple, parlant du colombier :
On nourrit des pigeons dedans la basse-cour Jusqu’à trois mille et plus dans une grosse tour;
On y nourrit aussi, dans une bergerie,
Quantité de moutons venus de Barbarie,
Dont la queue est si grosse et pèze tellement Qu’on ne saurait les voir qu'avec estonnement.
Après avoir énuméré les animaux de toutes sortes que renfermait la Ménagerie, sans en omettre un seul, il nous donne ce détail sur la façon dont étaient élevés les veaux destinés à la nourriture royale :
Et comme rien ne doit dans ce lieu de délices Manquer où l’on a tant fait jouer d’artifices,
Pour la bouche du Roy, l’on y nourrit des veaux De laict et jaunes d’œufs excellents et fort beaux.
La Ménagerie était à peine construite, que le roi y menait tous les courtisans et la faisait visiter au cardinal Chigi, nonce du Pape, puis au doge de Gênes.