LES EAUX
rigoles qui, contournant les hauts plateaux, ramassent les eaux de pluie et de neige fondue, et vont les verser dans les étangs et les réservoirs creusés pour les recevoir. Les principaux étangs sont ceux de Trappes ou de Saint-Quentin, Saclay, Bois-d'Arcy, Saint-Hubert, Perray, etc. Le développement total des rigoles est de 157 652 mètres, sur une largeur moyenne de 20 mètres environ.
Le système des étangs fournit des eaux hautes et des eaux basses.
Les eaux hautes, qui sont celles de Trappes, viennent par un aqueduc souterrain de 10 772 mètres de longueur, et se réunissent, à l'E. de Versailles, dans les bassins de Montboron. Les eaux basses viennent de la plaine de Saclay ; elles sont d'abord réunies dans des étangs, et traversent ensuite la vallée de Bue au moyen d'un aqueduc (F. les Environs de Paris illustrés). Elles arrivent dans Versailles à un niveau de 1 3 mètres plus bas que celles du bassin de Montboron. Ces eaux, soit hautes, soit basses, se distribuent : une partie directement dans la ville, ou dans le parc ; une autre, amenée par des conduits, du bassin de Montboron au château d'eau (11, plan I); une dernière, au grand réservoir (F. p. 27), et de ces deux réservoirs elles vont alimenter les bassins du parc.
Selon un rapport de l'habile directeur actuel des eaux de Versailles, le cube des eaux de tous les étangs, parvenues à leur niveau de déversement, est de 7 971 726 mètres: niveau qu'elles at-
teignent, du reste, très-rarement. La quantité
moyenne est estimée à 5 321 151 mètres cubes, ; quantité sur laquelle il s'opère une réduction d'un cinquième par suite des filtrations et de l'évaporation. Sur cette quantité ainsi réduite,
la consommation annuelle de la ville absorbe j
2 182 460 mètres cubes. On voit, d'après cela, quel ]
est l'excédant disponible pour le jeu des eaux du j
parc. j
D'importantes améliorations 'ont été apportées, '• dans ces dernières années, au système des eaux de consommation de la ville de Versailles, au \ moyen d'un plus grand développement de puissance donné à la machine de Marly. i
Il faut distinguer dans le jeu des eaux ce qu'on ]
appelle les petites eaux et les grandes eaux. Les i
premières jouent souvent, dans la belle saison, !
tous les quinze jours. Les secondes ne jouent j
même pas tous les mois. Ces dernières se com- i
posent des bassins réservés, tels que la salle de \
Bal, la Colonnade, les bains d'Apollon, et surtout du j
bassin de Neptune. Les petites eaux commencent or- ;
dinairement à jouer vers trois heures. A quatre I
heures, commencent les grandes eaux; et, à par- !
•tir de ce moment, outre les jeux nouveaux des i
bosquets, d'autres bassins, tels que ceux de La- \ tone et d'Apollon, reçoivent un plus grand développement de leurs eaux jaillissantes. C'est alors qu'il faut savoir se diriger dans le parc pour visiter tour à tour ces merveilleux spectacles hy-
drauliques. Notre itinéraire fournit d'amples renseignements à cet égard. Du reste, la fouie se porte d'elle-même et par tradition aux différents bassins, et finit par se rassembler autour du bassin de Neptune, qui joue vers cinq heures. Le spectacle qu'il offre alors est si merveilleux, que, en voyant le peu de temps qu'il dure, on se prend à regretter la permanence qu'il pourrait avoir, si les folles tentatives de Louis XIV pour amener la rivière de l'Eure à Versailles avaient réussi.