‹ Versailles et les trianonsChapitre 29 sur 136 · COTÉ DU NORD · texte numérisé non relu

COTÉ DU NORD

Chambre â coucber de Louis XV.

(a, plan III.) — (126. Notice du Musée.)

Ce fut d'abord une salle de billard sous Louis XIV. Ce prince excellait à ce jeu. Ce fut là qu'ayant apprécié la force de Chamillard au jeu de billard, il s'accoutuma peu à peu à lui ; il finit, malheureusement pour la France, par récompenser ce rare talent en nommant ministre celui qui le possédait. Plus tard, cette pièce fut agrandie par la réunion de deux petites pièces attenant à la cour des Cerfs. Elle est située entre cette cour et la cour de Marbre. Louis XV en fit sa chambre à coucher et y mourut. Immédiatement après sa mort, « le château resta désert : tout le monde s'empressa de fuir la contagion qu-'aucun intérêt ne donnait le courage de braver. En sortant de la chambre de Louis XV, le duc de Villeguier enjoignit à M. Andouillé, premier chirurgien du roi, d'ouvrir le corps et de l'embaumer. Le premier chirurgien était exposé à en mourir. « Je suis prêt, répondit « Andouillé, mais pendant que j'opérerai, vous « tiendrez la tête ; votre charge vous l'ordonne. » Le duc s'en alla sans mot dire, et le corps ne fut ni ouvert ni embaumé. Quelques serviteurs subalternes et de pauvres ouvriers demeurèrent près de ces restes pestiférés. » (Mme Campan.) Le

cercueil fut placé dans un carrosse de chasse, et les gens de l'escorte qui le conduisait à Sainl- Denis firent courir le mort du même train qu'il les avait menés si souvent durant sa vie. — •Après la mort de Louis XV, Louis XYI habita cette chambre jusqu'au 6 octobre 1789. « Cette chambre esl ornée avec un soin minutieux, dit le comte Alexandre de Laborde, par MM. d'Angoulon et Delbet; c'est le type de la sculpture ornementale, plus soignée encore et plus élégante sous le règne de Louis XV que sous Louis XIV. » — On y voit quelques peintures , entre autres des portraits de Louis XV, par Hyacinthe RigauU et J. B. Vanloo, et de six de ses filles, par Nattier (n° 2179) et des peintres du temps. — Un petit cabinet, à gauche de l'alcôve, estorné de boiseries sculptées et dorées représentant les attributs de l'Agriculture, du Commerce, de la Guerre, de la Marine, etc.

Salon des Pendules.

[b, plan III.) ~ (127. Notice du Musée.)

En 1749, une pendule indiquant les jours, les mois, les années, les phases de la lune, etc., y fut placée. D'autres pendules, dont l'une a été prise à Alger en 1830, y ont été également réunies. On voit sur le parquet une méridienne qui passe pour avoir été tracée par Louis XVI, et, sur des dessus de table en stuc, les plans figurés des forêts des résidences royales.

Ancien cabinet des Agates.

(c, plan III.) — (130. Notice du Musée.)

Ce cabinet, sous Louis XIV, renfermait les pierres.précieuses et les bijoux. Il reçut diverses destinations. On prétend que c'est d'une des fenêtres de ce cabinet que Louis XV, voyant passer de loin le convoi de Mme de Pompadour, prononça ces singulières paroles : « La marquise à mauvais temps pour son voyage. »

Salle des Buffets, sous Louis XYI.

(d, plan m.) — (131. Notice du Musée.)

M. Vatout, dans son Histoire de Versailles, indique par erreur cette pièce comme faisant partie de l'appartement de Mme de Maintenon (F. page 119), et le petit cabinet qui y tient comme le confessionnal de Louis XIV. Ce retrait était, selon Blondel, une garde-robe. On y voit un portrait, provenant de Saint-Gyr, et représentant Mme de Maintenon avec sa nièce d'Aubigné, par Ferdinand,

Cabinet de la Vaisselle du roi, sous Louis XVI.

(e, plan III.) — (132. Notice du Musée.)

a Ce cabinet, ainsi que la bibliothèque et la salle à manger à la suite, occupent l'emplacement de la petite galerie et de ses deux salons, dont les peintures étaient de Pierre Mignard. Avant la con-

struction de cette petite galerie en 1685, cette partie du palais était habitée par Mme de Montespan. » {Notice du Musée.)- Cette galerie fut détruite à son tour en 1736, quand on établit des appartements dans les combles du château.

Bibliothèque de Louis XVI.

(f, plan III.) — (133. Notice du Musée.)

Selon 31. Vatout, ce serait dans cette salle qu'auraient été découverts , sur la dénonciation de Gamain, l'armoire de fer et le livre rouge qu'elle renfermait Louis-Philippe voulait réunir dans cette bibliothèque tous les ouvrages analogues au caractère historique des galeries ds Versailles.

Sur une console se voit un autographe curieux conservé sous une glace : c'est un rapport de Mansart sur les salles de la ménagerie, en date du 8 septembre 1694. En marge sont des annotations de la main de Louis XIV ; on y remarque ces passages : ■< Il me paraît.... que les sujets sont trop sérieux et qu'il faut qu'il y ait de la jeunesse mêlée dans ce que l'on fera.... Il faut de l'enfance répandue partout. »

Salon des Porcelaines, sous Louis XVI.

(g, plan III.) — (134. Notice du Musée.)

Cette pièce était ainsi nommée, parce que les plus beaux produits de la manufacture de Sèvres y étaient autrefois exposés, au 1" janvier

De là, reprenant une autre direction et traversant une pièce en retour, on arrivera l'ancien escalier des Ambassadeurs.

Ancien escalier des Ambassadeurs.

{h, plan III.) — (135-136. Notice du Musée.)

Ce magnifique escalier fut détruit en 1750; il était décoré de peintures, par Lebrun et Van der Meulen, et de sculptures, par Coysevox. La salle (h, plan III) et l'escalier actuel occupent une partie de son emplacement.

La salle (/i, plan III) renferme plusieurs tableaux de Van der Meulen : 2217. Prise de Charleroi. 2218. Prise d'Mh. 2219. Prise de Gourtray.

L'escalier actuel a été construit par Louis-Philippe. On y voit deux grandes toiles intéressantes (2215 et 2216) dues au pinceau de Ch. Parrocel : Méhémet Effendi, ambassadeur turc, entrant aux Tuileries et sortant des Tuileries.

Prenant, au delà de l'escalier, un petit couloir éclairé par une cour intérieure, on arrive à la salle suivante :

Salle à manger.

(i, plan III.)

Cette pièce a eu d'abord plusieurs autres destinations. Elle est située entre la cour des Cerfs et une autre petite cour intérieure. — De là, on passe dans le cabinet des Chasses

PETITS APPARTEMEiNTS. 117

Cabinet des Chasses*

(j, plan III.) — (128. Notice du Musée.)

« La croisée de ce cabinet, dit M. Vatout, donne sur une petite cour, qu'on appelle la cour des Cerfs ; elle est entourée d'un balcon sur lequel, au retour de la chasse, la famille royale se plaçait pour voir faire la curée. Cette grille enfer, à main gauche sur le balcon, servait d'entrée dans Falcôve de la chambre de Louis XV. C'est par là que Mme Dubarry, dont l'appartement était au-dessus, se rendait secrètement auprès du roi. La porte dorée, à droite en entrant, donne sur un escalier qui conduisait en haut, dans le logement de Mme Dubarry. (Il consistait en une suite de petites pièces très-basses, éclairées par des fenêtres en voûte circulaire.) Au deuxième étage de la cour des Cerfs, Louis XV avait fait pratiquer pour lui de petits appartements que Louis XVI, plus tard, fit disposer selon ses goûts. » C'est dans cette partie supérieure du palais qu'il s'occupait de travaux de serrurerie, sous la direction d'un ouvrier nommé Gamain, qui construisit, au commencement de 1792, la fameuse armoire de fer. Quelques jours avant le procès de Louis XVI, Gamain fit au ministre Roland la révélation de cette cachette secrète, révélation que lui seul pouvait faire. Plus d'un an après la mort de Louis XVI, Gamain adressa à la Convention nationale une pétition dans laquelle, à la suite d'une odieuse accusation de tentatives d'empoisonnement sur sa personne par Louis XVI, il demandait une pension. Une pension viagère de 2000 livres lui fut effectivement accordée, à compter dujoUr de V empoisonnement !

Les murs de ce cabinet, que décore une frise représentant des amours chassant, sont revêtus d'une ancienne menuiserie.

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