DÉPÔT GÉNÉRAL DE VERTE CHEZ M** A. LE DUR^ LIBRAIRE
Rue de la Paroisse, no 32.
Dépéelie oflielelle
Le 10 de ce mois^ uoe brigade d'infanterie et plusieurs compagnies de chasseurs de Tarmée, dite de la Loire, qui s'étaient avancées jusqu'à Artenay, ont été attaquées par les troupes allemandes. Le général Raioult (?) leur vint en aide avec 5 régiments de cavalerie, 4 bataillons et une batterie. Néanmoins, les forces françaises ont été, d'après une dépêche publiée à Tours, refoulées dûns la forêt. Par suite de cette affaire tous les corps, que les Français avaient encore disponibles à Tours et à Bourges, furent dirigés en toute hâte vers Orléans, pour appuyer les troupes qui s'y trouvaient et prirent position au nord de la ville.
C'est là que les troupes allemandes Icfs attaquaient dans la matinée du 11, vers dix heures et demie. Après un engagement violent les Français furent culbutés et les Allemands prenaient d'assaut la ville d'Orléans.
Les pertes de l'armée française sont fort considérables. Plusieurs milliers ont été faits prisonniers. La poursuite de l'ennemi se continue de l'autre côté de la Loire. Nos pertes sont relativement petites.
Nous sommes en mesure de publier la correspondance suivante, échangée entre MM. de BismarcK et Jules Favra :
* Monsieur le Comte, Le Corps diplomatique présent à Paris me charge de demander à Votre Excellence d'être prévenu en cas de bombardement et mis à même de s'éloigner de la ville.
11 voudrait aussi pouvoir, une fois par semaine, faire partir un courrier, exclusivement diplomatique, en acceptant toutes les précautions que votre Excellence croirait devoir prendre.
, En transmettant ce double vœu à Votre Excellence, je la prie d'agréer les sentiments de haute considération avec lesquels j'ai l'honneur d'être Son très-humble et très-obéissant serviteur
Jules Favre.
A Son Excellence Monsieur le Comte de Bismarck, Chancelier de la Confédération de l'Allemagne du Nord, etc. etc. etc.
Voici la réponse du chancelier fédéral qui a été écrite en langue allemande :
Ferrières, le 20 septembre 1870»
Monsieur le Ministre,
En réponse à la lettre que j'ai eu l'honneur de recevoir aujourd'hui de Votre Excellence, je regrette que des égards militaires m'empêchent de faire des communications sur l'époque et la nature de l'attaaue prochaine contre la forteresse de Paris. En général les usages de guerre s'opposent à une correspondance sortant de ou destinée à une forteresse assiégée et si nous admettons volontiers l'envoi de lettres ouvertes, émanant d'agents diplomatiques, autant que Tour con-* tenu ne soulève d'objections militaires, je ne saurais pourtant considérer comme fondée et traiter comme telle l'opinion de ceux qui regarderaient l'intérieur des fortifications de Paris durant un siège comme un centre apte à des communications diplomatiques. Cette manière de voir paraît d'ailleurs avoir été partagée par ceux parmi les gouvernements neutres, dont les représentants ont transféré leur siège à Tours.
Recevez, Excellence, l'expression renouvelée de la considération très-distinguée, avec laquelle j'ai l'honneur d'être, de Votre Excellence, le très-obéissant serviteur,
DE Bismarck.
A Son Excellence
Monsieur Jules Favre, ministre des Affaires étrangères
du gouvernement national.
MUNDOLSHEIM, 30 septembre. — Aujourd'hui, entrée des troupes allemandes à Strasbourg, et puis office solennel à l'église Saint-Thomas. Environ 17,000 hommes et loi officiers, y compris la garde nationale, ont mis bas les armes. Le butin de guerre trouvé û Strasbourg est considérable. Jusqu'à présent, on compte 1,070 bouches à feu; 2 millions de francs appartenant à l'Etat ont été trouvés dans la succursale de la Banque de France. De grandes quantités dej munitions et principalement de drap ont été prises.
ECROUVES, 24 septembre. — Par la capitulation de Toul, ont été faits prisonniers 109 officiers, 2,240 hommes ; de plus, on a pris 120 pièces de campagne, une aigle de la garde mobile, 71 canons de hronze, dont 18 rayés, 3,000 fusils, 3,000 sabres, 500 cuirasses, un matériel d'équipement assez considérable, munitions et vivres en grande quantité.