Th. île Banville, Prtit Traité ii? poiHé français p
i»r CM, iî.M hklaiuk.
Leeoute de Lisle T Josépliin Soulnrv observent irénéralemenl les règles du sonnet', la plus grande variété, la plus grande irrégularité, une ranlaisie presque incohérente régnent parmi n nets de Baudelaire. Seul*, Musset, «Inns les I" sonnets qu'il u composés (huis toute soo œuwe, oftVe (rae indépendance comparable a celle de Baudelaire*; eneore n*a~Ml jamais que ii rimes pour les deex quatrain», alors que Baudelaire a des couples du quatrains écrits sur V rîmes.
Th. Gautier, pourtant si favorable a Baudelaire, se montrait parliculièreinenl choqué de cette fantaisie : « La jeune école, écrit-il dans sa Notice \ se permet un grand nombre de sonnets libertins, et, nous l'avouons, cela Bous esl partieuliei nui-ut désagréable. PbttTquoi, si Ion veut ètte libre et arranger les rimes à sa iruise, aller chercher une forme rigoureuse qui n'admet aucun écart, aucun caprice*? LTirrégulier dans le régulier, te manque de correspondance dans la symétrie, quçi de plus illogique él de plus contrariant? »
Illogique ou non, V jvrégu iier dans le rë#uiier t le manque tff correspondance dans la syrnëlric étail justement rc * j n î pïaisaït » Baudelaire. Nous au rons encore 'a le constater a d'autres pointa de vue et notamment à propos des effets de répétition '.
C'était presque sa formule de composition poétique-, la loi de ses combinaisons métriques.
Mais en ce qui concerne spécialement le sonnet, quelle eftl doue la raison de cette irrégularité?
La raison en esl certainement «lans son lioùJ île l'indépendance, dans sou inaptitude à se plier à une forme régulière, même dans la courte étendue d'un sonnet, et dans son ïngé-
Juinstd, op. eft, p. i 9. I<t, p.
::. Th. (iniuirf, Noiiet à Baudetaivt t p. 41 4. Cf. plus blB, ûhftp. I
IlE \'A\, BALUELAIHE.
de l'authenticité de la tradition ' que de l'effet métrique.
On remarquera qu'au point de vue de Tordre de succession des rimes les types l et V, II et VI, III et Vil sont identiques, mais que Y, VI, VU, étant écrits sur i rimes, se distinguent de I, II, III en ce que les rimes du premier quatrain ne sont pas conservées dans le second*
Les deux autres combinaisons sont à peu près négligeables; Tune (abba, haah), forme mixte, association du quatrain croisé au quatrain embrassé, nVst employée que 2 fois; l'autre (abat), ccdd), assez incohérente et peu heureuse, qu'une seule fois.
Qu'en conclure, sinon que la principale raison de Tirrégularité des quatrains de Baudelaire est la difficulté déjà constatée que le poète éprouvait à rimer? J'en relève d'ailleurs encore tel indice : dans le sonnet 75 (classé cependant comme appartenant au type I), Baudelaire, ne trouvant pas une des rimes du 2 e quatrain, l'a remplacée par une simple assonance (Danaïdes, forts» villes, morts; abîmes, efforts, victimes, corps).
Il y a plus de variété dans les tercets* qui présentent 10 combinaisons différentes :
i. ecd eed employé ltt fois; sur ;; rimes,