‹ Versailles pendant l'occupation: recueil de documents pour servir à lChapitre 7 sur 62 · SOCIÉTÉ INTERNATIONALE DE SECOURS AUX BLESSÉS MILITAIRES · texte numérisé non relu

SOCIÉTÉ INTERNATIONALE DE SECOURS AUX BLESSÉS MILITAIRES

u Le public est prévenu que les personnes qui porteraient, arboreraient sur leurs maisons ou qui appliqueraient sur leurs toitures les insignes de la Société, croix rouge sur fond blanc, brassards ou drapeaux sans autorisation du Comité en dehors du service de la Société, s'exposeraient à être poursuivies par les autorités militaires.

« Le Président, (( Horace Delaroche, }>

tM-88 «epiemlire*

Le 22 septembre, le maire de Versailles reçut l'ordre :

1** D'avoir à faire réparer le chemin de Châville au Bas-Meudon ;

2<* D'avoir à fournir 180,000 chemises de flanelle.

Le premier ordre était donné dans une lettre ainsi conçue :

«Monsieur, (( Mon général etcommandant m'ordonne, do vous communiquer, qu'il soit de première nécessité, que le chemin de Chavilln à Bas-Meudon près de Cbaville spécialement est sans délai mis dans un état ^tout à fait viable. Aux frais participerons toutes les communes attenantes. J'ai l'honneur de me signer

« Votre tout dévoué,

« de Treskow, ce Officier d'ordonnance. »

Déjà les routes attenant directement à Versailles étaient en réparation, travail qui coûtait à la commune près de i,000 fr.

par jour, (le nouveau travail fut refusé.

Quaut à la réquisition incroyable des 180,000 chemises de flanelle, le maire, après avoir adressé des demandes à tous les magasins, répondit, le 23, au commandant de place, que les marchands de la ville, réunis, en pouvaient fournir 238, sur lesquelles 88 seulement étaient confectionnées.

Avec celte réponse, il lui envoya cinq plaintes qui lui avaient été adressées par des habitants contre des ofliciers et des soldats, et demanda répression des actes coupables commis.

Ces plaintes méritent d'être reproduites dans leur texte authentique, parce qu'elles sont un exemple vivant des faits qui se reproduisirent chaque jour dans cent endroits de la ville pendant six mois, sans être jamais réprimés : les premières semaines, on se plaignit vivement, croyant qu'il était possible d'obtenir justice, mais on reconnut bientôt que toute plainte était inutile ; la seule réponse à toutes les réclamations fut toujours cette unique phrase, sans cesse répétée sur le même ton, comme une consigne, par les généraux comme par les soldats : « C'est la guerre. »

Cette petite phrase, ou l'ironie se mêlait à une froide dureté, est restée dans la mémoire de tous les Français qui l'ont entendue comme un souvenir d iniquité qui ne s'effacera pas.

Voici les cinq plaintes envoyées par le Maire à la aCommandanfure » :

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