‹ Versification et métrique de Ch. BaudelaireChapitre 13 sur 47 · I. VV. Teninl, Joe. \ H , p · texte numérisé non relu

I. VV. Teninl, Joe. \ H , p

l i-ul poftle qui eu iùl fait un emploi judicîeui t déterminé par l'idée & exprimer. ■ (M Oratrunont, Ëtvdca sur

fr'iti. - . .. |ttu;t, p. 124.)

f-t\- fbid.

VKUSIF1CATHW ET MÉTRIQUE

A la mise eu relief dune idée ou d'une Image par le (Tel du contraste entre un mètre moins rapide et un mètre plus ropidç*

Cette étude n'étant pas un traite de versification, je me bornerai à dire, en laissant dé côté I » question du trimètre en général, que je ne retrouve [tas n-s effets datte lea triraètrea de Baudelaire.

Le Irimèlr*- produit exactement le contr aire d'un e^acjcjifc ration de vitesse dans [es vers suivants :

Voila I1 1 souvenir enivrant qui voll

Dan* ! uit tnwiitè; — tes y&itx se ferment i — h -

Saisit L'aine vaincue*»..

Indépendamment des deux fortes césures, l'élan du vers est

encore suspendu par l'accent tonique de yeux, U en résulte

un effet de lenteur justifié d'ailleurs par l'engourdissement

laupières qui s'abaissent doucement; il ne s'agit pas d'un

clin d'oeil. — Même effet daus cet autre exemple :

Pendant que des mortels la multitude rôle

Sous le fouet du Plaisir, ce bourreau sans merci,

Va cueillir des remords dans lu Fête serrile,

Mu Douleur, -— donne-moi In main; — i iens i»tr in.,., i04

La Ionique de moi susp&nd encore le mouvement du vers; le trimètre est lent et recueilli. C'eat le tétraraètre précédenl qui exprime l'agitation rapide et désordonnée de la foule.

Le bon re.nl, la lempête et ses convulsions

Sur l'iiuuiense fjoulTre Me bercent. — If autres fois, calme fini : — grand miroir

Le mon désespoir, "l

Mêmes observations. — Des deux vers suivants :

Chacun plantant t — comme un cvti! t — son 6ee impur Dans tnu-j li-s coins saignants de cette pourriture...

le plus rapide encore n'est pas le trimètre, Lien *]ue

IHÎ CIL HM'IIELAIHE.

cette fois l'acecnl. Ionique soit 1res faillie à riirmislirhc .

Si le trimétre ne marque pas (.Vaecéléraiion <!e vitesse, au moins, chez Baudelaire', il n'exprime pas davantage une conclusion ou un résumé, ou aucun des effets qui reposent sur une accélération du rythme.

Dans les exemples qui précèdent, il y a bien mise en relief de l'idée exprimée par te tri mètre succédant à une série de tétrarnèirea, par L'effet de contraste dû au changement de

I. M se peut que, tftHxriqufman^ le trimétre romantique * ayant le même nombre de syllabes que le lé Ira m être, et d'autre part une mesure de moins, soit plus rapide approximativement d'un quart ■, comme Le reulenl Becq de Fouqui&res i rice Grammont, mais dans la réalité il parait sensible-

ment égal an vitesse et en durée au lélramèlre. et souvent plus lent. Il faut, en effet, tenir compte avant tout du sens et aussi de l'importance des pauses, surtout u elles son 1 marquéei par une forte ponctuation.

Dans les deux vers qui suive ni :

.'!■■ ■'h'iiiii.'v a la I utils à la torturai

Ici L'un 6*1* i — Lr:i Cou tirLittï ; — ici L'un moiirr,

{Fin de Satan,)

!e plus lent esta : ■ rimètre. Comment ne pas Lenir compte îles

points-virgules !

M. Maurice Ùraiimmiu cite cea vers de PExpiation (Hee. '<■'■•■■ L6Û3, p. *25J :

J.cnr Iiaiirlio d'un seul cri "lit ; "Vive t'Eiape

Puis ■ ■ maatyaH e6 tôtâ, — Bftos fureur*

Tranq u ill<v sourîtnt ù la mitraille MgtBÏsff,

La - laas Iq fournaise.

La mouvemenl aal lent, sans doute, dit M. M. Gromn mais U y 8 ! Mil

de même augmentât! le viU-s^r, pni ■■ \>.i^r île rimiiKibiiUe > Ui

marche. — ? Cest Ifês spécieux, mais, U n'j s pas il dite, cela repose sur une

do. L' immobilité antérieure est sous-en^endue. KHe tfeal nuU dans le rythme, ni d'ailleurs dans L'idée, du tétramfctre précédent, exprimerait plutôt un 6lar rapidt d'enthousiasme, Le mouvement lent de ta garde qui l'ébranlé est, lui, a la fois dans Vidée et dans h rythme du iri- Uièlre en question.

Autre exemple lira d'A. de Musset :

Kl t|ii(.'l plaisir dft voir, sans masque ni Itsiéro!*, À Ira vers te CD&04 iû H0S Tulles misères,

«ri» en bout aat ma beaux ï »fi Ingénue,

' ieg(?r$ t — unLui boiteux* — lowjours pieds uus 1

(Sa

» Le dernier vers etfl délicieux de Lég&reté et de vivacité *, dit M. m. Grain mont citant àrvède Barine. - Oui, mais il est pourlanl moins coulant, moins rapide que les deux tétramètres qui précèdent. L'Impression de léyùrele et surtout de vivacité* vient, non d'une accélération de viiecette brisure inattendue du rythme qui se met à boitiller bout & coup après . rera atmplea, siaéa, tout unis et bien lissée, qui vont l'amble,

. ET MKTftiQLE

rnèlre. Seulement, au lïeu de s'accélérer arec le trimètre, I»* rythme s'étend, &e [ail plus large e\ plus ample, Ainsi i*i*s vei

Je verrai l'atelier qui chaule eJ qui bavarde, Les tuyaux, les clochers, ces mita di La tiW, £* tes grandi cfeb — gui fort rétter^ tfVftrni

le rythme s'élargrl huit à coup avec ces *î mesnrea de I syllabes, «.-l rékiL'issemeiit du rythme correspond p tement à l'extension soudaine de l'horizon.

De même, pour exprimer une grande allure nonchalante e4 paajestaeuse, Baudelaire se servira d'un rythme ternaire où prédominent les éléments de » syllabes :

Quand ta i <^ M i itipti far-ye.

Miiviml yïhni C\, >'T PARESSE! x, el LENT. 53

Quelquefois I» 1 vers ternaire est utilisé pour la présent. symétrique de h termes en rapport étroi! :

Le Jour décroît, — la nuit augiiiruh*; — souviens-toi. 107

mon st-mMitlik-, — ù mon maitr^, — jk le maudis! 151

Teintés d'amr, — glacés de n>s.\ — I; Se d'or*. t. W

Courte tache, - l;i tomba attend, — elle eal avide] £>t

nu bien pour produire un effel de gradation ou d'insistance croissante :

Que diras-tu, mc-a coeur, cœur au iro t'ois flétri, A la Lrès Mfe, — - : i la très honne, — à la trëv CHÈRE Dont le regard divin t'a soudain refleuri? W

Dans quel philtre? — dans quel vis? — dans quelli? TISANE Noierons-nous *"< l vieil ennemi '*?

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