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JARDINS ET PALAIS DES TRIANONS

On peut s'y rendre à pied, en une petite demi-heure, depuis les débarcadères des chemins de fer. Si Ton arrive par celui de la rive gauche, il faut se rendre au château, traverser le parc et, parvenu au bassin d'Apollon, prendre l'allée qui s'ouvre à droite, sortir du parc à gauche, à l'extrémité de cette allée, d'où l'on n'a que quelques centaines de pas à faire pour gagner la grille de la grande entrée (V. ci-dessous). Si l'on arrive par celui de la rive droite, on doit prendre, comme nous l'indiquons ci-dessus, le boulevard de la Reine^ le suivre jusqu'à la barrière de la Reine, et, au delà de cette barrière, suivre encore un peu le prolongement qui aboutit obliquement à la grande avenue, bordée de doubles rangs d'arbres, qui, elle-même, va directement du bassin de Neptune au palais du grand Trianon (A, pi. I).

N. B. A l'extrémité d'une des branches du grand canal, dite bras de Trianon, on aperçoit deux rampes d'escalier qui montent au parc (réservé) du grand Trianon ; mais ces escaliers sont fermés de grilles, et, si Ton arrivait de

VERSAILLES, Il

ce côté, il faudrait faire un détour sur la droite pour i^agner les entrées des deux Trianons.

Arrivé à Fesplanade sur laquelle s'ouvre la grille de la grande entrée (d, pi. I), on franchit cette grille, et on suit la belle avenue qui va au palais du grand Trianon. (Après avoir dépassé la grille, on peut gagner de suite le petit Trianon, en prenant à droite derrière les bâtiments du concierge et du corps de garde, une allée bordée de peupliers.) A Textrémité de Tavenue, on arrive à une autre esplanade qui précède la cour du palais du grand Trianon. La porte d'entrée est à gauche, sous Thorlogè ; là on se joint à une compagnie de visiteurs, ou Ton s'assied dans une salle d'attente, jusqu'à ce quelle gardien oit de retour.

Le grand Trianon est ouvert tous les jours au public ; mais on ne visite les appartements qu'accompagné par un gardien. — La salle des Voitures, dont l'entrée est près de l'esplanade, à droite, quand on est devant le grand Trianon [V. e, plan I), n'est ouverte au public que le jeudi et le dimanche.

Les jardins du petit Trianon sont ouverts tous les jours au public ; mais le château ne se visite pas sans une permission qu'il faut demander par écrit au ministre de la maison de l'Empereur ou- à l'adjudant des palais impériaux aux Tuileries.

Les deux Trianons^

Versailles était loin d'être achevé que déjà Louis XIV, après avoir acquis, en 1663, des moines de Sainte-Geneviève, des terres sur la paroisse de Trianon (désigné sous le nom de Triarnum dans une bulle du xii® s.), s'y fit bâtir, en 1670,

un petit château, ou plutôt un pavillon, pour aller s'y reposer des ennuis du faste et de la représentation. C'était d'abord, dit Saint-Simon, une maison de porcelaine à aller faire des collations. Au bout de quelques années, vers 1687, la fantaisie royale voulut, à la place de ce pavillon, avoir un palais. Mansart fut chargé d'en dessiner les plans. Louis XIV, en faisant détruire le premier Trianon pour en construire un nouveau, ne choisit pas judicieusement l'emplacement. C'est sur la terrasse élevée dans l'axe de la branche transversale du grand canal qu'aurait dû être placée la façade principale, présentant de ce côté une magnifique perspective.

Pendant que Ton bâtissait ce château, le roi visitait un jour les travaux avec Louvois, qui, à ses autres fonctions, joignait celles de surintendant des bâtiments. Louis XIV crut s'apercevoir qu'une des fenêtres, encore inachevée, était plus étroite que les autres. « Louvois, qui naturellement était brutal, et, de. plus, gâté jusqu'à souffrir difficilement d'être repris par son maître, disputa fort et ferme, et maintint que la croisée était bien. Le roi insista, et le lendemain encore, sans que Louvois, qui était entier, brutal et enflé de son autorité, voulût céder. Le roi tourna le dos et s'alla promener ailleurs dans le bâtiment. »

Quelques jours après, le roi retourne à Trianon avec son ministre, fait appeler Le Nôtre, et lui 'ordonne de mesurer la fenêtre ; commission embarrassante pour Le Nôtre, qui, craignant de déplaire à Louvois ou à Louis XIV, «• aurait bien voulu n'être pas là, dit Saint- Simon, et ne bougeait. Enfin le roi le fit aller ; et cepen-

dant Louvois toujours à gronder et à maintenir Fégalité de la fenêtre avec audace et peu de mesure. Le Nôtre trouva et dit que le roi avait raison de quelques pouces. Louvois voulut imposer ; mais le roi, à la fm trop impatienté, le fit taire, lui commanda de faire défaire la fenêtre à Fheure même, et, contre sa modération ordinaire, le malmena fort durement. Ce qui outra le plus Louvois, c'est que la scène se passa non-seulement devant les gens de bâtiment, mais en présence de tout ce qui suivait le roi dans ses promenades, seigneurs, courtisans, officiers des gardes, eto» La vesperie fut forte et dura assez longtemps, avec les réflexions sur les conséquences de la faute de cette fenêtre, qui, remarquée plus tard, aurait gâté toute cette façade et aurait engagé à Tabattre. Louvois, qui n'était pas accoutumé d'être traité de la sorte, revint chez lui en furie, et comme un homme au désespoir. Ses famihers en furent effrayés, et dans leur inquiétude tournèrent pour tâcher de savoir ce qui était arrivé. A la fin, il le leur conta, dit qu'il était perdu, et que, pour quelques pouces, le roi oubliait tous les services qui lui avaient valu tant de conquêtes ; mais qu'il y mettrait ordre, et qu'il lui susciterait une guerre telle, qu'il lui ferait avoir besoin de lui, et laisser là la truelle. Il ne mit guère à tenir parole. Il enfourna la guerre par l'affaire de la double élection de Cologne, etc., il la confirma en portant les flammes dans le Palatinat.... » Si le satirique écrivain tire ici des conséquences exagérées, cependant l'anecdote qu'il raconte à deux endroits différents de ses Mémoires n'en est pas moins curieuse et caractéristique.

Louis XIV venait fréquemment avec les princes et princesses de sa famille visiter cette résidence ; et l'on jouissait de toutes ces nouveautés avec une ardeur singulière. Cependant, à partir de 1700, le

roi ne coucha plus à Trianon, et, désenchanté de ce palais, il voulut encore se créer une autre habitation moins magnifique, mais plus commode. C'est alors que Mansart construisit pour lui le château de Marly.

Louis XV fit, à l'instigation du duc d'Ayen, créer à côté de Trianon un jardin botanique célèbre par les expériences de Bernard de Jussieu et par ses arbres exotiques rapportés de TAngleterre. Ce jardin, appelé le petit Trianon^ était séparé, par une avenue, du grand Trianon. La fantaisie de Louis XY voulut bâtir là un château, diminutif du grand Trianon, comme le château construit par Louis XIV avait été un diminutif de Versailles. Ce château du petit Trianon, construit en 1766 par Gabriel, est composé d'un pavillon formant un carré de 23 mètres de façade. Louis XYI, lors de son avènement au trône , donna le petit Trianon à Marie-Antoinette; elle y fît planter des jardins pittoresques, à r anglaise ou naturels, que les Anglais appelaient jardins chinois, et dont la mode s'était établie complètement en France vers la fin du règne de Louis XV. Au milieu de ces jardins, Mique, l'architecte de la reine, assisté du peintre Robert et inspiré par le duc de Caraman, creusa un lac, traça des rivières, dissémina des maisons rustiques, sorte de décors d'opéra figurant un hameau , et éleva au milieu des bosquets le Temple de l'Amour (5, plan I) et le pavillon des Concerts (4, plan I), près du grand rocher.

Marie - Antoinette }3rit ce séjour en affection. Elle venait s'y reposer dans l'intimité et y échanger le faste de Versailles contre d'innocentes mais fort peu naïves imitations de la vie villageoise. « Une robe de percale blanche, un fichu de gaze , un chapeau de paille , étaient , dit Mme Campan, la seule parure des princesses. Le plaisir de parcourir les fabriques du hameau, de voir traire les vaches, de pêcher dans le lac, enchantait la reine, et chaque année elle montrait plus d'éloignement pour les fastueux voyages de Marly. » La royauté , précédemment tombée de l'Olympe dans le boudoir, se réfugiait maintenant dans l'idylle et la bergerie; halte douce et paisible à la veille d'une révolution. « L'idée de jouer la comédie, comme on le faisait alors dans toutes les campagnes, suivit celle qu'avait eue la reine de vivre à Trianon, dégagée de toute représentation. Il fut convenu qu'à l'exception du comte d'Artois, aucun jeune homme ne serait admis dans la troupe. La reine riait beaucoup de la voix de M. d'Adhémar, belle anciennement, mais devenue chevrotante; l'habit de berger, dans le Colin du Devin du Village, rendait son âge fort ridicule. Le rôle de Colette fut réellement très-bien joué par la reine.... Le 19 août 1785, le Barbier de Séville fut joué dans la salle du petit Trianon. La reine remplissait le rôle de Rosine, le comte d'Artois celui de Figaro et M. de Vaudreuil (le meilleur acteur de société qu'il y eût peut-être à Paris) celui d'Almaviva;

Beaumarchais assistait à la représentation. » (Mme Campan.) Et cette représentation avait lieu au moment même où le Mariage de Figaro remuait tout Paris et éveillait déjà ces passions révolutionnaires qui devaient éclater quatre ans plus tard, et conduire à l'échafaud ou en exil les acteurs et les spectateurs du petit Trianon I

« Vers 1797, dit M. Le Roy (Histoire des Rues de Versailles\^ un limonadier de Versailles, nommé Langlois, eut l'idée de louer le petit Trianon pour en faire un jardin public. II y établit un restaurant, donna deâ fêtes avec illuminations, feux d'artifice. Ce fut dans ce jardin que Garnerin fit ses premières ascensions aérostatiques. » Quant aux meubles, ils furent vendus à l'encan.

Napoléon fit faire des réparations aux Trianons et les fit meubler; il songea un moment à y établir sa résidence d'été, mais il en fut détourné par l'insuffisance et l'incommode distribution des appartements. Le jour de la dissolution de son mariage avec Joséphine, il se retira à Trianon, et l'impératrice à la Malmaison.

Louis XVIII et Charles X ne firent aucun séjour à Trianon ; mais ce dernier s'y arrêta en partant pour l'exil. Louis-Philippe y fit exécuter, par Ch. Nepveu, architecte, des travaux considérables (F. ci-dessous). Le mariage de la princesse Marie avec le duc Alexandre de Wurtemberg y fut célébré en 1837. Le petit Trianon devint ensuite la résidence d'été du duc et de la duchesse d'Orléans. En 1848,

Louis-Philippe , fuyant Paris , s'arrêta aussi à Trianon, après avoir quitté Saint-Cloud.

Ce palais se compose d'un seul rez-de-chaussée, sans toit apparent et sans caves sous les appartements, avec deux ailes en retour d'équerre qui encadrent la cour. Les proportions de la façade sont élégantes. Au milieu, un vestibule à jour en colonnes de marbre, et dont le dessin est attribué à Robert de Cotte, séparait la cour des parterres et isolait les deux ailes, qui devenaient ainsi en quelque sorte deux habitations distinctes. Ce vestibule fut fermé, en 1810, par des vitrages. «La grande galerie, qui paraît avoir été bâtie après coup en prolongation de l'aile droite, au midi sur les parterres, n'était qu'un long corridor isolé sur deux faces, communiquant par son extrémité au grand corps de bâtiment que l'on appelait le Trianon- sous-Bois. Cette troisième partie du château, bâtie également après coup (en 1705) lorsque l'on s'aperçut de l'insuftisance des logements, n'avait d'autre abord que par la galerie (outre le manque de dégagements, de communications faciles). On avait tellement peu pensé à satisfaire aux besoins particuliers des différents services sans lesquels toute habitation est impossible , qu'on avait été obligé de construire après coup, au dehors, isolément, sans plan, sans

régularité, plusieurs bâtiments pour y placer les domestiques , les chevaux , les voitures, etc. Ces bâtiments, jetés presque au hasard aux alentours des deux Trianons, avaient apporté une sorte de confusion dans les limites des dépendances particulières des deux palais. » {Les Palais des deux Trianons, 1837.) Après avoir décrit les lacunes et les vices des distributions intérieures du grand Trianon, M. Fontaine, que nous venons de citer, énumère les travaux entrepris par ordre de Louis- Philippe, pour rendre cette résidence habitable. Nous signalerons seulement Famélioration apportée à la grande galerie, qui, de simple corridor de passage, est devenue une salle à manger, « dont le service est fait de la manière la plus inaperçue au moyen de nouvelles communications souterraines, pratiquées à grands frais dans toute Tétendue des appartements, depuis les cuisines jusqu'à l'extrémité de l'aile du Trianon-sous-Bois. Partout on est parvenu à établir toutes les petites pièces de service, dont aujourd'hui on ne peut se passer , et qui , très - négligées au temps de Louis XIV, semblaient être un besoin presque inconnu. » Ces travaux d'utilité , et qui n'apparaissent pas au dehors, ont été si bien appropriés, que le tout semble aujourd'hui avoir été fait en même temps et par la volonté de Louis XIV.

Nous allons passer rapidement en revue les salles du château du grand Trianon, et signaler les principaux objets d'art que l'on y remarque.

Appartements à gauche du grand Testibnie.

Un vestibule sert de séparation entre l'aile gauche et le grand vestibule. — La première pièce dans laquelle on entre ensuite est le Salon de la chapelle, ainsi nommé à cause de sa destination primitive. On y voit des portraits de Louis XV et de Marie Leczinska, par J. B. Vanloo^ et des fleurs peintes par Monnoijer. Groupe en marbre, par Vêla, symbolisant l'union de la France et de l'Italie , offert à l'impératrice Eugénie par les dames de Milan.

Cabinet. — Il a fait partie de la première chambre à coucher de Louis XIV. — Peinture allégorique à l'occasion de la naissance d'une fille du Dauphin, par Ch. Natoire (1750). — Portrait de Joseph II, en tapisserie des Gobelins. '

Chambre à coucher. — Cette pièce était d'abord réunie avec la précédente. —Fleurs, -pB,r Monnoyer. — Portrait de Marie-Thérèse, en tapisserie des Gobelins.

Salons dès Glaces. — Il a vue sur la branche transversale du grand canal du parc de Versailles.

Revenant sur ses pas pour visiter les appartements de Faile droite, on traverse le grand vestibule.

Grand vestibule. — Dans le principe, il formait un passage libre et à jour (F. ci-dessus, page 168). On y remarque cinq statues en marbre : le Tireur d'épines et la Joueuse d'osselets {d'après l'antique);

Atalante (antique) ; Jeune pâtre romain , par Brun (1821) ; Y Amour, par Lorta (1819).

Appartements à droite du grand vestibule.

Vestibule^ appelé aussi salon Bond ou salon des Colonnes (chapelle sous Louis XVI). — On y voit les deux statues suivantes : le Faune au Chevreau (d'après l'antique); Olympia abandonnée, par Étex (1842); 28. un tableau de Jupiter chez les Corybantes, par No'èl Coypel, et des fleurs, par Monnoyer et Desportes.

Avant de parcourir les salles qui occupent le prolongement des bâtiments sur le parterre, on peut visiter les pièces de Vaile droite, sur la cour d'honneur. Cette aile contenait d'abord la salle de spectacle, qui fut supprimée en 1699. Louis XIV en fit alors son appartement et céda celui de Taile gauche au grand Dauphin.

Salon. — 35. L'Abondance, tableau de réception à l'Académie de peinture, par Oudry.

Chambre à coucher» — Seconde chambre à coucher de Louis XIV.

Nous allons maintenant passer en revue les appartements qui se prolongent à droite du vestibule.

Salle de billard. Salle de musique sous Louis XIV. — Louis XV, par L, M. Vanloo. Marie Leczinska, par/. M. Nattier. 61. Vénus et Adonis, par Bon Boullongne. 62. Naissance d'Adonis. 67. lo changée en vache. 69. Vénus et Adonis, par Verdier. 63. Her-

cule sacrifiant à Jupiter, et, 66. Junon apparaissant à Hercule, par Noël Coypel. 64. Mercure et Argus, par Ant. Coypel. 70. Clytie changée en tournesol, par La fosse.

Grand salon. — 75. Apollon et Thétis, par Lafosse. Fleurs, par Monnoyer.

Dans une armoire vitrée on voit des pièces pour un surtout de table, de mauvais goût, donné à Napoléon par Charles IV, roi d'Espagne.

Salon (ancienne chambre à coucher de la duchesse de Bourgogne). — Portraits de Louis XIV, du grand Dauphin, du duc de Bourgogne et du duc d'Anjou, par Rigaucl; de Louis XV, par L. M. Vanloo; du Dauphin, par Natoire. — Au milieu est une grande coupe en malachite que Ton a endommagée sur les bords en cherchant à la cacher, en 1848, quand Louis-Philippe se réfugia à Trianon. Les vases et les dessus de consoles sont aussi en malachite. Ces divers objets furent donnés à Napoléon par Alexandre, après la paix de Tilsitt.

Pour compléter Texamen de cette aile droite, on peut, avant d'entrer dans la grande galerie, visiter la bibliothèque et les petits appartements.

Bibliothèque (ancien salon des Sources). — Quatre tableaux de Boucher. 89. L'Hiver, par No'él-Nicolas Coypel. 91. David apprenant la mort de Satil, par Saint-Ours. Vue d'aqueducs, i^3ir Hubert Robert.

Petits appartements. — Ils furent habités par Mme de Maintenon, par Stanislas Leczinski et par

Louis XV, en 1744. Sous l'Empire, ils formèrent les cabinets de travail et de conseil de Napoléon. — Les quatre Saisons, par /. B. Restant (1767). 98. La Moisson, tableau d'une jolie couleur, par Oudry. Bustes de Joséphine, par Bartolini, et de Marie-Louise, par P. Triscarnia.

Grande galerie.

Elle forme un angle droit avec la façade, sur le parterre, des bâtiments que nous venons de parcourir, et elle sert de communication entre cette première partie centrale du château et l'aile dite Trianon-sous-Bois (F. ci-dessous, p. 175). Cette galerie est garnie de tableaux modernes peu remarquables. Un seul, le n" 149, mérite d'être particulièrement indiqué, non toutefois pour le mérite de l'exécution, mais à cause de la signature de l'artiste : Marie (Leczinska), reine de France^ fecil 1753. C'est une copie d'un tableau d'Oudry, qui est au Musée du Louvre. Des tables de mosaïque et de marbre, ainsi que des consoles, portent des vases de Sèvres, des figurines de bronze, etc. f^'^ Salon des jardins, — 155-157. Le Torrent, la Pêciie, la Chasse au vol, par Crépin. — Bustes.

Trianon-sous-Bois.

Cette aile forme un dernier angle à l'extrémité des bâtiments du château. Elle fut habitée successivement par le grand Dauphin, par Monsieur,

frère de Louis XIV, par le duc de Bourgogne et par la duchesse d'Orléans, veuve de Monsieur.

Chapelle. — Elle a été faite sous Louis-Philippe.

— On y remarque : un tableau, par Pierre Dulin : Saint Claude ressuscitant un enfant ; la Présentation au Temple, par Lagrenée le jeune; la Mort de la Vierge, pars Pemn; un vitrail exécuté à Sèvres, d'après TAssomption par Prud'hon.

Jardins du grand Trianon.

Devant le péristyle du château s'étend un par-, terre, dont les deux bassins circulaires sont décorés de groupes d'enfants en plomb, par Girardon.

— Dans le bassin octogonal du parterre bas se voit un jeune Faune couché sur des raisins, par G. Marsij. — Des sept statues qui décoraient autrefois le parterre et le bassin du Miroir, qui en occupe l'extrémité, il n'en reste que trois : à droite, un jeune Romain appuyé sur un tronc d'arbre; à gauche, un jeune Romain tenant un glaive; au milieu, le Rémouleur (d'après l'antique). — Le bassin du Miroir, qui forme cascade, est décoré de deux groupes d'enfants et d'Amours en plomb, et de deux Dragons, par Hardy.

Au delà de ce bassin, une allée verte s'étend dans toute la largeur des jardins. On y remarque de^ statues faites de fragments antiques restaurés par les frères Marsij.

L'allée de la Cascade^ qui fait face au pavillon

d'angle de Trianon-sous-Bois, conduit à une fontaine ou cascade, en marbre blanc et en marbre du Languedoc, exécutée d'après les dessins de M ansart (statues de Neptune et d'Amphitrite; basreliefs).

Au nord du parterre, dans la partie du jardin dite V amphithéâtre, sont placés vingt-cinq bustes en marbre des principaux personnages de l'antiquité. Au centre est un bassin rond au milieu duquel s'élèvent quatre statues de nymphes; aux angles, deux vases en plomb, par le Lorrain. — Entre l'amphithéâtre et la cascade, est une salle verte avec bassin. — Dans le parterre de Trianon-sous-Bois^ nous signalerons un bassin orné d'un Faune jouant avec une panthère, par Marsy, et, en face du perron, Silène porté par un Centaure (marbre). — Le Jardin de l'Empereur, qui communique avec le Jardin du petit Trianon par un pont construit sous Napoléon P"", renferme une fontaine surmontée d'un Amour porté par un dauphin, œuvre de Marsy^ et, dans un bassin, un groupe de Tuby : deux amours tenant une tige de fleur.

Salle des voitures.

Cette salle, située en dehors du grand Trianon à droite de l'esplanade qui précède le palais, le long d'une avenue qui conduit au petit Trianon, a été reconstruite en 1851, sur les dessins de M. Questel. On y voit : les chaises à porteurs de Marie Leczinska

LE PETIT TRIANON

et de Marie-Antoinette; des traîneaux du temps de Louis XIV (l'un d'eux est orné de peintures de Watieau) ; la voiture du sacre de Charles X, qui a servi pour le baptême du prince impérial; la voiture de Bonaparte lorsqu'il n'était que Premier Consul (elle n'a pas servi depuis le jour où, après le divorce de l'Empereur, elle conduisit Joséphine à la Malmaison) ; la voiture du mariage de Napoléon III; plusieurs autres voitures de gala; une

Le petit Trianon.

araba (voiture orientale) donnée par le sultan au prince impérial; enfin des harnais aux armes de Louis XIV, de Louis XV et du nouvel empire.

LE PETIT TRIANON

Lorsque Ton est devant la grille qui précède la cour d'honneur du petit Trianon, on entre, à gauche, sous un

petit vestibule ouvert; on s'adresse au concierge si l'on a Tautorisation de visiter l'intérieur du château ; mais, si l'on veut seulement parcourir les jardins, on traverse la cour : une entrée ouverte qui fait face à la loge du concierge donne accès aux bosquets.

Le palais du petit Trianon forme un simple pavillon carré de peu d'étendue et d'apparence peu royale. Il comprend un rez-de-chaussée, un premier étage et un attique. Les façades sont décorées dans toute leur hauteur de colonnes et de pilastres corinthiens. Les bâtiments des dépendances sont distribués à quelque distance. Louis-Philippe fit exécuter au petit Trianon des travaux destinés à le rendre une résidence commode et agréable. Dans le jardin, les rochers ont été reconstruits; les chaumières rustiques, ainsi que les eaux, les plantations ont été rétablies comme par le passé.

Intérieur (|u château.

Les appartements, décorés simplement, ne contiennent que quelques peintures.

Antichambre. — Des dessus de porte et de glace, par Natoire.

Salle à manger. — Le parquet y conserve les traces d'une trappe par laquelle se montaient, toutes dressées, les tables destinées aux petits soupers de Louis XV, afin de supprimer le service embarrassant des valets. — Belles boiseries exécutées par ordre de Marie-Antoinette. Le Bain et la

LE PETIT TRIANON

Pêche, par Pater. Les quatre Saisons, par Dejuinne (1819-1822).

Petit salon. ~ La cheminée est soutenue par deux cariatides figurant des boucs. Dessus de porte et de glace, par Natoire et Lépicié.

Salon suivante quatre Scènes champêtres, ébauches faciles et colorées, par Pater.

Au milieu du parterre qui s'étend sur un des

Temple de l'Amour, au petit Trianon.

côtés du château s'élève le Pavillon français, construit sous Louis XV. Ce pavillon servait de salle à manger d'été. — Non loin de là est la salle de spectacle, àont « le plafond, exécuté vers 1779, par Lagrenée le jeune, a été entièrement repeint. » {Notice du palais de Trianon.) Le fronton de cette salle est décoré de figures allégoriques représentant les diverses sortes de poèmes dramatiques, autour d'Apollon Porte-lyre.

Jardin du petit Trianon.

Une fois entré dans le jardin, comme nous l'indiquons ci-dessus, on peut prendre devant soi une allée qui en contourne les bords. A peu de distance, à g., on aperçoit, dans une île, le te^nple de r Amour ^ petit édifice rond et ouvert, composé de colonnes corinthiennes, et construit par l'architecte Micque. Au milieu est une statue de Y Amour qui se taille un arc dans la massue d'Hercule, par Bouchardon (répétition de la statue qui est au Musée du Louvre). Si Ton continue à suivre pendant quelque temps la même allée, on aperçoit à gauche les maisons rustiques qui composent le Hameau; on peut voir dans le plan I leur emplacement et leur désignation. Un saule pleureur, près de la tour de Marlborough, a été planté, dit-on, par Marie-Antoinette, l'année même où elle fut forcée de quitter Versailles. Après avoir examiné ces petites fabriques, on fait le tour du lac. Nous appelons l'attention sur un singulier phénomène végétal qui se remarque à son extrémité (aux points marqués * sur le plan I), et qui est produit par des racines de cyprès de la Louisiane (cyprès chauve, cupressus disticha, taxodium dlstichum). Ces racines multiplient des exostoses ou renflements ligneux, qui, dans les marais de la Louisiane , prennent jusqu'à 1 ou 2 mètres de hauteur, et rendent impraticables les espaces où

ils se développent. C'est vers 1764 que lurent plantés les principaux arbres qui font aujourd'hui l'ornement du jardin de Trianon. Enrichi depuis 1830 de beaucoup d'espèces nouvelles, il présente une des plus belles collections d'arbres indigènes et exotiques. Des écriteaux, placés sur la plupart de ces arbres, indiquent aux visiteurs les noms des espèces. Un certain nombre n'ont plus aujourd'hui l'intérêt qu'ils tiraient alors de leur rareté ; mais plusieurs se font remarquer par leur belle végétation : ainsi les pins de l'Amérique du Nord, connus sous le nom de lord Weiimouth, y passent pour les plus beaux que l'on connaisse en Europe. Nous citerons, parmi les arbres les plus dignes d'être remarqués, un chêne au kermès^ un beau chêne planera^ des chênes rouges cl Amérique, des chênes à cupules hérissées, et, au bord d'une allée peu éloignée de l'étang et du salon de musique, un chêne à feuilles de saule, de 30 mètres d'élévation.

Après s'être promené dans les jardins, on peut aller voir un autre petit lac, dominé d'un côté par le Salon de musique ou du déjeuner (4, pi. I), dessiné par l'architecte Micque, et d'un autre côté par des rochers artificiels. Du tertre qui s'étend derrière le^ salon de musique, on aperçoit le Jardin des fleurs, compris entre les bâtiments du jardinier en chef (2, pi. I) et VOrangerie (3, pi. I). Ce jardin, séparé des autres par un mouvement de terrain, échappe trop souvent à l'attention des étrangers.

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