Fli M ■■■', C.XII. On r. • 1 1 1 :i i v hchessc dôa
On poug p rvttlion au sujet
DE Cil. UAUllELAIUK.
dïsail il i lie» :
Quand on en médit,
Chez les gens 'Lu métier as a'a guère crédit— Il rerail bon vraiment trouvai - minces.
Radieuse qu'elle est dee faveurs de naa prin Qui tous ont avoué teur amour, hormis un, Ijui pouï s,i Henriette a trop fait Le Lau/un; Si Fauteur de Mardoche a, de façon traîtresse, ■ des torts cadifis de sa belle maîtresse.... El qu'aucun jusqu'ici n'aii osé l'en maudire; C'est que lu: seul peut-être il pouvait eu médire'...!
II la célébrait sur tous tes Ions, disant gentirnenJ: :
La rime est une esclave Qui de Dame Raison r.iii Le ménage e< i • v .
La petite maison.
I.'i maîtresse esl hapgneu -■ El du soir au matin La vieille besogneuse Hel de t eau dans son vm,
■i v . n 1 1 <- est folâtre, El dfîrobs au tonneau Le vin >h' la marâtre Qu'elle I dans son eau '....
Dès !S45; Baudelaire avail collaboré avec Th. de Banville, Vitu el Pîerra Dupont, autre nom que nous retrouverons. pour une ainuseUo. Il s'agissail d'organiser une mystification littéraire eu composant une parodie, de tragédie classique :
pièce LXMI. A ime dame eWols, qui serait encore plus nniuenne ei qnl remonterai! M34t. (CL te fri <mittai> <<<■ daudelairt, \>. 27.]
I, 6.U Vavaaseur, PotHet fUgitit**, 13 VG.
'2. Le V'avaBseur l'arcea el Moralités, L3a7. — H in-.nt des jeux de fîmes a la Banville :
festins 'ii' ■
il do M !■
l'iiiiiïiir le-ï hirondelles E-j [laur troropei
Cil-: ■ tlU
Bondi
dans ïa Pocïies chôixist, Lemerrc.J
Sapho, qu'on attribuai! à Arsène Houssaye et que Genséraenl Rnebel devait jouer*.
En 18 r *G Baudelaire collabore encore avec Th. de Banville aux Causeries du ■ Tintamarre ■ (du i*' septembre 1846 1 bars 1847) *.
Or, pour tout, ce groupe de poêles, en matière de forme poétique, ta rime était la grande affaire, et Baudelaire partageai! les idées de ses amis. Préparanï une Préface pour les rs tftt Mal il écrira dans ses noies : h Pourquoi loul qui ne Bail pas au juste combien chaque mol comporte de rimes est incapable d'exprimer une idée quelconque**.. », comme un homme pour qui la rime est la clef de toute versification,
Nous allons voir que ta richesse el la correction de ses rimes montrent d'autre part combien il avait sulii L'influence du milieu poétique où il se développait.
Si, comme il est logique el rationnel de le faire, on Tait consister la rime dans riioniophonie aussi absolue que pos- BÎblg, non seulement des voyelles toniques, mais encore de toutes les consonnes prononcées qui suivent la Ionique, on, si ta tonique esl finale, de la consonne qui la précède, Baudelaire rime excellemment.
Des rimes faibles ou médiocres, comme couteau el truttpeau, 32* — repos, rideaux, 149 — deboutt dégoût, lit — beaux, rameaux, 143 — désaltéré, pré, 135 — ensorcelé, clé, lOu — infernaux t rideaux } I3î5 — perdus, vertus, 115 — - wis-
!. Un fragment de ['œuvre apocryphe parut dupa le Corsaire- Salem "lu 1846. (Baudelaire, GEuwes pc»ihum«9, Crépel, p. ci*) Ût De le FizeH&re et Decaux, Bibliographie de BaudeUttit, p, 0. S, Bandelaire-Crépet, op. cit., p. o,
V, Les chiffres renvoient toujonra an numérotage des pïicea dans l'édition
définitive des Fleurs du Mal. Péris, Cahnann Levy, 1898. - Les pf&cea qui
urent que dans le recueil des Èpa\ roui une in-dîeaUon spéciale.
m VA], BAUDELAIRE. Q
pendu, vertu t 129 — se trouvent, mais sont rares chez Baudelaire,
Même si l'an s'en tient à l'exigence classique Je la rime satisfaisant à la fois l'œil et l'oreille, il rime encore de façon à contenter les plus difficiles, et le nombre îles infractions aux règles que l'on rencontre chez lui est tout à fait minime.
Sa faute la plus grave, peu fréquente d'ailleurs, consiste à faire rimer une longue avec une brève. On relèvera, comme défectueuses à ce point de vue, les rimes suivantes :
Pâle, opale ^ 82, Iw ; — passe t place j 69; — âme 7 diciame t lù;
— fête, parfaite y rëo* — fcmmcs.âmcs, H5; — grimQce t pG$ee 9 %$ ;
— caisses, maîtresses, 119: — femme, pâme, 56, 46; — l* tache (Préface); — âme, lame, I i , — courbettes. bétes x "i*; — espace, casse, 103; — épaisse, cesse, 85\
Les exemples assez nombreux de rimes semblables qu'on trouve chez les classiques, et même chez V. Hugo ou chez Leçon te de Lisle, ne sont pas une excuse recevante, l'erreur portant ici sur la voyelle tonique dont la consonance IViît le fond de la rime.
Moins grave, maie grave encore est lu faute qui provient de la dissonance des consonnes qui suivent la Ionique, faute par laquelle la rime se réduit a n cire plus qu'une simple assonance, Faute rare d'ailleurs chez Baudelaire. On relèvera cependant :
Maudits, /v Profundis^ Kl ; — vont, (eux* 85, S 1 ; — tous, nous, Cl ; — Jésus, Çrésus^ K'J; — lH$ t tys, 112; — I énus t nus t i23; — rn intimidas 7 M idas, 83; — hiver, $'éiever t 76 (fâ-ute atténuée par la liaison avec la voyelle initiale du vers suivant : s'élever — Au bruit des carillons..*), — Mais aimer, mer, 6, est une pure rime normande, sans excuse.
Il est à remarquer d'ailleurs que cette règle est continuel-» le ment violée par les classiques, aussi bien que par les poètes du xix fl siècle. (Racine fait rimer Antiochus et vaincus; V. Hugo, Paphos el faux, lys et pâlis,.., ele
le
VERSIFICATION ET METUInTK,
Mentionnons en pas&aabque certains théoriciens interdisent sans raison de taire rimer les roots qui se terminent on t, d, c arec des mots qui ne se lermineraienl pas par ces mêmes consonnes, même si elle ae se prononcent pas (Quicherat). Dans Baudelaire, d'orel s*endort, 54 — Salait el attentf, "ù\ — froid et effroi, (\% — palissant &tsang, i 13, sont des rimes excellentes, bien meilleures nue ranron et. raison, 98 — rîiorûAïH d rosrmf , ho — assassin et poïV», 80 - sang et agonisant, !ii). t|ui sonl des rimes, 00a pas incorrectes, mais pauvres, A cause iJc 1,1 non Komopliome do la consonne d'appui ilans ces rimes masculines.
Quanl aux prescriptions qui règlent la succession des rîmes, Baudelaire observé ta principale, celle qui concerne l'alternance des rimes masculines et des rimes féminines '
L'autre, moins absolue, qui iûlerdil l'assonance «1rs rimes successives, comme produisant une monotonie peu agréable, semble lui avoir coûté un peu plus à observer; il la quelquefois transgressée en vue de produire des effets de monotonie voulus. Ainsi, dans la courte pièce 78, intitulée Spleen, qui ne comple que i- rimes, les '2 premières (dras, bilans; romances, i), el les 5', B*, "\ s'. 9 1 (sers, ehsrs; fanées, surannées; />'■ %rnées } années; incun
immortalité) assonnent entre elles. L'effet produit est une forte impression de monotonie en rapport avec le sujel <l< i la pièce.
Il v h dans les Fleurs du Mnf plus d'un exemple «le rimes
successives assonanl entre elles. Dans le Vin de tAsms-
130) I* 1 son aigu tr revient ainsi \ fois de suite {déchire,
assouvir } tenir, dire), peut-àtre pour exprimer une acuité
' 1. Il y b lieu cependant de signaler la pièce $1, Ciel 6rawiWeT, donl les rimes aonl maseuliiwifi feoutu rvW, w>(, wot'iés,
dort. !<■ . mouiUf, hr&tiUè, cUmatit, r ■ . Il mhiUi 1 ,
après* examen «Je La pièce. Qu'il a'y ail pas la re&uercbe d'un eiTei foula et et '|iir 11: rii^îioiL qu'une occasionnelle manifestation tiioiJéiieniJanee a l'égard d'une tradition exceagivûi mais Irop univeraeiteiuent ûccsplée pow fttre reJcLée.
jiti i:il. BAUDELAIRE.
particulière de sensation qui conviendrait assez liien É endroit.
En d'autres passais (141 . pâture, mur, impur, pourri-
ftirr; 2t : {Ieftr/\ $OUCteuX, uin't't(n\ tft.'H.c; llK : tirO/iquiUe t
. mercit sereïte, ici) il semble jttu l'on n'ait affaire qu'à de simples négligences.
Ces sortes *\t- rîmes produisent un peu l'effet des rimes redoublées dont Baudelaire n'a pas usé, el au aujel desquelles Voltaire donnai! à Chaulieo. le conseil suivani : « DéSe>voua un peu de ces rîmes redoublées; elles ont l'air da lu facilité, elles soutiennent l'harmonie, elles charment l'oreille, mais il faut qu'elles disenl quelque chose à l'esprit; sans quoi ce n'est plus qu'un abus de la rime 1 ».
Mais, à elle seule, la constatatiuu de cette correction ne suffirait pas à donner une idée suffisante des rimes de Baudelaire- La rime riche selon W. Ténintet Th. de Banville, c'est-àdire la rime pourvue de la consonne d'appui, ifesl qu'un roinimuni que le poète dépasse le plus souvent qu'il peut, de façon a rimer par deux et m Ame par trois syllabes, en assurant l'homophome des voyelles el des eoasona.es, nu au raoïns, a défaut de l'houiophonie de toutes les consonnes, «clic des voyelles.
Il y a dans Baudelaire une très grande quantité de vers qui rimenl ainsi l'ai- Les deux dernières voyelles prononcées, tels que : Clavicules, vrdîcules, 121; — efforts, 1rs forts, \±l ; — offusqués^ tfrtr.«ffttï, |2i; — txrther, )nafcker y *J: — & ment, brusqueinsnt, 0; — paniqué, satanMjtie, 17; — en>
■. 63; — roi.'re. notoire, 57; — pantelant, ruisselant, 58; — rachats, crachats, BS; --- m&ut'lté, brouilla,
i Ttmph Qulcturftl, Traité dt wrtiflcalhn {<<>■■
VERSIFICATION ET MÊTI1
Kl, B-i; — climats, frimas, 81; - la moire, urmoin in mer 9 amer, 67, Î13; — soy» mére, êphé/nére, 57; — i alléchants, B9; -paretse, caresse, B9; — i ■--, f<{u<jonrr-?fït's* 59; — apaiser, baiser, .v.i; — </>■• Sibérie, V.i ; — attitudes, solitudes, 68; — lésine, gésine, 127;
— fos l'ictus, les fleurs, 90; — rfes ftfftvf, ef« mar&r**, 91
— anurfs, surannées , 11!, J04; — nta^/çuefi, fé/fl
96; — ftiufsnirs bimanes, 92; — souterrain, airain, 86s — odeurs, rôdeurs f Q&\ — rangés, éffrangers^ 69; - noirs wen-
T0; — fa wtV, rat»*, 80 ; — souris, > ris, 80; — (fea grèves, mes rêves, 81 ; — mt'/fc <ww, bilans, 78;
— étoiles 1 , ses toiles, 72; — étoiles, des toiles, SI; — arj ctfttitfwiw'vs 72; — fanées, surannées, "8; — déduit, réduit, 112: — fa futn'(\ gabarre, 111: — exercée, tram-
■-' , 115; — itovtcei 1 pos 0/664* 115; — r/wifficrs . jjj*i-
tttcifiï. 1 12; — wtfiins. lutins, 112; — roimettr, dûK-
eet*r, H2; — automne*, monotones, 108; etc«
l\»r les deux dernières syllabes, voyelles et consonnes :
Octogénaires, congénaires, 1 16 ; — éiernel, maternel, 1; —
^àtcuanlemenl, &&eîrteni, 5; — o>s astres, û , 22, 151;
— bucoliques i mélancoliques, 133; — orageux . courageux, 22;
— marins t tamarins, 92; — Bouchef*, débouché, 78; — e* /brte, efforts,, 7fi; — en ^sr, enfer, 83; — ratatinées, destinées, 415; — hérédité, fécondité, 6; etc.
Parles Irola dernières voyelles prononcées :
Aû/f,s avons, nous surous, 80; — c j / fa /owc*, fej /// roue, 108 ;
— ridicule, lui circule, 101 ; — très parée, préparée f 99; — jHiy milliers^ familiers, 81; — enfumée, enrhumée, 77; — tamariniers , mariniers, 23; — atrocité, ô cité, tlfî; — huiw.'nité, insanité, 121; — mystérieuse, sérieuse, 89; — ftowtWs r/ clairs^ des éclairs, S3; — austérité, térité, 9; «.-te,
El « quant aux mots, dit Th. Je ttanvillc 1 , qui, tout à fait
i. Th. de Banville, JVfr'i Traité de Poésie frànyahc p, TL
]IK C!i. UAniELAlKE.
ilfêrents I an de 1 autre pour [e sons, offrent exactement le même si ni pour l'oreille, ils s'accouplent excellemment, même dans le genre sérieux, mais surtout dans le comique où l'on en tire d'admirables effets ». C'était aussi l'aria de Baudelaire chez qui on trouve, se rencontrant à la rime :
Large substantif) et large (adjectif), 53; — mur (subst.) et unir [ad]*}, HH t 115; — fin (subst.) et fui (adj.), 68; — Marguerite nom propre) el Marguerite (nom commun), 66; — vague (subst.) et vague (adj.) T 30; — tombe (verbe) el tombe (subsL), 128; etc
Ce n'est pas tout. * La rime, dît Ténint, est le générateur du vers.... Les vers ae font par la rime. » Avec un tel souci de la rime riche, on se l'explique. Les exigences de l'homophonie limitent si exlraordinairement le choix des rimes riches et surluut des rimes très riches que le poète a trnelquefbia Pair île se livrer à l'exercice des txiuls-nmés, et que l'effet, comme dans le bout-rimé, tend à résulter d'une part du sentiment de Thabilclé déployée pour vaincre la difficulté, et, d'autre part, des rapprochements imprévus de mois et d'idées que suggère la rime imposée. Soit par exemple les deux quatrains du sonnet Sed fto/i saiiuta (27) :
Bizarre dÊîië, brune comme lea nuits", Au parfum mélangé de musc et de havane, tEuvre de quelque obi, l« Faust Je la savane,
1ère au Uam d*ébène, enfant des > minuits,
Je préfère au Constance, a l'opium, au Nuits. LVliïir ite la bouche lui L'amour se pavane; Quand vers to] mes désira f>rirLen t eu caravane, Tes yeux sont, la citerne où boivent mes ennuis.
Supposons, comme il est probable, que les deux premiers vers du sonnet sont venus les premiers, et, pour noua borner,
onsidérons qu'une des deux rimes, la rime ha\ domine les deux quatrains d'un sonnet s'écrivent sur deux
s, il y avait j trouver (roi» autres mots pour ri i 'h poète qui se aérait contenté de M rime and aurait eu à sa disposition environ 160 mot* &nt la
rime riche uane, il n avait ploa le chois qu'entre pour la rime ultra-riche airfnti, il ne lai realai I plus que 3 OMilfi tout juste ■ âne, savane t pavane; dès lors fi ne pouvait
plus être question de choix et ï<- poète avait bien h écrire une sorte Je bout-rime* sur les trois mots ci~dessus.il conse cependant la liberté de placer li-s mots a ta rime dans l'ordre c|ui lui convenait, maïs encore dans la mesure où l<* Lui permettaient la rèfçle de l'alternance des rimes masculines et féminines et ta règle particulière «lu sonnet, cette dernière en admettant qu'il voulut bien l'observer.
De là, qu&no 1 le poète s'appelle Baudelaire, tirs vers comme ceux-i
L'olixir Je ta bûUClïB où l'amour se pwtfanc,, Quand *ers toi nés désirs partent vn cavavai\
dont le charme original résulte en partie de la petite sur|insr une procurent l'inattendu de l'image el I' 1 contoufnemenl de la pensée smts l'influence île la contrainte.
On arriverait à des résultats analogues en étudiant a ce point de vue la composition de plusieurs autres pièces «la Baudelaire, surtoul des sonnets, où i'inÛuence île la rime est naturellement plus eonsidéralde. Ainsi des deux quatrains du sonnet la Mu&e nutktde (7), oh les deux rîmes génératrices ont été matin et nocturnes; le caractère de boul-rimé étani surtout sensible en ce ipii concerne la rime en htm es pour laquelle le dirlionnaire ne donne que ou 1 mots en tout, quand il y a i lins do mis à constituer*.
t, D'après le Mctianaaire île Napoléon Lhqi
1, On pourra voir «ïcqw ftw/iwn ajMfcgu .-., . fwur la ri ae m<ir*>e, M rime suffisante en tne donne 440 mois dans Landais: la rime riche on fine
HE Cïl. BHUDfiUIU; 13
CVst ainsi que Ja rime riche, en restreignant considérablement le nombre des mois susceptibles <le se rencontr* Ijnut do vers, conduit ;ï quelque chose qui ressemble d'autant plus nu bout rimé tjue Le poète m affaire h nu*/ cxtégorw dta rimes moins nombreuse. Même, quand il s'agît de ri que le vocabulaire ne fournît qu'en très petit nombre, comme plus haut, on a des pièces véritablement écrites sur bouta rimes. À ces pièces l'imprévu des combinaisons île mots, d'idées, d'images, qui sont le résultat naturel du bout-rimé, peut conférer, quand la main est habile, un caractère piquant (Tétrangeté. Od sait d'ailleurs qu'un tel caractère notait pas pour déplaire a Baudelaire 1 .
D'autre part, quand le vocabulaire fournit un grand nombre
de mots pour une même rime riche ou ultra-riche, il arrive généralement dans notre langue que ces mots sont Je même nature, presque lous adjectifs, presque tous substantifs, presque lous verbes, adverbes, etc. « Notre tangue, raalheu-
ni.ii ilonne plus q •■ > : ls rime uïlra-rîcha arine on li
En passanl on notera ô propos de La même pièce l'elîei qui li faire
tec$der des rines de riebease croissante fin conservant le m. nu
comme poînl de départ : <l<ma.ts, mets; — mâtine^ narine) - (aman*
mari/tiers.
1, Th. île Banville, peprenanl lans son Petit ïnt/ir La théorie de TemiH -nr La rima geoéralrjce, :i bien prévu qu'on lui ■ que celle, théorie
réduit la vei -■ une fabrication de bouta-rimes. Il essaie de réfuter
t'objei lion par avance : les bouts-riméa ne sonl que ta parodie de le poésie ei i.i rcssemblanre, sctoti lui, n'eal qu'appareole, ■ Le choix les rimes die-
la pensée du poète par L'objel mette qu'il veut peindre esi pai la par Lie la plus Importante de son travail. Au contraire, le faiseur de boutsavant accepté ■ série de rîmes assemblé) s au haï i ■■!. pour la plupart *iu temps absurdes, at don! l'assemblage, qui n'a. pie» tle nécessaire!, ne Dgiire pas un ensemble d'idées venin, ne peut que montrer une ingéniosité inutile en inventant, pour joindre l**s rîmes les unes aux autres, de* rapporta i chimériques - (p. 78). — Riais ressentie), dans te beut rimé, est-il que les rimes soii au hasard, ou bien qu'elles soi cTaocrtf? D'ailleurs Banvffle reconnaît ensuite, ce qui est un peu eoi nu n.ini. que - pour exécuter cette Jonglerie, Il faut encore du vrai poète) et des plus babils
VKftSIl Moi K
ment, esl ainsi Faite que certains suffixes no scmni qu & de iiii'-iur catégorie nue, »/, iqut> t pour les b Hh; fer pour les substantifs, etc. Par exemple tes rim< ■ir si composent que d'adjectifs, sauf peut-Ôtre ùi mut . :j>-tt>>'\ ■■ De l& le retour fréquenl â la ri d i.nr grande souplesse ou d'une grande Fécondité d'inventiou verbale, de ces mots de même nriUiro qui ii par pro-
duire a la longue une pesante impression de monotonie Cet tnc il n'avait pas échappé aux poètes el aux
i ta nouvelle école. Ténint ju isaire «i<*
mettre les poètes en garde contre ce danger ; - Plus la &onance de doux mois qu'on I i ensemble esl
plète, el plus le sens bI b nature de ces mots sonl JifTén plus aussi la rime est originale et a Je charme. Deux i pi Mules rimant fort mal ensemble, H nous avons vu qu'un tuiiI comme ami no rime pe ion composé ennemi*, mais
il \ a plus v! ami est employé comme épitbète (un peuple fftttn, un aura mauvaise grâce à le faire rimer avec affe\ pur exemple. Deux verbes doivent aussi le plus rarement le se trouver réunis par ta rime; a Lien plus forte raison, deux adverbes 1 , etc. «
Th. de Banville reprît naturellement ces règles ,piïl rendit, encore plus rigoureuses, si possible. Elles sonl (railleurs failli esl évident que* pour produire l'effet de surprise, aj p soit- il, qui esl nécessaire pour attirer l'attention sur 1. fin du vers, les mots qui riment ensemble doivent être aui différents comme sens et comme qualité qu'ils doivent se i ■■■ sembler pour le son* De la la proscription des rîmes banales, l'interdiction connue de faire rimer un mot avec lui même; ou avec son composé, ou avec son substitut possible (iujet s objet \ malheur, douleur) ; ou avec son contraire {bonheur, mal* heur); de faire rimer ensemble des mois trop fréquemmeoa'é
I. Clair Tisseur, Modeites ùbgenatitmt, p, 213» ■:, W, Ténlat, op., cit., p. A3.
DE Cil. BAUDELAIRE.
associés (gtûifê, victoire} ombre, sombre \ songe, mensonge; lustre, illustre..*) toutes rimes trop banales, trop attendues pour frapper suffisamment l'esprit.
Sans doute ces règles doivent être moins absolues que celles qui concernent l'exactitude phonique de la rime, car il faut bien tenir compte des ressources limitées qu'offre la langue, mais, comme elles s'adressent à l'esprit, on doit les considérer comme encore plus importantes. « Ce n'est pas la vulgaire consonne d'appui, dit-on avec raison 1 , qui fait la vraie richesse de la rime, c'est la beauté et la force du vocable. *
Or. autant la rime est riche chez Baudelaire au point de vue du sou, autant elle est pauvre au point de vue du sens et de la variété. De ce coté Baudelaire est très souvent, est sans cesse en défaut. Chez lui, les rimes banales sont d'une extrême fréquence : Ténèbres appelle vraiment trop régulièrement fmtébres (39, 49, 57, 68, 89, 106, 125, 126, 149, 151...); te&, amer {2, U, 56, 57, 81, 93, 151 deux fois dans la même pièce, 13B...); remords % mort (14, o0, 55,74,34, 130, 130...); caresse, paresse (67, 24, 63, B9); ombre, sombre (6,38! 135...); vin, divin (1, 22,132,.,); noetame, taciturne (21j 7, 120... ]; automne, monotone (57, 23, 108); âme, dictante (V2'\ 39, 70..,); Bfftom, lourds (39", B6, 112), etc.
Plus caractéristique et plus fâcheusa encore chez lui est la régularité arec laquelle les mots de même nature s'appellenta la rime. Baudelaire s'est trop souvent laissé aller à la tentation tl'en faire des rimes riches (de sonorité, s'entend), desquelles il était toujours un peu à court.
C'est ainsi qu'une quantité de rimes sont faites d'adjectifs en t<{ue : antiques, rythmiques, 7; — publiques, antiques,
i. On njoute : • Ce n'est pas pour avoir fait rimer tyran avec diffèrent que Voltaire ■ rime aussi mal que possible -, c'esf pour ;mjir éternellement associé des mois où la banalité le disputa à ta parenLë : malheureux, affreux-^ tumultueux, impétueux i fureur, horreur, ele, {Clair Tisseur, Modestes ofijervatUmt sur Vart de versifier, p. 21)"? el 212.)
VEftSmCATtOK RT HtTRinUH
t ; — unique, mystique, 1; — %ymèoHque l antique, 28; — cynique, 30; — élastique, électrique* 36; — magiques, w>t.<h~tfi(t>ï, i\X ; — mélancolique, oblique, 69; — ftd*n£- , fatidique, 89; — satonifue, tcm'ftfe, 106; — fumélilubriques i 72: — apocalyptique, épileptique, 73 ; — magiques, léthargique*, 'M'y, ete.
En eux : neifjeitx y orageux, 58; — orageux, courue. 2'2 — xt?roun'ttj\ vigoureux; chaleureux, heureux, 23; — î>r>nnt'!(,i\ êcumeuss, 127; — fangeux t orageux t [39; — fc»- 1 ■".'■. 1*30; — radieux, 141; — galeux,
frileux, 77; — généreux, onéreux, '-> . «le
Kn t/ ■ priMUif* t plaintifs, I ; — plaintifs, fur tifs, 64; — ■"///', cenvuUif, 101 ; — cÀ#*/i maladif 1 12; <* En Mo : rapide, perfide, 32 ; — lucide, splendide, I . — Éwwpides, morbides, -t. — timide, humide, Nil, — livide, ride, 84 :
— siupide, livide, 127; — stupide, morbide, \'M)\ etc.
Les substantifs en fr ; s'attirent irrésistiblement : agilité, volujdé, '■» ; — tranquillité t férocité, î; — - impuretés, voluptés, j; — agilité^ a té, clarté, l: — hérédité, j
dite, 5; — dignité, éternité, 6; — - eticstértW, ttérrté, 9; — prtf- . twitttnté, M); — -majesté, beauté, 21 : — liberté, tacheté, 32; — beauté, etarté, 39**; — ovtnrih 1 , clarté, ^-t; — volupté, capacité, 50; — $eav&, tnafarit*', 53; — freattltf, oo/opté, 5J :
— ntutété, beauté, 112: — gaieté, bonté, 61; — ff«të a oftyini/tf, Bl; — incuriosité, immortalité, 78; — clarté, Immortalité;
■\ 94 ; — beautt\ éternité, 1 17 ; — beatifr, ^m&tté, 118; — hiutwnih\ insanité, \2l: - — vérité* ÔfiDtttltf, 122; ete.
Les verbes ae s'attirent pas moins fréquemment, «TOG naturellement leur temps, leur mode et leur personne :
S'riahuK ruisselait, 46; — rtcmieuf, soutiennent, 79; — souvient revient, 49; — croyait, noyait, 39 m ; — flamboya, noya, 39"; — s'épanouir, éwwwtifr, 30; — s allonge, pie 20 ; — .s'rrt'tii'/, appareilte, 29; — révèle, méle } 29; — qp fondir, languir, 12. — Œuoas, sovofts, 89; — iww, tfdpfow,
HE CH H.MHtKLAlKE, t9
ÏMÏ; — p( ■ -\ bêfftè, !)(!; — {hf},if.>oir>it? vùtf'Hi, \Û3\ —
soûleront, retentiront, [OS; — essuiexd, s'enfuient^ 127: — rôdait, s*6£«fofl, 1 1- 1 : — confondent, répondent, i\ etc.
Voici, pour appuyer ce* remarques, un certain nombre d' observations faites sur plusieurs pièces prises en pari im lier :
La pièce 5, sur 20 rimes pfafeg, ce <pji rend TelTet plus sensible, BD a. 16 faites de mois de même catégorie fsu&sJatitif rimant hviv un suhstanlif, verbe avec un verbe, adjectif un adjectif 1 , etc.). Proportion des rimes de même nature calculée par rapport an nombre total îles rimes île la pièce : 80 p. iOO.
Pièce 21 ; sur les 12 premiers vers, 9 se terminent par des adjectifs (florentines, muscuteux, divines, miraculeux, mince, somptueux, prince, voluptueux, extase, mwp/tswr, gaze, vainqueur). Proportion pour l'ensemble de la pièce : 55 p- fO&*
Pièce 58 : .sur 22 rimes plates, 12 de la même espèce. Proportion : -ï / p* tW.
Pièce 6$ (* 7 vers sur li se terminent par des
verbes ,i la troisième personne du singulier ou du pluriel.
Pièce TA (sonne! : 12 vrrs sur li terminés par un substantif. Proportion : 87 p. /W-
Pièce 73, rimes pintes; sur 7 rimes. S de même espèce. Proportion #.i /e /W.
Pièce 77 (sonnet) : "> adjectifs et 3 substantifs à la rime dans les 2 quatrains.
Pièce 1%, limes plates : sur 9 rimes, 7 de même nature. Proportion 77 p, ttHK
Pièce 9 (sonnet : sortes N vers des 2 qaelcaase, 7 se terminent par un substantif
i. Dana tontes ces observations, le participe, forme Mljective du ver! ■■■ i
été considère comme uo adjectif ei non e m- un verbe, — on s con
déjà noms propres m detûc noms commune n omble ooms
do iii"iih l ri.Lhiri'; tnaia un nom propre fil un nom cumimin rîmanl ensemble comme <iea rimes île nature différente.
20 VERSIFICATION ET MÉTRÎQrE
Pièce 9i, rimes croisées : sur 10 rimes, 9 de même nature. Proportion : 9Û p* fOQ.
Pièce 90 (sonnet) : 2 tercets moiiorimcs, rimanl l'un par 3 adjectifs (ou participes passés), l'autre par 3 substantifs.
Tous les vers du sonnet se terminent soït par mi substantif (8), soit par un adjectif (6).
Pièce 109, rimes plates : sur 10 rimes, 7 île même nature. Proportion : 70 p. KUK
Pièce 111 (sonnet) : dans les 2 quatrains, 7 substantifs à la rime.
Pièce 119 (rimes plates) : sur lî) rîmes, 12 de même nature. Proportion : §4 p. iOO.
Pièce 121 (rimes plates) : sur 11 rimes, tt de même nature. Proportion : 7*2 p. 100.
Pièce 12S (sonnet) : dans les 2 quatrains, 3 verbes a l'indicatif présent, 5 substantifs.
Pièce 120 (rimes croisées) : sur 30 rimes, 21 de même nature. Les 6 premières stropbes (Je 4 vers) riment loutes par des mots de même espèce. Proportion pour l'ensemble : 70 p. 1011
Pièce 127 (rimes plates) : sur 14 rimes, 8 de même nature. Proportion : 57 />. /M.
Pièce 129 (rimes plates) : sur 16 rimes, Il de môme nature. Proportion : 68 p. 100.
Pièce 130 (strophes de 4 vers) : une strophe rime par 4 verbes assonances; la précédente par 4 adjectifs.
Pièce 140 (rimes plates) : sur 15 rimes, 12 de même nature. Proportion : 80 p. UHL
Pièce 1 50 (sonnet) : daus les 2 quatrains, 7 adjectifs à la rime.
Pièce 24 (strophes de 5 vers sur 2 rimes) : une strophe rime par 3 substantifs et 2 participes passés (ivresse ^ enfermé, caresse, paresse, embaumé).
Pièce 23 (sonnet) : à la rime daus les 2 quatrains, 5 adjectifs et 2 verbes à l'indicatif présent.
DE Cn. BAUDELAIRE. 21
Pièce 40 (sonnet) : à la rime dans les quatrains» '*
adjectifs rimant ensemble, 4 substantifs rimant ensemble....
Etc.
Quelques observations, faites au môme point de vue, et à
titre de comparaison, sur les principaux poètes qui furent
contemporains de Baudelaire donnent les proportions sui-
vantes :
fi -, ■
it«*; "■ 3 5
d as 3
Victor Hugo.
tf S a. a
'Mi
Mi
'tl
— (îd.). Lca loo suivante. . . . . .
L'Expiation {Châtiments), Les 100 i mn vers .......
go
Si
il!
Théophile Gautier.
DU
Ce que disent les hirondelles ( id, j. , , .
kfl
L'Art f jtf, ). . . .
Alfred de Musset.
Huit d'octobre, l.t s îoO i*™ vers ...,.,....
lH.i
Le conte de Lisle.
KO
Th. de Banville.
Lfl
Prophétie rie Calchas (te Sang de ta Ôoupt}.Lts 1 OU F" vers.
L Kducalion de l'Amour (id.). Les 100 1"' vers, . . . . „
BQ
lfl
De Heredia.
Les Conquérants de l'or {Trophées}. Lea 11)0 I e ™ vers. .
Xi. Bouilhet
Les Fossiles (Festons et Astragales). Les 100 !"*■ vers. .
L'Amour noir {Dernières Chantons), — . ,
an
VERSIFICATION KT KÉTRIQUE
Il est bien entendu que ces sortes >k statistiques ne doivent
irer qu'une approximation assez grossière, cfcr il peut
lorl bien se faire, par exemple, que - substantifs rimanl
t des idées très éloignées Tune de l'autre.
Ce degré d'élntgnement échappe à toute évaluation numé-
riqn»*,
Par contre deux substantifs abstraits en t>\ deux adjectifs fil nue "I 1 différentes que soient les idées qu'ils repré-
sentent, n'en sont pas moins ]i> ; s .Luis l'esprit par d
mis asses étroites pour qull soit bon, comme on l'a vu pins haut, de ne les rapprocher à la rime que le moins veut posai ble.
Donc il résulte de ces observatiens et des comparaisons qu'elle» suggèrent :
I" D'une manière générale, que la proportion des rimes de même nature esl beaucoup plus forte qu'on ne les supposa d'après les interdictions des théoriciens. H est curieux aotara-
ni que Th. de Banville n'ait pas mieux ob& règle
qu'il a lui-même formulée, ou qu'il l'ait formulée, si par sa propre expérience il la savait inobservable;
"S' Eu ce qui concerne Baudelaire, qm la proportion des rimes de même nature dans les morceaux examinés des autres poètes ne dépasse jamais GO p. 100, s4 reste le plus souvent très au-dessous, tandis que chez Baudelaire elle s élève jusqu'à atteindre 80, 85, et 99 p. 100, ce qui produit dans les pièces où ta proportion est la plus forte un efFel du monotonie et de lourdeur peu agréable que te poète n'a certainement recherché «pie rarement, el qui est le reste «lu temps bien involontaire.
On s'en rendra compte en lisant par exemple le début de hi pièce 21 [le Masque}* ou les adjectifs s'accumulent a la rime, ou bien 1rs 2 quatrains du sonne! 13 Bch* voyage) jlont tous les vers riment par on adjectif (ou oa participe). En ce qui concerne cette dernière pièce, os remarquera
DE CH. BAUDELAIHE,
ne cette défectuosité ne l'empêche d'ailleurs pas d'être uq morceau superbe, et ou aura par là, soit dit en passant, la mesure de l'importance toute relative de ces observations.
La conclusion sera aue Baudelaire rimait, pénible ment, faille d'elle suffisamment Joué sous le rapport de r invention verbale. Son vocabulaire est restreint. Dans toute sou œuvre po&ique^Je ne vois qu'un seul mot pare, le m ot eaten ture '. H dit un jour à Th. Gaulier * avoir été pria 1res jeuse de le:xieomanie - ». Cela se peut; en tout cas il ne semble pas qu'il ail tiré de la fréquentation des dictionnaires toutes les ressources qu'en tirèrent ses amis Th. Gautier et Th. de ttanville. Nous savons qu'il avait le travail, et particulièrement j;i composition poétique, difficile. Il était de ceux que la rime fuît, et qui la poursuivent partout, comme Bot le au. Il no la laissé entendre quelquefois :
Quand i'° soî«il cruel frappe à traita redoublés Sur ta ville el les champs, sur Isa toits et les blés, Je vais m'exercer seul à mû fantasque escrime, Flairant dans bous les coins les hasards de l;i rime, Trébuchant sut li i s mots comme sur tes pj Heurtant parfois îles vers depuis longtemps rêvés *.
Il souffre d'une véritable indigence verbale qui lui l'ail parfois ramener sans raison les mêmes mots à la rime, faute de choix. Comme il est également pauvre e n tournure^ et avec cela très soucieu x de rimer ricliem ent, les mots de même espfece, c^cst-ft-dîre ceujj quj ont naturellement le [dus
Comme deux anges nua tortura L'bo implacable cnUinturt..,.
C'est un« rai ièié â> Qi ■- r« chaude - qui se déclare parfois a bord d'un vais» ssau Lorsqu'on traverse te tons torride ■- [Darmest. el Ualileld*]
ï. BûCidolairfl, AH ramattUque t Étude iur Th. G&VtU