‹ Versions latines commentées pour les classes de troisième, seconde et première. Livre du maître. Cinquième éditionChapitre 49 sur 133 · Hora dic^a, ablatif pour marquer la date (Gr · texte numérisé non relu

Hora dic^a, ablatif pour marquer la date (Gr

8. Cum , conjonction, est parfois rejeté après un ou deux mots ; on s’en aperçoit à l’absence de ponctuation devant ce mot : duo cum pour cum duo juvenes , etc. — 9. Corpora , accusatif de relation : par rapport à, sur leurs corps (Gr. § 162). — 10. Mandare ut, charger de (faire); c’est la construction des verbes marquant une intention (Gr. § 273). — 11. Ne faciat moram est une proposition complétive (Gr. § 247, 1*) jouant le rôle de sujet de interesse : ceci, à savoir qu’il ne iarde pas, importer à lui : qu’il était de son intérêt de ne pas tarder (Gr. 274, note). — 12. Interest se construit avec le génitif du nom de la personne ; on fait de même avec le pronom de la 3 e personne, mais non avec les autres (Gr. § 166, 167). — 13. Promorat, forme syncopée pour promoverat (Gr. § 63) : il avait avancé. — 14. Ut avec l’indicatif « comme, de même que, dès que » ; ut vulgatus est , dès que fut répandu, etc. — 15. Parfois en Jatin le sens seul indique quel est le sujet d’une proposition infinitive dont le complément est également à l’accusatif. Le latin ne se préoccupe pas de cette amphibologie lorsqu’elle est purement grammaticale.

Commentaire littéraire. — 1. En parlant des « habitudes et de la liberté des poètes », Phèdre veut sans doute rappeler qu’on accorde aux poètes en général le droit de traiter plus capricieusement leur . sujet et d’y mêler des allusions mythologiques ; mais il pense spécialement aux auteurs d'odes triomphales . Chez Pindare, par exemple, l’ode se compose régulièrement d’un bref éloge du vainqueur, de quelques conseils moraux et d’un récit mythologique qui forme la plue grande partie du développement. Simomd*

VËRSiONS LATINÈÉ

avait donc en quelque sorte obéi aux lois du genre. — 1 Bien des traits des fables de Phèdre révèlent chez l’anteur l’homme de lettres Ce récit est particulièrement caractéristique à cet égard. Les vers du début, qu’on a omis ici, le prouvent à eux seuls : « J’ai déjà dit plus haut (à pro-

Ï ios du naufrage de Simonide) le prestige dont jouissent les ettres parmi les hommes ; je vais maintenant rappeler à quel point les dieux les honorent. » La Fontaine, homme delettres, lui aussi, et vivant des bienfaits de ses protecteurs, n’a pas manqué de faire sienne cette manière de voir dans la fable imitée de ce récit de Phèdre : « Melpomène souvent sans déroger trafique de sa peine ; les grands se font honneur dès lors qu’ils nous font grâce, etc. » — S. Ce récit de Phèdre est sec, pâle et froid. Chez La Fontaine, le même sujet est traité (Fable 6, I, 14) d’une façon beaucoup plus vivante. Il faut le lire après celui de Phèdre pour mesurer la distance qui sépare l’art un peu terne du fabuliste latin de la souplesse merveilleuse et du génie souriant de La Fontaine. Phèdre reste contraint, guindé, prétentieusement didactique;' notre fabuliste, lii, sourit malicieusement; son ton légèrement goguenard, souligné par des expressions familières, est un commentaire perpétuel de l’aventure. — 4. L’envahissement des termes abstraits est un des caractères de la décadence du latin a partir de l’époque ’ Auguste. Bien que Phèdre soit le contemporain des derniers classiques, on relève déjà chez lui cette ten dance. On trouve ici auctoritas au lieu de exemphim , « un précédent qui fait autorité » ; laudes duae pour duae partes taudis , « les deux tiers de l’éloge » ; ruina / oppressit pour caméra ruente oppressi sunt; ordo rei vulgatus est , pour tes y ordtne narrata , vulgata est; numinum praesentîam , pour praesentia numina. Ces abstractions accentuent encore le caractère un peu froid et artificiel de la poésie de Phèdre et contribuent à le mettre bien au-dessous de La Fontaine; c’est, à vrai dire, lui faire beaucoup d’honneur, que de le oomparer avec notre illustre fabuliste.

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