‹ Versailles pendant l'occupation: recueil de documents pour servir à lChapitre 23 sur 62 · TAXE DES REPAS · texte numérisé non relu

TAXE DES REPAS

« Déjeuner à 2 fr.

(( Un potage. Un plat froid. Un boafsteak aux pommes. Une côtelette aux pommes.

Un fromage et beurre. Une demi-bouteille de vin ordinaire ou bière. Café avec cognac (payéà part, 0,50 o.)

« Dîner à 3 fr.

(( Un potage seul. Deux plats de viande.

Un plat de légumes. Un fromage et beurre.

Un fruit. Une demi-bouteille devin ordinaire ou bière. Café avec cognac (payé à part, 0,50 c). »

« TAXE DES DENRÉES les plus nécessaires dans le département.

Cognac . .

Eau -de-vie.

Avoine . .

Foin . . .

Paille. . .

Pain .

Viande Riz. .

Café .

Sel. .

Vin. .

(1) Si ces dispositions étaient n tout à fait dans IMntérét de la ville,» comment M. de Braucbitscli pouvaitil pressentir quMl y aurait « mauvaise volonté? »

Cette lettre était une nouvelle édition perfectionnée du premier discours de M.

de Brauchitsch. Pour amener la municipalité à faire des approvisionnements considérables, M. de Brauchitsch avait imaginé de faire la promesse la plus capable de rassurer : à Tavenir, disait-il, les réquisitions seraient payées en espèces. Que pouvait-on demander de plup? M. de Brauchitsch espérait qu'un pareil engagement ferait disparaître toute résistance. Mais le Conseil ne se laissa pas abuser par le langage insidieux et par les promesses décevantes de l'intendant; la plus simple étude de ce document ambigu suffît pour lui faire voir que M. de Brauchitsch s'était ménagé des moyens variés pour échapper à l'exécution de son engagement : il était donc impossible de le prendre au sérieux. Aussi le Conseil pria assez ingénieusement M. de Brauchitsch d'exécuter Ze premier la clause essentielle du contrat qu'il proposait, c'està-dire de faire payer en espèces les réquisitions ordonnées par l'autorité allemande.

Dès qu'il aurait commencé l'exécution du contrat, le Conseil s'empresserait de suivre son exemple.

Quant à la fixation du prix des repas dans les restaurants, le Conseil n'y vit aiicun inconvénient, si cette fixation était admise par les intéressés; il autorisa donc l'administration à faire immédiatement sur ce point ce que demandait M. de Brauchitsch.

Il prouvait par là que, s'il résistait avec opiniâtreté aux prétentions inaccptables, il était toujours prêt à prendre toutes les décisions qui pouvaient réellement servir à diminuer les occasions de querelles entre la population versaillaise et les troupes d'occupation.

La lettre dans laquelle le maire avait exposé les idées du Conseil sur ces divers points était ainsi conçue :

« Versailles, le 15 octobre 1870, il h. matin.

« Monsieur le Préfet pour les armées allemandes,

<( J'ai l'honneur de répondre aux trois points principaux de votre lettre du 10 octobre courant, reçue par moi le 11, — qui a été soumise au Conseil municipal le 12, aux divers intéressés le 13, — et rapportée au Conseil dans sa séance d'hier 14 courant :

(( 1° La carte de déjeuners et dîners à prix faits, par les restaurateurs ;

<( 2^ Cessation de toute espèce de réquisitions par les troupes allemandes;

« 3^ Le tarif maximum des diverses denrées alimentaires.

« Sur le premier point : Je vous transmets copie, par extrait, du procès-verbal de la séance tenue le 13 courant à rHôtelde-Yille, qui constate que, sous les réserves y exprimées, la proposition des déjeuners et dîners à prix faits a été acceptée par les intéressés.

(( Sur le second point : La solution de ce second point (qui devrait être le premier, parce que de son exécution dépend tout le reste) appartient h Tautorité allemande.

a II faut, en effet, qu'elle commence à cesser toute espèce de réquisitions (sauf les logements) et à payer chez le marchand tout ce dont elle a besoin, et qu'ils possèdent en magasin.

(( Il le faut :

(( i** pour que Ton puisse, par la présence du numéraire remplaçant les marchandises livrées^ se ravitailler de marchandises nouvelles achetées où et comme le commerce pourra — à Texception bien entendu de tout ce qui peut èfre considéré comme engin de guerre, engin qu'aucun Français ne peut livrer à l'ennemi, d'abord par le seul sentiment patriotique, et ensuite sous la peine capitale portée par nos lois(l);

« 2*» Pour pouvoir fixer, d'accord avec les divers intéressés, mais non leur imposer un tarif maximum, sorte d*échelle mobile, des diverses denrées les plus nécessaires à la vie.

« Or, les armées allemandes ne cessent pas un moment leurs réquisitions, et cependant la ville de Versailles, comptant sur votre promesse, attend cette cessation.

({ Sur le troisième point : Une commission a été nommée hier dans le sein du Conseil municipal ; elle est composée de cinq membres, chargés de convoquer les divers intéressés et do fixer les bases de certains tarifs mobiles. Elle n'a pas encore pu fonctionner.

€ Recevez, monsieur le Préfet pour les armées allemandes, l'assurance de mon respect. »

A sa lettre, le thaire joignit le procèsverbal suivant :

(i) Celte observaUon Incidente avait pour but d'averUr officiellement Taulorilé allemande des volontés municipales à cet égard, parce que des envoyés du commandant de place étaient venus jusqu'à trois reprises diflérentcs, dans la môme journée, demander du pétrole. Malgré toutes les menaces qui leur avaient été adressées, le maire et M. Laurent-Hanin avaient opposé un refus absolu à cette réquisiUon, et il était uUle de bien indiquer que la munic!palllé de Versailles entendait tracer certaines limites infranchissables à ce droit de réquisition, que l'occupation militaire donne au vainqueur.

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