‹ Versailles pendant l'occupation: recueil de documents pour servir à lChapitre 33 sur 62 · décembre · texte numérisé non relu

décembre

Le Moniteur prussien du 2 décembre contenait la note suivante :

(1) ExU-ait du journal météorologique de M. le D' Bériguy (Observation de 10 heures du soir) :

1" décembre — 2',7

€ Noos apprenons à l'iastant que M. de , Brauchitsch, préfet de Seine-et-Oise. quitte aujourd'hui Versailles pour se rendre pendant quelques jours à Berlin où il est appelé par ses devoirs parlementaires, en sa qualité de membre du Reîchstag de la Confédération de TAllemagne du Nord.

« En son absence, M. Forster, souspréfet ttl conseiller de préfecture, est chargé de le remplacer ad intérim. »

On aurait pu espérer que le départ de M. de Brauchitsch donnerait quelque répit à la municipalité, mais, bien au contraire, son remplaçant, comme il arrive presque toujours aux subalternes, crut nécessaire de se signaler par des excès de zèle qui firent presque regretter son maître. M. Forster était un type accompli du Teuton franzosefkfresser, et il mettait au service de sa gallophagie un tempérament sanguin beaucoup plus violent que celui de M. de Brauchitsch. La lettre suivante, écrite dès le premier jour de son entrée en fonctions, montre qu il trouvait M. de Brauchitsch beaucoup trop patient :

Versailles, 3 décembre 1870.

a Monsieur le Maire,

« Le mode de versement des contributions dues par la ville de Versailles, est on ne peut plus irrégulier et lente, et dont je ne saurais pas tolérer la continuation (sic).

« Vous voudrez donc vous hâter que le versement du solde du mois de novembre soit effectué jusqu'au six du mois courant au plus tard, pourm*éviter d'avoir recours à des mesures extrêmes^ que je me verrais à mon grand regret forcé d'employer à votre égard, si, contre mon attente, vous n'auriez pas dans le délai fixé ci-dessus obtempéré à ma demande.

« Le Préfet de Seine-et-Oise, E. R. Forster,

<c Gooseiller de préfecture et Sous-Préfet. »

En fait, M. Forster avait raison ; la caisse municipale avait pour habitude de ne payer les contributions imposées par l'ennemi qu'à la dernière e^ctrémité, et par fractions aussi peu considérables que possible, parce que chaque jour on espérait quelelendemain les Prussiens seraient obligés de quitter la ville. Malgré l'injonction de M. Forster, la municipahté, fidèle à son système de temporisation, ne fît pas le versement demandé, mais le lendemain du 6, arrivait cette nouvelle missive de M. Forster, devant laquelle il fallut enfin s'exécuter :

« Monsieur le Maire, « Le versement du solde des contributions directes pour le mois de novembre, de la ville de Versailles, n'ayant pas eu lieu dans le délai fixé par ma lettre du 3 courant vous serez personnellement frappé d'une amende de cinq cents francs si d'ici demain au soir la somme entière restant due, n'est versée à la Caisse générale du département. »

Les sommes versées ainsi par la ville pour contributions directes devaient, à la fin de l'occupation, s'élever à 294,584 francs 80 centimes.

Soixante infirmiers appartenant à notre hôpital militaire furent expédiés le 3, par l'autorité allemande, à Metz et à Strasbourg « pour y soigner les blessés français qui s y trouvaient en grand nombre» fut-il dit. En réalité, c'était pour permettre aux Prussiens de s'installer dans notre hôpital, qu'ils avaient évacué aussi rapidement qu'il leur était possible, en forçant nos soldats convalescents, comme nous l'avons raconté plus haut (4), à partir comme prisonniers pour la Prusse. Grâce à ce procédé, l'hôpital militaire français de Versailles put être, le lendemain 4 décembre, déclaré presque tout entier ambulance prussienne.

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