CABINET
DU COMSBILLBE D'ÉTAT
Préfet de Stine^WOiM
« Messieurs,
(( En réponse à votre lettre du 10 octobre dans laquelle vous me faîtes part de Timpossibilité d'adhérer à la demande de M. le docteur Hassel, ie me vois obliger de vous signifi r les conditions que je crob devoir vous i .-poser.
« Je \ ous donne l'ordre formelle de paraître demain ou après-demain au plus tard, et je désire que vous insériez dans votre journal le rapport complet de monsieur le comte de Bismarck.
(( Si vous ne vouliez pas absolument adhérer à ma demande, soit en ne faisant pas paraître votre journal, ou soit, tout en le faisant paraître en n'y insérant pas ce que je vous demande, je me verrai obliger à condamner chacun de vous à une amende de 1,000 fr. au moins.
(( il est bien entendu oue les personnes qui auraient à supporter l'amende, seraient MM. Scherer Edmond, et Ernest Bersot, tous les deux membres du conseil du journal.
« Pour le préfet et par autorisation,
Forster, « Assesseur de régence. »
Aux promesses de respect de la liberM de la presse avaient, on le voit, succédé promptement des menaces d'amende ; l'au" torité prussienne parlait là le véritable langage qui lui convenait et qui lui était le plus naturel. L'Union^ dans un dernier nu-* méro, publia la circulaire de M. de Bis** marck, mais en même temps elle publia à côté, et cette fois tout entière^ la circulaire de M. Jules Favre. Le document franç^ûe répondait ainsi dans le même numéro au document prussien. En tête du îoarnal était inséré l'avis suivant : ic Jusqu à non* (( vel ordre, VUn,ion libérale et démocror (( tique de Seine^et-Oise a décidé de casser (( de paraître. »
Le rédacteur du Journal de Versailles^ M. Jeandel, avait été emprisonné et avait reçu l'ordre de suspendre sa publication ; la Concorde avait également cessé de paraître, après avoir payé une amende. li n'y avait plus de journaux à Versailles.
M. de Brauchitsch avait échoué dans
W»Èm t iO centimes.
Samedi 15 Octobre 1870.