COTÉ DU MIDI
Petits apitartciiicnts de marie-Antoinette.
Ces petits appartements, prenant leur jour par une petite cour intérieure et desservis par un petit escalier, étaient, sous Louis XIV, les dépendances du service intime de Marie-Thérèse. Quand la duchesse de Bourgogne prit possession des appartements de la reine, des additions et des changements furent faits à cette partie du château. Sous Louis XY, Marie Leczinska y ajouta des bains et un cabinet d'étude où elle se livrait à l'innocente distraction de la peinture {V. ci -dessous, le grand Trianon). Marie- Antoinette habita à son tour ces petits appartements. « C'est là, dit M. Yatout, que dans un aimable abandon cette princesse recevait cette société de prédilection qui souleva tant de jalousies : la comtesse Jules de Polignac et sa belle-sœur Diane ; MM. de Guignes, de Coigny, d'Adhémar, de Bezenval, de Polignac, de Yaudreuil, de Guiches, et le prince de Ligne.
Salon de la Reine.
(/c, plan IJI.)
Les boiseries du salon de la Reine sont de l'époque de Marie-Antoinette. Ce salon a été nouvellement meublé à l'occasion de la visite que la reine d'Angleterre a rendue à l'empereur Napoléon IIL
Bibliothèque verte. »
{l, plan III.)
Cette 'pièce était le cabinet de bains de Marie Leczinska.
Bibliothèque blanche.
(m, plan III.)
Ce cabinet servait d'atelier de peintures à Marie Leczinska. « Les verrous et les boutons de porte sont au chiffre de Marie- Antoinette.^»
Traversant ensuite un petit cabinet (n, plan III), on rentre dans la salle de l'OEil-de-Bœuf par le couloir suivant :
Couloir de communication.
(o, plan III.)
C'est par ce couloir de service, établissant une communication avec l'appartement du; roi, que Marie-Antoinette se sauva le matin du 6 octobre 1789. Il communique avec la chambre à coucher de la reine (V. page 82).
Appartement de Mme de Maintenon»
(p, q, plan III.)
Nous avons constaté précédemment (page 74) qu'on avait placé d'abord par erreur cet appartement dans une autre partie du château. C'est M. J.
A. Le Roi, bibliothécaire de Versailles, qui .en a retrouvé le véritable emplacement. Il résulte, de ses recherches et des descriptions du temps, que l'appartement de Mme de Maintenon était formé de trois des salles aujourd'hui consacrées aux campagnes de 1793, 1794 et 1795 (^, q et 58, plan III).
On y entre par une petite porte, percée sous Louis- Philippe, au fond de la salle du Sacre (plan III).
L'appartement de Mme de Maintenon se composait : 1** da deux antichambres^ aujourd'hui détruites et ne forinant plus qu'une seule pièce (/?, plan III; 141. Notice du musée); — 2° d'une grande pièce très-profonde, éclairée par trois croisées, qui était sa chambre à coucher (g, plan III; 142. Notice du Musée) ; elle a été partagée en deux pièces lors de l'établissement des galeries historiques; 3° d'un grand cabinet, aujourd'hui salle 58, plan III (143. Notice du Musée); le plancher en était plus élevé que celui de la chambre à coucher et on y montait par cinq marches qui n'existent plus, parce que le sol de cette pièce a été abaissé. Sur l'emplacement de ces marches il y a aujourd'hui un petit couloir pour aller du grand cabinet à la chambre à coucher. Dans la salle 58 (plan III), le tableau n" 2307 « masque, dit la Notice du Musée^ une porte qui donnait sur un petit escalier et de là dans l'appartement du duc de Bourgogne. C'est par cette porte que l'on entrait dans le grand cabinet
de Mme de Maintenon. sans passer par sa chambre à. coucher. » Nous ajouterons ici quelques détails sur la vie intérieure de cette reine quasi plébéienne, détails empruntés à Saint-Simon.
« Entre la porte de l'antichambre et la cheminée (cette cheminée, située au fond, a été détruite) était le fauteuil du roi adossé à la muraille, une table devant lui et un. ployant autour, pour le ministre qui travaillait ; de l'autre côté de la cheminée, une niche de damas rouge où se tenait Mme de Maintenon, avec une petite table devant elle ; plus loin, son lit dans un enfoncement; vis-à-vis les pieds du lit, une porte et cinq marches.... Pendant le travail, Mme de Maintenon lisait ou travaillait en tapisserie ; elle entendait tout ce qui se disait entre le roi et le ministre qui parlaient tout haut; rarement elle y mêlait son mot.... Mais elle était d'accord avec le ministre.
« Vers les neuf heures du soir , deux femmes de chambre venaient déshabiller Mme de Maintenon. Aussitôt après, son maître d'hôtel et un valet apportaient son couvert, un potage et quelque chose de léger. Dès qu'elle avait achevé de souper, ses femmes la mettaient dans son lit, et tout cela en présence du roi et du ministre.... ou des dames familières ; tout cela gagnait dix heures, que le roi allait souper et, en même temps, on tirait les rideaux de Mme de Maintenon. » Et, dans un autre endroit de ses Mémoires : « Lorsque le roi était averti qu'il était servi, il passait un moment dans une garde-robe, allait après dire un mot à Mme de Maintenon, puis sonnait. Alors, Monseigneur, s'il y était. Monseigneur et Mme la duchesse de Bourgogne, M. le duc de Berri, entraient à la file dans la chambre de Mme de Maintenon, ne faisaient presque que la traverser, et précédaient le roi qui allait ?e mettre à table. Tous les soirs, Mme la duchesse de Bourgogne jouait, dans le grand cabinet de Mme de Main-