‹ Versailles pendant l'occupation: recueil de documents pour servir à lChapitre 42 sur 62 · COMMISSION DES SECOURS ET DES RÉFUGIÉS · texte numérisé non relu

COMMISSION DES SECOURS ET DES RÉFUGIÉS

(( Ville de Versailles.

a Dans un moment où l'hiver sévit avec tant de rigueur, chacun se sent ému à la pensée qu'il y a des malheureux qui sont à peine vêtus. Eh bien I ces malheureux nous entourent^ nous pressent, sont à nos portes; c'est une partie de nos propres concitoyens, ce sont les réfugiés à qui nous devons l'hospitalité. Nous avons reçu la mission de venir au secours de tous les nécessiteux, de veiller à ce qu'il soit pourvu à leurs besoins les plus pressants. Il s*agit, aujourd'hui, de leur donner des vêtements, mais les ressources dont nous disposions sont à peu près épuisées; il est donc urgent de suppléer à leur insuffisance. Pour cela, nous devons avec confiance faire un nouvel appel à bienfaisance publique.

«Usera entendu, nous n'en doutons {)as:

la charité, à Versailles, n'est-elle pas inépuisable 1

« Que chacun veuille bien mettre à notre disposition les hordes de umte imiure (1), pour hommCy pour /emme, pour enfant^ qui ont été mises au rebut. Ce seront autant de richesses dont nous saurons faire le meilleur emploi. Nous espérons donc que toutes les personnes qui sont encore en pos' session de vêtements et de chaussures dont elles ne comptent plus faire usage, voa-

(1) Chapeau^ casquette^ bonnet^ chemUe^ ermau^JupOHy pantalon^ robe^ paletot^ tûi, choHSHties^ chmU' sons^souUerSy tabots^ etc.

dront bien les faire déposer à la mairie, où ils seront reçus, de midi à quatre heures, par M. Saint-Âignan, attaché au bureau du secrétariat.

« Le Président de la Commission des Secours,

« Deroisin.

«Le Président de la Commission des Réfugiés,

u Db Magnt.

« Prière d'aider à la publicité du présent appel. »

A cet appel, la population de Versailles répondit avec plus d'élan encore qu'on n'avait cru pouvoir l'espérer. A peine la circulaire était-elle connue, que des monceaux de vêtements de toute espèce furent apportés à l'Hôtel-de-Ville et s'accumulèrent dans la Galerie municipale. Déjà cette galeriç avait dû servir de dépôt aux 6,000 couvertures requises, avec menaces de violences^ par l'autorité prussienne ; on la transforma alors, et cette fois avec plaisir, en un vaste bazar de charité où toutes les classes de la population, riches et pauvres, vinrent apporter des quantités incroyables d'objets d'habillement. Sons la direction de quelques conseillers et de personnes dévouées, au premier rang desquelles on retrouvait encore l'excellent M. Himbault, ces vêtements furent triés, mis en ordre, retaillés, recousus, et classés de façon à pouvoir satisfaire immédiatement aux demandes qui se produisaient. Pendant que les uns apportaient, d'autres venaient pour obtenir leur part dans la distribution de ces vêtements, et pendant plusieurs semaines, il y eut là un bureau de charité, d'une espèce toute nouvelle, qui rendit aux classes pauvres les plus grands services.

HO décembre.

La circulaire que nous venons de citer était à peine publiée qu'un autre Comité, non moins dévoué, adressait à son tour à la population de Versailles l'appel suivant:

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