‹ Versification et métrique de Ch. BaudelaireChapitre 22 sur 47 · Od remarquera uolamraent la fréquence de son iw ou er · texte numérisé non relu

Od remarquera uolamraent la fréquence de son iw ou er

DE C\l. BAUDELAIRE,

mieux que les sons nets dr s voyelles orales utm- apparition indécise et flottai] le ;

Son fantôme dans l'air dans? comme un flambeau,

ou contribuer;) ;ï accentuer l'impression de nonchalance et de langueur qui se dégage de ces vers ;

Ils prennent co songeant les nobles attitudes Des grands sphinx allongés au fond des solitudes, Qui semblent s>ndormir dons au rêve sans ffn l . 68

{Us Chuls.)

Si le vers doit exprimer des idées graves, tristes, sombres, donner une impression de pesanteur au moral ou au physique, les voyelles éclatantes (a, ô t en ouvert, e dit uuiet) OU sombres (é : ou), encore assourdies et alourdies souvent par Ja nasalîté, viendront naturellement remplacer les palatales.

Témoin ces vers :

Devant ce noir tableau plein d'èpouvantaBCftf. 5

Comme des chariots ou des socs déehir/mts.

Ils passeront sur tw connue un [omd olleiagt tir i de borufs aux sabots sons pitié...,

sunefl damnées. Épaves.) Je sens fondre sur mot du Lourdes époavfl El de Dotra bataillons de torte'mea Spore Qui veulent me conduire en 'les routes mouvantes Qu'un baruaN sanglant ferme de ion Le* parLs....

dd.)

3° L'antithèse du gai et du triste sera soulignée en consëijuenee par l'opposition des voyelles claires aux voyelles graves OU sombres en des membres de phrases où prédominent lantot celles-ci, tantôt celles-là :

Des ivres t-ITirnes mêles — nus sombres pleurs...,

■ LesboSj Épaves,)

1. Accessoirement, iwior l'aititéraHon de I !.. m, iphlox, jûlitudes,

émulent» s'endormir, jïims; — et d ./In.

04 VERSIFICATION ET HÉTMOl E

Inversement :

Un sombre mendiant, — l'œil flw comme Àntislhéne.... 15

L'idée principale du Jet (.Veau (97) eai l'association ei le mélange île la volupté la [«Eus intense avec la mélancolie : i la i iinr ri dans le vers les notes aiguës ou claires alterneront avec les notes graves ou sombres, selon la nature du senti ment. La deuxième strophe de la pièce en sera un bon exemple :

Ainsi ton âme qu'incendie L y éclair brtfhttri det Vûluptef S'élance rapide et hardis Vers («s r&sUs cïsu* bncb&nté$.

Paît, elle sfépaw ne maw En un Hor de tristi langueur

Oui [W nrn- invisililf y i

Descend jusqu'au tond de mon cœur. ,■

1 prédominance des sous clairs h lu rime et dara

le vers.

I predomanance des sons t:r;Lves ù lu rime eL duos

vers,

Cette double disposition de l'âme trouve son symbole dans l'élan et la retombée du jet d'eau dont la description Forme un refrain que lïaudelaire avait d'abord ainsi écrit :

Lu gerbe d'eau qui verse Ses mille fleurs

Que la lune ivanerse De ses lueurs.,

ÏYuulir i'OLtIllie 1111»' ■.■■'■ .'.-.,

De larges pleurs 1 .

Puis il s'avisa que l'effet de contraste entre le triste et le gai n'était pas encore assez marqué par 1 opposition à In rime de la voyelle claire ê et du son grave eit; et il récrivit ainsi son refrain, remplaçant le son clair par le son aigu i :

l.n. p-rbe i r "j.Kinnuïe

En mille (leurs OÙ Phébé réjouie

Met 3£g r,mtcur>.

Tombe comme uni. 1 plu h

De larges pleurs.

i» Variante donnée par de La Pizclière, Bibliographie de Baudelaire.

îili Cil. BAUDELAIRE.

H. — ALLITERATION

D'une manière analogue, Baudelaire sait, par l'allitération des consonnes, soutenir et renforcer la signification des mots :

f a inziantanêcs, — Le ton d'une prière où l'agitation intérieure du suppliant s'accentue de sarcasme se traduira par un débit âpre el martelé dû à rallilération des occlusives gutturales e« g :

Ah' ^'■i.L r ii''ui , l d:>un'7,-iii"j |;i force el le courage hc contempler mon eœurel mon corps saos dépoùt!

Ailleurs le même martèlement saccadé du style obtenu p$r de semblables consonances exprimera d'une façon forte < i l originale le bruit des baisers ,

Lesbos où. les baisers sont comme 1rs cascade*.,. EfoureaL sanglotant et plôussant par saccades !

Voici le halètement "!e la colère et le dégoût rendus par l'allitération défi occlusives labiales (/>, b) et dentales {f, d)

assors

Ut je Éorrfrai si bien cet ai 63 iole

Qu'il m-- pourro pousser ses touJona empestes)

2- Continues. — L'expression d'un souffle continu, mou, silencieux, ou au moins peu bruyant, résultera de rallilération des spirant.es labiales f\ v :

par les /fentes des murs, des miaa s /léureux

Filent ea b'i o/lammant ainsi que des lanternes L'l pénètrent rus corps de leurs parfums a//ïvu\ r3 .

Peflimes domnitaff, Epaves,}

l, Accessoirement, noter l'allitératioD du 6 : Les&os \»t les frnisers.*.. L'assonance de Pn oral ou nasalisé : cM?rw«]ew, sanglotant, gloussant, par I saccades....

%, Accessoirement, noter r&UUéraiion de Vm : wmrs, miasmes, enflammant

VERIFICATION ET MfiTftlUUE

■ i au plus profond du vnffn- ùt U FlageJiéa par an i»ol q t\ u ciel..

L'air t.-st pîeio du frisson des choses qui s'en/uient '. \i~

Le glissement muet, la venue insensible de l'ombre s'aû-

« -Mtuiiiodt ront de L'allitération des spirai fc, mêlées

nus liquides i, r. êl eocorci adoucies par la mollesse les nasales ta, >t :

V<>\--\ Je soir eAamant, ami Ou criminel *,,« 1111

L'idée de fluidité, celle d'un mouvement, d'un éoottleraeul tenl et « ^ntinu exprimées par le rare, seronl soutenues tout parla conaouance des liquides /, r, associées ou mm aux nasales ou aux spirantes :

l^e long fleure de (leJ des douteurs ancienne 1*1

E(/r alfa m dur p&ïond des cienx.... 85

Doe atmosphère obscur" aaycfappa /;i vUfev... 104 El de Jougs corbillards, sans L&mboar ni imir-imic,

DdflJent feutemenl dans mon toe. L'espoir..,* BQ ... Vois...

L\* Soteil riiond s'endormir sous une arcba

t-:i, cojbbmi mi tong Un "H ;i rOrii il .

Entcndaj ma chère, entends ta douce jNuit qtoî marche. 10 1

Effets analogues; expression d'une mollesse lluîde et vaporeuse; liquides (L r), labiales (ù, w) t /, u rnouUb

Une mer de 6rouUiards bwgMùl tes édifices. , Th iv. nu>nt et caresse :

Jai cherché dans J'amtiur un sommei/ ouWk-ux itrAtlnv fiireasant ou corôeifte de fïeurs

(expression de atoHefise : et de VI : firent, enf/amma/il, /.internes, teurs,. (expression d< liquidité, d'écoulement i, les diverses iillïtèrnlions ne se eon- Lratiaal pan, mois se soutenant el se renforçant les unes le^ nôtres.

i. Accessoirement, oetee l'allUératton des spirantee dentales, s< 1 : frûuon, choMA, j'eiihiitiii, <\\\\ expriment âgatement un eonffle, vmc en plue un léger sifflement

j. Ajii'^soirement., noter l'assonance de Vu ■ Voici le soir chamwnanj ■coi....

iie as. it.MifKLAiiiK. e:

Même expression avec un léger roulement, une nbraiiofi ou un frémissement plus ou moins sensible, par In prédominance de la liquide r :

Que cel ardent sangJol ■ i ni rouie d'âge en ■•

Et «enl mourû au bord à rotn éternité»... 6

Ell'el «lt! lenteur et de Longueur, bercemeni mélancolique produil par la prédominance de In liquide /. surtout si elle esl encore voilée par la fréquence de la laiio-nasaîe m\ effet que Baudelaire affectionne et auquel il a dû quelques-uns de &es plus beaux vers :

Sur fe dos -niiic ; des molUs ava/auches,

jtf ourante, ette se (ivre nu longues pâmoisons,

Et promène ses veua suï fee *ïs s blanches

Qui wontenl dans r&zur comme des Bocaàso ftl

Quand, la liquide restant fréquente, l'ai prédomine, l'effet, peu différent, est non moins heureux :

Ifaïa ta tristesse en moi monte comme ta mer

Et laisse en ref/uanl sur ma lèvre morose

te soQreûi aisanl de son limon amer. KG

Ki tentemenl montai! fa divine Pami

Dans /',tir doux du matin embaumée, Stt

Tous rirent te 9igna/ el fimmeuse famée Wonlaol paisiblement dans l& malin vr/neil....

Ki du haul du divan dit souriait d'aise ^ mon amoui profond et doux - ommn >'.< Qui verscUe montait comme vers sa fafatoe.i-.

Hji potera dans ces derniers vers, en plus de l'allitération. l'assonance du aon clair v. dou flï'cpii convient d ailleurs à l'expression de la j oie des am ants ; car, bien e ntendu, lasso nance des voyelles el l'allitération des consonnes ne soal

VERSIKICATÏOH ET tffiTIUQUE

ici séparées qu*.* pour la clarté <! la comi :e l'exposition.

En fait elles s associent le plus souvent, comme dans les

vers suivants, pour produire 'les elMs coinploxrs rjue le lecteur sentira de lui-même en se souvenant de ©equ] précède

Le violon frémit comme un cœur qu'on ftUli ,4»--^

i' i u mi

r est

Valse mélancolique h langoureux vertige!

Couine - échos >im de loin dent....

o en an

C I ri I j

U est des parfuma frais comme des choira d'enfant...

Dîr i olvrant qui voUIb

Comme Tuir dans le Ciel &1 la m< r dans la mer.,., Berceuse dotit lu main ui\ longs sommeils ni in vile! Les violons vibrant derrière les collines.... Comme vous ûtes loin» paradis parfumé!

Fruits |iMi s de toul ou es de gerçures,

Dont ta i hair tisse el I ■ appelait les morsures...,

Tu antre effel de l'allitération ou dr l'assonance chez Baudelaire est de soutenir le seus d'un mot auquel le poète veut donner un retentissement» particulier, en reproduisant un ou quelquefois deux de ses éléments phoniques.

Dan

Que ■ u la uuit ou dans la solitude^

■ bûïI dans i.i i ae ou dans le multitude, Son fantôme datu Pair da ■ •■■ un (lambeau 1 ,

li' vent il

lil iI'mi'i vertu

■.. te, 11, 7, " }

{'haute et siffle :

Lorsque la bûche siffle et chante, aï te soir

Calme, dans îe fauteuil je ta voyais s'asseoir.,..

S fin// :

El qui, soûl de son SANG, préférerai! en somme»»;.

Mari :

À travers ma. ruine allez donc sans reirn

Et dites-moi s'il esl em 01 qui Ique lortare

Pour ce vifiix ocrps sans fane et ifûftT parmi tes mort»

Affaiblie :

Il arrive souvent que sa roi* affaiblie

Semble le raie ejMU'a <J un Weaaé qu'on duWîc.,

Tmmondi

Et j'ai ptimpé ta vie arec ma trompe immonde. ...

tfuîj :

Comme lu me plairais, 6 mit! sans ces étoiles

Dont la lumière parle un langage connu 1

Gw je 1 hcrche le v*de, el ! >j noir, et t<

SI

Ainsi une sorte de correspondance harmonieuse

tend à

s'établir entre Les sons el te sens qui en etft renforcé.

ï/effel

sera encore plus complet quand un rythme approprié b

y asso-

ciera. Par exemple dans le second de ces deux vers :

Je suivais, raidissant mes nerfs ne un basas,»-

Le faubourg — secoué — par let lourds — tombereaux. ,

le ryllime exprime, par les 4 anapestes, la mardis assez

régulière des files de véhicules, tandis que les voyelles

graves

(0, ou) marquent la pesanteur des lourdes voitures,

et que

end il&m li -

(/, r) et ■!*•> i , 'I-

II d« h idi rit pas croiiv 1 1 j lanl ■

cité & établir ces corresponde

qu'elles aienl pu hii pitrttfti haque

i s'en qbI pr> I i liïroicu] à lui

naturellement. * in ;■ «ht avec raison qui ration, comme

onance, est un phénomène naturel t*l une tendance permanente. M. G. Bourdon (d'ailleurs 'convaincu qu'il \ a fort peu de rapport entre !«■ cbm> j .. i r- le poète dos différentes articulations, — fil les émotions ou les sentiments qu'il s'ojril

r) remarque par exemple que si 1 on comm iinr énumération ra disant d abord prittio* on dira ensuite secundo^ tertio. .. plutôt que deuxièmement , troisièmement ' , «'h'- Or ce phénomène tendra à se reproduire d'autant plus Fréquemment que 1 1 faculté ; ini ention verbale pi us pauvre, et que le foisonnement des idi es sera moindre dan» l'esprit du poète, comme c'étail le cas chez Baudelaire. Mais si cette indigence et cette infériorité relatives pouvaient desservir le poète en ce qui concerne par le choix cJm rime* (qu'il réussiss&il à Faire, a force

de travail, riche* de so ilé, mats non riches Je variété),

elle le portail d'autre part, indépendamment des influences que nous avons signalées, à se laisse] guider davantage par des associations al des correspondances de sons quasi musicales, H. comme il avait avec cela une oreille délicate et un sentiment Juste de i:i valeur expressive des sons, il en résulte souvent des effets très heureux et caractéristiques.

i, il. Sourd ■■■' det tendances data U langage,

1>K CH. UAUUELAlftE.

Pourtant il ne conviendrait pas de chercher à donner Mis ■SMmsmces H aux allitérations de Baudelaire une signification trop précise. Quelquefois, et même souvent, elles n'expriment chez lui aucune idée ou aucun sentiment déterminés d'une tacuu particulièrement sensible. Dans ce cas l'effet produit esl une impression plus ou moins forte de cohésion, de plénitude du vers, à laquelle d'autres causes peuvent d'ailleurs contribuer, mais ijbî est à coup sur considérablement renforree paj ces échos discrets qui se répètent d'un bout à l'autre du vers b1 résonnent dans toutes ses parties. Ensuite, indépendamment de toute idée ou de tout sentiment suggéré, il y a certamerrreal une caresse fm I agréable pou rl'oTeflle dans ces sonorités semblables qui se répondent au cours île la phrase poétique*

On [inii relever, autre beaucoup de vers àe ce genre, en ne signalant que les allitération* ou les assonances principales :

Le Printemps adorable a perdn Bon odeur.

BûCchus i-mlni-riii'iir dôS remords imchTls.

l r n tapis Lrfompïial avec ta charité....

La froide majejM Ar la /femme sterilc...

Comme s'il uefrewaitdes reproche* à Dieu.,..

Elles moins sots, hardis amants de La démence . .

Son ci

Pro/bn d . coupe 1 1 /fend comme aa da

Ta tdche esl d'allumer la pipe de (on maître, ICI dès que le matin l'ail chanter te* plotai D'nchet&r au boftor ananas H bananes.

Il est amer et doux, pendant les nuits d'hiver, D'écouter, près du feu oui palpite et quî/uma. Les souvenirs lointains feulement s'éjever

ÀU frrutt drjr. Carillons qU' 1 I --i-.l iI.lm- I-i /-.hiim:.

Lia

us

Parmi ces allitérations, si nombreuses et si variées, il y en a qui signifient quelque chose et même quelque chose d'assez clair; mais il y es a beaucoup, non seulement dans

■t kctkk

!' u», mai*

pan:* qu'il I- il- mium-

indépenddinrncrjl de louta vjiU-rir •! n. Il n«?

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par K.iii tir lira jetwe* tiques.

i Le \* ? - libre, m m G. K

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Maintenant, epi pni 'lit dr I h

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M. Maurice Gramiocol eal riflwntaor d'une théorie fort

Ion lui, perrael de rendre comp u nr>< ni d on il le produit

àritiai rare ei qa' léeigm, haie d< du dois

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