‹ Versailles et les trianonsChapitre 31 sur 136 · J22 VERSAILLES · texte numérisé non relu

J22 VERSAILLES

tenon, avec les dames à qui on avait donné rentrée, et. de là, entrait, tant et si souvent qu'elle voulait, dans la pièce joignante, qui était celle de Mme de Maintenon. où elle était avec le roi, la cheminée entre deux. Monseigneur, après la comédie, montait dans le grand cabinet, où le roi n'entrait point et Mme de Maintenon presque jamais. »

Parmi les tableaux historiques, nous signalerons les suivants :

Salle (p, plan III). — 2287. Bataille de Loano, et 2288, Bataille d'Altenkirchen, par H. Bellangé.

Salle (g, plan III). 2297. Combat d'Hooglède, par Jollivet. 2299. Entrée à Anvers, par Caminade. 2301. Prise de Maëstricht, par Evg. Lami, 2298. Prise d'Ypres, par Philippoleaux.

Les jardins de Versailles sont le chef-d'œuvre de Le Nôtre (né en 1613 et mort en 1700). Le Nôtre étudia avec Lebrun dans l'atelier de Vouet. Il aurait pu se distinguer comme peintre ; il se contenta d'être architecte et dessinateur de jardins. Le genre solennel introduit par lui dans le paysage servit de modèle et se répandit dans toute l'Europe. Si nous avons peine aujourd'hui à goûter la singulière géométrie qui, rognant et taillant avec une régularité désespérante, faisant de l'architecture et de la sculpture avec la verdure des arbres, les transforme en murailles, en pyramides, etc., on ne peut mé-

connaître cependant la grandeur de conceptions qui présida au tracé de ces jardins. Rien de libre assurément , rien qui rappelle la luxuriante indépendance de la nature : mais ce genre qui transporte dans un parc les divisions- régulières de l'intérieur d'un palais, offre ici une merveilleuse harmonie avec le faste et les pompes de la cour de Louis XIV ; la nature elle-même a dû subir les lois de l'étiquette sévère qui régnait dans le palais*.

Façade du palais. — Elle présente du côté des jardins un très-long développement (F. ci-dessus, p. 33), et une ligne de 125 fenêtres (23 à la façade centrale, 17 sur chacune des façades en retour, et 34 à chaque aile) ; ce qui donne 375 fenêtres pour le rez-de-chaussée et les deux étages.

Terrasse au pied du château. — Quatre belles statues en bronze, d'après l'antique, sont adossées au bâtiment du milieu : Silène, Antinous, Apollon et Bacchus.

Aux angles sont deux vases en marbre blanc ; celui du côté du nord, par Coysevox, a des bas-reliefs figurant la victoire des Impériaux sur les Turcs à l'aide des secours de Louis XIV, et la prééminence de la France reconnue par l'Espagne; celui du sud est sculpté par Tuby. Les bas-reliefs

1. Nous indiquons toutes les statues qui sont distribuées dans le parc. Bien qu'un nombre considérable de ces ouvrages soit dépourvu de tout mérite, elles offrent cependant un certain intérêt, comme spécimen du style artistique de l'époque, et elles sont, le plus souvent, des énigmes allégoriques dont il est bon de donner la clef aux étrangers.

font allusion à la paix d'Aix-la-Chapelle et à celle de Nimègue.

Parterre d'eau (1 , plan I). — Il s'étend devant la façade centrale, et il est ainsi nommé parce qu'il présente au lieu de tapis de gazon deux bassins, contournés aux angles, dont la forme a été plusieurs fois changée. Ces bassins sont bordés d'une tablette de marbre blanc sur laquelle reposent de' remarquables groupes en bronze, fondus par les frères Relier, vers 1688 et 1690.

Le bassin du Nord (qu'on longe quand on entre dans les jardins par la cour de la chapelle) a aux quatre angles des figures de fleuves : du côté du château, la Garonne (1688) et la Dor<io^ne, appuyées sur deux urnes, modelées par Goysevox; à l'autre bout, la Seine et la Marner par Le Hongre (cette dernière est du côté sud).

Bassin du Midi. — Du côté du château : la Loire, tenant une corne d'Abondance, et le Loiret, par Regnaudin ; à l'autre extrémité, le Rhône appuyé sur une rame, et la Saône, par Tuby. Sur les longs côtés, sont des groupes en bronze également par Legros, Le Hongre, Van Clève, Magnier, Poultier, Raon, Lespingola, figurant des Nymphes ou des Naïades avec des Amours ou des Zéphyrs, et des groupes d'enfants montés sur des dauphins, ou jouant avec des oiseaux et tenant des couronnes de fleurs, des roseaux, des coquilles. Du milieu de chaque bassin s'élance une gerbe d'environ 10 mètres, qu'entourent seize jets inclinés formant la corbeille.

Devant les deux ailes du palais s'étendent deux parterres : le parterre du Midi et le parterre du Nord.

Parterre du Midi.

(2, plan I.)

Il est au pied de la terrasse de l'aile du midi. On y descend par un escalier de marbre blanc, dont les angles sont ornés de sphinx en marbre, montés chacun par un enfant en bronze, de Lerambert ; sur les perrons sont des vases, en marbre, par Bertin, et en bronze, par Ballin.

Ce parterre est orné de deux petits bassins, d'où sort une gerbe, et autour desquels sont des platesbandes à dessins de broderies formés avec du gazon et du buis.

Sur l'angle de la balustrade qui règne le long du parterre, et qui conduit à un des escaliers dont nous allons parler, est une statue de femme couchée, dite Gléopatre, par Van Glève (d'après l'antique). Du haut des terrasses qui supportent le parterre du midi, on aperçoit la pièce d'eau des Suisses, dominée par le bois de Satory, et au-dessous de soi le parterre de l'Orangerie, à droite et à gauche duquel sont deux magniQques escaUers, ayant 103 degrés chacun et 20 met. de largeur.

Sur la terrasse, à l'extrémité de l'aile du midi, est une statue en plomb de Napoléon P% par Bosio. Elle était destinée à être placée dans le char de l'arc de triomphe de la place du Carrousel. — Dans

une cour perdue au bas de cette terrasse est la statue en bronze du duc d'Orléans, par Marocheui, qui fut érigée, en 18^4, dans la cour du Louvre,

L'Orangerie*

L'Orangerie, construite en 1685 par Mansart, est, par le caractère mâle et simple qui la distingue, par l'effet grandiose et pittoresque de ses deux rampes d'escalier, « le plus bel ouvrage d'architecture qui soit à Versailles. » Elle se compose d'une galerie du milieu, de 155 met. de longueur sur 12 met. 90 de largeur, éclairée par douze fenêtres cintrées qui sont dans l'enfoncement des arcades, et de deux galeries latérales ayant chacune 1 14 met. 43 de longueur. Ces galeries présentent trois avant-corps; celui de la galerie du fond est de huit colonnes d'ordre toscan, et les deux autres ont chacun quatre colonnes.

Devant le bâtiment, et au pourtour d'un bassin sont rangées, dans la belle saison, près de 1200 caisses d'orangers et 300 caisses d'arbustes d'espèces variées.

Le plus vieux des orangers est celui qu'on nomme le Grand-Bourbon. « Voici, dit M. Eud. Soulié {Notice du Musée impérial de Versailles)^ la tradition qu'on rapporte au sujet de cet arbre. Une princesse de Navarre aurait semé en 1421 cinq pépins d'une petite orange nommée bigarade ; ces semences, ayant levé, furent cultivées à Pampelune,

alors capitale du royaume de Navarre. En 1499, Catherine de Foix, reine de Navarre, aurait envoyé en présent à la reine Anne de Bretagne la caisse contenant ces cinq orangers comme objets rares et précieux, en indiquant leur origine, et ce seraient les premiers de ces arbustes entrés en France. Cette caisse, devenue la propriété du connétable de Bourbon, et placée dans son château de Chantelles en Bourbonnais, aurait été transportée à Fontainebleau par ordre de François l^% après la confiscation des biens du connétable. Dans l'inventaire des biens provenant du connétable, figure un oranger à cinq branches venant de Pampelune. Ces cinq branches étaient les cinq pieds primitifs qui s'étaient soudés en se greffant par approche. Trois branches ont fini par ne former qu'un tronc commun, mais les deux autres, greffés seulement au collet de la racine, pourraient encore être détachées pour former deux arbres séparés. Cet oranger fut catalogué à Fontainebleau sous le nom du Grand-Connétable et désigné, depuis son transport à Versailles, sous le nom du Grand- Bourbon. » Si cette tradition est exacte, l'arbre aurait, en 1868, quatre cent quarante -sept ans d'existence.

On lit dans le Journal de Dangeau, samedi 7 juin 1687 : « Sur les cinq heures, le roi s'alla promener à pied à son Orangerie, où on a apporté les beaux orangers de Fontainebleau. «

Sous le bâtiment du milieu, vis-à-vis de la porte

centrale , est une statue colossale en marbre de Louis XIV, par Desjardins, destinée en 1686 à être dressée sur la place des Victoires à Paris. La tête, mutilée pendant la Révolution, a été refaite en 1 8 1 6.

Pièce d'eau des Suisses*

La pièce d'eau des Suisses que l'on aperçoit du haut de la terrasse du parterre du Midi, est ainsi

Versailles vu de la pièce d'eau des Suisses.

nommée parce qu'un régiment suisse fut employé à;la creuser en 1679; elle a 400 met. de longueur sur 140 met. de largeur. A l'extrémité, est une statue équestre, qui devait représenter Louis XIV gravissant la montagne de la Gloire; ce dernier ouvrage du Bernin^fut envoyé de Rome cinq ans après la mort de l'auteur; Louis XIV en fut si mé-

content qu'il voulut la faire briser. Girardon fut chargé de la retoucher : il ajouta un casque, retoucha les traits du visage, sculpta des flammes dans la masse du rocher, et la figure reçut le nom de Marcus Curtius^ chevalier romain qui se précipita tout armé dans un gouffre au milieu du Forum, pour apaiser les dieux infernaux.

Nous allons maintenant visiter, dans une direction opposée à rOrangerie, un autre des deux parterres qui s'étendent devant les ailes du palais.

Parterre du ]\ord.

(3, plan I.)

Parallèlement au parterre du Midi , devant l'aile du nord, s'étend un autre parterre que l'on a à sa droite, quand on entre dans les jardins par la cour de la chapelle. Il est entouré de vases en bronze, par Ballin, Angùier, etc. A droite et à gauche du perron de l'escalier qui descend dans le parterre sont deux statues en marbre d'après l'antique : le Scythe écorcfieur^ vulgairement le Rémouleur, par Foggini, et la Vénus accroupie, par Goysevox. Dans la partie basse de ce parterre sont les deux Bassins des couronnes, décorés de figures en plomb de Tritons et.de Sirènes, par Tuby et Le Hongre. Un peu plus bas que les bassins des couronnes est la fontaine de la Pyramide, dont les sculptures en plomb sont Fœuvre de Girardon. Enfin, au-dessous de celle-ci, est un bassin carré, où l'eau tombe en «ascade. On remarque, sur la face principale de ce

bassin, un joli bas-relief en plomb bronzé, représentant les Nymphes au bain, par Girardon; les autres bas-reliefs sont de Legros et de Le Hongre.

L'allée qui descend de ce bassin carré au grand bassin de Neptune est désignée sous le nom de Y Allée d'eau. Avant de la prendre, nous indiquerons les statues adossées aux bosquets du pourtour du parterre du Nord. Ce sont, à droite et en commençant du côté du palais : le Poème héroïque, par Drouilly; le Flegmatique, par Lespagnandelle ; VAsie, par Roger; le Poème satirique, par Buyster; — à droite et à gauche du bassin carré : le Sanguin^ par Jouvenet; le Colérique, par Houzeau; — et, en continuant au delà de l'Allée d'eau : Y Hiver, par Girardon; YÈtèy par Hutinot; Y Amérique., par Guérin ; l'iwtomne^ par Regnaudin.

Allée d'eau.

Cette allée en pente a été dessinée par Claude Perrault. Sur les bandes de gazon qui la partagent, on remarque vingt-deux groupes, chacun de trois enfants, jeunes garçons et jeunes filles. Amours et Satyres, jouant, dansant, revenant de la chasse, exécutés par Legros, Lerambert, Massou. Ces groupes sont placés chacun au milieu d'un bassin en marbre blanc; ils soutiennent une cuvette de niarbre du Languedoc, du milieu de laquelle s'élève un petit jet d'eau qui retombe en nappe dans le bassin inférieur.

A Textrémité de l'Allée d'eau se trouve, à droite, l'entrée du bosquet (fermé) de VArc de Triomphe. On y voit la France assise dans un char. Cette figure et celle de Y Espagne, appuyée sur un lion, sont de Tuby ; celle de l'Allemagne, assise sur un aigle, est de Coysevox. Sur le premier degré de marbre se tord un dragon expirant, symbole de la triple alliance.

A l'issue de l'Allée d'eau et entre cette allée et le bassin de Neptune, on remarque un bassin rond d'où s'élancent neuf jets d'eau, appelé autrefois bassin du Dragon. Cette pièce avait dû cette désignation aux figures bizarres qui la décoraient; et la foule continue encore à donner, par erreur, au bassin de Neptune le nom de pièce du Dragon.

Bassin de I>Ieptune.

De tous les bassins du parc, le plus grand et le plus remarquable, tant par le caractère grandiose des sculptures qui le décorent que par l'abondance de ses eaux, est, sans contredit, le bassin de Neptune. C'est le jeu des eaux de cette merveille d'hydraulique que l'on réserve en dernier lieu comme une sorte de bouquet, qui termine magnifiquement la fête féerique des Grandes eaux.

Une longue tablette ornée de vingt-deux vases de plomb bronzé, et garnie d'un jet entre chaque vase, règne le long de la façade méridionale de ce bassin; ces jets et ceux qui s'élèvent de chaque

vase, au nombre de soixante-trois, sont reçus dans un chenal d'où l'eau s'échappe dans de vastes coquilles placées aux angles, et par des mascarons, pour retomber dans la grande pièce.

Sur ia tablette inférieure sont trois vastes plateaux, sur lesquels sont placés des groupes de métal. Le groupe central représente Neptune, ayant à sa gauche Amphitrite, assise dans une grande conque marine, par Adam aîné (1740); celui de gauche : Protée gardant les troupeaux de Neptune et appuyé sur une licorne, par Bouchardon (1739); celui de droite : l'Océan, par Le Moyne (1740).

Aux deux extrémités de la tablette circulaire sont placés deux dragons marins montés chacun par un Amour. Ces groupes sont de Girardon.

«< Louis XIV vit aller pour la première fois, le 17 mai 1685, toutes les fontaines de la pièce de Neptune (Dangeau). Les groupes qui décorent ce bassin ne furent exécutés que sous Louis XV, par Adam l'aîné, Bouchardon et Le Moyne. »*

Cette pièce d'eau commence, d'ordinaire, à jaillir vers cinq heures, dès que tous les autres bassins ont successivement épuisé leurs gerbes liquides. Il est impossible d'en rendre l'effet magique, quand de tout le pourtour du bassin, quand de toutes les bouches des dieux , des Tritons , des Naïades , des phoques et des chevaux marins, surgissent, bouilonnent, s'entre-croisent des jets d'eau d'une force et d'un volume extraordinaires, qui retombent en cascade écumante dans la pièce d'eau agitée. Le

spectacle de toute cette masse d'eau déchaînée suffirait seul pour attirer la foule à Versailles.

A droite du bassin de Neptune est la grille du Dragon j qui mène dans Versailles au quartier Notre- Dame. Près de là, dans l'allée circulaire tracée en face du bassin de Neptune, on voit une assez belle statue de Bérénice (d'après l'antique), par Lespingola. Sous les massifs, en face du groupe de Neptune et d'Amphitrite, est un groupe dessiné par Lebrun et exécuté à Rome par Guldi, dans le style de décadence qui régnait alors; il représente la Renommée écrivant l'histoire de Louis XIV. A l'autre extrémité, dutôté de Trianon, dont on aperçoit le palais au bout d'une longue avenue sur laquelle ouvre la grille dite de Neptune, se dresse une statue de Faustine (d'après l'antique), par. Frémery.

Après avoir visité cette première partie des jardins qui s'étend immédiatement devant le château, nous allons achever de les parcourir, en nous rapprochant peu à peu de Trianon. Pour cela, nous reviendrons nous placer en avant des deux grands bassins du parterre d^eau, au-dessus de Tescalier et des rampes qui descendent dans le parterre de Latone. De là, tournant le dos au palais, nous apercevons une longue perspective : à nos pieds s'étale le parterre de Latone; au delà s'ouvre une magnifique avenue bordée de futaies et ayant au milieu un champ de gazon, nommé 1^ tapis vert; à l'extrémité de ce tapis vert, se montre le bassin d'Apollon, et, en arrière, un grand canal qui s'étend jusqu'à l'horizon. Pour procéder avec ordre dans notre promenade, nous visiterons d'abord le parterre de Latone et le tapis vert, puis les parties latérales du parc.

Avant de descendre dans le parterre de Latone, jetons un coup d'œil sur deux jolies fontaines, dans des cabinets de verdure, à gauche et à droite de Tescalier,

Les deux Fontaines.

La fontaine du côté de l'Orangerie est appelée fontaine du Point du jour (5, plan I), du nam d'une statue qui l'avoisine, exécutée par Marsy; et celle du côté de la chapelle, fontaine de Diane (6, plan I). — Des deux côtés de la fontaine du Point du jour, sont deux statues de femmes : l'une, à gauche, figurant Y Eau, œuvre charmante de Legros; l'autre, à droite , le Printemps, par Magnier. — En retour de la fontaine, du côté des rampes qui descendent au parterre de Latone, est une autre statue, par G. Marsy, ayant une étoile sur la têtaet figurant le Point du jour. — Des deux côtés de la fontaine de Diane, sont également deux statues représentant : le Midi sous la ligure de Vénus (à droite), par G. Marsy, et le Soir sous la figure de Diane (à gauche), par Desjardins.— En retour de la fontaine est une statue, par Le Hongre, ayant un aigle à ses pieds et figurant Y Air.

Sur l'appui de la bordure supérieure de chaque fontaine sont des groupes d'animaux en bronze, fondus par les frères Keller (1687). Ils lancent de l'eau dans les bassins et représentent : un tigre terrassant un ours ; un limier abattant un cerf, modelés par Houzeau; un lion combattant un sanglier, un lion terrassant un loup, par Yan Glève.

Du parterre d'eau, on descend dans celui de Latone par un escalier central, ou par deux rampes douces qui se développent sur les côtés.

Aux angles de l'escalier du milieu se trouvent deux vases, par Dugoulon et Drouilly. Quatre au-

Vase du bassin de Neptune. — L'eau. — Vase Borghèse.

très vases en marbre, ornés de masques antiques, de guirlandes de lierre ou de vigne, et placés sur le second perron , ont été faits à Rome , d'après l'antique, par Grimaud et d'autres élèves

Voici maintenant l'indication des statues qui décorent les rampes.

Rampe de gauche ou du Sud :

Le poème lyrique ^ par Tuby;

Le feu, par Dossier ;

Prisonnier barbare (d'après l'antique), par Lespagnandelle ;

Vénus Callipyge (d'après l'antique), par Clairion. — La pruderie moderne y a ajusté un bout de draperie d'une manière au moins maladroite ;

Silène jjorlant Bacchus enfant (d'après l'antique qui est au Louvre), par Mazière;

Antinous (d'après l'antique), par Legros;

Mercure (d'après l'antique), par Melo;

Uranie (d'après l'antique), par Garlier;

Apollon du Belvédère (d'après l'antique), par Mazèline ;

En face de la statue d'Apollon est celle du gladiateur mourant (d'après l'antique), par Mosnier.

Rampe de droite ou du Nord ;

Le Mélancolique, par La Perdrix ;

Antinous (d'après l'antique), par Lacroix;

Prisonnier barbare (d'après l'antique), par André ;

Faune (d'après l'antique qui est au Louvre), par Hustrelle;

Bacchus (d'après l'antique), par Granier ;

L'impératrice Faustine sous la figure de Cêrès (d'après l'antique), par Regnaudin;

L'empereur Commode sous la figure d'Hercule (d'après l'antique), par Nicolas Goustou ;

Uranie (d'après l'antique), par Frémery;

En face de la statue de Ganymède est la jolie statue de la Nymphe à la coquille (d'après l'antique qui est au Louvre), par Coysevox.

Bassin de Latone.

Le bassin de Latone est au milieu du parterre. Sur le plus élevé des gradins de marbre rouge étages en pyramide, a été placé le groupe de Balth. Marsy : Latone avec ses deux enfants, Apollon et Diane qui demande vengeance à Jupiter contre les insultes des paysans de la Lycie. Çà et là, au pourtour, des grenouilles, des lézards, des tortues, des paysans et paysannes, dont la métamorphose commence, lancent contre la déesse des jets d'eau qui croisent dans tous les sens leurs gerbes brillantes.

N'oublions pas les deux petits bassins, dits des Lézards, avec des gerbes de 10 mètres environ, placés plus bas, dans le parterre, et faisant suite aux métamorphoses des paysans de la Lycie.

A droite et à gauche du bassin se trouvent huit vases, dont trois représentent un sacrifice à Diane; trois autres, une fête de Baçchus^œuYres de Cornu, d'après les vases antiques dits : Borghèse et Médicis. Les deux derniers vases, de Hardy et de Prou, représentent : le premier, le jeune dieu Mars sur un char tiré par des loups; le second. Mars assis sur des trophées et couronné par des génies.

Des Termes en marbre sont adossés aux bos-

quets des quinconces du Midi et du Nord. — Dans la demi-lune en avant du Tapis vert sont placés les groupes suivants :

A gauche (côté du sud) : Castor et Pollux (d'après l'antique), par Goysevox ;

Arria et Pœtus (d'après l'antique) , par Lespingola;

A droite : Bapirius et sa mère (d'après l'antique), par Carlier ;

Laocoon et ses fUs (d'après l'antique), par Tuby.

Grande allée du Tnpis vert.

La belle avenue ouverte dans le centre du parc, et qui relie le parterre de Latone au bassin d'Apollon, est remarquable par le long tapis vert qui s'étend au milieu et qui lui a fait donner son nom. Cette immense nappe de gazon sert d'arène à un exercice auquel se livrent, selon une tradition non interrompue, une foule de provinciaux, de parieurs de toutes conditions, qui essayent, un bandeau sur les yeux, d'arriver jusqu'au bout sans avoir dévié et quitté l'herbe pour le sable.

Le tapis vert est bordé d'une double haie de vases et de statues dont voici les noms :

Côté gauche (sud) : la Fidélité (dessin de Mignard), par Lefèvre :

Vénus sortant du bain, par Legros; statue intéressante , imitée d'un antique qui se trouvait au château de Richelieu ;

Faune au chevreau (d'après l'antique), par Plamen;

Didon sur son bûcher, par Poultier ;

Amazone (d'après l'antique), par Buirette;

Achille sous l'habit de Pyrrha, par Vigier (spécimen de mauvais style, y ers 1695).

Le Tapis vert.

Côté droit (nord) : La Fourberie (dessin de Mignard), par Leconte ; Junon (antique restauré) ; Hercule et TèlèphCy par Jouvenet; Vénus de Médicis (d'après l'antique) ; Cyparisse caressant son cerf, par Flamen ; Artémise^ par Lefèvre et Desjardins.

A peu près aux deux tiers du Tapis vert, à gauche, on aperçoit le bosquet de la Colonnade (K. ci-dessous).

Nous avons cru devoir décrire de suite, après le parterre de Latone, Tallée du Tapis vert, qui forme une perspective si importante au centre du parc de Versailles ; maintenant, revenant sur nos pas, nous allons décrire les deux grandes divisions du parc du midi et du nord, séparées par le parterre de Latone et le Tapis vert. Nous commençons par le côté du sud.

Les bosquets que nous indiquons comme étant fermés sont ouverts les jours de fête seulement; mais, les autres jours, on peut les visiter en se faisant accompagner d'un surveillant. (Le poste des surveillants est à Feutrée du Tapis vert, à gauche.)

BOSQUETS DU COTÉ GAUCHE (sUD).

Ces bosquets sont divisés dans leur longueur par une allée parallèle au Tapis vert, mais double de longueur : Vallée de Saturne et de Bacchus, ainsi nommée à cause des figures qui ornent deux bassins situés dans cette allée à la rencontre d'allées transversales. — Le premier bassin (du côté de rOrangerie) est octogone; le groupe en plomb représente Bacchus et de petits satyres, par les frères Marcy, d'après le dessin de Lebrun. — Le bassin le plus éloigné est rond; et le groupe représente Suturne entouré d'enfants, par Girardon (dessin de Lebrun).

Visitons maintenant les divers bosquets de cette

partie gauche du parc , en commençant par ceux du côté de l'Orangerie et en nous avançant successivement vers le grand canal.

Bosquet de la Cascade, dit Salle de Bal.

(Fermé.) — (9, plan I.)

Ce bosquet, de forme elliptique, présente au fond une cascade composée de gradins en rocaille et en coquillage, et enrichie de vases et de torchères en métal bronzé. Les nappes d'eau qui tombent d'un gradin sur un autre forment un charmant coup d'œil,dont l'effet a été quelquefois augmenté en plaçant, dans les cavités qui s'étendent à chaque gradin sous les rocailles, des lumières colorées, par-dessus lesquelles les eaux se jouaient dans leur chute.

Au-dessus de l'amphithéâtre de verdure, en face de la cascade, est un joli groupe en marbre représentant Y Amour terrassant un Satyre.

On a appelé ce bosquet Salle de Bal, parce qu'il a servi à cet usage dans plusieurs grandes fêtes données dans les jardins, par Louis XIV. Un tableau du temps nous montre Mme de Maintenon y conduisant Mademoiselle de Blois, fille du roi ' et de Mme de Montespan. On lit dans le Journal de Dangeau que le grand Dauphin, après avoir été courre le loup, son exercice de chasse favori, se plaisait quelquefois à y donner à dîner aux chasseurs..

Bosquet de la Reîiie.

(Fermé.) — (lO, plan I.)

Ce bosquet remplace Tancien labyrinthe , supprimé en 1775, et ainsi nommé à cause de l'entrelacement des allées. Au détour de chaque allée se trouvait une fontaine ornée de figures d'animaux en plomb et de bassins en rocaille représentant une fable d'Ésope. Le dessin de ses sculptures avait été fourni par Lebrun, et les vers placés au bas étaient de la composition de Benserade. Ces ornements ont fait place à une décoration plus simple.

Parmi les arbres exotiques de ce bosquet, on remarque surtout un quinconque de tulipiers, décoré par quatre beaux vases en bronze, au milieu desquels est placée une statue de Vénus de Mèdicis, et une belle statue du Gladiateur combattant, toutes deux en bronze.

Le bosquet de la Reine est situé au pied d'un des grands escaliers qui descendent à l'Orangerie, parallèlement au mur du parc, vers l'avenue de Saint-Cyr.

C'est dans ce bosquet que se passa, dit-on, vers les dernières années de l'ancienne monarchie, une scène des plus singulières : le cardinal de Rohan, dupe d'intrigants et surtout de son aveugle crédulité, entrevit à la nuit une certaine Oliva, ayant une taille et une toilette pareilles à celles de

LES JARDINS. l'iS

Marie - Antoinette , et il crut avoir rencontré la reine. Dans l'espérance de rentrer en grâce auprès de cette princesse, mal disposée pour lui à cause de sa conduite politique comme ambassadeur à Vienne, il crut voir dans cette rencontre un mystérieux assentiment à négocier pour elle l'achat du collier de diamants de 1 600 000 francs, que le joaillier Bœhmer lui avait fait offrir et qu'elle avait précédemment refusé. C'est ainsi que se noua cette funeste affaire du collier, dont la malveillance s'arma pour répandre d'infâmes calomnies sur la reine, et qui a été justement appelée la première journée de la Révolution.

Nous prenons maintenant Vallée de V Automne, et, nous dirigeant du côté du parterre de Latone, nous passons devant le bassin de Bacchus, et au delà, nous entrons, à gauche, dans le quinconce du Midi.

Quinconce du Midi.

Nous signalerons seulement dans ce vaste espace, ouvert aux promeneurs et ombragé de marronniers, une suite de Termes en marbre exécutés d'après des dessins de Poussin, par Fouquet. Du côté du sud sont les sujets suivants : Morphée; un Moissonneur; Flore; une Bacchante; du côté du nord : Pomone; Minerve; Hercule; Vertumne. Dans plusieurs de ces Termes, le génie sévère de Poussin se retrouve encore à travers la traduction faite par le sculpteur.

VERSAILLES. iO

Après avoir traversé le quinconce du Midi, nous arrivons à Vallée de PHiver, qui s'étend du Tapis vert au jardin du Roi (F. plus bas); nous jetons un coup d'œil sur un vase en marbre, dessiné par Mansart, et passant devant le bassin rond de Saturne, nous voyons au delà, à gauche, le bassin du Miroir.

Bassin du Miroir.

(n, plani.)

Cette pièce d'eau est en face du bosquet du Roi. On remarque autour quelques statues antiques très-bien restaurées : une Vestale tenant une patère; Apollon; Vénus; une autre Vestale,

Jardin du Roi.

(A partir du !«■■ mai, il est ouvert tous les jours, de 2 heures à la nuit.)

Le jardin du Roi, promenade favorite des habitants de Versailles, remplace l'ancien bassin de Vile d'Amour. Ce bassin ne présentait, depuis longtemps, par suite de l'altération des conduits, qu'une sorte de marais fangeux, lorsque le roi Louis XVIII, pendant le rigoureux hiver de 1816, ordonna d'employer les indigents à des travaux de terrassement pour transformer ce marécage en un jardin d'arbrisseaux, d'arbustes, de gazons et de fleurs de toutes sortes.

Le plan du jardin, tracé par M. Dufour, architecte du roi, lut exécuté en trois mois; il ne reproduit nullement, comme semble le croire l'opinion générale, le dessin du jardin de la maison

d'Hartwell, que Louis XVIII occupait en Angleterre.

De la porte d'entrée, on aperçoit, sur le tapis de verdure, une colonne surmontée de la statue de Flore. — A l'extérieur se voient Hercule Farnèse, par Cornu, et Flore Farnèse, par Raon, statues colossales d'après l'antique.

Rien de plus ravissant dans la belle saison que l'ensemble de fleurs aux couleurs vives et fraîches, coquettement encadrées dans la verdure du gazon et servant elles-mêmes de bordures étagées aux massifs des arbustes. Des bancs sont disposés çà et là sous les ombrages pour les promeneurs.

Retournant au bassin de Saturne, nous entrons, à gauche, dans une avenue droite qui se' dirige vers le bassin d'Apollon, et nous prenons, à gauche, une allée qui conduit au miheu d'une salle dite : la salle des MARRONNIERS, nommé^ autrefois salle. des Antiques, à cause des statues antiques qui Fornaient; elle n'a conservé que les suivantes : Antinous et Méléagre, et les bustes (côté du sud) de Marc-Aurèle,d^Othon, d'Alexandre, d'' Apollon (côté du nord), d''Annibal, d'Octavien , de Sévère, d''Antonin.

Il ne nous reste plus pour achever le parcours des bosquets du sud, qu'à visiter celui de la Colonnade, dont la principale entrée est par l'allée du Tapis vert.

Bosquet de la Colonnade.

(Fermé.) — (13, plan L)

Ce bosquet renferme un péristyle en marbre, de torme circulaire (32 mètres de diamètre) et d'un

riche aspect décoratif; il est composé de 32 colonnes en marbre de différentes couleurs, avec des chapiteaux en marbre blanc. Sur les colonnes viennent s'appuyer une suite d'arcades cintrées, ornées à leurs clefs de masques de Nymphes, de Naïades ou de Sylvains. Dans les tympans sont des bas-reliefs par Mazière, Granier, Le Hongre, Leconte et Goysevox. Sous les arcades sont placées 28 cuvettes en marbre, de chacune desquelles s'élève un jet d'eau qui retombe en cascade dans le chenal inférieur.

Toute cette architecture a été exécutée par Lapierre, d'après les dessins de Hardouin Mansart.

Dans l'arène, formée au centre de cette salle de verdure, est un groupe en marbre par Girardon, d'après les dessins de Lebrun, ouvrage plein de mouvement, mais d'un dessin mou. Il représente V Enlève7nent de Proserpine par Pluton; les basreliefs du piédestal tigurent les diverses scènes de cet enlèvement.

Après avoir fait le tour de la Colonnade, reprenant le Tapis vert, nous descendons jusqu'au bassin d'Apollon,

En avant de ce bassin s'élargit une demi lune où dos statues de marbre sont adossées aux massifs des bosquets. A gauche (côté du sud) : Ino se précipitant dans la mer avec son fils Mélicerte, pour se soustraire à la fureur de son époux, groupe par Granier, d'après Girardon. Viennent ensuite les Termes suivants : Pan, par Mazière, d'après Gi-

rardon; le Printemps, par Arcis et Mazière; Bacchvs, par Raon ; Pomone, par Le Hongre, et une

La Colonnade.

statue de Bacchus, dont la partie supérieure a été refaite en 1853 par M. Du seigneur, — A gauche

(côté du nord) : Arislée et Protée, d'après Girardon, par Slodtz, 1723, groupe faisant le pendant de celui d'Ino; et, à la suite, les Termes de Sijrinx, de Jupiter et de Junon, par Glairion, de Vertumne, par Le Hongre, et une statue antique en marbre de Silène, portant Bacchus enfant.

Bassin d'Apollon et Canal.

A l'extrémité de la grande allée du Tapis vert, et dans l'axe du palais, se trouve le bassin d'Apollon, le plus grand du parc après celui de Neptune.

An centre, un groupe en plomb représente Apollon sur son char traîné par quatre chevaux et entouré de quatre Tritons sonnant de la conque, et de quatre monstres marins, exécuté par Tuby, d'après les dessins de Lebrun. Le vulgaire, dépoétisant la mythologie, a surnommé ce groupe le Char embourbé, mais il faut voir comment le Char embourbé se venge, les jours de grandes eaux, de cette dénomination moqueuse, quand il lance vers le ciel ses puissants jets d'eau, l'un de 18 mètres environ, les deux autres de 15 mètres, qui voilent à demi le dieu du jour sous leurs brillantes vapeurs. L'un des chevaux a été refondu et les autres ont été restaurés en 1737 et 1738, par Le Moyne.

A la suite de ce beau bassin s'étend le grand canal, qui a 62 mètres de largeur et 1558 mètres de longueur. Sous Louis XIV, cette majestueuse pièce d'eau était couverte de bâtiments de toutes

formes, et principalement de gondoles vénitiennes; elles étaient conduites par de nombreuses troupes de rameurs et de matelots pour lesquels un village avait été bâti dans le voisinage. Le roi, le grand Dauphin, les princesses allaient souvent y prendre le plaisir de la promenade et de la collation. Les fêtes finissaient par quelque feu à'artifice sur le canaf; en 1770, pour le mariage du Dauphin, on y avait établi un soleil qui éclairait tout l'horizon, et le canal était parcouru par deux cents chaloupes couvertes de verres de couleur.

Entre le bassin d'Apollon et le commencement du grand canal sont rangées les statues suivantes :

Côté gauche (sud)

Consul romain (antique) ; Empereur romain (antique) ; La Foi, statue gracieuse, mais sans style, par Clodion ; Leucothoê et Bacchus (antique) ; Hercule (antique) ; Junon (d'après l'antique).

Côté droit (nord).

Empereur romain (antique) ;

Bacchus (antique);

Apollon (d'après l'antique) ;

La Clarté, figure bizarre, par Baldi .

Hercule (antique) ;

Cléopatre.

Parvenus à celte extrémité du parc, nous pourrions visiter la partie nord des bosquets, successivement en remontant vers le château; mais, pour suivre une marche parallèle à celle que nous avons adoptée pour la description des bosquets de la partie sud, nous recommencerons notre parcours depuis le parterre de Latone, et, de là, nous rapprochant peu à peu du bassin d'Apollon, quand nous y serons arrivés une seconde fois, notre examen du parc de Versailles étant terminé, nous n'aupons plu's qu'à nous rendre aux Trianons.

BOSQUETS DU CÔTÉ DBOIT (nORD).

Ces bosquets, ainsi que ceux de l'autre côté, sont divisés dans leur longueur par une allée parallèle au Tapis vert, mais double de longueur : Vallée de Flore et de Cérès, ainsi nommée à cause des figures qui ornent deux bassins situés dans cette allée, à la rencontre d'allées transversales. Le premier bassin (du côté du château) est octogonal, et décoré d'un groupe en plomb représentant Cérès entourée d'Amours, par Regnaudin, d'après le dessin de Lebrun. — Le bassin le plus éloigné est rond; le groupe en plomb représente Flore au milieu d'Amours, par Tuby.

Le premier bosquet que nous visiterons de ce côté est celui d'Apollon.

Bosquets des Bains d'Apollon.

(Fermés.) — (14, plan 1.)

Ce bosquet, adossé au bassin de la Fontaine de Diane, a subi plusieurs changements. Trois ans

La toilette d'Apollon.

après la replantation du parc, qui eut lieu en 1775, il fut composé sur un nouveau dessin, par Hubert Robert, qui était alors très à la mode comme dessinateur de jardins irréguliers. Il renferme un immense rocher dans lequel a été pratiquée une grotte décorée du célèbre groupe en marbre d'Apollon et les Nymphes, dû au ciseau de Girardon et de Regnaudin.

A droite et à gauche, et à quelque distance de ce groupe principal, sont : deux coursiers d'Apollon abreuvés par des Tritons^ ouvrage de Guérin; et les Tritons, tenant deux coursiers dont l'un mord la croupe de l'autre qui se cabre, par les frères Marsy.

Ces beaux groupes furent d'abord placés dans la fameuse grotte de Thètis^ bâtie en 1662 par Pierre de Francine, auprès du château, à la place où se trouve aujourd'hui le vestibule de la chapelle. Elle fut démolie pour faire place aux constructions de l'aile du nord. Il est digne de remarque que, dans le groupe d'Apollon, une des Nymphes agenouillée tient une aiguière sur laquelle est sculpté le passage du Rhin. C'est toujours Louis XIV qui est le véritable dieu adoré sous l'image du dieu du soleil.

Le bosquet des Bains d'Apollon est ouvert au public le jour des grandes eaux, et le gracieux agencement des eaux, de la verdure et de la sculpture, qu'il présente, est une des merveilles de ces spectacles féeriques.

En sortant des bains d'Apollon, nous visiterons une salle de verdure qui est désignée sous le nom de Rond vert.

Le Rond vert.

(15, plan I.)

Ce bosquet a été planté sur l'emplacement du théâtre d'eau dont les dispositions sont reproduites dans les tableaux 737 et 738 de la salle des résidences royales (V. page 107). On y voit quatre statues antiques, très-endommagées , Faune, Pomone, Cérès et la Santé. Le centre de ce bosquet présente une pelouse, rendez-vous ordinaire des bonnes et des enfants.

A rextrémité du bosquet du Rond vert est un petit BASSIN d'enfants, représentés se jouant au milieu des eaux. Ces figures d'enfants sont en plomb et au nombre de huit. De là, traversant Vallée de VÉté (qui aboutit au bassin octogone de Cérès), nous entrons, en face, dans un bosquet d'égale grandeur, désigné sous le nom de bosquet de l'Étoile.

L'Étoile.

(16, plan I.)

A la place du bosquet de l'Étoile était autrefois la Montagne d'eau (reproduite dans le tableau 736 de la salle 9; V. page 107). Au pourtour de l'Étoile, sont les statues antiques en marbre de Mercure, ô!Uranie, d'une Bacchante et à' Apollon; et, dans l'allée circulaire, celles de Ganijmède

(d'après l'antique), par Joly, et de Minerve^ par Bertin.

Entre TEloile et le Tapis vert s'étend le quinconce du Nord.

Quinconce du ]\ord.

Ce vaste espace ombragé, ouvert aux promeneurs, fait le pendant du quinconce du Midi, et il est également décoré de Termes en marbre , exécutés à Rome, comme ceux du quinconce du Midi, d'après les dessins de Poussin. Du côté du sud sont : Flore; VEtê, par Théodon (en arrière); Pan et Bacchus, Du côté du nord : Faune; V Hiver ^ par Legros (en arrière) ; la Libéralité et V Abondance.

A rextrémité du quinconce du Nord, on aperçoit, dans Tallée du Printemps, un vase en marbre, par Robert. Le bosquet qui s'étend derrière ce vase est celui des Dômes. On y entre du côté du bassin de Flore, ou du côté du Tapis vert.

Bosquet des Dômes.

(Fermé.) — (17, plan I.)

Quand les groupes statuaires des bains d'Apollon furent enlevés de la grotte de Thétis, on les transporta d'abord dans ce bosquet appelé d'abord Fontaine de la Renommée et qui dut ensuite son nom actuel à deux petits pavillons en marbre blanc, — couverts chacun d'un dôme enrichi d'ornements de métal doré, — et détruits à cause

de leur état de vétusté. Le tableau 734 du musée reproduit cette ancienne disposition.

Au milieu est un bassin entouré d'une balustrade en marbre blanc, ainsi qu'une terrasse avec une seconde balustrade. Sur le socle et les pilastres sont sculptés une suite de bas-reliefs représentant des trophées d'armes, par Girardon, Guérin et Mazeline.

Bassin de Flore.

Ce bassin, au centre duquel est une cuvette en marbre blanc, est dans un état regrettable de délabrement. Nous ne le mentionnons que pour être complet, et à cause des bas-reliefs de Girardon.

Le bosquet est décoré des statues suivantes : Impératrice romaine et Faune dansant (d'après l'antique) ; Bacchus, par Guill. Goustou ; Diane, par

Frémin ; Vénus de Médicis, Isis (d'après l'antique) ; Melpomène et Thalie, statues antiques.

Bassin d'Encelade.

(18, plan I.)

Près du bosquet des Dômes est le bassin d'Encelade. Il doit son nom à la figure à'Encelade^ dont on aperçoit seulement la tête et le bras gigantesques, au milieu de fragments de rochers. Le jet d'eau (23 mètres), qui sort de la bouche du Titan, à demi enseveli sous les débris de l'Etna, est un des plus élevés du jardin, -r- Derrière le^ bassin d'Encelade est un dernier bosquet au milieu duquel se trouve le bassin de l'Obélisque.

Bassin de l'Obélisque.

(19, plan I.)

Ce bassin doit son nom à la forme pyramidale que prennent ses eaux jaillissantes.

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