LES EFFETS DE RÉPÉTITION
La répétition régulière et symétrique : Influence de la chanson, des poèmes français û forme ti** restaurés par Th. fa Banville; les strophe* eocadn M par un vers refrain. — La répélUion irrëtiulîêrc el wj métrique ; inil l 4'Kdpar Poe. — Les mêmes forint chez Leccmle de Liste, Rollinat. Verlaine
Tu des motifs préférés de Baudelaire est certainement l' évocation d'u ne idée, «l'un rêve, d'une vision, d'un souvenir, qui hantent l'esprit, sans se laisser écarter, et reviennent. toujours s'imposer à lui avec la persistance obsédante d'un veriL
Son ^ r oùt difficile et exigeant a cherché des formes métriques, des rythmes capables de s'accorder avec de tels motifs. Or le moyen le plus simple de marquer VU » celui quj se présente le premie r ^ la pensée, est sans eon» tjredil ta répétition, -Baudelaire qui, par rassr.niann l'allitération, la pratiquai! d'instinct à L endroit des sons qui composent les mots, ij ■ i i &axajj 1 art d'amen er ou de sout enir un mol de valeur par la répétition de cej|tains éléments phoniques cle ce mot, devait être porté naturellement de ta répétition, non seulement de mots entiers 3 mais de portions de vers, de vers entiers, ou môme de groupes de vers, On remarquera d'ailleurs, eu commençant, qu'au point de
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vue métrique de telles répétitions, pour peu qu'elles se produis] tine symétrie, étaient conformes à lYsprii «lu Parnasse, les mots, le vera ou loi vers répétés proant dans la strophe un effet analogue à I.* répétition des sonorités Bnalec dam ! ose riche.
Or à Baudelaire s'offraient d'abord les formes de refrain usitées dans la chanson, dont le ^raml représentant
Béranger, auquel on ne pouvait pas ne pa même quand on était, comme Baudelaire, hostile ans ■
spril doni il étaîl l'expression la [ilus achevée. Il m existe un témoigi n épisode <l< ta collai]
lion de Baudelaire et de son ami Le Vavasseurau (cf. plua haut, ebap. i).
a Jetait qui roulait, écrit Le Vavasseur, dans la botte du journal, entrefilets, épigrammeaét eouplets. Noua avions Ei 3 1 sus. Romantiques nous étions, c'était dans le sang, et
après i lasimir Bonj -, le ' Sasimtf doni noua Faisions le plue
volontiers de vieillis culottes, était Casimir Delavigne. Par quelle anomalie, par quelle Inconséquence mous avisai nous daller chercher dans l> un air pour le chan-
sonnerî fe n'en sais rien. Toujours est-il que nous lançâmes les jambes de l'auteur de lu i ■>-' une chanson en
7 » m j S couplets, sur l'air *1 *i roi d'Yvctot :
11 fut toujours i f| i t bien en i our,
Même su ooiir citoyenne, On dit, i f - bruit fâcheux en court,
Qu'il ml ta Parisienne.
avec ci
Il amassa quelques milUi
D« LiarJsj Obi Obi Obi Oh.1... etc.
Je retrouve ce fragment dans un coin de ma mémoire où il eat plus facile de l'aller chercher que dans le numéro de novembre ou décembre 1 R-i>t du Corsaire, où la chanson fut
IIG CIL ll.U'DELAME.
insérée tout au long sans signature J ». Mais si on pensa un moment à Déranger, on n'y pensa pas longtemps.
Plus sérieuse et plus profonde fut l 'influence de Pierre Dupont, pour les chansons duquel Baudelaire écrivit, en 1851, cette curieuse Préface où il se donne pour démocrate et condamne si sévèrement l'Art pour l'Art. Le poète y insiste sur la forte impression qu'il éprouva quand il eut connaissance des premières œuvres «le son ami le chansonnier : i Quand j'entendis cet admirable cri de douleur et de mélancolie (le Chant des Ouvriers, 1816), je fusétdoui et attendri. Il y avait tant d'années que nous attendions un peu de poésie forte et vraie! » El plus lard, dans la Notice sur P. Dupont qu'il écrivit pour VAnthologie des poètes fronçai* de Crepet J } en 1863, il revient encore sur la force de l'impression que lui laissa le premier recueil de P. Dupont, les Paysans, puis ce ( des Quwiers que lui avait chanté le ehansonnier lui-même.
Pourtant, s'il n'est pas douteux que l'influence de P. Dupont sur Baudelaire ait été réelle, elle paraît s'être exercée au point de vue du fond plutôt qu'au point de vue de la forme. Il est d'ailleurs probable que Baudelaire ne le trouvait pas assez artiste. Il déclare quelque part 3 que P. Dupont * doit plus à la nature qu'à l'art ».
Un autre indice de celte influence exercée à cette époque par la chanson sur les poètes du croupe de Baudelaire est le grand nombre de cefl Chansons de toutes sortes (Chanson à boire, Ckanson au wn, Chanson d'amour, Chanson 'le faîteau, Ronde sentimentale, etc.) dont Th. de Banville emplissait son recueil des Stalactites, 18ib\ avec l'intention clairement manifestée dans la Préface de consacrer ensuite à la Chanson un nouveau recueil qui devait avoir pour titre : Chansons sttr des airs connus. Il est Lien possible que Baudelaire aif été
L Bauili i l(iii'i\ Œuvra posthumes^ Çi'épet. p. xix.
-j, Au tomfi IV.